Le journal des ouvrages de dames.

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Le Journal des Ouvrages de dames est une revue mensuelle, publiée par François et Laure Tedesco ; comme son nom l’indique c’est une revue spécialisée, qui publie des patrons divers, pour la broderie, la couture, essentiellement. Ce n’est pas la seule revue du groupe ; on peut citer Ma Poupée, qui cible les fillettes ; Mademoiselle, pour les jeunes filles, ainsi que Le Petit Monde – et sa déclinaison, le Théâtre du Petit Monde.

Dans ces revues, les Tedesco insèrent également des pages plus journalistiques ; un courrier des lecteurs, des concours, des pages de dessins, souvent confiées à des dessinateurs attitrés, et des contes, écrits par les Tedesco eux-mêmes, ou plus souvent par différents auteurs pour enfants. Parmi les dessinateurs on peut citer René Giffrey, qui intervient très souvent (et dessine notamment les couvertures de Ma Poupée).

Le numéro de Noël 1913 (qui paraît le 1er décembre 1913), au format 24,5 cm sur 32 cm, est un numéro spécial, vendu un franc (alors qu’un numéro normal est vendu cinquante centimes), qui groupe un ensemble de contributions spécifiques.

Ce numéro est annoncé par une publicité insérée dans de nombreux journaux :

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Voici son sommaire :

  • couverture : la Reine Mathilde et la tapisserie de Bayeux, par Serge de Solomko ;
  • les amoureux à la crèche, par F. Funck-Brentano, illustrations de O.D.V Guillonnet ;
  • la Vierge aux raisins, tableau de David ;
  • la Chanson de Pénélope, par Jérôme Doucet, illustration de S. de Solomko ;
  • la Chanson des toits, par Raymond Crussard, encadrements de Sandy Hook ;
  • l’Aventure Vénitienne, par J. de Montfrileux ; illustrations de Robida ;
  • le Livre de Paix, tableau de Maxence ;
  • le Pont-Neuf, par J. de Richebourg, illustrations d’après des documents anciens ;
  • Broderies d’hier et d’aujourd’hui, reproductions en couleurs de broderies anciennes et modernes ;
  • Travaux de dames, étude et reproductions, Cousine Claire ;
  • Eugénie de Baculard d’Arnauld, par Greuze ;
  • les Empenneresses, conte de Noël par Jérôme Doucet, compositions de E. White ;
  • la Femme et la Perle, par S. de Pierrelée, illustré d’après des tableaux de maîtres ;
  • la Croisée, par Debucourt ;
  • la Légende de Sainte Odile, illustrations et texte par P. Pascal.

Ces quinze éléments peuvent se répartir entre :

  • 5 gravures (la couverture, les reproductions de David, Maxence, Greuze, Debucourt)
  • 2 articles « dans le sujet » : travaux de dames, broderies ;
  • 3 articles d’auteurs divers (Funck-Brentano, Raymond Crussard, qui est un « auteur Maison » de Tedesco, P. Pascal)
  • et 5 articles directement écrits par Jérôme Doucet lui-même, signés d’un florilège de ses pseudonymes !

En effet, on sait que Jérôme Doucet signe assez facilement ses contributions de façons diverses – Doucet, Montfrileux, Pierrelée – et nous voyons ici apparaître un nouveau pseudonyme, J. de Richebourg.

De plus, on peut remarquer que parmi les 5 gravures, certaines pourraient facilement avoir été choisies par Jérôme Doucet :

  • Serge de Solomko, à cette date, n’a encore illustré qu’un livre, de Jérôme Doucet justement : Pages d’amour ;
  • Edgar Maxence est un ami de Doucet ; et il illustrera Verrières, qui est lié à cette publication ;
  • Doucet a publié une étude sur les graveurs du XVIIIe siècle, ainsi qu’un port-folio, dans lequel il met en avant Greuze et Debucourt.

Le sommaire est suivi d’une introduction « à nos Lectrices ». Elle n’est pas signée ; mais son style rappelle fortement Jérôme Doucet…

A nos lectrices.

Au temps jadis, le moindre opuscule avait sa préface, sa notice, son avertissement ; toute oeuvre dramatique débutait par un prologue, un préambule. C’est qu’alors on se préoccupait uniquement de satisfaire le public, de tout l’effort de sa meilleure volonté. Amies lectrices, nous avons voulu rééditer cette coutume du bon vieux temps, dont nous avons cherché à reprendre aussi les saines traditions.

Nous nous sommes efforcés, comme nous nous efforcerons toujours, de ne vous présenter que des lectures plaisantes, saines, instructives, pleines à la fois de conseils pratiques, d’enseignements utiles, sous leur forme divertissante, et toujours dans el ton de la meilleure compagnie.

Tout particulièrement, en ce numéro spécial, remerciement offert à votre fidèle attention, nous avons groupé tout un choix fait, croyons-nous, pour vous plaire.

Rares et curieuses broderies de ce vieux temps, reproduites dans leurs teintes adoucies à côté de leurs émules les plus élégantes de l’heure actuelle, contes de Noël, magistralement illustrés, poésies gracieuses, nouvelle pittoresque, étude historique et documentation instructive, sans oublier la part légitime de l’élégante coquetterie. Enfin, pour orner vos murs, si cela vous plaît, vous n’aurez qu’à détacher les quarte estampes, plaisantes et variées, que nous avons imprimées avec grand soin sur du  beau papier fort, de luxe.

Puissent-elles, quand elles vous tomberont sous les yeux, vous rappeler notre souvenir et nos efforts, ainsi que les vœux que nous joignons, ici, pour vous, en ce numéro de Noël de votre fidèle :

JOURNAL DES OUVRAGES DE DAMES.

Voici, dans l’ordre de publication de la revue, les (autres) contributions de Doucet.

La Chanson de Pénélope.

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C’est une chanson, comme Doucet en a écrit de nombreuses autres ; à ma connaissance elle n’a pas été reprise. Elle est illustrée d’une composition de Serge de Solomko, à qui on doit également la couverture ; cette composition est connue par ailleurs, car elle a été éditée en carte postale par Lapina – le titre de la carte postale ne fait pas référence à Pénélope : « femme perse tressant un tapis« .

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L’Aventure Vénitienne.

C’est un petit conte, qui met en scène une belle Vénitienne, Isabelle, condamnée à porter un masque car elle est trop belle ; et ses soupirants – occasion de nous montrer, via les dessins de Robida, tous les hauts lieux de Venise.

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Ce n’est pas la première fois que Robida et Doucet travaillent ensemble – à cette même période se situe la publication de Mon ami Pierrot.

Voici la reproduction de ce conte :

la Naissance du Pont-Neuf.

Il ne s’agit pas d’un conte, mais d’un article didactique, qui nous retrace toute l’histoire de ce pont, depuis Lutèce jusqu’au XVIIe siècle.

Cet article est signé de J. de Richebourg ; une phrase de l’introduction peut nous donner une indication sur le nom réel de l’auteur :

Je me souviendrai toujours de cette vision quelque peu poignante ; j’étais dans la boutique fameuse, pleine de trésors littéraires, de Lucien Gougy, le libraire érudit, le Parisien charmant, dans cette vieille boutique spirituelle qui semble si souvent le fumoir de la proche Académie, et nous attendions que la Seine arrivât jusqu’à nous.

Lucien Gougy, grand ami de Jérôme Doucet, dont la mère est née Élise Baudesson de Richebourg…  je ne crois pas qu’il s’agisse de coïncidences.

Les Empenneresses.

Les empenneresses, ce sont les personnes chargées de réaliser les pennes des flèches ; de tailler et de fixer les plumes sélectionnées pour l’empennage.

Ce conte « de Noël » est d’une tonalité très religieuse : une empenneresse veut bien réaliser sa tâche pour défendre son château contre les attaques de Normands ; mais quand la châtelaine lui commande des flèches pour chasser des oiseaux, elle a un mouvement de révolte ; elle jette toutes les plumes sélectionnées… heureusement, un menuisier, venu lui apporter les flèches, va l’aider à retrouver des plumes ; c’est un menuisier un peu particulier : il peut faire apparaître une colombe réelle à partir de la colombe de l’Esprit-Saint d’un vitrail ; il a une plaie aux mains… les flèches réalisées ne blesseront aucun oiseau, et l’empenneresse s’enfuira avec le menuisier, nimbé d’or, suivi d’un vol de colombe…

Le conte est illustré de trois compositions de White, dont deux qui se répondent.

Ce conte sera de nouveau publié, en 1920, par la revue Canadienne la Revue Moderne ; deux seulement des illustrations de White seront reproduite, perdant l’effet de miroir de la première publication.

Il sera de nouveau publié, sous le titre « L’Empenneresse« , dans le recueil « Verrières« , illustré par Paul de Pidoll et Edgar Maxence, en 1926 et 1929 ; dans cette dernière version le récit est très amplifié.

La Femme – La Perle

Il s’agit d’une étude sur la perle comme ornement féminin ; il est signé S. de Pierrelée, pseudonyme courant de Jérôme Doucet.

Il est illustré de reproductions de portraits féminins.

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Gravures insérées.

Nous avons vu que quatre gravures ont été insérées dans l’ouvrage, tirées sur un papier plus fort que « vous n’aurez qu’à détacher », « pour orner vos murs »…

Il me semble qu’on peut reconnaître Doucet derrière le choix de ces gravures.

Autres participations de Doucet aux publications Tedesco.

Comme on l’a vu, Doucet a fortement contribué à ce numéro du Journal des Ouvrages de Dames. Il a également fourni d’autres articles et contes, pour d’autres publications du groupe Tedesco :

Boudomme – Le Petit Monde, 1919-1920.

A partir d’octobre 1919, Le Petit Monde publie Boudomme, roman de jérôme Doucet, illustré par Henry Morin. A ma connaissance ce « roman » n’a pas été réédité.

Ma poupée – 1919 – Montfrileux.

Dans le numéro de décembre 1919 de Ma Poupée, Doucet, sous la signature de Montfrileux, publie une histoire intitulée « Poupées d’antan – histoire d’une poupée grecque et d’une poupée romaine » ; elle est illustrée de deux compositions de René Giffrey, illustrateur attitré du journal.

Ma Poupée – 1920 – contes de fée.

En 1920, Doucet publie une série de contes de fée, dont « Timberli« , contes tous illustrés par René Giffrey. Ces contes seront publiés en volume par Tedesco sous le titre « Doigts de fée », en 1922 ; il s’agit d’un volume in-8 (hauteur 17 cm) de 131 pages, illustré par René Giffrey bien sûr.

« Ma Poupée » et « Le petit Monde » – septembre 1921 – Tristram Brachs

Le même mois, ces deux revues publient le même conte de Doucet, illustré par Harry Eliott, « Tristram Brachs, le fondeur de chandelles ».

 

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Pages d’amour.

En 1912, Jérôme Doucet fait paraître un petit recueil de contes, plutôt pour adultes, et ceci à compte d’auteur. C’est le premier ouvrage qu’il fait paraître de cette façon ; jusqu’à ce moment, il a toujours utilisé les services d’un éditeur, pour toutes ses publications, y compris les plus confidentielles – publications fort nombreuses ; Pages d’amour sera la quatre vingtième publication de Jérôme Doucet !

Doucet a de l’expérience dans ce domaine, puisqu’il a dirigé une maison d’édition : le Livre et l’Estampe ; il a travaillé avec Ferroud ; il connaît bien les imprimeurs et le processus d’édition.

Au reste, ce n’est pas une volonté de Doucet de le publier « chez l’auteur » ; simplement, il n’a pas trouvé d’éditeur !

En effet, dans sa dédicace, Jérôme Doucet nous informe qu’Anatole France avait bien voulu le recommander à son éditeur (sans doute Calmann-lévy), pour ce livre, mais que dernier avait été trouvé trop court – et Doucet, n’ayant pas voulu ou pu étoffer son ouvrage, s’est décidé à l’éditer lui-même.

Cette dédicace à Anatole France est intéressante à un autre titre ; Doucet y cite la leçon bien apprise, faisant partie des Contes de jacques Tournebroche, publié par Anatole France quelques années auparavant ; et toutes proportions gardées, les pages de Doucet sont dans la même veine.

En effet, il s’agit ici de petits textes, très courts, qui mettent en scène des personnages historiques ou légendaires, avec un page qui joue un rôle insoupçonné dans l’histoire officielle ; les maris n’en sortent pas indemnes. Le ton est très léger, et détonne un peu dans la production de Doucet.

Les douze contes retenus sont les suivants :

  • La Belle Hélène
  • Le Roi Midas
  • Le Roi Crésus
  • La Reine Candaule
  • Madame Putiphar
  • Madame Dagobert
  • Madame Barbe-Bleue
  • Madame Gambrinus
  • la Duchesse de Malbrouck
  • Madame de Carabas
  • Le Roi d’Yvetot
  • Le Ci-Devant

Comme souvent, Doucet a retenu douze contes ; il a pu en écrire d’autres, non retenus dans ce recueil.

Serge de Solomko.

Pour ce livre, Doucet a fait appel à un artiste qui n’a encore jamais illustré de livre : ce sera sa première contribution à un livre imprimé. Mais il ne s’agit pas d’un jeune débutant ; en effet, Sergueï Solomko, dit Serge de Solomko en France, est un artiste russe, né en 1867 ; il a donc déjà une certaine expérience en 1910 ; ses illustrations sont notamment reproduites en cartes postales par l’éditeur d’origine Russe Ilya lapina. Il donne des dessins de presse dans diverses revues ; notamment en 1906, à la Revue Illustrée, une caricature de Colette et Willy.

