le Livre et l’Estampe

Début 1902, Jérôme Doucet, qui a quitté la Revue Illustrée, prend la direction de la société « le Livre et l’Estampe, société d’édition d’art« .

Cet éditeur a à son actif une première publication, non datée,  parue le 23 avril 1900 : ‘exposition de l’œuvre de Antoine Van Dyck organisée par la ville d’Anvers‘, et prépare un second ouvrage monumental : ‘les Tableaux de Paris pendant la Révolution Française – dessins de J.L. Prieur‘.

Exposition de l’œuvre de Antoine Van Dyck organisée par la ville d’Anvers

En 1899, une grande exposition des œuvres de Van Dyck s’est tenue à Anvers. L’album publié par Le Livre et l’Estampe est conçu pour en perpétuer le souvenir ; la préface est écrite par le professeur Paul Buschmann, préface suivie du catalogue complet des œuvres exposées. Trente œuvres sont ensuite présentées, reproduites en héliogravure.

Physiquement, c’est un album grand in-folio (50cm sur 65cm), de 33 pages de texte, suivies de 30 gravures. Le tirage est limité à 500 exemplaires dont 350 sur Hollande, vendus 200 francs.

A noter que le nom de l’éditeur mentionné sur la page de titre est approximatif : ‘Société d’Edition Artistique’.

les Tableaux de Paris pendant la Révolution Française.

Ce livre est publié courant 1902 – mais la participation de Doucet à son élaboration n’est pas certaine. C’est plus un recueil d’estampes qu’un livre – il reproduit les dessins de Prieur, retrouvés récemment, et présentés par Pierre de Nolhac.

C’est un in-folio de 35cm sur 45 cm, de 15 pages (préface de Pierre de Nolhac) suivies de 64 planches (dessins de Prieur) montées sur onglet. Le tirage est de 600 exemplaires sur Hollande, dont les 200 premiers ont les dessins sans les légendes – après  un tirage de tête de cent exemplaires sur japon. Le livre est relié en demi-chagrin grenat pour les exemplaires sur japon ; pleine toile beige pour les exemplaires sur Hollande.

le Mort

Fin 1902, le Livre et l’Estampe publie ‘le Mort’, de Camille Lemonnier. Ce récit, très sombre, est illustré par Constantin Meunier de sept fusains.

C’est un petit in-4° de 106 pages, de 16cm sur 23,5 cm ; il est imprimé en novembre 1902 par la S.A. des imprimeries Gérardin à Versailles. Le tirage est de 350 exemplaires décomposés comme suit :

  • 10 ex. sur papier impérial du Japon
  • 20 ex. sur papier du Japon
  • 25 ex. sur papier de Chine
  • 285 ex. sur papier du marais à la forme.

 

le Monde politique.

Le Livre et l’Estampe publie le recueil de Noël DorvilleLe Monde politique‘, sur 1902 et 1903.

C’est un in-4° qui regroupe 150 lithographies/caricatures de Noël Dorville, publiées dans la presse. Il est tiré à 2000 exemplaires ‘et ne sera pas réédité’ – et est vendu 20 francs – il avait paru en cinq fascicules, les lithographies in-folio étant tirées par l’imprimerie Thil.

 Les Danaïdes

En 1903 est publié le livre de Camille Mauclair : les Danaïdes. C’est un volume grand in-8 de 108 pages, tiré à 300 exemplaires, dont 50 exemplaires sur chine, comprenant deux états des illustrations, dont un état avant la lettre, et 250 exemplaires sur papier à la forme d’Arches, au prix de 40 francs. L’achevé d’imprimer est daté d’avril 1903 mais le livre ne paraîtra qu’en juillet 1903.

Pour plus de détails sur cette publication, voir les coulisses d’une édition de luxe.

 le Livre des masques

Toujours en 1903, Doucet, sous son pseudonyme de Montfrileux, fait paraître le Livre des Masques, un recueil de cinquante portraits-charges ; chaque portrait tient sur un feuillet, monté sur onglet ; il est illustré d’un dessin en tête, et d’une grande composition à double page, de Jules Fontanez.

C’est donc un in-folio de format réduit : 16cm sur 24,5 cm de 202 pages ; il est achevé d’imprimer en août 1903, toujours par la S.A. Girardin. Le tirage n’est pas limité et comporte un tirage de tête de cinquante exemplaires sur chine avec un dessin de Jules Fontanez ; le livre est vendu 10 francs (40 francs pour les exemplaires sur chine).

Monsieur Minns, Horace Sparkins

Cette même année Doucet publie ‘Monsieur Minns, Horace Sparkins, esquisses humouristiques (sic) ; l’auteur est Charles Dickens (ces récits ont été publiés en 1836 dans le recueil « Esquisses de Boz » ; Monsieur Minns est le premier texte de fiction de Dickens) « adaptés par F. de Monfrileux », le pseudonyme habituel de Doucet. C’est un in-8° « carré » (19cm x 23cm) de 78 pages, le tirage est de 60 exemplaires de tête sur vélin d’Arches, accompagnés d’un « dessin original » (une aquarelle), vendus 40 francs, et de 240 exemplaires sur vélin d’Arches, 20 francs.

