Signatures de Sèvres

Le nombre de pièces signées ou revendiquées comme Sèvres est dix fois plus important que le nombre réel… les imitations pullulent, et on peut se demander s’il est possible de s’y retrouver.

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de la Manufacture de Sèvres, d’après vous ? hum…

Première citation : « Sèvres a toujours eu un système de marques extrêmement complet et précis, qui permet facilement attribution et datation« .

Ouf ! on va peut-être pouvoir s’y retrouver un peu…

dans de nombreux cas en effet la photo de la signature permet d’exclure 2 pièces sur 3.
Pour cela, il suffit de quelques repères simples :
– savoir ce que « porcelaine de Sèvres » ou « Sèvres » veut dire,
– connaître les signatures réellement utilisées par cette Manufacture,
– connaître les quelques imitations ou signatures authentiques d’autres fabriques, imitant Sèvres.

1. Porcelaine de Sèvres ou « Sèvres ».

Sèvres est une ville. Dans cette ville se trouvent :
– la manufacture nationale de porcelaine de Sèvres, qui est la fabrique phare en France, depuis 1750 environ. Elle a eu plusieurs dénominations, bien sûr :
– manufacture royale,
– manufacture impériale,
– manufacture nationale,
suivant les régimes politiques.
En effet, cette manufacture, privée et établie à Vincennes à l’origine (d’où des annonces Ebay mentionnant cette ville), a rapidement été rachetée par le roi, après son transfert à Sèvres. Depuis elle est « nationalisée ». D’où la forme des signatures, voir plus loin.
Cette manufacture a fait et continue à produire toutes sortes de céramiques, et principalement, mais pas uniquement, de la porcelaine (« tendre » au XVIIIe siècle, « dure », c’est-à-dire de la vraie porcelaine, depuis un peu moins longtemps), et des biscuits (porcelaine non émaillée).

Mais la ville de Sèvres a abrité, et abrite peut-être encore, d’autres fabriques de céramique. On rencontre donc :
Kéramos. Il s’agit rarement (jamais ?) de porcelaine.
Paul Millet (et Milet dans certains cas, il s’agit sans doute de 2 fabriques différentes). Céramique de bonne qualité, mais ce sont d’autre manufactures. A noter que des Milet ont travaillé à la manufacture de Sèvres… mais je ne pense pas qu’il s’agisse des mêmes.
Vinsare et MNF, idem. Les initiales peuvent laisser penser à « manufacture nationale de Sèvres », le F étant proche du S dans le logo, mais non, pas du tout…
Mayodon. A noter que cet immense artiste a été conseiller technique pour la Manufacture de Sèvres, puis directeur pendant 2 ans (1941/42). Mais l’immense majorité des pièces que l’on peut trouver sur le marché sont fabriquées dans les années 50, dans son atelier personnel. A noter que ses pièces valent très cher, la plus-value « Manufacture de Sèvres » indûment invoquée est nulle.

Un livre est paru récemment sur ces fabriques : SEVRES. BOULOGNE-BILLANCOURT la céramique indépendante, de Florence Slitine, éditeur : Argus Valentines. Dans ce livre sont traitées les fabriques suivantes :
Paul Beyer, Berthe Cazin, Collinot & Cie, Albert Dammouse, Edouard Dammouse, Taxile Doat, Roger Dollé, Fau & Guillard, Maurice Gensoli, Gentil & Bourdet, Marcel Giberot, Keramos,  Frédéric Kiefer, Raoul Lachenal, Jean Mayodon, Ateliers de céramique M.F., Manufacture Milet,  Jacques Ponchelet & Abel Léger, Robj, Georges Serré, Manufacture nouvelle de faïence Vinsare, Amalric Walter. Ce qui fait du monde…

– on trouve aussi des grossistes, et des marchands (détaillants) qui ont apposé le nom de leur magasin sur toutes sortes de céramiques, comme « à la ville de Sèvres« .

– on trouve aussi des fabriques, par exemple de Limoges, qui ont intitulé leur décor « Sèvres ». En général on ne peut pas s’y tromper : à côté de « Sèvres » on trouve la signature de la fabrique. Exemple : Golse.
On voit aussi sur certaines pièces de gros macarons peints ou dorés… ne pourraient-ils pas cacher une marque de Limoges ?

Attention donc aux annonces ! Kéramos c’est très bien, mais ce n’est pas de la céramique « de Sèvres », c’est de la céramique faite dans la ville de Sèvres.

Cette partie est détaillée là : Sèvres : autres fabriques

2. Signatures de Sèvres.

La marque utilisée a suivi les régimes politiques.