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la Revue Illustrée, 20 mars 1906 – source : Gallica.bnf.fr

Dans ce livre figure une seule illustration de Solomko, placée en frontispice.

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Solomko – fronstispice de Pages d’amour

Il n’est pas impossible qu’il ait réalisé d’autres illustrations, non retenues pour la publication ; il existe notamment une carte postale représentant Joseph et la femme de Putiphar, qui aurait parfaitement eu sa place dans ce livre.

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source : trouvé sur Pinterest.

 

Doucet fera appel à Serge de Solomko à d’autres occasions ; notamment en fin d’année 1913, pour la chanson de Pénélope, publié dans le numéro de Noël de la revue « Journal des ouvrages de dames » ; puis de nouveau en 1921, pour illustrer la Légende des mois, chez Hachette.

 Pages d’amour.

Matériellement, le livre est un in-4° carré (22 cm sur 24 cm) de 110 pages plus 6 pages non numérotées ; il a été imprimé par l’Édition Romane, 40 rue des Mathurins, à Paris, l’achevé d’imprimer est daté du 20 juillet 1912.

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La couverture et la page de titre sont dessinées par Girardclos, dessinateur publicitaire ;  le texte est imprimé en noir, dans des encadrements jaune orangé, avec une mise en page très aérée.

Le livre est publié à Paris, aux despens de l’auteur, 91bis, rue du Cherche-Midi, ou à l’Edition Romane, 40 rue des Mathurins.

 

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Le tirage est limité à 99 exemplaires :

  • 3 exemplaires sur Japon à la forme, vendus 50 francs ;
  • 6 exemplaires sur papier de chine (non indiqués dans le prospectus) ;
  • 9 exemplaires sur Japon Impérial, vendus 30 francs ;
  • 81 exemplaires sur Papier à la forme, vendus 20 francs.

Hors les grands papiers, le livre est imprimé sur pur fil dAnnonay.

Le prospectus donne quelques indications :

Ces douze contes, douze fantaisies, douze poëmes en prose d’un goût si précieux, d’une forme si raffinée, ne sont peut-être pas dans leur frivolié amoureuse, une lecture pour tous les âges. Pourtant rien n’y saurait choquer si l’on aime les choses bien dites et spirituellement troussées.

Le livre en lui-même imprimé avec un caractère Roman neuf (dont ceci est un specimen), grand, artiste, sur du très-beau papier de fil à la forme, ou du Japon, est un chef-d’oeuvre de typographie, un bibolot raffiné. Malgré son tirage fort restreint, comme ce livre est édité en dehors de toute spéculation et non en librairie, il est d’un prix abordable pour tous.

La typographie, comme l’indique le prospectus, est effectivement assez soignée ; une mise en page claire, chaque page est entourée d’un filet orangé, avec rappel près de chaque cadre. D’un tirage très faible, le livre est relativement rare ; on n’en voit en vente qu’exceptionnellement.

 

Annexe : dédicace à Anatole France.

Voici le texte inséré en guise de dédicace :

Pour ANAT0LE FRANCE.
Maître,
Je vous envoie bien tardivement ces « Douze Pages d’Amour » dont l’an passé vous acceptiez la dédicace ; pardonnez cette lenteur, je vais vous en dire la cause.

Vous souvient-il que, si gentiment, vous les prîtes par la main, ces polissons, & les conduisites dans une grande et belle librairie. Ils furent accueillis avec un sourire qui vous revenait, examinés loyalement pour voir à quoi ils pourraient bien s’employer. Mais quand on voulut les mettre en pages, en pages de la maison, on s’aperçut qu’ils ne faisaient pas à eux douze un gros volume.

« Soyez sages & mangez votre soupe » leur fut-il dit avec bonhomie… Ils grandiront, pensait-on, car ils sont esp… iègles ! non !

Ces espiègles ne mangèrent pas leur soupe, préférèrent se nourrir d’amour & d’eau claire, quitter ce beau palais, pour aller loger à la belle étoile.

Je les ai grondés, amenés, je crois, à composition, corrigés de près & les voici, Maître, inclus en ces cent-douze pages, ces douze pages.

Je vous les offre à nouveau avec l’espoir que la leçon écoutée de vous, pour moi fut un peu « La leçon bien apprise ».
J. D.
Mai 1912.

 

 

 

 

Doucet au Gil Blas Illustré.

Le Gil Blas Illustré hebdomadaire est le supplément du journal quotidien Gil Blas ; il est servi comme prime aux abonnés. Gil Blas est un quotidien, créé en 1871 ; le supplément illustré est créé en 1891.

Ce supplément est constitué de deux feuilles pliées, ce qui donne huit pages ; la première page étant réservée à un grand dessin, soit isolé, soit en rapport avec le texte publié page suivante. La dernière page est le plus souvent occupée par une chanson, illustrée, assez souvent avec la partition. De nombreux illustrateurs sont mis à contribution, dont principalement Steinlen, notamment pour la dernière page ; mais on trouve aussi très fréquemment Paul Balluriau (1860-1917) ; il en est d’ailleurs le directeur artistique de 1897 à 1900.

Si l’iconographie choisie est en général assez populaire, avec une illustration souvent caricaturale, qui rappelle le Rire, la partie littéraire est de bonne tenue ; on trouve fréquemment les signatures des plus grands auteurs, comme Guy de Maupassant, Barbey d’Aurevilly, Émile Zola, Anatole France. De même, les chansons, quelquefois signées d’auteurs peu renommés, peuvent aussi être dues à Verlaine ou Baudelaire.

Jérôme Doucet, auteur de chansons et de textes courts, avait toute sa place dans ce journal ; et effectivement il y a été publié très tôt.

1894 et suivantes : chansons.

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La première contribution relevée est datée du 30 septembre 1894 (numéro 39) ; à cette date le Gil Blas illustré publie, en dernière page, la chanson « Il ne vit qu’un jour, l’amour« , Ronde, paroles et musique de Jérôme Doucet, avec une illustration de Paul Balluriau. A cette date Doucet habite toujours Rouen ; il a très peu publié, essentiellement des pièces théâtrales, en tirage très limité ; on trouvera le détail de ces publications dans cet article.

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Une autre chanson est publiée en 1896, dans le numéro 6 : « la chanson de la chair », paroles de Jérôme Doucet, sans musique ; l’illustration est toujours de Paul Balluriau.

Il existe sans doute d’autres chansons, publiées dans ces années-là. Ces chansons ne sont pas reprises dans les publications ultérieures de Doucet ; mais elles ont pu faire partie du projet, non abouti, de publication sous le titre « la chanson des gens« , évoqué par Doucet dans la Puissance du souvenir.

1903 : Jérôme Doucet, directeur.

Le bandeau du numéro 8 de 1903 est le suivant :

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On note la mention de Jérôme Doucet, directeur. Cette mention figurera jusqu’au numéro 18 ; Doucet est sans doute resté directeur, sans que ce soit explicité sur le bandeau (ce qui était courant pour ce journal) jusqu’à la fin de parution du journal, au numéro 34.

Les contributions de Doucet, maintenant qu’il est directeur, seront nettement plus fréquentes… Voici quelques exemples.

Le livre des masques.

Cette même année 1903, Jérôme Doucet, qui dirige également la maison d’édition le Livre et l’Estampe, publie le Livre des Masques, collection de cent caricatures féroces, illustrées par Jules Fontanez. Certaines de ces caricatures sont publiées dans le Gil Blas illustré, dont notamment :

  •  numéro 8 : les étudiants,
  • numéro 26 : les amoureux,
  • numéro 27 : les touristes,
  • numéro 29 : les catholiques.
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double page du livre présentée devant la double page du journal.

Le Gil Blas est un journal, donc d’un format assez imposant : 28 cm sur 40 cm ; ces caricatures sont publiées sur la double page centrale, donc avec un format de 56 cm sur 40 cm, ce qui rend ces caricatures encore plus impressionnantes. La publication du livre sera bien moins imposante : le livre est au format 16 cm sur 24,5 cm.

1903, numéro 9 : chanson d’amour.

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Une nouvelle chanson, du même registre que celles publiées en 1894 et 1896, est insérée dans le numéro 9 de 1903 : chanson d’amour, paroles de Jérôme Doucet, pas de musique, avec un dessin de Théophile Steinlen.

la Chanson des Choses.

Doucet a publié en 1898 un recueil de cinquante-cinq chansons, chez Henry-May, intitulé la Chanson des Choses ; ces chansons, illustrées par de nombreux artistes, avaient pour la plupart été publiées par la Revue Illustrée. Doucet a puisé dans ce vaste ensemble pour alimenter Gil Blas. Voici deux exemples :

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  • numéro 11 de 1903 : la chanson du masque.

Cette chanson, insérée dans un grand cadre de Giraldon, qui avait déjà été utilisé pour la publication dans la Revue Illustrée, en 1897, mais avec des couleurs différentes.

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la chanson du masque, dans la Revue Illustrée, 1897.
  • la chanson des fuseaux.

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Cette chanson est insérée dans un cadre de A. Cossard ; elle a été mise en musique par Henri Letocart (1866-1845). Cette illustration n’a rien à voir avec celle qui avait été utilisée lors de la publication dans la Revue Illustrée, ou dans le livre la Chanson des Choses (cadre de Giraldon).

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Pierrot.

Doucet republie certaines des pantomimes qu’il avait publié, en 1900, sous le titre général de Mon ami Pierrot, avec des illustrations de Louis Morin. Entretemps, Doucet et Morin se sont brouillés ; la publication dans Gil Blas sera sans illustration..

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Au moins deux de ces pantomimes sont publiées :

  • Dalila, à une date inconnue,
  • le Sermon, dans le numéro 11.

 

Jean Lorrain.

Doucet, grand ami de Jean Lorrain, republie plusieurs de ses contes, qui avaient déjà été publiés auparavant, notamment dans la Revue Illustrée. C’est le cas notamment de :

  • la princesse sous verre, dans le numéro 11,
  • la princesse Neigefleur, dans le numéro 13,
  • Madame Gorgibus, dans le numéro 18.

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Ces publications ne reprennent pas les illustrations d’origine ; les contes sont seulement illustrés par la première page, dédiée ; le conte étant repoussé à la seconde page. Pour Madame Gorgibus, l’illustration est de Georges Conrad ; pour la Princesse sous verre et la Princesse Neigefleur, elle est de Jules Fontanez.

Numéro 31 : spécial Doucet.

Dans ce numéro, Jérôme Doucet a beaucoup contribué… On trouve en effet :

  • Prenez garde ! par Simon de Pierrelée ;
  • Jardin de Paris, par S. Builder,
  • Duo du soir, par Montfrileux.

Il s’agit des trois pseudonymes utilisés par Doucet…

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Prenez garde ! est une lettre d’homme,  dans le genre des nouvelles sous forme de lettre, alors à la mode ; elle sera republiée dans la Revue Illustrée, en 1905, illustrée par Dutriac, quand Jérôme Doucet en reprendra la direction. Dans Gil Blas, la nouvelle est illustrée par G. Carré.

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Jardin de Paris, illustré par Florane, est un publi-reportage, dans le ton des articles de ce genre, que Doucet insérait dans la Revue Illustrée.

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Duo du soir est une chanson inédite, paroles et musique signées de Montfrileux ; l’illustration n’est pas signée mais est certainement de Florane.

Autres insertions.

Dans le numéro 31, Doucet publie, sous la signature de Montfrileux, une nouvelle intitulée « Ce pauvre ami » ; avec une illustration de G. Carré.

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A une date inconnue, Doucet publie, sous la signature de S. de Pierrelée, une nouvelle initialement publiée en 1896 par la Revue du Siècle, « Sonate à quatre mains« , elle était alors signée du père de Jérôme Doucet, Théophile Doucet.

Lors de sa republication, Doucet procède à quelques changements nécessaires ; en effet, dans cette nouvelle, le héros se nomme… Simon de Pierrelée ! Doucet ne peut évidemment pas conserver ce nom et renomme le héros Charles Créol. Par contre il ne change rien aux autres circonstances ; l’action se déroule à Rouent et au château de Poinchy, résidence du comte de Poinchy… il se trouve que les cousins de Jérôme Doucet se nomment justement Baudesson de Poinchy de Richebourg – Théophile Doucet n’est pas allé très loin pour nommer ses personnages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Doucet et la Société « les XX »

la Société « les XX » (et pas la Société des XX)… ce nom évoque quelque société secrète, on pense à une conjuration, un complot ? mais non, il s’agit simplement d’une association de bibliophiles, qui a comme principale caractéristique, comme son nom l’indique, d’être limitée à vingt membres.

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Cette société, fondée en 1897 par Pierre Dauze, présente d’autres singularités, que d’Eylac, dans un article du Bulletin du bibliophile, nous expose.

 

Article signé D’Eylac – bulletin du bibliophile et du bibliothècaire – 1902.

LA SOCIÉTÉ DES XX

Deux catalogues de ventes de livres ont révélé, en 1901, l’existence d’une Société qui, insoupçonnée du grand public, n’était guère connue, jusque-là, des bibliophiles eux-mêmes. L’époque de sa fondation remonte à 1897 ; elle s’appelle la « Société des XX ».  Pourquoi? Des gens qui ont le calembour facile ont insinué que, sans doute, le siège social était… à Bercy. Mais ce n’est pas ça ; la Société a reçu cette dénomination tout simplement parce qu’elle ne compte pas vingt et un membres, ni dix-neuf, mais vingt exactement, — moins que l’Académie Française et même moins que la Société des Bibliophiles François !

