collection Doucet : un tableau de Pissarro

Jérôme Doucet a toujours été familiarisé, dès son enfance, dans un environnement artistique : sa mère descend d’une famille liée aux Caffieri, elle s’essaie elle-même à la sculpture ; ses parents collectionnent : le catalogue de la vente après décès de Théophile Doucet regroupe 736 numéros, dont 85 pour la céramique, 445 pour la bibliothèque, 55 pour les meubles, et 150 pour les dessins et tableaux – une collection volumineuse, donc.

De même, à Rouen, comme gérant de l’Hôtel du  Dauphin et de l’Espagne, il cotoie son ami Eugène Murer et fréquente les impressionnistes – il est bien placé pour l’exposition de Rouen de 1896, pour le catalogue de laquelle il rédigera la partie artistique ; et surtout pour l’exposition pirate que Murer organise dans son hôtel, avec de nombreux tableaux impressionnistes.

Jérôme Doucet épouse Marie Meunier, la sœur d’Eugène Murer, en juillet 1897 ; la collection commune de Marie et Eugène est alors vendue – vente importante : une centaine d’œuvres de la plupart des grands noms de l’impressionnisme, à commencer par Auguste Renoir ; Renoir qui se brouille avec Murer, en prenant le parti de sa sœur et en étant le témoin de celle-ci à son mariage.

Le couple Doucet connaît donc bien Pissarro et ses œuvres ; il en a possédé, même si cette partie de leur collection a été vendue en 1897. Bien plus, il en a racheté par la suite !

En effet, Christie’s a vendu, le 6 novembre 2014 à New York, le lot suivant :

pissarro_chemin_de_pontaise_1876

399. Camille Pissarro (1830-1903)
Chemin de Pontoise, Auvers-sur-Oise
signed and dated ‘C. Pissarro. 76’ (lower left)
oil on canvas
18 ¼ x 14 7/8 in. (46.2 x 37.7 cm.)
Painted in 1876

Ce tableau, référencé dans le catalogue de son œuvre sous la référence 474, et anciennement appelé « la sente du chou », a été acheté par le couple Doucet à Julie Pissarro, après le décès de Camille ; et ensuite revendu au grand collectionneur Rudolf Staechelin, de Bâle, à une date indéterminée, mais qui est sans doute proche de 1919 ; peut-être après le décès de Marie Doucet, en avril 1919 – il aura donc été la propriété de Doucet une quinzaine d’années – et n’a sans doute été acheté qu’après la vente de la maison de Clamart.

Estimé par Christie’s de 600 000 à 900 000 dollars, il a été adjugé 701 000 dollars.

 

 

 

 

 

 

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