Hachette

Jérôme Doucet est un écrivain pour les grands, et les petits ; on a vu qu’il avait publié de nombreux livres pour la jeunesse, avec l’éditeur Juven. Logiquement il a publié également pour le grand éditeur du secteur : Hachette.

Contes – 1905.

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Son travail avec Hachette commence vers 1902 ou 1903, par la publication, dans la revue de l’éditeur « Mon Journal » (« pour les enfants de 8 à 12 ans »), de contes illustrés par un des illustrateurs « maison » : Georges Conrad (1874 – 1936).

 

Ces contes, publiés en deux parties dans « Mon Journal« , sont les suivants :

  • Tireli
  • Colibri – pré-publié les 16 et 30 juillet 1904
  • Titubus – pré-publié les 5 et 12 mars 1904
  • Au royaume des cartes
  • Piccolo
  • Cornaline
  • Bellurette
  • Turlupin
  • Argentine
  • Baguenaude – pré-publié les 3 et 10 mars 1905
  • Lanturlu
  • Biscouti et Blésmouti – pré-publié les 27 mai et 3 juin 1905

On notera que cette liste comprend douze titres – nombre que nous retrouverons souvent. Le recueil qui les rassemble s’intitule sobrement « Contes » , publié dans la collection « Bibliothèque des Écoles et des Familles » ; l’illustrateur est jugé si peu important que son nom n’est pas cité : l’ouvrage est « illustré de 77 gravures« . c’est un volume de 15,5cm sur 24,5 cm, de 206 pages, édité en 1905 et imprimé par Paul Brodard en août 1905. Les illustrations sont en noir, in-texte, avec une mise en page assez étudiée.

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Titubus dans « Mon Journal » – l’illustration sera tronquée dans le recueil.

Le livre est dédié à André et Henri Lorion, « en témoignage de l’affection que je porte à leur père le docteur Lorion ». Il s’agit du docteur Louis Lorion, de Clamart, où habitent les Doucet ces années-là, dans la Villa du Bonheur, construite en 1899. André est né en 1892, son frère Henri en 1897.

Les Douze Filles de la Reine Mab – 1910.

Après cet ouvrage Doucet continuera dans une veine semblable, mais la publication dans « Mon Journal » interviendra après la publication en recueil. Cette fois-ci le fil conducteur est plus visible : douze filles, à qui il arrive de multiples aventures. L’illustration est confiée à Henry Morin (1873-1961), collaborateur régulier de « Mon Journal« . Le projet est plus ambitieux : chaque conte est illustré d’une grande composition en couleurs, qui fait la couverture de la revue, et de plusieurs in-texte en noir. Les douze contes, publiés de l’automne 1908 au printemps 1910, sont les suivants :

  • Minne et l’Ours
  • Ellen et le Singe
  • Léna et le Canard – publié en 17 octobre 1908
  • Lise et le Dauphin
  • Maud et le Renard
  • Daisy et la Grenouille
  • Elsa et la Sauterelle
  • Janine et l’Ane
  • Colette et l’Aigle – publié le 2 octobre 1909
  • Line et le Chat – publié le 27 novembre 1909
  • Annie et le Frelon – publié le 29 janvier 1910
  • Gab et le Chevalier – publié en 15 mars 1910

La publication en recueil, sous le titre « les Douze Filles de la Reine Mab« , intervient en fin d’année 1910. C’est un album cartonné, de 19cm x 24 cm, comprenant 168 pages. Il est illustré d’une vignette en couleurs collée sur le premier plat ; chaque conte est illustré d’un hors-texte en couleurs (qui servira de couverture lors de la publication dans « Mon Journal« ) et de quelques in-texte en noir.

 

Il est publié par Hachette dans la collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , dont c’est le premier titre ; c’est une collection luxueuse, plus chère que la célèbre « Bibliothèque Rose » : en 1921, alors qu’un livre de la Bibliothèque Rose est vendu 6 francs, il faut dépenser 20 francs pour un livre de cette collection.

Le livre est dédié à Chouchette Busquet, fille du docteur Busquet de La Rochelle – la dédicace est datée d’août-octobre 1906 – et nous indique que ces contes furent écrits à l’été 1906 lors de vacances à la Rochelle. Chouchette Busquet, peintre, née en 1904, connaitra une certaine notoriété vers le début des années trente.