L’idée qui présida à son institution fut une idée neuve. Eh quoi? Etait-il donc possible de faire du neuf, alors que tant d’autres groupements correspondaient aux catégories diverses d’amateurs de livres, alors que les tenants de la vieille école, conservateurs de la tradition et épris du passé, s’assemblaient solennellement aux Bibliophiles François, — alors que les novateurs, moins soucieux de collectionner les beaux livres anciens que de faire des beaux livres modernes, avaient à leur disposition la Société des Amis des Livres, — alors que la Société des Bibliophiles Contemporains, celle des Bibliophiles Indépendants, celle des Cent Bibliophiles, que sais-je encore ? ouvraient leurs rangs aux adeptes de l’« art nouveau » et, au besoin, de l’art incohérent ?

Le problème consistant à trouver et à tracer un programme inédit semblait insoluble ; cependant il a été résolu. Le mérite de l’invention revint à notre confrère M. Pierre Dauze, directeur de la Revue Biblio-Iconographique. Il s’adressa à quelques amateurs, un tout petit nombre : « Nous ne serons pas nous-mêmes des éditeurs, leur dit-il, mais nous nous mettrons en rapport avec les éditeurs. — Lesquels ? — Tous, depuis ceux qui élaborent des publications d’art jusqu’à ceux qui lancent dans la grande circulation des volumes à trois francs cinquante ou même à un franc. — Fort bien ; et que leur proposerez-vous ? — Je commencerai par ne rien leur proposer du tout ; je m’informerai simplement des ouvrages en préparation chez eux ; puis, quand un ouvrage paraîtra devoir remplir les conditions requises pour présenter « un intérêt de curiosité, de nouveauté, d’originalité et de valeur intellectuelle « , je demanderai à l’éditeur de nous autoriser à en faire tirer pour nous vingt exemplaires, sur un papier à nous, avec couvertures spéciales, que nos adhérents recevront au prix de revient. »

Et M. Dauze, s’échauffant sur son idée avec une ardeur communicative, s’écriait : « Voyez-vous ce qui fût advenu si, au grand siècle, vingt amateurs se fussent rencontrés pour faire tirer à leur usage des exemplaires exceptionnels de l’édition originale du Cid, ou de celle du Misanthrope, ou de celle des Fables de La Fontaine, avec signatures autographes de Corneille, de Molière, de La Fontaine, — car nous prierons les auteurs adoptés par nous de signer nos exemplaires !»

Une seule objection fut produite : à supposer qu’un petit cénacle de ce genre eût existé au grand siècle, et qu’il eût ouvert son sein aux plus beaux esprits, et qu’il se fut honoré de l’adhésion de femmes telles que Mme de Sévigné, tout porte à croire que la Phèdre choisie eût été, non pas celle de Racine, mais celle de Pradon…

— « Raison de plus, riposta M. Dauze. On court des risques de se tromper ; c’est ce qui rendra l’expérience intéressante. Là où il n’y a pas de chances d’erreur, on n’a pas de mérite à deviner. Et quelle gloire pour les XX si, dans la supposition d’un nouveau Racine faisant une nouvelle Phèdre, ils ne se laissent pas influencer par les cabales ! i>

Telle était la conviction du promoteur qu’en peu de jours il réunit autour de lui les vingt compagnons, ou complices, désirés, qui sombreraient en sa compagnie si la chose tournait mal, ou se partageraient l’honneur en cas de réussite.

Les vingt audacieux — je fus l’un d’eux — ne se repentent pas.

Donc, voici cinq années déjà que la Société fonctionne.

Pierre Dauze n’a pas cessé d’en être le président et l’âme. Il a eu pour vice-président d’abord M. Georges Hugo, puis M. le Docteur E. Goubert. M. d’Anfreville en est le trésorier. Une bonne signature, celle de l’aimable M. d’Anfreville : on la lit sur les papiers bleus de la Banque de France.

La composition des XX n’est plus tout à fait celle du début, en 1897. Quelques désertions se sont produites ; mais les vides ont été aussitôt comblés, et rien ne montrera mieux la faveur qui s’attache à la Société que les noms des derniers venus : MM. A. Bordes, Brivois, Gallimard, Mariani, Barthou…

Une disposition très sage des Statuts ferme la porte aux éditeurs : il ne faut pas que la Société puisse être soupçonnée de subir l’influence de telle maison, ou simplement d’avoir des préférences pour elle. Les libraires sont pareillement exclus, afin que toute idée de spéculation soit écartée. Mais on a admis un relieur, M. Georges Canape, le successeur et continuateur de maîtres qui s’appelèrent Niédrée et Belz. L’Assemblée des sociétaires a voté des remerciements à M. Canape pour le soin et le goût avec lesquels il fait confectionner, chez lui, les cartonnages dans lesquels les exemplaires en feuilles sont livrés à ses collègues.

Quarante et un ouvrages, dans l’espace des cinq années écoulées, ont fait l’objet de tirages à vingt exemplaires, à la marque de la Société. Ces ouvrages sont signés des noms les plus variés et représentent les genres les plus opposés. On se rend compte que la Société a cherché dans toutes les voies, par la crainte de manquer la bonne et dans le désir de s’y engager. M. Paul Bourget, avec le Fantôme, coudoie tel poète décadent. M. Maurice Barrés voisine avec M. Catulle Mendès, M. le Vicomte Melchior de Vogué avec M. Pierre Louys. Il y en a pour tous les goûts. M. Léon Daudet figure dans la liste à côté de M. Anatole France. C’est tout dire.

Depuis quelque temps surtout, la Société, encouragée par la confiance de ses adhérents qui n’ont pas hésité à doubler le chiffre de leur cotisation annuelle, primitivement fixée à cent francs, a jeté son dévolu sur d’importantes publications artistiques que leur illustration assurait du succès. Ainsi elle compte dans sa collection La Bièvre, etc., de M. Huysmans, illustré par Lepère, les Contes de la Fileuse et Notre Ami Pierrot, de Jérôme Doucet, décorés par Garth-Jones et Louis Morin, les Œuvres choisies, de Willette, etc.

J’ai dit qu’en 1901 pour la première fois, les livres de la Société des XX ont subi le feu des enchères publiques.

Ce fut d’abord à la vente de M. Hartogh, qui eut lieu en Avril 1901 – ce fut ensuite à la vente Raisin, qui eut lieu en Décembre.

Cette vente-ci surtout fut intéressante pour qui veut apprécier le résultat. L’amateur avait eu soin de laisser ses exemplaires tels qu’il les avait reçus, dans leurs boites en carton. Un seul ouvrage, le Jardin des Supplices de M. Mirbeau, avait été, à sa demande, habillé par Canapé d’une très riche reliure mosaïquée ; il a dû à cette circonstance d’atteindre le prix de 361 fr. Mettons qu’il se fût vendu, non relié, 45 fr., comme chez M. Hartogh ; additionnons sous le bénéfice de cette réserve, le prix de cet ouvrage et ceux des quarante autres livres de la Société : nous trouvons un total d’environ 2.000 fr. ; or. M, Raisin avait, de 1897 à la fin de 1901, payé, comme sociétaire, des cotisations s’élevant ensemble à sept cent francs.

Espérons que la Société mettra quelque jour dans sa collection une Phèdre, la vraie, celle de Racine. En attendant, l’affaire est bonne et, de celte chasse amusante au chef-d’œuvre, on ne rentre pas bredouille.

 

On voit que l’activité a été intense : quarante livres, en cinq années, soit huit livres par an ; pour environ cent francs. Les livres étant des tirages à part, avec des singularités, par rapport aux tirages normaux du livre : le plus souvent, des couvertures spécifiques, mais cela peut inclure des papiers spéciaux, des dessins originaux, un format particulier – et un cartonnage spécifique, réalisé par Canape.

Exemples : livres de Jérôme Doucet.

L’article de D’Eylac (le baron de Claye) indique dans les premiers livres « de bibliophilie » retenus par la Société, deux ouvrages de Doucet : Les Contes de la Fileuse, publiés en 1901, et Mon ami Pierrot, publié en 1900. Un autre ouvrage, moins prestigieux, avait également été choisi, en 1900 : « trois lettres de femmes« .

Trois lettres de femmes.

Ce livre est décrit dans cet article. Ici, contrairement à la règle fixée, il ne s’agit pas d’un tirage particulier ; les vingt exemplaires tirés pour la Société sont sur Hollande, comme le tirage courant ; il n’y a pas de couverture particulière, pas de dessin inséré ; Jérôme Doucet signe bien les exemplaires.

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Les Contes de la Fileuse.

Ce livre est décrit ici. Le livre se présente sous un cartonnage (de Canape, donc), décoré ; sous ce cartonnage se trouvent :

  • le livre, tiré sur chine, broché ;
  • une suite complète de toutes les ornementations, sur chine, en feuille ;
  • le tirage de la couverture courante ;

 

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  • un dessin aquarellé, signé de Garth-jones.
  • le tirage de la couverture spéciale ;

 

La justification mentionne le tirage à vingt exemplaires, avec le timbre de la Société, qui figure également au dos du cartonnage.

Mon ami Pierrot.

Ce livre est décrit dans l’article sur Pierrot. Le livre est tiré sur Japon, avec deux suites, sur Chine et sur Japon, soit plus que les exemplaires de tête, tirés sur Japon avec une seule suite.

 

Il comporte deux couvertures supplémentaires, réalisées spécialement pour les XX, mais n’a semble-t-il pas de dessin original de Louis Morin.

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Les images sont issues de l’annonce publiée par la librairie Artgil, qui vend cet exemplaire (mai 2019).

Liste des membres.

Voici la liste des membres en 1898, telle que publiée par l’Almanach du Bibliophile :

  • M. Pierre Dauze, 10 boulevard Malesherbes, Président.
  • M. Georges Hugo, 15 rue de la Faisanderie, vice-président. C’est le petit-fils de Victor Hugo, père de Jean Hugo.
  • M. V. D’antreville, caissier principal de la Banque de France, trésorier-archiviste.

Membres :

  • Mme Juliette Adam, 150 boulevard Malesherbes.
  • Mme Léontine Arman de Caillavet, 12 avenue Hoche. C’est la maîtresse d’Anatole France.
  • S.A.I. le prince Roland Bonaparte, 10 avenue d’Iéna. C’est le père de Marie Bonaparte, petit-fils de Lucien Bonaparte.
  • M. Léon Bourgeois, député, 50 rue Pierre Charron.
  • M. Georges Cahen, 41 bis, rue de Châteaudun.
  • M. Georges Canape, 18 rue Visconti.
  • M.Raymond Claude-Lafontaine, 7 rue de la Tour-des-Dames.
  • le Baron de Claye, 52 bis, rue de Varenne. Il utilise d’Eylac comme pseudonyme.
  • M. E. Courtot, intendant du 5eme corps d’armée, à Orléans. Il s’agit de Alfred-Eugène Courtot, né en 1838, mort en 1914, intendant général, commandeur de la Légion d’Honneur.
  • Docteur Émile Goubert, 6 rue Baudin.
  • M. Hartogh, docteur en droit, 7 boulevard Pereire. Il s’agit de Louis Hartogh, dont une première  bibliothèque sera vendue en 1901 à Drouot – voir plus bas.
  • M. Charles Hemour, boulevard Truphème, à Marseille.
  • M. Adrien Lachenal, conseiller fédéral, à Berne. Né en 1849, mort en 1918, président de la Confédération en 1896.
  • M. Roger Marx, 105, rue de la Pompe. Critique d’art, né en 1859, mort en 1913.
  • M. Frédéric Raisin, avocat du Consulat de France, 30 rue du Rhône, à Genève. Né en 1851, mort en 1923, député au Grand Conseil et au Conseil des États, auteur et traducteur de poésies (source : IdRef).
  • M. Léon Schück, 1 place Saint-Férréol, à Marseille. né en 1857, mort en 1930, il est également membre des Cent Bibliophiles, du Livre d’Art et du Livre Contemporain.
  • M. Victor Souchon, agent général de la Société des Auteurs et Compositeurs de musique, 17 rue du Faubourg-Monmartre.

 

 

Article de Pierre Dauze – Revue Biblio-iconographique, 1901.

Comme on l’a vu dans l’article du Bulletin, en 1901, la bibliothèque de Louis Hartogh est vendue aux enchères à Drouot, avec un catalogue établi par Durel.

Voici la présentation de cette vente, par Pierre Dauze, dans la Revue Biblio-iconographique, qu’il dirige :

Encore un dernier mot pour attirer l’attention des collectionneurs de livres modernes, non sur une vente passée, mais sur une à venir. Nous voulons parler de celle de beaux livres modernes très bien reliés, éditions originales d’auteurs contemporains, et ouvrages enrichis d’aquarelles, composant la bibliothèque de M. Louis Hartogh. Cette bibliothèque présente la particularité de renfermer, en dehors de quelques beaux, livres rares, toute une série d’ouvrages sur grand papier, épuisés en librairie, recherchés depuis, mais qui verront, tout au moins pour une partie, le feu des enchères pour la première fois. Se trouve dans ce cas, la collection complète des tirages effectués pour la Société « Les XX » dont le propriétaire de cette bibliothèque faisait partie. Cette Société a été constituée, comme on le sait, en 1897, et, bien que dans ces cinq années, elle ait fait tirer successivement pour ses vingt membres une trentaine d’ouvrages, la plupart sur papier à son timbre, et en tout cas, toujours sur une sorte non mise dans le commerce numérotés et signés par les auteurs, ce sont les premiers qui, en condition régulière et parfaite, passent non seulement en vente publique, mais nous pouvons même dire en librairie. Chose curieuse, en effet, jusqu’ici aucun de ses membres passés ou présents ne s’est dessaisi d’un seul de ses livres, et comme plusieurs nouveaux venus aux « XX » paraissent désireux de se compléter, les enchères pourront, de ce fait, présenter un certain intérêt notamment celui de fixer une valeur absolument inconnue auparavant. La concurrence n’en sera que plus vive, si quelques amateurs non sociétaires, désirent également se procurer quelques-uns de ces trente numéros qui seront adjugés par MM. Delestre et Durel le 28 avril et les quatre jours suivants.