2.1 Tant que le roi est Louis XV ou Louis XVI :

la fameuse signature aux 2 L, avec (très souvent, mais pas toujours) une lettre date à l’intérieur, et, pour la porcelaine dure, une couronne placée au dessus. Cette signature a été utilisée à partir de 1753 (1770 pour la porcelaine dure) jusqu’à la mort de Louis XVI, donc jusqu’en 1793.
Liste des lettres-dates utilisées :
a : 1753 … v : 1774, la lettre W n’est pas utilisée, x : 1775, y : 1776, z : 1777
A partir de 1778 : lettres doublées :
AA : 1778 jusqu’à QQ : 1793 (utilisée jusqu’au 17 juillet 1793), sans la lettre JJ.
Avis aux copieurs : jamais 2 lettres différentes… CL est donc impossible, comme VX.
Voici quelques marques du XVIIIe, qui peuvent être authentiques. Remarquer que la lettre date est dans la signature. On voit d’autres marques d’ouvrier (points, ancre, lettres…).
La couronne indique une porcelaine dure.

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la signature centrale, ligne du haut, est fausse : on lit clairement CL dans le double L.
A noter que d’autres éléments entrent en compte. La signature est normalement complétée par le signe des artisans l’ayant fabriqué : celui qui a façonné la pièce, celui qui l’a dorée, et celui qui l’a peinte. On devrait donc avoir 3 marques supplémentaires. De plus pour une tasse, on devrait avoir les mêmes marques sur la tasse et la sous-tasse (y compris pour les marques de doreur et de peintre). Sinon le lot est dépareillé, ce qui diminue fortement sa valeur.

2.2. pendant la révolution :

diverses marques, manuscrites (RF pour République Française), le mot « Sèvres », au pinceau.

2.3 Sous Napoléon 1er :

Avant le couronnement : « M Nle Sèvres ». Après 1804 : la marque « Manufacture Impériale de Sèvres », abrégée en « Man Imple de Sèvres ».

Il existe aussi une signature avec l’aigle, mais assez rare :

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La marque est en principe au tampon, et n’est jamais seule, elle comporte une indication pour l’année.

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Les 2 signatures de la colonne de gauche sont de la révolution. La marque II indique l’an 11 de la révolution.
La colonne centrale montre des marques plausibles (imprimées). La colonne de droite montre des marques très douteuses (manuscrites, ce qui est normalement rare).
A noter que le signe sous cette marque est un signe de datation, correspondant à l’année 1804. On ne trouve que celui-ci ! à croire que Sèvres n’a travaillé que cette année-là !

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Marque avec l’année 1809 – qui ne tente pas les faussaires.

2.4 : A la restauration : les initiales des rois se succédant :

– Louis XVIII (1815 – 1824) : 2 L, avec le mot Sèvres et une fleur de Lys dans la signature. Il est facile de la distinguer des marques de l’ancien régime, il s’agit d’une marque imprimée et non manuscrite, et les L sont assez gras.
– Charles X (1824 – 1830) : 2 C

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La signature sous Louis XVIII est souvent copiée de façon très maladroite, manuscrite, avec la fleur de Lys et le mot Sèvres (voir guide à venir sur les marques imitées). La signature de Charles X n’est pas souvent (jamais ?) copiée, pas assez « typique » de Sèvres sans doute.

– Louis Philippe (1830 – 1848) : LP

Ces marques sont imprimées et non manuscrites et s’accompagnent normalement des 2 derniers chiffres de l’année.
A noter que ces marques ne sont pas systématiques… comme on voit sur la photo, il existe également une marque circulaire, avec une étoile et le mot « Sèvres », utilisée de 1831 à 1834, marque rare et rarement imitée.

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Marque de gauche : république de 1848 (RF), voir ci-dessous.

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Marque de fabrication verte, année 1847, marque de dorure (en or) LP année 1848, marque de château du Pavillon de Breteuil.
Attention : ces marques ne sont pas utilisées sur toutes les années du règne, mais successivement (la marque LP avec SV47 étant la dernière utilisée, de 1845 à 1848).

2.5 : république (1848 – 1852) :

RF (république française) signature assez rare, tampon rond.

2.6 : Napoléon III (1852 – 1870) :

S avec la date dans un cartouche (marque de fabrication), et
N couronné avec légende et date. La légende indique l’opération : dorure dans les exemples.
A noter que le N couronné a été utilisé aussi à Naples (le roi de Naples étant issu des bouleversements napoléoniens), mais la couronne est très différente, et il n’y a pas d’autre mention, voir l’article traitant des imitations.

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Marque de la ligne inférieure : aigle, utilisée au début du règne.