Ce livre aura un succès certain et sera réédité à de nombreuses reprises (au moins sept éditions, notamment en 1920, 1922). Voici ce qu’écrit Doucet en 1929 :

« Les douze princesses de mes contes, toutes
à un moment donné, se trouvent
en péril, se croient définitivement
perdues. il n’en est rien, tout s’arrange
tout redevient joyeux en leur vie »

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Queen Mab’s Daughters – 1912.

Ce livre sera traduit en Anglais, et publié, sous un cartonnage similaire, par Henry Frowde, Hodder et Stoughton, en 1912. La page de titre est dessinée par W.G. Easton, dont le style rappelle fortement Garth-Jones. Le livre est légèrement plus grand : 20cm x 24cm, et compte 175 pages. La dédicace n’est pas reprise.

 

Les fiancées merveilleuses – 1916.

Doucet continue dans la même veine, avec de nouveau les aventures de douze héroïnes – cette fois-ci illustrées par Félix Lorioux (1872-1964). L’illustration est très semblable à celle des Douze Filles, sur le format, et la mise en page, avec les mêmes encadrements ; si ce n’est que la grande composition hors-texte reste en noir –  Le volume aurait facilement trouvé place dans la collection des « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , dont Lorioux était un des illustrateurs réguliers, peut-être n’est-ce pas le cas à cause de la guerre.

Le recueil est publié fin 1916, imprimé en octobre 1916 par Brodard. c’est un volume de 102 pages, de 19cm x 24 cm, sous cartonnage orange, imprimé d’une composition en deux couleurs. Il est vendu 4 francs broché, 5 francs cartonné.

 

Le livre est dédié à Lucette Descaves, pianiste et pédagogue, née en 1906, fille de l’ami de Doucet, Eugène Descaves et nièce de Lucien Descaves.

Chaque conte porte également une dédicace :

  • Pimpernelle et Fantoche, dédié à Mlle Germaine Mallet.
  • Airelle et Myrtil, dédié à Mlles Marthe et Germaine Guichard.
  • Primerose et Pomponnet, dédié à Mlle Mildred May.
  • Argirose et Ramadour, dédié à Mlles Madge et Winifred Higgins.
  • Tarentelle et Carendal, dédié à Mlle Marie-Thérèse Fleurot.
  • Miralette et Fidelio, dédié à Mlle Solange Guérin.
  • Bimbeline et Corindon, dédié à Mlles Marie-Thérèse et Simone Barrieu.
  • Brimborionne et Pimperlin, dédié à Mlle Monique Lefebvre.
  • Craponne et Viridine, dédié à Mlle Marie-Thérèse Aschbacher.
  • Armoise et Souriceau, dédié à Mlle Yvonne Ferroud (fille de l’éditeur François Ferroud ? ).
  • Perdican et Cymbalaire, dédié à Mlle Alice Gothé.
  • Danilo et Mandosine, dédié à Mlle Fritzie.

Princesses des champs et des bois – 1934.

« Les Fiancées merveilleuses » seront rééditées en 1934 sous le titre « Princesses des Champs et des Bois« , sous un cartonnage différent, bleu ou vert, de 18,5cm x 24 cm, avec la tête dorée.   et un format légèrement plus petit : 18cm x 23 cm. Il existe un cartonnage moins luxueux, rouge, de 18,5cm x 24 cm, sans la tête dorée – ce livre porte au dos la mention « prix du concours ouvert par le Manuel général entre les meilleurs élèves des écoles de France » – Ce Manuel général était une revue semi officielle, éditée par Hachette, et dotée comme prix d’un livre Hachette – ce livre est donc assez courant, puisque distribué assez largement cette année-là. Le livre est imprimé en août 1934 par Brodard et Taupin. L’illustration est inchangée – il est vendu 20 francs ; à ce moment les livres de la collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui » sont vendus 35 francs.

Cette fois-ci la dédicace est pour Monique Jean Rollin.

La Légende des Mois – 1921.

Avec ce recueil, Doucet abandonne ses princesses et leurs aventures princières qui finissent bien ; la tonalité est plus sombre, il n’y a pas forcément de dénouement heureux. Chacun des douze contes est placé sous le signe d’un mois de l’année :

  • janvier : l’homme de neige
  • février : le bal masqué
  • mars : dans un rayon de soleil
  • avril : la carpe de l’Empereur
  • mai : la gerbe de muguet
  • juin : le triomphe de la rose
  • juillet : la source inespérée
  • août : l’or du blé
  • septembre : deux oiseaux
  • octobre : la treille du Roi
  • novembre : le livre des sorciers
  • décembre : le berceau de l’enfant

Ces contes sont illustrés par Serge de Solomko, de son vrai nom Serguei Sergueïevitch Solomko, artiste russe né en 1867, installé en France depuis 1910. Doucet lui avait déjà demandé un frontispice à un autre ouvrage, « Pages d’amour« , paru en 1912 à compte d’auteur. Ici Solomko produit un hors-texte et 2 à 3 in-texte pour chaque conte, en noir.