 

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le chocolat de la Marquise

Jérôme Doucet est un ami de Clémentine Rouzaud, qui, avec son mari Auguste dirige les Chocolats de Royat, sous la marque commerciale de la Marquise de Sévigné. Cette marque est assez réputée, au début du siècle, et ceci grâce au talent commercial de Clémentine, qui tient salon, et se fait appeler la Marquise par ses amis.

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le salon de thé, boulevard de la madeleine, en 1919 – source : Gallica.bnf.fr

 

Doucet lui dédie un livre : Princesses d’or et d’Orient, avec une belle dédicace en fac-simile.

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Doucet est un habitué de son salon. En témoigne un écho paru dans Cyrano, début 1932 ; au vernissage organisé par Clémentine Rouzaud dans sa librairie de la Plume d’Or (ouverte en 1930), en l’honneur du photographe américain Irving Chidnoff, Doucet est présent. Au passage, on pourra vérifier que la confusion entre J (érôme) Doucet, auteur, et J (acques) Doucet, couturier, n’est pas rare, même à l’époque…

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Cyrano, 10 janvier 1932. Source : Gallica.bnf.fr

 

Livre de recettes.

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Jérôme Doucet contribuera également à la promotion du chocolat de la Marquise, en écrivant une petite plaquette :

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Recettes Plaisantes et Délectables du Chocolat Granulé de Royat

 recueillies et mises en ordre par
JEROME DOUCET
illustrées par l’imagier de la reine
GEORGE DELAW.

La plaquette paraît en 1913 ; il s’agit d’un petit in-8° (11,5 cm sur 17 cm), de 46 pages, imprimée sur un papier vergé épais, de couleur crème, et sous une couverture de papier marron. Elle est imprimée par Devambez et illustrée de très nombreux dessins in-texte, en deux tons : le marron avec lequel le texte est imprimé, et un vert.

La première partie regroupe des pastiches de la Marquise de Sévigné, la Fontaine, Boileau, Perrault, Racine, Molière, et d’évocations de l’empereur Auguste, Mansart, Vatel, qui donnent déjà quelques recettes ; puis, à partir de la page 21, 33 recettes diverses.

Ce livret est illustré par George Delaw, qui n’est pas britannique, contrairement à ce que semble indiquer le titre : il s’agit de Georges Delau, né en  1871, mort en 1938.

Ce petit livret, sans doute distribué plusieurs années de suite, est devenu assez rare.

Salon de thé décoré par Maurice Leloir.

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intérieur du salon de thé avec les panneaux de Leloir – doc Gallica.bnf.fr

En 1923, le salon de thé du boulevard de la Madeleine est redécoré par Maurice Leloir. Il fournira également nombre de compositions pour des objets publicitaires (notamment des éventails, très à la mode à ce moment) et des boîtes de chocolat.

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Maurice Leloir, éventail au décor « Salon de thé de la Marquise de Sévigné », musées de la ville de Paris.

Ce salon de thé sera détruit dans les années 1970 pour laisser la place à une agence bancaire.

 

Publi-reportage de Doucet ?

Dans la revue « la renaissance de l’art francais et des industries de luxe paraît en 1924 un publi-reportage, non signé, à la gloire de la Marquise de Sévigné ; son style général me rappelle fortement Jérôme Doucet.

 

Voici cet article :

COMME beaucoup d’établissements qui jouissent d’une réputation universelle, la Marquise de Sévigné a connu des débuts timides. Elle a grandi doucement, mais sûrement, ainsi qu’un bébé né sous l’étoile de la victoire qui, peu à peu, se développe, fait ses premiers pas, croît en vigueur, s’épanouit dans une robuste adolescence, puis, devenu femme, s’en va à la conquête du monde…

La première fabrique, fondée en 1892, fort modeste, débitait du chocolat en tablettes baptisées de cette ambitieuse devise : Nec Plus ultra.

Cette épigraphe qui, avant d’historier des bâtonnets de cacao, avait été gravée par Hercule sur ces montagnes qu’il croyait être les bornes de la Terre, ne porta pas bonheur au produit qu’elle eût dû protéger.

Aussi bien, offrir du chocolat en tablettes, de si fine qualité qu’il fût, n’apportait point la note d’originalité nécessaire pour retenir l’attention du public et fixer sa faveur.

Il fallait trouver de l’inédit.

Les stations thermales fournirent les premiers débouchés, consacrèrent les premiers succès, Royat, d’abord puis Vichy, en 1898, où une heureuse conjoncture, liée à notre histoire littéraire, allait favoriser la réussite.

On jouait en tournée Cyrano de Bergerac, qui avait reçu l’année précédente, à la Porte Saint-Martin, l’accueil triomphal que l’on sait.

Enthousiasmée par les vers du poète, Mme Rouzaud eut la pensée délicate de lui envoyer, avec l’expression de son admiration, une boîte de ses meilleurs produits.

L’adresse était celle-ci : Edmond Rostand, au Pavillon Sévigné.

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le pavillon Sévigné, Vichy – source Wikipédia.

Pavillon Sévigné ! Ce fut comme un trait de lumière ! Comme cela sonnait bien ! Pourquoi ne pas placer la maison sous l’invocation de la charmante Marquise qui, deux siècles plus tôt, venait rétablir sa santé dans ce Vichy d’où elle a daté de si jolies lettres, dont elle aimait tant les « jolis bocages » ainsi que les promenades, « d une beauté au-dessus de ce que je puis vous dire », écrivait-elle, et où l’on voit encore, sur les bords de l’Allier, la gracieuse petite maison qu’elle habita, parmi les fleurs et la verdure ?

Et c’est ainsi que naquit cette charmante appellation : « A la Marquise de Sévigné ».

La contribution d’une devise chère au plus robuste des dieux n’avait eu aucun crédit. Mais, dans une âme éblouie par les vers d’un grand poète, se précise la pensée de choisir le patronage de notre merveilleuse épistolière, et c’est le plus efficace des porte-bonheur…

La « Marquise de Sévigné » marche de succès en succès.
Elle ouvre en 1900 une maison de vente à Clermont-Ferrand, en 1904 une autre à Lyon et enfin en 1906 consacre définitivement son prestige par l’installation à Paris, 11, boulevard de la Madeleine, de salons de vente qui firent sensation.

Puis, c’est Marseille, Nice, Monte-Carlo, Deauville… Trois maisons nouvelles sont créées à Paris et de gentilles succursales éclosent en toutes les stations thermales d’Auvergne : Royat, le Mont-Dore, Châtel-Guyon, La Bourboule, Saint-Nectaire, etc…

La Marquise de Sévigné règne aujourd’hui sur vingt succursales — vingt gracieuses bonbonnières — et n’a point négligé d’y adjoindre une vaste organisation commerciale qui lui permet d’expédier à profusion dans le monde entier le bon chocolat de France auréolé de la plus parisienne parure.

La Marquise de Sévigné — je veux dire Mme Rouzaud — apporte dans la confiserie une très heureuse innovation qui explique sa prodigieuse réussite.

Les bonbons d’autrefois se vendaient dans de fades cartonnages, en de mornes bonbonnières ou en des sacs d’une affligeante banalité, le tout fanfreluché de dérisoires « faveurs » roses ou bleues.

Les bonbons croqués, le sac ou la boîte, sans intérêt, demeuraient inutiles !

L’idée féconde, l’œuf de Colomb fut de concevoir pour la présentation des sublimes friandises, des récipients à usage défini qui fussent par eux-mêmes des cadeaux charmants conservés en raison de leur cachet d’art.

La céramique, le cristal, le bois précieux servirent à établir des vases, des coupes, des coffrets d’une inspiration gracieuse et novatrice.

Des artistes de talent, séduits par l’attrait de cette rénovation, ciselèrent le bronze, le cuir ou le cristal et j’en sais — que je ne dirai point — pour qui ce fut un agréable délassement que de dessiner boîtes à bonbons et sacs « danseuse » .

La recherche de l’inédit, le goût des ensembles, l’imagination ardente de Mme Rouzaud et le succès grandissant de la Marquise de Sévigné imposent des obligations nouvelles. Créer la mode, c’est la devancer ! Donc, à chaque saison, des tissus somptueux seront spécialement tissés à Lyon pour habiller poupées ou bonbonnières, des rubans merveilleux seront dessinés et exécutés pour les boîtes nouvelles, mille détails inédits et précieux contribueront à donner à chaque objet un petit air « Sévigné » un chic tout à fait personnel qui achève la perfection de cette séduisante présentation.

Enfin, en confiant à Leloir la décoration de son Salon de thé du boulevard de la Madeleine, elle vient de réaliser un cadre d’élégance digne de son aristocratique clientèle.

Et si, par aventure, nos petits-enfants d’après-guerre venaient un instant à confondre la Grande Épistolière avec l’enseigne de leur chocolat préféré, M. Léon Bérard lui-même ne s’en offusquerait point, la gloire de l’écrivain pouvant sans déchoir accepter un hommage nouveau.

Nb : Léon Bérard, cité dans cet article, n’est pas le chirurgien, mais le ministre de l’instruction publique de l’époque (né en 1876, mort en 1960).

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l’éclaireur du dimanche, août 1929. Source : Gallica.bnf.fr

 

Les souhaits merveilleux, Marcel Jeanjean.

Ce nouveau recueil de contes pour enfants, publié par Jérôme Doucet en 1932, est à la fois très inhabituel, dans sa production, et également très comparable aux recueils qui l’ont précédés.

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Très inhabituel, par le choix de l’illustrateur : Marcel Jeanjean, né en 1893, mort en 1973, est beaucoup plus jeune que Doucet (28 ans les séparent) ; c’est la seule collaboration entre les deux hommes.

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Inhabituel également par le choix de l’éditeur : les éditions H. Piazza, fondées à la fin du XIXe siècle par Henri Piazza, décédé en 1929 ; c’est également la seule fois que Jérôme Doucet travaille avec cette maison d’édition, qui publie (entre autres) une gamme de livres de demi-luxe, privilégiant l’orientalisme.

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Par contre, les contes réunis sont bien dans la manière de Doucet : cinq histoires, décrivant les tribulations de cinq enfants : Pallada, Emerée, Guilliri, Cordolo, Burluru, en butte aux agissements de méchants, aidés par de petits lutins et fées ; les souhaits formulés déclenchent des catastrophes mais tout finit bien, en général par un mariage.

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Les cinq contes sont dédiés à

Madeleine et Marguerite,
Maurice, Félix et Paul,
qui sont cinq,  ainsi que les voyelles,
deux filles et trois garçons
comme dans ces contes ;
en témoignage
de l’affection reconnaissante que je porte
à leur père
le bâtonnier Édouard Dumolard

Édouard Dumolard (né en 1883, mort en 1961) est avocat, bâtonnier de l’ordre, au tribunal de Grenoble. Marié en 1912 avec Anne Marie Durand, à Bourg-en-Bresse, ils ont six enfants : Maurice, né en 1912, futur avocat à Grenoble, Félix, né en 1913, Marguerite, née en 1915, Magdeleine, née en 1917,  Paul, né en 1919, puis Noémie (qui est sans doute décédée avant 1932). En 1932 l’aîné de ces enfants a donc 20 ans – un peu âgé pour ces contes.

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Comme le nom des héros et héroïnes, ainsi que la dédicace, nous l’indiquent, ces contes sont placés sous le signe des cinq voyelles. Jérôme Doucet s’en explique dans un préambule assez inhabituel dans un livre pour enfants – ce préambule est donné en annexe.

 

Description.

Le livre est un petit in-8) de 20 cm sur 14 cm ; il comporte 176 pages numérotées, sur un beau papier. Marcel Jeanjean l’a illustré de trente-quatre (ou trente-cinq suivant la manière de compter ; une page comporte deux illustrations) aquarelles reproduites au pochoir. Ces illustrations sont toutes in-texte, de tailles très diverses – d’une petite vignette à quasiment une pleine page.

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Le livre est achevé d’imprimer le 20 aout 1932 sur les presses de Pierre Frazier à Paris ; il est édité par l’Édition d’Art H. Piazza, à Paris, 15 rue Bonaparte.

Le livre est relié sous cartonnage de l’éditeur, crème avec inscriptions dorées ; la tête est dorée.

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Un tirage de tête existe, tiré à cent exemplaires sur papier vergé pur fil de Rives, au même format ; ces exemplaires comportent deux suites complètes des illustrations, en noir et en couleurs. Ils sont en feuille, sous chemise cartonnée à rabats et lacets, reproduisant le décor du cartonnage du tirage courant. Les exemplaires de tête sont vendus 100 francs ; les exemplaires courants 50 francs.

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Publicité dans la Reliure

Jérôme Doucet a fait la publicité de son nouveau livre ; journaliste à la Reliure, l’organe professionnel des relieurs, il fait insérer, sur plusieurs mois, des petits billets tels que celui-ci, paru dans le numéro 446 (novembre 1932) :

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Un délicieux livre d’étrennes

Nous ne pouvons laisser passer, sans le signaler, le nouveau livre de M. Jérôme Doucet et ceci pour deux raisons :

D’abord parce qu’il est notre fidèle collaborateur, puis parce que vraiment c’est un très bel ouvrage à un prix parfaitement raisonnable. Il n’y a pas de plus délicat cadeau de Noël et du jour de l’an à faire à une jeune fille, un jeune garçon ; ce sera développer leur goût du livre, des lectures saines, de la bonne bibliophilie. Il s’agit des

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que vient d’éditer la librairie d’art Piazza, 19, rue Bonaparte, Paris (6°).

