Henri Cyral

Tout sur Henri Cyral Editeur…

En 1924, Henri Cyral annonce la publication du roman d’Alphonse Daudet : Fromont Jeune et Risler Aîné . Ce roman est illustré par Paul-Loïs Armand de 60 aquarelles, reproduites au pochoir. La ligne éditoriale sera simple : nommée « Collection Française », Cyral offre une nouvelle collection dédiée aux romans d’auteurs français, richement illustrés au moyen de l’aquarelle, avec un tirage suffisamment large et un prix raisonnable. Le tirage sera en général d’une vingtaine d’exemplaires de tête sur Madagascar ou Annam, comprenant chacun plusieurs aquarelles originales, 30 exemplaires sur Arches, et 970 exemplaires sur vélin de Rives. Le prix variera entre 200 francs pour les exemplaires sur Rives et 400 francs pour les exemplaires sur Madagascar.

La Collection française comptera au total quarante titres, et sera complétée par la « Collection Stendhal », suivant la même formule, qui comprendra quatre titres, et par des titres hors collection, sans qu’on devine toujours bien la raison de ce choix. Hors collection seront notamment publiés les Romans et Contes de Voltaire, ainsi que les Contes, puis les Fables, de La Fontaine. Tous ces titres sont en deux volumes. Au final, ceci représentera quarante-neuf titres. A noter que Luc Monod attribue à Cyral une publication qui ne lui appartient pas : « Cadences », de Pierre Camo, publié en 1925 par Garnier, dans la collection « la Muse française », avec un frontispice de Maillol. Peut-être un raccourci trop rapide sur le titre de la collection ?

Henri Cyral n’est pas un novice du monde de l’édition. Avant 1900, il publie des articles dans la revue Le Monde colonial . De 1902 à 1912, il dirige la revue « La Vie coloniale », dans laquelle il publie des  » romans coloniaux « , en feuilletons. Aucun de ces romans n’a donné lieu à publication en librairie, l’aspect « roman » étant un peu négligé, au profit de l’aspect « colonial » et journalistique. Pendant cette période, il publie tout de même deux ouvrages : l’un sur la guerre des Boers, l’autre sur le maréchal Faidherbe, ce dernier publié par les éditions de la Vie Coloniale.

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Une des publications de Cyral dans sa revue, « la Vie coloniale ».

Ce passé « colonialiste » marquera ses activités éditoriales. Les papiers choisis, Madagascar et Annam, sont issus de colonies françaises. Les auteurs sont exclusivement français, et certains titres évoqueront les colonies, comme « Yamilé sous les cèdres », de Henri Bordeaux, illustré par Suzanne-Raphaële Lagneau, en 1927, ou les romans de Pierre Loti, comme « un pèlerin d’Angkor », en 1930, ou « Aziyadé », en 1931.

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Écho paru dans « la Gazette du Nord Madagascar », le 7 avril 1928.

Mais ce serait tronquer cette collection de la réduire à cet aspect. Cyral publie également des auteurs contemporains, comme Edouard Estaunié (5 titres), des écrivains reconnus, comme Alphonse Daudet (11 titres, l’auteur le plus représenté), des classiques, comme Gustave Flaubert (4 titres). Sept auteurs totalisent trente-sept des quarante-neuf titres ! De même, Cyral choisira ses illustrateurs parmi un petit groupe homogène : dix illustrateurs, pour un total de quarante neuf titres différents. Encore peut-on cerner plus finement : Daniel-Girard illustrera à lui seul 17 titres, et Pierre Rousseau 11…

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Critique parue dans le Figaro Littéraire, le 15 décembre 1928. 

Ces publications sont bien accueillies. D’un prix raisonnable, constantes dans leurs qualités, les nouvelles éditions jouent sur l’aspect « série », renforcé par le nombre réduit d’auteurs et d’illustrateurs. Pendant une dizaine d’années, Cyral publiera ainsi avec succès 5 titres par an. Mais les effets de la crise de 1929 n’épargnent par l’éditeur. Les volumes publiés en 1932 sont tirés à 700 ou 800 exemplaires. Le dernier titre publié, « quarante ans de Paris », d’Alphonse Daudet, illustré par Pierre Rousseau, sort en 1933, à seulement 750 exemplaires sur Rives. Daudet aura ainsi commencé et clos cette série…

cyral6_pub_cyral_revue_paris_1933Publicité insérée dans « La Revue de Paris », le 1er novembre 1933.

Cyral publiera un dernier volume, en 1937, « le Temple sur la mer », de Fabrice Del Dongo, pseudonyme de Jean-Marie Charles-Roux, frère d’Edmonde Charles-Roux, cette publication étant sans aucun rapport avec la « Collection Française ». Il nous laisse un ensemble de livres de « demi-luxe », comme on disait à l’époque, qui sont toujours recherchés, et qui ont plutôt bien vieilli. Relativement courants sur vélin de Rives, les exemplaires de tête sur Madagascar avec aquarelles originales sont beaucoup plus difficiles à dénicher.

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