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Le recueil est dédié à Alexandre Rosetti, petit-fils de la princesse Smaranda Mourousy (Smaranda Cantacuzino, née en 1848, morte en 1925), amie de Doucet (qui lui dédiera un autre ouvrage, « les Maîtres Anciens« , paru en 1911 chez Juven). Il a été écrit en 1912, et sa publication, prévue en 1915, a été repoussée.

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Une première publication a lieu en 1921 et il est réédité dès 1922 – à cette occasion Doucet insère un nouvel avant-propos, daté de mars 1922.

Dix contes – 1940.

Ce texte sera réédité par University of London, en octobre 1940, dans une version adaptée par Jean Matrat, simplifiée, pour les étudiants en Français. Les illustrations, signées GEE (Hugh Gee, connu notamment pour ses illustrations d’Alice) se limitent à 1 hors texte et 7 in-texte. Seuls dix des douze contes sont repris : disparaissent ainsi « Le livre des sorciers » et « Deux oiseaux« . Bien que déjà très simplifié, le texte bénéficie d’un vocabulaire en fin d’ouvrage.

 

Il s’agit d’un petit livret de 80 pages, de 12cm x 16,5cm, broché.

Les douze Lutins de la princesse Mab – 1930.

Les Douze filles avaient été un grand succès ; Doucet exploitera une nouvelle fois cette veine en publiant, dans la même collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , un second recueil, répétant la même formule, à une différence près : il n’y a plus qu’une seule princesse, à qui il arrive douze aventures. Il est également illustré, comme le premier de 1910, de douze hors-texte en couleur de Henry Morin, un pour chaque conte.

 

Les douze histoires sont les suivantes :

  • Scarpol, le lutin de l’horloge
  • Brikiki, le lutin du vieux puits
  • Rodilard, le lutin de la cave
  • Ramina, le lutin du grenier
  • Misoldo, le lutin du clavecin
  • Rapata, le lutin de la bibliothèque
  • Kilili, le lutin de la garde-robes,
  • Fanfarlot, le lutin du pavillon de chasse
  • Corico, le lutin du poulailler
  • Capricant, le lutin du pressoir
  • Luminou, le lutin de la cheminée
  • Chrysolin, le lutin du coffret à bijoux.

Le livre compte 174 pages et mesure, comme les Douze filles, 19cm x 24 cm. Il est imprimé par Brodard et Taupin, en septembre 1930.

Le livre est dédié à Huguette Rouzaud, fille de « la Marquise » ; c’est à dire Clémentine Rouzaud, à la tête de la chocolaterie « A la marquise de Sévigné« , grande amie de Jérôme Doucet. Dans cette dédicace Doucet regrette que ce livre, le cinquième publié par Hachette, ne soit toujours pas admis dans la Bibliothèque Rose, la collection évidemment la plus prestigieuse de l’éditeur.

Mademoiselle Graindsel – 1936.

Le vœu de Doucet sera exaucé avec son livre suivant, Mademoiselle Graindsel. Il nous conte les aventures d’une petite fille surdouée, qui met son grain de sel partout. Il est publié dans la célèbre collection, sous cartonnage rouge et or, et jaquette illustrée. Il compte 246 pages et mesure, comme tous les titres de la collection, 12cm sur 18.

L’illustration, confiée à André Pécoud (1880-1951), comprend 8 hors-texte et de nombreux in-texte. Le livre est dédié non pas à une petite fille, comme les titres précédents, mais à Magdeleine du Genestoux – pour la remercier d’avoir enfin admis Doucet dans la Bibliothèque Rose ! il faut dire que Magdeleine est influente : auteur important de la Collection, elle est également directrice du secteur Jeunesse de Hachette..

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le Jardin des Lettres – document Gallica.bnf.fr/BNF

Ce livre, paru le 12 mars 1936, avec Pipo et Pip, de Magdeleine du Genestoux, paru fin 1935, et Colin-Maillard, de Colette Vivier, paru le 13 février 1936, fait partie des trois livres retenus pour le grand concours de la Bibliothèque Rose, doté de cent mille francs de prix ; de même, ce sont les trois premiers livres de la Collection à bénéficier d’une jaquette papier en couleurs.