D’un format délicieux 14 X 20, imprimé sur beau papier vélin, illustré de ravissantes aquarelles de Marcel Jean-Jean reproduites en couleurs avec patrons, ce recueil de cinq contes est à la fois aussi agréable à feuilleter que délicat à lire.

Il se prête en outre à une reliure qui peut être de plein maroquin sur les exemplaires (au nombre de 100) tirés sur pur fil de Rives au prix de 100 francs, comme à une délicate demie-reliure pour les exemplaires sur vélin au prix, vraiment modeste, de 50 francs.

Les relieurs peuvent se l’offrir comme modèle de reliure… qu’on leur achètera.

 

A noter la confusion sur le titre… Doucet a certes publié un livre sous ce titre, de nombreuses années auparavant, chez Juven, ce qui a pu expliquer le lapsus.

 

Annexe : préambule, par Jérôme Doucet.

     Les voyelles… Oh ! rassurez-vous, chers lecteurs, je ne veux point vous imposer une leçon de grammaire, même en vous citant celle – immortelle – de l’Académie. Les voyelles, voulais-je dire, sont pour le langage ce que sont les notes dans la musique ; ce sont elles qui donnent aux mots leur sonorité personnelle, leur vie.
     La consonne, son nom l’indique et le bon Larousse nous le confirme, ne peut former une syllabe que si elle est accompagnée d’une voyelle, ne sonne qu’avec elle. Toute seule, la consonne est muette, sourde ; la voyelle parle pour les deux, mieux elle chante.
     Oui ! elle chante puisque c’est elle qui, au bout du vers, forme la rime que la consonne d’appui ne fait qu’enrichir.
     La voyelle c’est l’assonnance, cet embryon de rime que le bambin – l’homme naît avec l’instinct poétique – cherche à découvrir pour créer ses chansons enfantines, ses rondes puériles, les phrases de ses jeux.
     Cette hantise de l’assonnance, donc de la voyelle, est telle qu’il inventera des mots étranges plutôt que de s’en passer :

ams, tram, gram
Pic et pic et colégram

     Les voyelles ont donc une personnalité marquante, un pouvoir bien précis ; elles ne sont que cinq, elles suffisent pourtant, avec les vingt consonnes – quatre fois plus nombreuses – à former tous les mots, à les prononcer.
     Et voilà pourquoi il m’a paru amusant – pourvu, mon Dieu ! que je me sois pas trop leurré – d’écrire cinq histoires de façon à ce que chacune ait une des cinq voyelles, pourrais-je dire, comme harmonique.
     Au lieu de contes : bleu, vert, jaune, orangé, rouge, je vous les offre en a, en é, en i, en o, en u…
     Oh : le présent est bien menu !

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la grande douleur des sept artistes

En 1923, Jérôme Doucet publie un nouveau recueil de contes, pour adultes, dans la lignée de ceux qu’il avait publiés de nombreuses années plus tôt, comme les Princesses de Jade et de Jadis, repris l’année précédente dans les Princesses d’or et d’Orient.

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Ce nouveau recueil n’est pas d’une tonalité plus joyeuse que le précédent – il regroupe sept contes, mettant en scène sept artistes exerçant différents arts, auxquels il arrive des aventures assez affligeantes – toutes autour de la perte de l’être aimé ; perte souvent provoquée, malgré lui, par l’artiste et son exigence de perfection dans son art.

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Le recueil est précédé d’une dédicace, adressée à Georges Rochegrosse et Denys Puech :

Au Statuaire / Denys Puech

Au Peintre / Georges Rochegrosse

            Si le Destin, parfois, semble guider mes pas sur un autre chemin que le vôtre – et qui ne menait pas à Rome – du moins il ne put jamais désunir nos mains, ni dissocier nos pensées.

            Bien plus, hier, cruellement, il nous réunissait tous trois en même temps, dans la douleur, la grande, la plus grande, la seule grande douleur : la perte de notre Compagne.

            C’est pourquoi en souvenir de notre claire amitié, en mémoire de cette heure sombre, j’inscris vos noms sur la première page de ces Contes faits pour nous trois

 

La dédicace n’est pas joyeuse non plus ! elle mérite quelques explications.

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Denys Puech, la princesse Anina Gagarine-Stourdza peignant, Musée Puech.

L’épouse de Denys Puech, Anina Gagarine Stourdza, née le 1er juin 1865 (qui a donc le même âge que Jérôme Doucet) est artiste-peintre. Pendant la Guerre, elle fait office d’infirmière, et meurt d’une maladie (la grippe espagnole ?) contractée dans un hôpital le 14 avril 1918.

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Georges Rochegrosse, Georges et Marie, vente Marambat, Toulouse, le 11 avril 2018.

L’épouse de Georges Rochegrosse, Marie Leblon, meurt à Alger, où le couple s’est installé, en janvier 1920.

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L’épouse de Jérôme Doucet, Marie Meunier, meurt le 5 avril 1919.

 

le livre est illustré par Paul de Pidoll, artiste Luxembourgeois né en 1882 (il a donc déjà 40 ans) dont il s’agit d’un des premiers travaux. Paul de Pidoll est plus à l’aise dans l’ornementation que dans l’illustration proprement dite ; cela se sent dans cet ouvrage, et ce sera encore plus visible dans les collaborations suivantes entre Doucet et lui. A noter d’ailleurs que la page de titre indique « Ornementations de Paul de Pidoll ».

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le livre est publié par Lucien Gougy, Quai Conti, 5. Paris. C’est un ami de Jérôme Doucet. C’est le premier livre de Doucet officiellement publié par cet éditeur ; mais il avait déjà travaillé, l’année précédente, sur la réédition de la Mort au beau visage, ainsi que sur les Princesses d’or et d’Orient, deux ouvrages qui sont pourtant indiqués « à compte d’auteur ». Dans les années suivantes, ce genre de collaboration dans l’ombre se poursuivra…

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Catalogue général de la Librairie française

 

Il s’agit d’un volume de format petit in-folio (24 cm sur 30 cm) de 96 pages non numérotées.

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faux-titre et justification. Cet exemplaire est offert par Lucien Gougy à l’éditeur Michaud.

Le tirage est de 658 exemplaires :

  • 8 exemplaires sur papier impérial du Japon avec deux suites des figures ;
  • 150 exemplaires sur papier d’Arches à la forme avec une suite ;
  • 500 exemplaires sur papier vélin.

La suite pour les exemplaires sur Arches est sur papier mince, en noir. les exemplaires sur vélin sont vendus 60 francs, les exemplaires sur japon 300 francs.

Le recueil regroupe les sept contes chinois suivants :

  • le noyau de mangue
  • les trois dragons
  • le bracelet de jade
  • la mort de la zibeline
  • la flamme sur la colline
  • l’urne de grès noir
  • les mains d’ivoire
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dernière page du dernier conte, et table.

Le recueil est composé de la façon suivante :

  • une feuille non imprimée
  • une feuille portant la justification au verso
  • une feuille portant le faux-titre et la première gravure en couleurs
  • une feuille portant le titre
  • une feuille portant la dédicace et une gravure d’ornementation (en noir), se  rapportant au premier conte.
  • Pour chacun des six premiers contes :
    • une feuille portant le titre et une gravure en couleurs au verso (belle page)
    • cinq feuilles portant le texte ; le verso du dernier feuillet portant une gravure d’ornementation se rapportant au conte suivant.
  • Pour le dernier conte :
    • une feuille portant le titre et une gravure en couleur
    • quatre feuilles portant le texte.
  • une feuille portant la table
  • une feuille portant l’achevé d’imprimer.

Soit un total de 48 feuilles. Toutes les pages portent un fond bleu turquoise intense, avec une bordure, simple pour les pages non imprimées, beaucoup plus ornée pour les pages de texte. Le recueil compte huit gravures en couleurs, à pleine page, et quinze gravures d’ornementation, en noir, à pleine page, correspondant aux pages de titre des contes, et à la dernière page du conte précédent ; plus la gravure de la couverture, tirée sur papier et rempliée. Les gravures tirent parti du bleu du fond, du blanc laissé en réserve, du noir, et de l’or ; les gravures en couleurs utilisent le rouge et un vert pâle en plus.

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Voici l’achevé d’imprimer :

Composé en Robur gras
de la Fonderie G. Peignot
et mis en pages avec les gravures
de la Maison Brun et Cie
par Charles Géhin, prote ;
tiré sur les presses de l’imprimerie
Georges Berland
par Henri Houvet, pressier,
cet ouvrage a été achevé d’imprimer
le 22 Novembre 1923.

Comme on le voit Géhin n’est pas le graveur, contrairement à ce que certains libraires indiquent.

Voici la reproduction des gravures insérées au début de chaque conte :

Voici quelques planches de la suite, dans laquelle les pages d’ornementation pure ne sont pas oubliées :

 

 

 

 

bibliographie des éditions Cyral

L’éditeur Cyral fait partie des petites maisons d’éditions, qui ont fleuri dans l’entre-deux-guerres, à l’époque de l’engouement dont jouit la bibliophilie auprès d’un public assez large ; comme les éditions Mornay, Piazza, Crès, et beaucoup d’autres encore.

Ces éditions, qu’on qualifie assez souvent de demi-luxe, ont comme points communs d’être assez largement au format in-8°, illustrées, le plus souvent en couleur (pochoir ou reproductions d’aquarelles), avec des tirages importants (atteignant facilement le millier d’exemplaires).

Dans ce paysage éditorial encombré, Henri Cyral, par la singularité et la constance de ses choix, se distingue. Pour ses livres il applique toujours la même formule : format unique, in-8°, une seule technique d’illustration : la reproduction d’aquarelles, mêmes papiers, et mêmes tirages (avec toutefois des variantes). Les tirages sont également standardisés, de même que les papiers, tous issus de territoires sous domination française : Madagascar, Annam, vélin de Rives.

En appliquant cette formule, il a publié 49 livres, dont 40 regroupés dans la Collection Française ; plus la Collection Stendhal, et quelques volumes hors collection, de 1924 à 1933. Il publiera ensuite un dernier livre, quelques années plus tard.

Voici la bibliographie complète de ces éditions :

  • Collection Française.

La Collection Française regroupe quarante titres, édités de 1924 à 1933, et numérotés de 1 à 40. Le tirage est de 1021 exemplaires, répartis comme suit :

  • de 20 à 30 exemplaires de tête, sur grand papier (16  cm sur 22 cm) de Madagascar, avec deux aquarelles originales ;
  • à partir de 1930, de 15 à 20 exemplaires sur grand papier Annam, avec une aquarelle originale ;
  • de 15 à 20 exemplaires sur grand papier vélin d’Arches ;
  • le nombre d’exemplaires nécessaires pour atteindre le nombre de 1021, sur vélin de Rives (14,5 cm sur 20,5 cm) ;

 

Ce tirage est commun à la plupart des titres ; mais à partir du trente-cinquième titre (le Nabab, d’Alphonse Daudet, édité en 1931) les tirages diminuent. De même, elle n’est pas adoptée pour les six premiers titres, pour lesquels un exemplaire unique, sur Hollande, contient toutes les illustrations originales. Tous les livres sont en un seul tome, sauf jack, de Daudet, publié en deux tomes.

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à gauche, Yamilé, en grand papier ; à droite, Jean des Figues, sur Rives.

Voici le détail de la Collection :

  • 1-DAUDET (Alphonse) – Fromont Jeune et Risler Ainé, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 2-FROMENTIN (Eugène) – Dominique, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 3-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Empreinte, illustré par André FOURNIER.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 4-DAUDET (Alphonse) – Numa Roumestan, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1925
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 5-BOURGET (Paul) – Le Disciple, illustré par André FOURNIER.  1925
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 6-GIDE (André Paul Guillaume) – La Porte Etroite, illustré par DANIEL-GIRARD.  1925 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 7-DAUDET (Alphonse) – Le Petit Chose, illustré par André FOURNIER.  1926 :
    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 8-REGNIER (Henri de) – Le Divertissement Provincial, illustré par DANIEL-GIRARD.  1926 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 9-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Ascension de M Baslèvre, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1926 :
  • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
  • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
  • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 10-DAUDET (Alphonse) – les Lettres de Mon Moulin, illustré par DANIEL-GIRARD.  1926 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 11-FLAUBERT (Gustave) – Madame Bovary, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1927 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 12-REGNIER (Henri de) – L’Escapade, illustré par DANIEL-GIRARD.  1927 :
    • 27 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 973 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 13-BORDEAUX (Henry) – Yamilé sous les cèdres, illustré par Suzanne-Raphaële LAGNEAU.  1927 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 14-DAUDET (Alphonse) – Tartarin de Tarascon, illustré par DANIEL-GIRARD.  1927 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 15-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Appel de la Route, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 16-CHATEAUBRIANT (Alph de) – Monsieur des Lourdines, illustré par DANIEL-GIRARD.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 17-FLAUBERT (Gustave) – Salammbô, illustré par Suzanne-Raphaële LAGNEAU.  1928 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives
  • 18-DAUDET (Alphonse) – Jack, en deux tomes, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 19-LOTI (Pierre) – Pêcheur d’Islande, illustré par DANIEL-GIRARD.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 20-DAUDET (Alphonse) – Tartarin sur les Alpes, illustré par DANIEL-GIRARD.  1929 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 21-LOUYS (Pierre) – Aphrodite, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 22-FLAUBERT (Gustave) – Trois Contes, illustré par DANIEL-GIRARD, Pierre ROUSSEAU, et Suzanne-Raphaëlle LAGNEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 23-ESTAUNIÉ (Édouard) – Tels qu’ils furent, illustré par Pierre LISSAC.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 24-DAUDET (Alphonse) – Sapho, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 25-LOTI (Pierre) – Un Pélerin d’Angkor, illustré par François de MARLIAVE.  1930 :
    • 36 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.

