Doucet, jeune débutant à Rouen

Doucet, né en 1865, commence à publier sous l’ombre de son père Théophile, dans la Revue du siècle, à Lyon : essentiellement des courtes poésies, souvent assez humoristiques.

Un bon exemple de cette production apparaît dans le volume d’hommages consacré à Joséphin Soulary. Doucet y publie une parodie de son plus célèbre poème. Ce volume paraît en 1891, imprimé par Storck, à Lyon. C’est un volume in-8°, de 278 pages, plus un erratum, imprimé sur papier vélin ; il n’a pas de nom d’auteur ; une préface anonyme le présente, puis suit la biographie de Soulary par Aimé Vingtrinier. Ensuite sont présentés des travaux de Soulary, suivis d’hommages variés.

soulary

Jérôme Doucet y publie, page 271, un sonnet intitulé « Rêves ambitieux« , dédié « à P. pour ses étrennes » (à son père Théophile) ; ce sonnet parodie celui de Soulary – le fameux vers final « tout bonheur que la main n’atteint pas n’est qu’un rêve » devenant ici « Tout sonnet que la main n’écrit pas n’est qu’un rêve ».

La même année, Doucet publie un hommage à Glatigny, avec Frédéric Le Rey : quatre pages, sans nom d’imprimeur.

Les choses sérieuses commencent l’année suivante : en 1892, Doucet publie « Cure d’amour, comédie en 1 acte en vers – Musique de scène de F. Le Rey », toujours imprimé par Storck à Lyon. L’auteur est nommé « Jérôme Doucet / de Montfrileux » – Montfrileux étant le nom de la ferme de son père.

cure

Cette comédie a été jouée au Théâtre des Arts de Rouen, « pour la première fois » le 13 février 1892, théâtre dont Doucet est le régisseur.

Le volume publié est une mince plaquette in-8°, de 42 pages ; un tirage de tête comporte 20 exemplaires sur japon.

La même année Doucet publie « le mal des planches« , cette fois-ci imprimé par Cagniard, à Rouen ; c’est également une plaquette in-8° de 42 pages.

Ces plaquettes publiées témoignent de l’activité « théâtrale » et comique de Doucet ; cette activité, avec ses amis Frédéric Le Rey, Henri Vignet et Deshays, s’est traduite par d’autres événements, qui n’ont pas forcément donné lieu à « publication » : on trouve par exemple trace d’une « folie-revue » intitulée « à propos de Bottes » ; dont on ne sait rien, à part que les décors sont de Vignet, la musique de Le Rey, Lesens et Duvauchelle, avec la collaboration d’Emile Deshays ; folie-revue qui a obtenu un franc succès semble-t-il (dixit Deshays) ; d’une pastorale, dont la musique a été primée par l’Académie de Rouen (elle était seule candidate…), d’une seguédille (sic)… Pour ces contributions, Doucet est encore le fils de son père, dont le souvenir est rappelé dans les compte-rendu publiés.

En 1893 Doucet donne à nouveau une contribution à son théâtre : « Hibycus, drame lyrique en 3 actes » ; publié cette fois-ci chez Deshays, à Rouen, toujours accompagné de la musique de Frédéric Le Rey : c’est une plaquette in-16 de 54 pages.

Frédéric Le Rey (1858-1942) est un compositeur prolixe, aujourd’hui relativement oublié, qui a notamment composé, parmi de nombreuses musiques de scène, la berceuse « dodo, l’enfant do »…. sur des paroles de Jérôme Doucet !

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la Damnation de Pierrot, exemplaire dédicacé à Eugène Murer qui deviendra son beau-frère.

Cette même année Doucet publie également une autre comédie, « la Damnation de Pierrot« , chez l’éditeur Léon Vanier, à Paris, mais toujours imprimée à Rouen. C’est encore une plaquette in-12 de 42 pages, vendue 3 francs…

1893 marque la fin de l’apprentissage. Dans un autre genre Doucet publiera en effet un recueil de poèmes, ‘douze sonnets, illustrés par Henri Vignet par un moyen très inhabituel, et spectaculaire : des motifs monochromes floraux, en vert ou bleu constituent les fonds de page.  Ce recueil est également édité par Vanier, tirage à quarante exemplaires (3 francs). Cette publication, nettement plus ambitieuse, marque l’entrée dans la maturité.

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