L’ouvrage est illustré de soixante-quatre reproductions des aquarelles de Harry Eliott, qui illustre également la couverture ; le papier employé est épais, le rendu des aquarelles n’en est que meilleur. Curieusement, la seule mention de Harry Eliott est sa signature sur la couverture… Le livre est imprimé par la S.A. Girardin à Versailles, achevé d’imprimé en septembre 1903.

Pour le détail de la collaboration entre Doucet et Harry Eliott, voir Doucet et Harry Eliott.

Princesses de Jade et de Jadis

Toujours en 1903, Doucet fait paraître un troisième livre de son cru, qu’il signe de son nom cette fois-ci. C’est un recueil de contes, illustrés par Vincent Lorant-Heilbronn – contes pour adultes, s’entend – ces princesses-là sont cruelles, ou folles – ou les deux. Il regroupe les contes suivants :

  • la Cuve (Japon)
  • le Troupeau (Egypte)
  • le Gantelet (Inde)

Les contes sont illustrés d’aquarelles monochromes, bleu pour les pages de titre, ocre pour la Cuve, vert d’eau pour le Troupeau, bleu pour le Gantelet. Comme pour les contes de Dickens, le papier est un papier très épais.

Il s’agit d’un in-4° (22cm sur 30cm) non paginé (72 pages) ; le tirage est le suivant :

  • 25 ex. sur japon ancien à la forme avec une aquarelle et une suite des illustrations avant la lettre (200 francs)
  • 25 ex. sur japon ancien à la forme avec une suite des illustrations avant la lettre (150 francs)
  • 300 ex. sur vélin d’Arches à la forme (100 francs).

il est imprimé en août 1903 par la S.A. des imprimeries Gérardin à Versailles..

Gaspard de la Nuit.

Toujours en 1903, Doucet fait paraître une édition de Gaspard de la Nuit, de Louis (Aloysius) Bertrand, qu’il fait illustrer par Jules Fontanez de cinquante gravures hors texte. Doucet écrit lui-même l’introduction, qu’il signe de son second pseudonyme, Pierrelée.

C’est un in-4° (19cm sur 27,5cm) de 214 pages, imprimé par Hérissey à Evreux. Le tirage est le suivant :

  • un exemplaire unique contenant tous les dessins originaux, une triple suite des épreuves petit in-folio, une double suite avec le texte.
  • 25 ex. sur papier ancien du Japon à la forme, avec deux suites dont le premier état avec remarque et une planche refusée, et un dessin original inédit de Jules Fontanez (200 francs).
  • 50 ex. sur papier de chine avec deux états des illustrations dont un avec remarque, et la planche refusée (150 francs).
  • 225 ex. sur papier à la forme des papeteries d’Arches avec un état des planches (100 francs).

la jeune Physi – étude de mœurs

Toujours en 1903 Doucet fait paraître l’édition originale de ce conte de Maurice George, pseudonyme de Denis Roche (1868-1951), illustré par Henri Goussé – c’est un volume in-16 de 165 pages, vendu 3 francs – son titre complet est ‘la jeune Physi – étude de mœurs – petite nièce de Mimi Pinson (mots – moments – documents)‘. Je n’ai trouvé aucune illustration de ce livre peu courant.

le Jardin de ma Pensée

En 1904 paraît le Jardin de ma Pensée, de Sylvie Poirson – il s’agit semble-t-il de la seule édition. C’est un recueil de douze récits illustrés par Louise Abbema, Jean Béraud, Théoblad Chartran, Guillaume Dubufe, L.E. Fournier,Henri Gervex, Jeanniot, Madeleine Lemaire, Maurice Leloir et Soldi-Colbert.

Comme ‘Gaspard de la Nuit‘, c’est un in-4° (19cm sur 27,5cm) ; de 152 pages – il est imprimé comme à l’habitude par la S.A. Girardin, achevé d’imprimer en novembre 1903. Le tirage est le suivant :

  • 100 ex. sur papier de Chine contenant deux suites des illustrations dont le premier état avant la lettre (60 francs)
  • 300 ex. sur papier à la forme des papeteries d’Arches avec un état des illustrations (40 francs).

Ce livre est la dernière production de cet éditeur – mais on peut certainement faire le lien avec un tout dernier livre, qui se rattache par beaucoup d’aspects à cet ensemble : Les Maris de Mamzelle Nounouche de Camille Lemonnier, illustré par Vimar, publié par Doucet, avec l’aide de Floury, en 1906.

Doucet, en 1906, reprendra brièvement la direction de la Revue Illustrée, puis poursuivra son intense activité d’auteur – publié par Juven, Ferroud, Hachette…

fleuron

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