A partir du numéro 26 Henri Cyral utilise un second grand papier, le papier d’Annam, auquel il joint une aquarelle originale :

  • 26-REGNIER (Henri de) – La Pécheresse, illustré par DANIEL-GIRARD.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 27-BENOIT (Pierre) – L’Atlantide, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 28-LOUYS (Pierre) – La Femme et le Pantin, illustré par Jean-Paul TILLAC.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 29-DAUDET (Alphonse) – Contes du Lundi, illustré par P. LISSAC.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 30-FLAUBERT (Gustave) – La Tentation de Saint-Antoine., illustré par DANIEL-GIRARD.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 31-LOTI (Pierre) – Ramuntcho, illustré par Jean-Paul TILLAC.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 17 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 32-LOUYS (Pierre) – Les Aventures du Roi Pausole, illustré par DANIEL-GIRARD.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 961 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 33-ESTAUNIÉ (Édouard) – Les Choses voient, illustré par F. DE MARLIAVE.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 961 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 34-LOTI (Pierre) – Aziyadé, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.

A partir du Nabab, les tirages diminuent :

  • 35-DAUDET (Alphonse) – Le Nabab, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1931 :

le tirage est de 898 exemplaires :

    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 12 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 850 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 36-LOUYS (Pierre) – Les Chansons de Bilitis, illustré par Pierre LISSAC.  1932 :

le tirage est de 1000 exemplaires :

    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 18 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 943 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 37-ARENE (Paul) – Jean des Figues, illustré par F de MARLIAVE.  1932 :

le tirage est de 849 exemplaires :

    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 17 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 12 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 800 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 38-BARBEY D’AUREVILLY (Jules-Amédée) – L’Ensorcelée., illustré par Maurice LEMAINQUE.  1932 :
  • Le tirage est de 800 exemplaires :

    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 16 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 14 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 750 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 39-LOTI (Pierre) – Le Mariage de Loti., illustré par F. de MARLIAVE.  1932 :

le tirage est de 700 exemplaires :

    • 18 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 14 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 14 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 654 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 40 et dernier titre -DAUDET (Alphonse) – Quarante Ans de Paris., illustré par Pierre ROUSSEAU.  1933 :

Le tirage est de 800 exemplaires :

    • 15 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 20 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 15 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 750 exemplaires sur vélin de Rives.

 

Collection Stendhal.

Parallèlement à la Collection Française, Cyral publie sous le même format une Collection Stendhal, regroupant les titres suivants :

  • La Chartreuse de Parme, en deux tomes, illustré par Fournier, en 1927 :
    • le tirage est de 1000 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 950 exemplaires sur vélin de Rives.
  • Le Rouge et le Noir, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1927 :
    • le tirage est de 1000 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 950 exemplaires sur vélin de Rives.
  • Les Chroniques Italiennes, en un tome, illustré par François de Marliave, en 1927 :
    • le tirage est de 829 exemplaires :
      • 29 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 800 exemplaires sur vélin de Rives.
  • de l’Amour, en un tome, illustré par Henri Arrault, en 1928 :
    • le tirage est de 629 exemplaires :
      • 29 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
      • 600 exemplaires sur vélin de Rives.

A noter que c’est la seule participation de Henri Arrault à ces éditions.

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Hors collection.

Toujours sous le même format, Cyral publie également les ouvrages suivants :

  • la Muse au Cabaret, de Raoul Ponchon, illustré par Daniel-Girard, en 1925 :
    • le tirage est de 600 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
      • 50 exemplaires sur vélin d’Arches,
      • 500 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Contes de La Fontaine, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1929 :
    • le tirage est de 1040 exemplaires :
      • 40 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Fables de la Fontaine, en deux tomes, illustré par Suzanne Lagneau, en 1930 :
    • le tirage est de 1040 exemplaires :
      • 40 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Romans et Contes de Voltaire, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1931 :
    • le tirage est de 850 exemplaires :
      • 20 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 30 exemplaires sur Annam avec deux aquarelles originales ;
      • 800 exemplaires sur vélin de Rives.

On trouve parfois mentionné « le bon plaisir« , de Henri de Régnier, qui aurait été publié en 1926, illustré par Daniel-Girard : c’est certainement une erreur de bibliographie ; ce livre n’a jamais existé, et Henri Cyral, dans le catalogue de ses éditions, publié en 1930, ne le mentionne pas.

Catalogue des éditions Cyral.

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Au début de l’année 1930 Henri Cyral publie un catalogue de ses éditions, qui contient de nombreux renseignements sur les acteurs impliqués : nous y trouvons une biographie succincte de tous les illustrateurs, ainsi que des deux imprimeurs : Georges Coulouma et Henri Barthélémy. Henri Cyral y expose également ses convictions, et explique ses choix éditoriaux et techniques : choix des auteurs, des illustrateurs, des papiers, dictés au moins en partie par le nationalisme et le patriotisme qui l’animent.

 

Ce catalogue est précieux également, parce qu’il renseigne sur les prix pratiqués, et la diffusion des ouvrages déjà parus : en effet, pour chacun d’eux, Cyral indique le nombre d’exemplaires encore disponibles, et leur prix.

On voit à cette occasion la hiérarchie des prix mise en œuvre :

  • les exemplaires de tête, sur Madagascar, avec deux aquarelles, sont vendus 380 francs ;
  • les exemplaires sur Annam, avec une aquarelle, sont vendus 300 francs ;
  • les exemplaires sur vélin d’Arches sont vendus 250 francs ;
  • les exemplaires sur vélin de Rives sont vendus 200 francs.

Les exemplaires de tête ne coûtent qu’à peine deux fois le prix des exemplaires sur Rives, alors qu’ils sont bien moins nombreux (20 fois moins) ; la différence, actuellement, est bien plus importante, ce qui assez logique.

 

 

Dernière publication.

En 1937, Henri Cyral publie un dernier livre : le Temple sur la mer, signé du pseudonyme de Fabrice del Dongo. Ce livre, qui n’est pas du même format que les précédents, n’est pas illustré ; c’est une pièce de théâtre, en trois actes, mettant en scène des personnages divers (une Princesse, un Général, une Lady…) dans un décor provençal ; à une époque indéterminée mais du XIXe siècle.

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Le livre est un in-12 de 92 pages, de 14 cm sur 19,5 cm ; l’achevé d’imprimer est daté du 10 mars 1937, par J. Dumoulin à Paris (Ateliers Coulouma, H. Barthélémy, directeur) ; le prix, imprimé sur la quatrième de couverture, est de 20 francs. Le tirage n’est pas indiqué, mais il semble que le livre ait surtout été diffusé par son auteur ; la plupart des exemplaires portent une dédicace, dans laquelle on peut deviner l’identité de l’auteur : il s’agit de Jean Charles-Roux (né en 1914, mort en 2014), il a 21 ans quand il écrit ce livre, en 1935. Futur prêtre, c’est le frère d’Edmonde Charles-Roux.

 

 

 

Hachette : histoires d’autrefois et d’aujourd’hui.

Hachette, éditeur pour la jeunesse, a de nombreuses collections, dont les fameuses Bibliothèques Rose et Verte, la Blanche, et bien d’autres.

L’une d’entre elles est assez peu connue ; sans doute parce qu’elle ne correspondait pas tout à fait à l’esprit des autres collections. En effet il s’agit de livres d’étrennes, de beaux livres, chers, destinés à faire de beaux cadeaux – des livres dont il faut prendre soin et ne pas abîmer.

Cette collection, « histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , est inaugurée en décembre 1910 par un recueil de contes de Jérôme Doucet : les douze Filles de la Reine Mab, illustré par Henry Morin. Elle sera poursuivie, à un rythme assez faible, jusqu’en 1935 – groupant au total seulement 17 titres.

En fait, il semble que la collection n’ait été nommée qu’après les premières parutions ; on ne trouve mention de ce titre qu’assez tardivement (milieu des années 1920).

Les livres adoptent une maquette commune : une couverture de couleur (généralement) pastel, avec une illustration incrustée sur le premier plat, en couleurs et contre-collée pour la version en cartonnage, en noir et imprimée pour la version brochée. Le livre est au format in-8°, de 24 cm x 19 cm ; il est illustré de (généralement, avec quelques exceptions) 12 hors-texte en couleurs, imprimés sur papier blanc glacé, et de nombreuses illustrations in-texte en noir. La tranche supérieure est « dorée » ; une dorure qui a souvent mal vieilli.

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Les quatre livres qui ont reçu un cartonnage bleu : comme on le voit si la maquette est identique il y a des nuances.

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trois exemplaires (2 reliés, un broché) du même livre – des différences de teinte importantes sont visibles.

Ce cartonnage restera inchangé pendant toute la durée d’existence de la collection ; sa maquette, en 1910, est suffisamment moderne (beaucoup plus que celle de la Bibliothèque Rose !) pour cela.

Ce sont en général des recueil de contes, ou d’histoires édifiantes ; ces recueils peuvent constituer l’édition originale, sans que ce soit une règle. En général, ces histoires ont été pré-publiées dans la revue Hachette « Mon Journal » ; les hors-texte étant repris sur la couverture de la revue. Il y a assez rarement d’indication de date d’impression ; c’est toujours Brodard qui imprime, mais qui n’indique pas toujours quand.

Les réimpressions sont courantes pour les titres phares : Doucet est réimprimé au moins six fois, 20 ans après la première publication ; Magdeleine du Genestoux est également souvent réimprimée. la mention de ces retirages varie :  « nouvelle édition » , ou mention d’un xième mille (jusqu’à onzième mille pour « Quand ils étaient petits« ) – ou mention d’édition (jusqu’à septième édition pour les douze Filles de la Reine mab). 

Ces livres sont vendus plus de 4 fois le prix d’un volume de la Bibliothèque Rose, avec une différence entre le prix broché et le prix relié d’un tiers environ (par exemple 7 francs 50 broché, et 10 francs relié, en 1912 ; 15 francs broché et 25 francs relié, en 1925).

Les illustrateurs choisis sont en nombre réduit ; souvent ce sont les illustrateurs « Maison » : Henry Morin illustre sept titres, Félix Lorioux six titres – ne restent que quatre titres sur lesquels ils n’ont pas travaillé…

Voici la liste des ouvrages composant cette collection – pour la date d’édition, il faut comprendre « décembre » – les livres étant programmés pour les étrennes de fin d’année.

  • 1910 – Jérôme Doucet – les douze Filles de la Reine mab, illustré par Henry Morin.

 

 

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

Ce livre, sous cartonnage vert, sera réédité aux Etats-Unis, en 1912, sous le titre « Queen Mab’s daughters« . Il connaîtra de nombreuses ré-éditions en France, jusqu’en 1935 ; puis sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le second volet publié en 1930 dans cette même collection : « les douze lutins de la princesse Mab« .

 

 

 

  • 1912 – Joseph Jacquin – petites filles du temps passé, illustré par René Vincent.

Le livre est dédié « à ma chère petite Renée ». Il regroupe 12 histoires de petites filles, sous diverses époques :

  • Kra-Gul, une petite fille de l’âge de pierre
  • Grite, une petite fille de l’âge de bronze
  • Khamaît, une petite Égyptienne sous Ramsès II
  • Eucharis, une petite Athénienne du siècle de Périclès
  • Paulina, une petite Romaine au temps de Jules César
  • Colam, une petite Gauloise avant la conquête romaine
  • Théodehilde, la petite mérovingienne
  • Isabeau, une petite fille des temps féodaux
  • Anne, une petite fille au temps de la Renaissance
  • Marguerite, une élève de Saint-Cyr sous Louis XIV
  • Louison, une petite fille sous la Révolution (1792)
  • Delphine, une petite fille sous la Restauration.

Il est illustré de 12 hors-texte et de 49 dessins in-texte, en noir, de René Vincent, pseudonyme de Vincent Mael (1879-1936). Le cartonnage est bleu, plus ou moins foncé suivant les rééditions.

 

 

Ce livre a connu au moins sept éditions, jusqu’en 1940 (seconde édition en 1914, troisième édition en 1920, quatrième édition en 1926, cinquième édition en 1929, septième édition en 1940). Il sera ensuite réédité, dans une autre collection, en 1958, avec des illustrations de Jeanne Hives.

  • 1913 – Térésah – Contes merveilleux, illustré par Félix Lorioux.

Térésah, qu’on trouve également orthographié Thérésah, est le pseudonyme de Teresa Ubertis (1874-1964), poétesse italienne.

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Le recueil regroupe les douze contes suivants :

  • Souliers et Sabots
  • Les Étoiles
  • La petite Maison du Colimaçon
  • Le Nid d’Hirondelle
  • Le Récit de la Locomotive
  • Les Lunettes savantes
  • Les Oreilles de la Mer
  • le Génie des Montagnes
  • Le Concours de Chant des Oiseaux
  • les Lucioles sans Conscience
  • La Reine des Grillons
  • Le Secret des Anges.

Il est illustré de 10 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux (1872-1964). Le cartonnage est orangé.

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Version brochée du livre, avec illustration imprimée en camaïeu.

 

  • 1918 – collectif – les jolis contes de Noël, illustré par Henry Morin, Edouard Zier, Hermann Vogel, Clérice, Georges Conrad, Job.