De nouveau l’aigle :

 

2.7 : de 1848 à 1899 :

les marques énumérées sont utilisées avec en plus une marque de fabrication simple : un S, avec l’année sur 2 chiffres, dans un petit cartouche. Des lettres supplémentaires peuvent apparaître, elles désignent le type de pâte utilisée.

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La marque RF est une marque de dorure ou de décor (indiqué dans le tampon). La couleur indique le type de pâte (noir : grand feu, vert : pâte dure).

2.8 : République :

diverses marques se succèdent jusqu’à nos jours, dans lesquelles le S veut souvent dire Sèvres. A noter la très belle signature de Matthieu.
La variété des signatures est importante… un trouve par exemple S et l’année dans un triangle, dans un losange, dans un carré, dans un double losange… ils ont des tampons ronds (vive la Bretagne), ovales, triangulaires, avec les mentions « sèvres » « manufacture de l’état », « décoré à sèvres », « doré à sèvres », RF…

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Les lettres DA et DN indiquent le type de pâte : DA pâte ancienne, DN pâte nouvelle.

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Le S dans un macaron est utilisé de 1928 à 1940, avec une lettre-date en minuscule (j=1937, e=1932, b=1929). La couleur indique le type de pâte : vert : pâte dure, noire (exemple de gauche) pâte nouvelle.
A noter (au centre) un exemple moderne de château : tampon de la présidence du Conseil.

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Marque dessinée par Matthieu, utilisée depuis 1970.
Lettre-date (idem ci-dessus) : BG=1999
A noter dans la pâte la signature de l’artiste, Hajdu.

Je n’ai jamais rencontré d’imitation flagrante de ces dernières marques, sans doute pas assez prestigieuses au goût des faussaires.

A noter que depuis le XIXe siècle cohabitent plusieurs signatures : celle de la pièce, et celle du décor, ou de la dorure, avec la mention « doré à Sèvres » ou « décoré à Sèvres ». On peut donc trouver plusieurs signatures sur la même pièce, éventuellement avec des années différentes (une pièce étant fabriquée une année, puis décorée une année postérieure). Il faut bien sûr que ces signatures soient compatibles : des années pas trop éloignées, et la signature de décor ou de dorure plus récente, et pas trop de signatures non plus…

2.9  : marques de château.

Au XIXe siècle, les châteaux « royaux » ont été dotés de vaisselle de Sèvres, en nombre parfois insuffisant pour les réceptions. Donc la vaisselle pouvait être prêtée d’un château à l’autre, pour les grandes réceptions. Pour les inventaires, elle était donc tamponnée d’une marque spécifique. Ces services étaient très grands (plusieurs centaines de pièces), avec de nombreux réassorts. Il existait en général plusieurs niveaux de luxe pour ces services :
– le service principal, le plus décoré (il est exceptionnel d’en voir des pièces en vente, je n’en ai jamais vu sur ebay),
– le service « des Princes », blanc à frise et chiffre (initiales du souverain) en or,
– le service « des Officiers », filet et chiffre en or,
– le service « des cuisines », filet et chiffre de couleur.
Ces services se retrouvent en général dans le public, suite aux ventes importantes effectuées, et on peut en trouver sur ebay.

Attention : ces marques sont très faciles à imiter. Si elles figurent sur des pièces décorées autrement que par le chiffre du souverain, méfiance… notamment s’il s’agit d’assiettes avec le chiffre du souverain, et des petits anges (voir le 4, rebut et surdécor). Citation : « Ces pièces simples sont tombées en grand nombre dans le domaine public et on y a très souvent ajouté un décor, presque toujours d’angelots sur des nuages, reconnaissable à ses couleurs très peu glacées puisqu’on a dû les cuire à très basse température ». J’ajouterai que les photos d’ebay ne permettent pas de se rendre compte des couleurs « peu glacées », mais qu’on voit très bien par contre la maladresse du peintre…
Cette partie est détaillée dans l’article Sèvres : marques de Châteaux .

3. Imitations ou ressemblances courantes.

La signature la plus imitée est bien sûr celle du XVIIIe siècle. Mais heureusement dans de nombreux cas on peut deviner la copie :
Lettre date : la lettre présente dans la signature ne veut pas dire « Sèvres », mais donne la date. Quand la signature est maladroite, avec un S à l’intérieur, c’est sans doute un faux (le s est très courant, ce qui laisse penser que le faussaire ne sait pas qu’il s’agit d’une lettre date). Je rappelle que le W n’existe pas – et s’il y a deux lettres, elles doivent être identiques !

