Albert Robida

Doucet et Robida étaient amis ; en témoigne l’abondante correspondance, notamment conservée à la Bibliothèque de l’INHA.

Robida a illustré plusieurs livres de Doucet, ainsi que des nouvelles, et des chansons.

Le premier exemple de cette collaboration est l’illustration de « la Chanson du petit Tambouré« , publiée dans la Revue Mame en 1895.

Cette même année Jérôme Doucet fait la démarche de demander à Robida d’illustrer la nouvelle « dans le beffroi« ,  ce qui convient parfaitement à ce dernier : elle sera publiée par Le Monde Moderne, le premier avril 1896. Ce conte est illustré de 2 vignettes et d’une grande illustration à quasi-plein page, dans un registre très « robidien ».

Doucet sollicitera de nouveau Robida, pour illustrer deux des chansons qu’il destine à son recueil « la Chanson des Choses » : « la Chanson de l’horloge« , prépubliée par la Revue Illustrée le 1er mars 1896, et « la Chanson de la girouette » – que Doucet dédie à Robida.

A la Revue Illustrée, Doucet aura l’occasion de refaire travailler Robida : pour l’exposition Internationale, la Revue publie un reportage de dix-huit pages, dans le numéro du 15 février 1900, sur le Vieux Paris, attraction conçue par Robida – qui fait d’ailleurs la couverture de ce numéro, dans lequel il illustre également une chanson de Doucet : « la villanelle de la mariée« , chanson que Doucet dédie de nouveau à Robida. Dans le numéro du 15 novembre, Robida illustrera une nouvelle chanson de Doucet : « la chanson du va-nu-pieds« .

A noter que ces premières publications, mises à part la Chanson de l’horloge et la Chanson de la girouette, ne seront pas reprises en albums ou recueils.

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Dans la Revue Illustrée, Doucet assure la chronique littéraire, sous la signature de Montfrileux. A  ce titre il a l’occasion de rendre compte des ouvrages que publie Robida ; et il le fait en termes généreux, comme dans cet exemple du 15 décembre 1901, à l’occasion des livres d’étrennes.

Doucet et Robida se retrouveront bien plus tard, pour deux histoires qui seront publiées par Delagrave, d’abord en pré-publication dans son journal « Saint-Nicolas« , puis en albums : « Mon ami Pierrot« , publié fin 1913, puis « Les Deux Cartouche« , publié en fin 1914 (sous le pseudonyme de Montfrileux).

Ces deux albums sont comparables : format à l’italienne (27x35cm), cartonnés, de 32 pages (28 pages numérotées), sur deux colonnes, illustrées à chaque page. Mon ami Pierrot est dédié à René Braunschvig ; A noter que Delagrave publie, dans le même temps, un troisième album de Doucet dans cette série : « Mossieu Clown« , illustré par Poussin, publié fin 1912. Ces albums étaient vendus 3 francs 90.

 

Y a-t-il eu un projet commun avorté entre les deux hommes ?

en 1914 Robida publie, avec l’éditeur Baudelot, à Paris, sous forme de fascicules in-folio (33cmx51cm),  regroupant chacun une lithographie et deux pages d’extraits de journaux, une série sur les Villes Martyres (Reims, Louvain, Senlis, Malines, Arras, Termonde, Soissons et Ypres), qui ont subi de graves destructions par l’armée Allemande. Or sous lot 180 de la vente du 9 octobre 2014, à Drouot, l’étude Tessier vendait un « Important manuscrit de J. Doucet relatant des passages de la première guerre mondiale écrit par le poète, journaliste et écrivain. Constitué de 6 pages grandes in-8, chacune relate un épisode et une lieu (Reims, Louvain, Ypres, Malines, Arras et Soissons). Non daté mais signé en bas de la première page« . Il est tentant de faire le rapprochement…

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Robida – les Villes Martyres : Reims

Doucet et Robida se retrouveront une dernière fois après la guerre, en 1923 : Doucet publie en effet, à compte d’auteur, un petit conte : « la croisade des gueux« ,  tiré à 500 exemplaires ; c’est un petit in-8° carré (15x20cm) de 60 pages, dont Robida illustre la couverture. L’achevé d’imprimer est daté du 14 juillet 1923, par l’imprimerie Meltzer, à Paris; il est dédié « à mon ami le docteur Laurent Antony, affectueuse reconnaissance » ; la tonalité est très sombre, l’histoire se finit dans le sang.

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Enfin en 1930, l’album « Les Deux Cartouche » est réédité, dans un format différent : format in-4 vertical (22cmx28cm), obtenu par dédoublement des pages – il compte 51 pages. L’illustration de couverture change ; elle est due à Joë Hamman.

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