Les  contes regroupés dans ce livre sont les suivants :

  • Maurice Couallier : les roses de Noël, illustré par Henry Morin
  • Thérèse Jeanroy : le Noël de Pierrou, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : la vieille horloge, illustré par Hermann Vogel
  • Ivan d’Urgel : sous le sapin de Noël, illustré par Job (non signé)
  • Ivan d’Urgel : Jean-qui-passe, illustré par Georges Conrad
  • Auguste Bailly : le batteur de blé, illustré par Edouard Zier
  • Maurice Couallier : Noël des oisillons, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : une nuit de Noël, illustré par Henry Morin
  • Aristide Fabre : le miracle de la cloche, illustré par R. de la Nézière
  • J. Périnaux : le Noël d’une petite actrice, illustré par Henry Morin
  • B.A. Jeanroy : le soulier de Jean-Marie, illustré par Clérice
  • J. Jacquin : la crèche, illustré par Hermann Vogel.

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A noter que l’illustrateur Raymond de la Nézière n’est pas cité sur la page de titre. Chaque conte est illustré d’un hors-texte en couleurs (soit donc douze au total) et de quelques (4, 5 ou 6) illustrations in texte, en noir ; deux contes (roses de Noël et Noël des oisillons) sont illustrés par Henry Morin avec des encadrements variés.

 

 

Le cartonnage est bleu clair.

 

  • 1918 – Joseph Jacquin et Aristide Fabre – petits héros de la Grande Guerre, illustré par Henry Morin.

Recueil de nouvelles, présentées comme des faits réels (et c’est certainement le cas pour nombre d’entre elles), écrites par Joseph Jacquin (né en 1866, mort après 1933) et Aristide Fabre (mort en 1936) . Joseph Jacquin est rédacteur en chef de Mon Journal, et de Lecture pour Tous, revues Hachette. Le livre est Illustré de 33 in-texte en noir et de 12 hors-texte en couleurs.

 

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document : Musée national de l’Éducation.

Le cartonnage est de couleur brique, assez foncé.

Les récits recueillis sont les suivants :

  • les petits volontaires de 1914 
  • Comment ils se battent :
    • 1. Poignée de héros
    • 2. Émilienne Moreau
    • 3. le petit peintre de Morlaix
    • 4. Mohamed Ben Bouderbala
  • Comment ils meurent :
    • 1. Théophile Jagout et  Fernand de Rhoden
    • 2. le petit Galibot
    • 3. sans nom
    • 4. Maurice Andrée, le petit Vosgien
    • 5. la mort de Bout-de-Zan
  • Petits héros de l’arrière :
    • la petite boulangère d’Exoudun
  • L’école pendant la guerre :
    • sous les obus
  • Conclusion

Le livre, écrit avant la fin de la guerre, connaitra une réédition en 1920 – à cette occasion une page de conclusion sera rajoutée. Il semble bien qu’il n’ait plus été édité après cette date – son ton très « va-t-en-guerre » et « anti-boche » n’étant sans doute plus adapté.

  • 1921 – Yvonne Ostroga – petites filles de la vieille France, illustré par Henry Morin.

Ce livre, publié en 1921, est dû à Yvonne OStroga (1897-1981), qui a donc à peine vingt-quatre ans ; il est couronné par l’Académie française (prix Dodo, en 1922). Il est dédié à Joseph Jacquin.

 

Le cartonnage est de couleur grise. le livre contient 12 contes de diverses provinces françaises, illustrés de 12 hors-texte en couleurs et de 46 in-texte en noir.

 

 

Les contes sont les suivants :

  • conte de Provence : Miette,
  • conte de Touraine, Martine,
  • conte de Normandie : Nanette,
  • conte du Bourbonnais : Marianne,
  • conte de Gascogne : Françouneto,
  • conte du Limousin : Mariette,
  • conte de Paris : Laure,
  • conte du Gâtinais : Geneviève,
  • conte de Savoie : Jeannette,
  • conte d’Alsace : Suzel,
  • conte de Champagne : Clotilde,
  • conte de Bretagne : Anne.

Le livre sera réédité, avec le second ouvrage d’Yvonne Ostroga (Quand les fées vivaient en France), en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France », avec des illustrations de Maggie Salcedo.

Il sera également édité dans la collection des Grands Romanciers, cette fois-ci avec des illustrations de Jeanne Hives, en 1962.

 

  • 1922 – Ernest Granger – contes de la brume et du soleil, illustré par Félix Lorioux et Simunek.

Sous un cartonnage orange, Ernest Granger, né en 1876, nous donne 20 contes : 10 tirés des Mille et Une Nuits, 10 tirés d’Andersen. Ils sont illustrés de 10 (pour les exemplaires consultés – en faudrait-il 12 ?) hors-texte de Karl Simunek (illustrateur Tchèque, 1869-1942), et de nombreux in-texte de Félix Lorioux – à noter que les illustrateurs ne sont pas indiqués, autrement que par quelques rares signatures dans les illustrations. 

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Les contes sont les suivants :

  • Mille et Une Nuits :
    • Shéhérazade
    • le prince Achmet et la fée Pariban
    • histoire du cheval enchanté
    • Aladdin et la lampe merveilleuse
    • Sidi Nouman et sa cavale
    • Ali-Codgia et le marchand de Bagdad
    • la princesse de Deryabar
    • le pêcheur et le Génie
    • Ali-Baba et les quarante voleurs
    • la montagne aimantée
  • Contes d’Andersen :
    • la reine des neiges
    • le coffre volant
    • les cygnes sauvages
    • la princesse au pois
    • le nouvel habit de l’Empereur
    • le porcher
    • le rossignol de l’Empereur
    • le jardin du Paradis
    • le briquet
    • les galoches magiques

 

 

A noter qu’à l’occasion de sa réédition, sans doute en 1932, le titre sera changé en « Contes de l’ombre et de la lumière« . Il semble que la réédition comporte 12 hors-texte en couleurs. Une autre version moins luxueuse est également éditée, sous cartonnage plus simple, sans les hors-texte.

 

  • 1923 – Yvonne Ostroga – Quand les fées vivaient en France, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage gris, Yvonne Ostroga nous donne 12 contes, illustrés par Félix Lorioux, après une préface de Paul Bourget. L’illustration comporte 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, parfois à pleine page.

Les contes sont les suivants :

  • l’école des fées
  • l’enchanteur enchanté
  • Viviane et Lancelot
  • le chevalier blanc
  • le val sans retour
  • Morgane, reine des flots
  • le prisonnier de Madoine
  • la dame de Lins
  • le nain vert Obéron
  • mélusine, dame de Lusignan
  • Urgande la déconnue
  • or, les fées vivent toujours

 

 

 

 

Les deux livres de Yvonne Ostroga seront réédités en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France« , avec des illustrations de Maggie Salcedo.

 

  • 1925 – Odette larrieu – le Roman de Renard, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge brique, Odette Larrieu a adapté plusieurs passages du Roman de Renard :

  • Notre Héros
  • Chantecler
  • les Anguilles
  • Tybert le chat
  • la meule de foin
  • au fond du puits
  • le lin et le loup
  • l’aventure de Brun
  • le jugement de Renard
  • la mort de Couard
  • le second jugement
  • la chasse au Goupil
  • la vengeance de Drouin

Ce livre a été couronné par l’Académie française, par le prix de l’Académie, en 1926. 

Il est illustré de 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, traités en ombre chinoise. Le livre sera réédité en 1932 ; d’où la mention de « nouvelle édition » – Sur cette édition le Prix reçu est mentionné, ce qui n’est pas le cas de la première édition.

 

 

Ce livre sera traduit (par Odette Larrieu elle-même, apparemment ?) et publié aux Etats-Unis, sous le titre « The story of Reynard the Fox », en 1928, par MacMillan, qui ne reprend que deux hors-texte en couleurs, plus le frontispice. Il sera réédité en 1951 avec des illustrations de H. Dimpre, et avec les illustrations de Lorioux, en noir, hors collection.

  • 1926 – Magdeleine du Genestoux – Quand ils étaient petits, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage bleu clair, Magdeleine du Genestoux (par ailleurs directrice du secteur Jeunesse chez Hachette) publie les histoires suivantes :

  • les premières armes de Bayad
  • un capitaine de douze ans (Henri IV)
  • les trois écus de Vincent de Paul
  • le petit cardinal (Armand du Plessis de Richelieu)
  • un bon tour de Jean de la Fontaine
  • un jeune mathématicien de génie (Blaise Pascal)
  • la vocation de Jean-Baptiste Poquelin (Molière)
  • la fronde au collège (Jean Racine)
  • un exploit de Jean Bart
  • une escapade de Napoléon enfant
  • un drame à l’heure de la sieste (Victor Hugo)
  • Loin du logis paternel (Louis Pasteur)

 

 

Ces 12 récits édifiants de l’enfance de grands hommes sont illustrés de 12 hors-texte et de 36 in-texte, de Henri Morin. Le livre connaîtra un grand tirage ; mentionné cette fois par le nombre de mille, et pas par le nombre de rééditions.

 

  • 1927 -Magdeleine du Genestoux – Enfants de la France lointaine, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage orange vif, Magdeleine du Genestoux donne 12 histoires d’enfants des pays sous domination française : c’est le temps de l’Empire Colonial français. Le livre est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Henry Morin. Les récits sont les suivants :

  • Djalloub, le petit goumier
  • Khadidja et le jouet merveilleux
  • enfermés !
  • le Noël de Djemila et de Hammadi
  • Nokou la gourmande
  • Yamina la Saharienne
  • la récompense de Soro N’Gombé
  • les ambitions de Ranaïvo
  • celui qui n’avait pas peut du tigre
  • la danse de San-Krinh
  • Taïmaho, le petit pêcheur de perles
  • une mauvaise plaisanterie

 

 

 

  • 1928 – Isidora Newman – dans le royaume des fleurs, illustré par Willy Pogany.

Sous un cartonnage orangé, Victor Llona a traduit Fairy Flowers, le recueil de 15 contes de Isidora Newman, auteur américaine (1878-1955) ; Isidora est une déformation de son pseudonyme Isadora, ses vrais prénoms étant Myriam Dorothy.

Les contes sont les suivants :

  • le petit garçon Tout-en-or
  • Pedro le géant
  • les sept premières nuits du printemps
  • le Persan et la petite plante
  • la princesse Lys
  • un jour d’hiver
  • le cadeau de T’Solo
  • les pendants d’oreilles
  • le rêve d’Orchisa
  • la princesse Petit-Pas
  • la petite miss Violet
  • les berceaux fleuris
  • le mariage de la princesse Fiora
  • la sagesse d’Anasindhu
  • le retour du Samouraï

 

 

Ces contes sont illustrés par Willy Pogany, illustrateur Hongrois (1882-1955). L’édition américaine de 1926 contient 15 hors-texte en couleurs et 15 hors-texte à pleine page, en noir ; l’édition française ne reprend que 12 hors-texte en couleurs et 7 en noir.

 

  • 1929 – H. Monquet – le bon roi Ortolan, illustré par Lola Anglada.

Le volume, sous un cartonnage vert, regroupe huit contes :

  • le bon roi Ortolan
  • le poirier des lutins
  • la perdrix d’or
  • le miracle du lièvre
  • le bon petit génie
  • la belle auto de M. Picaillon
  • l’étrange aventure d’Yvette
  • le buisson merveilleux 

 

 

Il est illustré, par Lola Anglada (illustratrice espagnole, de son vrai nom Lola Dolorès Anglada i Sarriera, née en 1892 et morte en 1984), de 10 hors-texte en couleurs et de 36 in-texte en noir. Si l’illustratrice est connue, on ne peut pas en dire autant de l’auteur, dont je n’ai pas pu retrouver le prénom…

 

  • 1930 – Jérôme Doucet – les douze lutins de la princesse Mab, illustré par Henry Morin.

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

 

 

Ce livre, sous cartonnage gris rose, sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le premier volet publié en 1910.

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  • 1931 – la comtesse de Ségur – le petit de Crac, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge éclatant, sont réunis trois pièces :

  • le petit de Crac
  • les caprices de Gizelle
  • on ne prend pas les mouches avec du vinaigre

 

 

Ce sont trois des cinq pièces qui composent les Comédies et Proverbes. Elles sont illustrées de 10 hors-texte et de 23 in-texte en noir, certains à pleine page, de Félix Lorioux.

 

  • 1933 – Paul Gsell – les clefs d’or, illustré par Félix Lorioux.

Paul Gsell (1870-1947) est surtout connu pour ses monographies et ses livres sur Anatole France.

 

 

Le livre, sous cartonnage vert pomme, est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux. A la même date, il est édité sous un cartonnage rouge, plus simple, avec le même contenu – mais sans les hors-texte en couleurs.

  • 1935 – Andersen – contes, illustré par Hedvige Collin.

Sous un cartonnage bleu clair, ce recueil de Hans Christian Andersen regroupe les contes suivants :

  • L’intrépide soldat de plomb
  • la petite sirène
  • le porcher
  • le petit Claus et le grand Claus
  • le compagnon de voyage
  • l’ombre
  • les cygnes sauvages
  • la princesse sur un pois
  • la petite poucette
  • le briquet.

 

 

Le traducteur n’est pas mentionné. Ils sont illustrés par Hedvige Collin (ou plutôt Hedvig Collin, comme l’indique la page de titre ; c’est une illustratrice danoise, née en 1880 et morte en 1964) de 17 hors-texte en couleurs ; chaque conte est agrémenté d’une vignette en début, et d’un cul-de-lampe, en noir.

C’est le dernier titre paru dans cette collection ; des rééditions jusque dans les années 1940 auront encore lieu.