N couronné : utilisé par Naples (Capodimonte) et d’autres fabriques italiennes. Si seul, ce n’est pas du Sèvres. Mais en général la forme et le décor ne trompent pas beaucoup. Ce sont souvent des tasses étroites, hautes, avec des personnages napoléoniens : typique de Naples, et pas très ancien (voire neuf…)

4S au lieu de 2 L : plus subtil… c’est une des marques les plus amusantes de la fabrique parisienne de Samson (après 1850). Quand on l’a repéré une fois, c’est une joie de le retrouver sur ebay !

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fausse signature « au vieux Sèvres », avec 4S

Le Tallec (qui existe encore) a utilisé une signature qui ressemble à Sèvres, constituée du L et T un peu déformés. Maintenant sa signature comporte d’autres éléments (texte) qui évitent la confusion.

signature aux L sur un biscuit : les biscuits XVIIIe ne sont pas signés, et les biscuits plus récents sont signés avec la marque courante de la fabrique. Donc jamais avec le double L. Sur certaines photos on voit d’ailleurs que la marque a été « gravée » après cuisson, peut-être au couteau.

gros macaron : pour rajouter une signature Sèvres, il peut être utile de cacher une autre signature. Ces macarons, jamais utilisés à Sèvres, sont bien pratiques… pour le faussaire, et aussi pour l’amateur, ils se voient de loin.

présence d’éléments impossibles sur du Sèvres : les mots suivants ne sont pratiquement jamais indiqués sur une pièce authentique : « FRANCE », « décoré main » (tout à Sèvres est fait à la main, ce n’est pas la peine de le préciser), « Sèvres » sur une pièce du XVIIIe siècle.
A noter toutefois que deux signatures authentiques comportent le mot « FRANCE ». Il s’agit du S dans un macaron, utilisé de 1928 à 1940, et de la mention « made in FRANCE », de 1924 à 1927 (très courte période).

– cas particulier : le mot « SEVRES » généralement en capitales, dans un cartouche ovalisé, a été utilisé à Sèvres mais uniquement sur des biscuits, et en creux. On rencontre cette signature, imprimée, sur de la céramique. Je ne pense pas qu’il s’agisse de la Manufacture de Sèvres, et j’en suis presque certain pour la porcelaine. Mais comme Sèvres a produit aussi d’autres types de céramiques, j’ai encore un petit doute…

Cette partie est détaillée dans cet autre article  : Sèvres : imitations et ressemblances courantes.

4. rebut et surdécor.

Il existe une autre catégorie : les pièces fabriquées à Sèvres, mais vendues « en blanc » ou mises au rebut car jugées de mauvaise qualité. Les premières ne sont pas signées par Sèvres, les secondes ont la signature, mais meulée.
Ces pièces se retrouvent facilement maquillées en Sèvres, puisque une bonne partie du travail est déjà faite. Il « suffit » de compléter le décor et la signature. Souvent le décor est trop chargé, avec des dorures et des peintures, des ors en relief… A noter que certaines de ces pièces sont décorées par les ouvriers de la manufacture, chez eux. On est dans le « presque » Sèvres…
– un autre cas est la présence sur la même pièce de signatures de Sèvres d’époques différentes. En effet depuis le XIXe siècle Sèvres appose deux signatures : la signature de la pièce, et celle du décor (ou de la dorure). Il peut être toléré qu’une petite différence de dates existe entre ces deux signatures, mais dans certains cas (voir photos) on peut imaginer que la signature du décor est fausse…

A noter que des indications figurent souvent, gravées dans la pâte, avant pose de la couverte. Ces éléments sont difficilement lisibles. Ils permettent en principe de dater la pièce, et d’identifier son modèle. Mais je n’en ai pas trouvé d’images suffisamment nettes, je n’en parlerai pas. Cette pratique était très courante à Sèvres, mais pas uniquement : d’autres manufactures moins renommées l’utilisaient également. La présence de ces indications n’est donc pas un gage d’authenticité (surtout s’il s’agit de pièces vendues en rebut), d’autant qu’on peut rarement les déchiffrer…
Cette partie est détaillée dans cet autre article : Sèvres : rebut, surdécor, biscuits.

5. Attention à la rédaction des annonces…

La recherche de céramique avec le mot-clef « Sèvres » donnent de nombreux résultats, mais sur le tas on peut estimer qu’un très faible pourcentage (1 pièce sur 10 ? moins ?) est vraiment de la manufacture de Sèvres.
Évidemment, la notation de « décor Sèvres », ou « bleu Sèvres » indique que ce n’est pas du Sèvres. De même, l’indication de « Sèvres » seul dans le titre, alors que la pièce est de Millet ou de Vinsare, ne sert qu’à attirer le curieux sur le renom de la manufacture.