 

Dans ce livre Doucet met beaucoup de ses souvenirs. Les noms des personnages sont directement inspirés de ses pseudonymes : le père s’appelle Jacques de Pierrelée, capitaine de cavalerie, son épouse Josette de Montfrileux et la grand-mère, Delphine de Pierrelée ; c’est la propre grand-mère de Jérôme Doucet, qui  s’appelait Delphine Baudesson de Richebourg.

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Le petit Roi du Luxembourg – 1938.

Deux années plus tard Doucet donne un second ouvrage à la Collection : Le Petit Roi du Luxembourg, toujours illustré par André Pécoud. Le livre compte 252 pages, l’illustration 9 hors-texte et des in-texte.

 

Ce livre est dédié à « la chère mémoire de mon père Théophile Doucet ». Et ce père figure dans l’histoire, sous les traits du précepteur, Dieudonné, homme bon, qui passe le temps en faisant des sonnets..

 

Ces deux livres forment un tout ; les personnages du premier réapparaissent dans le second, de façon assez artificielle ; des évènements semblables s’y produisent, comme un enlèvement par des Bohémiens (ce qui semble assez courant, au moins dans la littérature jeunesse de l’époque).

la Colombe de Saint-Marc – 1939.

l’année suivante Doucet publie de nouveau un roman d’aventures ; mais cette fois-ci il sera publié dans la Petite Bibliothèque Blanche.

La Colombe de Saint-Marc se passe, comme son nom l’indique, à Venise ; c’est l’histoire d’une enfant trouvée, qui retrouvera sa famille – princière comme il se doit.

 

C’est un volume de 154 pages, de format 14cm x 19,5 cm, cartonné ; il est illustré de 6 hors-texte, plus une vignette, de P. Jeanin (sur qui je n’ai pas trouvé d’informations ; il ne semble pas avoir illustré d’autres ouvrages ?).

le livre est dédié à Elisabeth Meunier du Houssoy, comtesse Henri de Gramont, (1914-1999) Paris, le 16 mai 1939. C’est la fille de Robert Meunier du Houssoy, administrateur et responsable du secteur enfants des éditions Hachette.

A noter une curiosité : sur la page consacrée aux autres ouvrages de l’auteur, figurent tous les titres précédents ; seul les Contes est marqué épuisé ; ce qui indique donc que les deux volumes publiés dans les histoires d’autrefois et d’aujourd’hui sont toujours disponibles, tout comme la légende des mois – mais la curiosité est ailleurs : un volume est indiqué en préparation : « va, petit mousse ! ». Ce titre ne paraîtra jamais. Il fait partie des livres projetés, qui n’ont pas pu être menés à bien.

Seconde curiosité : il existe un tirage de tête, constitué de dix exemplaires tirés sur japon, numérotés de 1 à 10.

les douze lutins de la Reine Mab – 1950.

Il ne s’agit pas de nouvelles histoires – mais simplement du regroupement des deux livres illustrés par Henry Morin, en 1906 puis en 1930, réédités dans la fameuse Bibliothèque Rose.

 

Le volume, de 252 pages, contient donc les 24 contes ;  l’illustration est confiée à L. Pecnard – en fait Jacques Pecnard (1922-2012) et comporte 9 hors-texte et des in-texte. Le volume reprend sobrement les dédicaces des deux livres d’origine : à Chouchette Busquet / à Huguette Rouzaud. Le livre est imprimé en octobre 1950 – des rééditions régulières sont effectuées, au moins jusqu’en 1955.

Mademoiselle Graindsel – 1957.

Une nouvelle édition de ce titre à succès est réalisée en 1957, dans la « Collection des Grands Romanciers« . Cette édition est illustrée par Jeanne Hives (née en 1927), dont c’est l’une des premières réalisations.

 

Il s’agit d’un volume de 96 pages, de 16cm x 22 cm, cartonné, avec une vignette collée en couverture ; il est illustré de 8 hors-texte. Il est imprimé au 3eme trimestre 1957 par Brodard et Taupin. A sa parution, l’auteur est mort depuis plusieurs mois ; c’est le dernier livre de Doucet qui sera publié.

Au total, Hachette aura publié onze titres de Jérôme Doucet, dans plusieurs collections différentes, sur une période de plus de cinquante années – titres regroupant trois romans et soixante contes.

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