Annexe : deux publicités parues dans la revue « le jardin des lettres », en mars puis en avril 1933.

 

 

Une haute tenue littéraire et une élégance qui se retrouvent dans tous les volumes de la collection, de belles et abondantes illustrations en noir et des planches hors-texte en couleurs, signées des noms d’artistes célèbres : Félix Lorioux, René Vincent, Clérice, Job, Henri Morin, W. Pogany, etc. ; – une brillante présentation dans la mise en page et la typographie ; – une belle reliure : voilà ce qui caractérise la collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui ».

Si tous les volumes offrent les mêmes qualités littéraires et le même attrayant aspect, en revanche l’inspiration qui les anime est extrêmement variée. Voici Le Roman de Renard, adapté par Odette Larrieu. C’est une oeuvre fameuse du moyen âge, dont les épisodes les plus caractéristiques ont été agréablement transcrits en français moderne. Le lecteur peut ainsi goûter toute la saveur de ce récit, où revit l’antique humour français, et, sans être rebuté par des longueurs ou un vocabulaire et une syntaxe archaïques, suivre les aventures de messire Renard, menteur, fourbe et voleur à l’occasion, sachant abuser chacun et se tirer par les plus méchants tours des plus mauvais pas. Avec quelle perfidie il se joue des autres personnages de cette comédie aux cent actes divers : Noble le roi, Chantecler le coq, arrogant et vaniteux, Isengrin le loup, ami de la rapine comme lui, Brun l’ours, victime de sa balourdise, Tybert le chat, etc. !

Le Roman de Renard a sa place indiscutée dans l’histoire de la littérature française ; dans celle de la littérature du XIXe siècle, on s’accorde à faire une place importante à l’oeuvre de la  comtesse de Ségur. Son talent de conteuse, son art de créer des personnages vivants, ne se manifestent pas seulement dans ses romans, mais aussi dans ses Comédies et Proverbes où le dialogue spirituel, plein de verve et de trouvailles, est emporté dans une action vive et alerte. Trois de ces plus jolies comédies : Le Petit de Crac, où est mis en scène un type amusant de petit garçon hâbleur qui, toutes proportions gardées, rappelle le Menteur de Corneille, les Caprices de Gizèle, et On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, constituent la matière d’un des plus aimables volumes de la collection.

Les récits historiques plaisent toujours à la jeunesse qui est séduite par le pittoresque des mœurs, des costumes, etc. C’est le cas de Petites filles du Temps passé, de J. Jacquin, et de Quand ils étaient petits, de Magdeleine du Genestoux.

Dans le premier de ces volumes, chacun des contes qui le composent met en scène, dans un décor curieusement reconstitué, une petite fille vivant à une des grandes périodes de l’histoire. Le livre s’ouvre par le récit de la dramatique aventure qui advint à Kra-Gul, courageuse fillette de l’âge de pierre et contemporaine des mammouths géants ; puis, c’est l’histoire de Grite, à l’âge du bronze. Nous sommes successivement transportés en Égypte, au temps de Ramsès II ; en Grèce, au siècle de Périclès ; à Rome, au temps de Jules César ; à l’époque féodale, etc., pour arriver à la Révolution et à la Restauration, où l’héroïne assiste à la naissance des chemins de fer.

Quand ils étaient petits, où est racontée dans une série de charmants contes l’enfance d’homme célèbres, fait également suivre au lecteur la chaîne des siècles. Voici Bayard, le futur chevalier sans peur et sans reproches, quand il s’avisa, alors qu’il n’avait que quatorze ans, de figurer dans un tournoi. Voici Henri IV, capitaine de douze ans, le collégien Jean de la Fontaine, déjà ami de la nature, fervent observateur des bêtes et expert à combiner un malicieux tour ; Vincent de Paul, Richelieu, Pascal,Racine, Molière, Jean Bart, Napoléon. Pour terminer, Victor Hugo, alors que, petit collégien, il prenait déjà la défense des faibles et des opprimés, et le grand savant Pasteur. Dans ces contes revivent avec couleur et relief non seulement les figures attachantes de grands hommes enfants, mais les époques où se sont déroulées leurs premières années, avec leur atmosphère et leur physionomie.

(suite de l’article : avril 1933)

Un précédent article a exposé, d’une façon générale, ce qui constitue l’attrait de cette collection destinée à la jeunesse et insisté particulièrement sur certains de ces volumes : le Roman de Renard, le Petit de Crac, recueil de comédies par la comtesse de Ségur, et ceux qui s’apparentent au roman historique, tels que Petites filles du temps passé et Quand ils étaient petits.

C’est à la fois à « autrefois » et à « aujourd’hui » que se réfèrent Petites filles de la vieille France, d’Yvonne Ostroga ; chaque conte, où l’on respire un parfum de terroir, évoque une de nos provinces incarnée par une gracieuse fillette. Miette ou la petite fille qui avait du soleil plein la tête, traduit l’âme de la Provence ; Martine ou la petite fille qui avait un coq à vendre, celle de la Normandie ; Françouneto ou la petite fille qui comprenait les cigales exprime l’atmosphère de la Gascogne. Et ainsi pour d’autres provinces, Touraine ou Bourbonnais, Limousin ou Alsace. Et Laure, dans le tumulte de la révolution de 1830, symbolise Paris, frondeur et généreux.

Plusieurs volumes des « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui » sont consacrés au merveilleux et aux récits féeriques. Les douze contes des Douze lutins de la princesse Mab, de Jérôme Doucet, ont trait à l’enfance de la reine de shakespearienne mémoire. Les grands défauts de la princesse étaient en ce temps-là la curiosité et la désobéissance. Ses parents lui défendaient de pénétrer dans telle pièce, de toucher à tel objet en la menaçant, chaque fois, de certain lutin « plus méchant que cent diablotins », mais Mab n’avait rien de plus pressé que de courir à l’endroit ou à l’objet défendu. Le malicieux lutin surgissait et il s’ensuivait les événements les plus désagréables pour la fillette qui promettait chaque fois de ne plus recommencer… Et, à leur tour, les filles de la princesse, mises en scène dans les Douze filles de la Reine Mab, se montrèrent aussi imprudentes et indisciplinées que leur mère, fournissant chaque fois à l’auteur la matière d’un conte divertissant.

 Quoi de plus exquis que le monde diapré et parfumé des fleurs et que de gracieuses légendes il a inspiré ! Ce sont ces légendes qu’Isidora Newman raconte dans le Royaume des fleurs avec les plus vifs dons d’imagination, un art qui sait à la fois captiver, émouvoir et faire sourire. Légendes touchantes, récits poétiques, contes humoristiques alternent et transportent le lecteur dans le pays du Rêve et de la Fantaisie où les fées sont reines.

C’est dans ce même magique et féerique empire que se situe l’action de Quand les fées vivaient en France, par Yvonne Ostroga, « Légende dorée » des enchanteurs et des enchanteresses, au temps où la mystérieuse forêt de Brocéliande abritait une foule d’êtres surnaturels, où la fée Viviane et Merlin rivalisaient de sortilèges, où le roi Arthur tenait sa cour, où sa sœur Morgane s’envolait sur les nuages et régnait sur les flots, où le nain Obéron faisait cadeau à Huon de Bordeaux d’un cor enchanté, où Mélusine était châtelaine de Lusignan en Poitou.

D’une plaisante saveur méridionale, les contes réunis sous ce titre : le Bon roi Ortolan, par H. Monquet, séduisent par leur verve entraînante et leur diversité qui va du comique au dramatique. On rit à l’histoire du Bon roi Ortolan et de la farce épique qu’il joue aux prétendants à la main de sa fille, ainsi qu’à celle de L’Auto de M. Picaillon, mais on se laissera charmer par la jolie légende du Poirier des lutins, par celle de La Perdrix d’or, toute imprégnée des senteurs de la Haute-Provence, et attendrir par la conte du Bon petit Génie.

Le présent et même l’actualité ont leur place parmi ces « Histoires d’autrefois », mais aussi « d’aujourd’hui », témoin le livre si original de Magdeleine du Genestoux : Enfants de la France lointaine, qui familiarise les jeunes lecteurs avec notre empire colonial, son étendue, sa diversité.

Enfants de la France lointaine est composé de contes dont chacun a pour cadre un de nos pays coloniaux ou de protectorat, et pour héros un petit indigène. Le lecteur va d’Algérie au Maroc, de Tunisie en Syrie, du Soudan au Sahara et au Congo, du Tonkin ou du Cambodge à Tahiti et à la Martinique, accomplissant le plus beau des voyages parmi les territoires de la France d’outre-Mer. Son imagination est captivée par l’action et le pittoresque de chaque conte où se révèle l’âme d’un petit marocain ou d’une petite Touareg, d’une petite Cambodgienne ou d’une petite Tonkinoise.

Ces deux articles dressent une liste partielle des ouvrages de la collection :

en Mars : 

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Quand ils étaient petits – Enfants de la France lointaine.
  • E. Granger – Contes de l’Ombre et de la Lumière.
  • J. Jacquin – Petites Filles du Temps passé (Ouvrage couronné par l’Académie française).
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • Odette Larrieu – Le Roman de Renard (Ouvrage couronné par l’Académie française)
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.
  • Ctesse de Ségur – Le Petit de Crac.
  • Térésah – Contes merveilleux adaptés de l’italien, par Mme M.-F. Crémieux.

en Avril :

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Enfants de la France lointaine.
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.

Chaque volume in-8°, illustré en couleurs et en noir : broché Fr 25, cartonné Fr 35.

A noter que ces listes, publiées début 1933, ne citent pas les deux derniers ouvrages, pas encore parus à cette date, ni les petits héros de la Grande Guerre, qui n’est sans doute plus disponible ni réédité – mais elles nous montrent que des livres initialement publiés plus de vingt années plus tôt, avant la première guerre mondiale, sont toujours édités.

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Princesses d’or et d’orient

En 1922, Jérôme Doucet publie un nouveau recueil de contes, « Princesses d’or et d’Orient ».

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Ce recueil regroupe les contes suivants :

  • les trois Miroirs
  • la Toison d’Or
  • le Troupeau
  • la Cuve
  • le Gantelet

Chaque conte décrit une princesse cruelle, aveuglée par ses défauts ; en général il finit mal, pour le peuple, mais souvent aussi pour la princesse elle-même.

Ces contes sont illustrés par Ternat : il s’agit de Paul Ternat, décorateur, et non pas illustrateur ; ce n’est pas un artisan du livre ; il a conçu des meubles, des tentures, des flacons de parfum, notamment pour Caron.

Parmi les cinq contes regroupés, trois avaient déjà été édités auparavant, dans les Princesses de Jade et de Jadis : La Cuve, le Troupeau, le Gantelet, illustrés par Vincent Lorant-Heilbronn. Un autre de ces contes avait été pré-publié dans la Revue Illustrée : La Toison d’Or, dans le numéro du 1er décembre 1904, illustré par Emile Monchau. Dans la Revue Illustrée, ce conte est publié sur quatre pages ; les illustrations sont tirées en couleurs – deux verts, et dorées. Je n’ai pas trouvé trace d’autre publication du premier conte, les trois Miroirs. On peut supposer que les cinq contes ont été écrits à la même époque, et que seuls trois d’entre eux ont pu faire partie du premier recueil, pour une raison indéterminée (retard de l’illustrateur, volonté de ne pas faire un volume trop important ?).

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Le texte des contes est revu pour la publication de 1922 ; voici quelques exemples des différences :

  • La Toison d’Or, 1904 :

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  • la Toison d’Or, 1922 :

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Le livre de 1922 est un petit in-4° de 16 cm x 20 cm ; il comporte 68 pages non numérotées, sous une couverture de vélin blanc. Il est tiré sur un papier glacé, de couleur vert-nil. Chaque conte est illustré d’une vignette de titre, d’une vignette en début de conte, d’une lettrine, et d’un hors-texte. Ces illustrations sont tirées en noir et or ; toutes les pages sont encadrées de deux filets dorés, gras et maigre.

Le tirage annoncé est de 500 exemplaires numérotés ; mais il semble que de nombreux exemplaires soient non numérotés. Le livre est imprimé par Melzer, à Paris, l’achevé d’imprimer étant daté du 23 novembre 1922. Le livre est annoncé au prix de 20 francs.

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Pour l’éditeur, un doute subsiste… La plupart des exemplaires portent la mention de la Librairie Lutétia, 66 Boulevard Raspail, à Paris. Mais on trouve des exemplaires avec la mention « aux dépens de l’Auteur ». Et le Catalogue Général de la Librairie Française mentionne Lucien Gougy comme éditeur. Il semble probable qu’il s’agisse bien d’une édition personnelle de Jérôme Doucet, avec l’aide de son ami Lucien Gougy ; la librairie Lutétia étant ici partenaire, en réservant un certain nombre d’exemplaires, sur lesquelles elle est mentionnée.

Le livre est dédié à Clémentine Rouzaud, la Marquise, qui dirige, avec son mari, les Chocolats la Marquise de Sévigné, et qui tient salon, salon dont Doucet est un habitué. Cette dédicace est déroutante : composée d’un texte imprimé : « à Madame C. Rouzaud », et d’un texte manuscrit, reproduit :

Pour mon amye à l’oeil riant
Eveilleur de Muse qui dort
Jai cueilly ces Princesse d’or
et d’Orient

noël 22

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Il est facile de vérifier que ce texte, qui semble manuscrit (et de nombreux libraires s’y laissent prendre) , est présent dans tous les exemplaires.

Annexe : La Toison d’Or, 1904.

Voici la reproduction du conte publié dans la Revue Illustrée en décembre 1904 :

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