Certaines autres annonces peuvent être faites de bonne foi, le vendeur n’ayant jamais vu de Sèvres authentique, et pouvant imaginer qu’une horreur mièvre et sucrée, molle, pourrait être de cette manufacture.

Mais dans d’autres cas le vendeur sait bien ce qu’il vend… et donc qu’il risque (un peu). Certains dans ce cas utilisent une ruse de commissaire-priseur : ils décrivent la pièce sans se prononcer sur son authenticité. Le titre de l’annonce pourra donc être « tasse en porcelaine. Marque Sèvres ». Dans ce cas, on est assuré que le vendeur, professionnel en général, sait pertinemment que sa pièce est fausse… mais son annonce est juste : il y a bien une marque indiquant Sèvres, même si cette marque est fausse.

Moralité ?

il est difficile de faire des bonnes affaires… on trouve des pièces vendues comme du Sèvres, et pas cher. Et on trouve aussi des pièces authentiques. On trouve aussi des pièces vendues cher. Si les premières ne sont en général pas authentiques, ce n’est pas bien grave (qui peut raisonnablement croire qu’il va acheter une tasse de Sèvres 10 euros, alors qu’en salle des Ventes, elle devrait se vendre 50 à 100 fois plus ?). Ce qui est plus gênant, c’est que les pièces chères ne sont pas toutes authentiques. Méfiance….

Attention ! si avoir une mauvaise signature exclut une pièce, avoir une bonne signature ne garantit pas d’avoir une pièce authentique…
Citation : « les marques et signatures sont très faciles à imiter, en sorte qu’il ne faut jamais se fier à elles pour juger de l’authenticité d’un objet« . C’est désespérant… en gros, il faut voir la pièce pour la juger.

Les citations sont extraites de « Sèvres », de Tamara Préaud et Marcelle Brunet,  qu’elles en soient remerciées…

passevres
désolé : aucune de ces pièces n’est de la Manufacture de Sèvres…
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8 réflexions sur “Signatures de Sèvres

    1. bonjour,
      la source, comme les citations, est le livre « Sèvres » de Tamara Préaud et Marcelle Brunet. Votre commentaire m’a fait revérifier la source, et corriger une erreur : l’aigle tourné vers la droite est du Premier Empire, et l’aigle tourné vers la gauche du Second Empire.
      Merci
      Cordialement

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  1. Bonjour, Je suis entré en possession d’un cadre ovale doré représentant Napoléon Bonaparte sur un cheval, ceci en blanc sur fond bleu pâle (Wedgwood ?). Au bas de cette porcelaine (?) il est inscrit « Baudouin à Sèvres 1805″. Au dos de ce cadre en lettres manuscrites à l’encre dorée sur un papier vert est inscrit  » Manufacture de Sèvres » et « encadrement R. Dollet »; Pouvez-vous m’en dire plus ? Je vous remercie par avance.

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    1. bonjour,
      Sèvres a réalisé des plaques avec la technique inventée par Wedgwood, et a bien sûr représenté Napoléon sur différentes pièces. Dans le répertoire des acteurs de Sèvres, il n’y a pas de Baudoin qui corresponde, mais ce répertoire n’est pas forcément exhaustif. Donc il n’y a pas d’indice clair interdisant une attribution à Sèvres. Mais de là à l’attribuer à Sèvres, il y a un grand pas ! vous devriez montrer votre pièce à un marchand spécialisé.

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  2. Bonjour, J’ai fait défaire le cadre par un spécialiste. Sur la plaque représentant Napoléon à cheval, figure une inscription manuscrite à l’encre bleu : Sèvres M IMP 1805 ( ou 1807). Le commissaire priseur auquel je me suis adressé (je n’ai pas trouvé à Pau d’autre …expert) n’a rien pu me dire sur cette céramique. J’ai pris des photos mais je ne pense pas pouvoir les envoyer en pièces jointes.

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  3. Je possède une paire de vases signée sèvres sans couvercles. Ces deux vases etaient retrouvé dans un domaine au Keserouan Mont Liban…
    Je suis très prudent et très confus concernant l’authenticité de ces deux vases.
    Ce domaine construit durant la periode ottomane, et le Mont Liban a été sous mandat francais…
    La signature d’un  » S » entre double L sur les deux vases.
    Quelqu’un peut m’aider si cette paire est vraie ou fausse.
    J’ai besoin de votre avis. Je suis prêt á les exporter et les vendre en France.
    Mon numero de portable +96170539993

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