Louis Fuchs

En 1901 (début 1902, en fait), Jérôme Doucet publie un petit livre, recueil de poèmes en prose, chez Ollendorff : Danses. Ce livre est illustré par Louis Fuchs – et il semble bien que ce soit le seul livre publié par ce dernier.

Qui est donc Louis Fuchs ?

On peut, grâce aux outils actuels, retracer une partie de sa carrière.

En 1897, Les magasins du Louvre organisent un concours, dont un des sujets est uen horloge avec boîte aux lettres. Les trois premiers prix sont décernés à Messieurs Louis Fuchs, Paquet et Rudnicki – avec un prix de 750 francs pour Louis Fuchs. Il est alors précisé que Louis Fuchs est élève de l’école des Arts décoratifs.

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Source Gallica.bnf.fr : Revue des Arts décoratifs, résultat du concours des magasins du Louvre.

Deux années plus tard, nous retrouvons Louis Fuchs à l’occasion du deuxième concours ouvert par l’Union centrale des Arts décoratifs, en vue de l’Exposition Universelle de 1900.

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source Gallica.bnf.fr : revue des Arts décoratifs.

Pour ce concours, Louis Fuchs présente un projet de vase « Crocus », qui sera réalisé par Daum. L’article de la Revue des Arts décoratifs, qui rend compte de ce concours, précise que « à l’exécution, ce joli vase a perdu quelque peu et n’a pas gardé les colorations distinguées de la maquette primée au premier concours de l’Union centrale ; le ton rose, trop vif et trop uniformément dur, ne se fond plus avec les feuilles vertes, actuellement trop foncées de la base. Mais les proportions ont conservé leur charme et la silouhette sa souplesse peu banale. » Louis Fuchs est récompensé par un prix de 500 francs.

Fuchs, édité par Daum : vase Crocus. Source : musée des arts décoratifs

La même année, il est de nouveau récompensé, par 500 francs de nouveau (premier prix), pour le concours en vue de la décoration de la rue Royale pendant les fêtes de l’Exposition Universelle.

En 1900, Doucet a remarqué Louis Fuchs, qui illustre, dans le numéro du 1er juin de la Revue Illustrée, une nouvelle de Henri de Saussine : le voile de Tanit. Il s’agit d’un dialogue assez court, édité sur 5 pages dans la Revue, imprimé sur un fond composé par Louis Fuchs, en camaïeu vert ou sanguine ; le procédé décoratif est assez comparable à ce qu’il réalisera pour Danses.

L’année suivante, pour le numéro du 15 juin 1901, Fuchs collaborera une nouvelle fois avec la Revue Illustrée, en illustrant un poème de Maurice Rollinat, l’Aigle.

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Les motifs décoratifs, avec des moyens différents, rappellent certaines pages de Danses.

Que devient Louis Fuchs après ces publications ? nous trouvons trace de ses travaux dans certaines publications d’Art décoratif, notamment Dekorative Vorbilder – voici notamment un paon avec des tournesols, qui rappelle fortement une page de Danses :

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Fuchs : Pfau mit Sonnenblume nach einem aquarell von Louis Fuchs. Source : annonce catawiki.

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Louis Fuchs s’oriente vers les Arts décoratifs et devient professeur à l’Ecole des Arts décoratifs de Nancy – L’Est Républicain nous apprend qu’il est professeur de décoration, avec Victor Prouvé. il prend sa retraite vers le début de 1935 et se consacre alors à son art – et notamment la peinture.

Une galerie américaine propose une toile de Louis Fuchs ; non datée mais indiquée de 1890-1900.

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Madison Gallery : Louis Joseph Gustave Fuchs, quais de la Seine à Paris.

Je n’ai pas trouvé d’informations d’état civil ; on peut supposer qu’il est né vers 1870-75, puisqu’il est en fin d’études des Arts Décoratifs en 1897 – ce qui est cohérent avec son départ en retraite en 1935, vers l’âge de soixante ans.

 

 

 

Publicités

Danses, illustré par Louis Fuchs.

 

Dans le numéro du 15 mars 1902 de la revue Néerlandaise « den gulden winckel« , paraît l’annonce suivante :

 

 

Doucet, Jérôme : Danses. Illustrations de Louis Fuchs. Paris, Libr. Paul Ollendorff. 16°. F. 1.90.

Les « Danses » sont imprimées lithographiquement sur papier chromosatin. Elles sont illustrées à toutes les pages et les figures, au lieu d’être imprimées de tons sur papier blanc, sont réservées en blanc sur le fond gris perle du papier. Les dessins sont imprimés en or, le texte en violet. Un brochage nouveau a été inventé pour ce volume, qui, monté sur un ruban, est, pour ainsi dire relié.

Cette même annonce est insérée également dans la « Bibliographie de la France », avec la mention « pour paraître le 21 janvier 1902 », et le texte suivant :

 Les Danses de Jérôme Doucet et Louis Fuchs sont imprimées lithographiquement sur très beau papier chromosatin des papeteries du Marais. Elles sont illustrées à toutes les pages, et les illustrations, au lieu d’être imprimées de tons sur papier blanc, sont réservées en blanc sur le fond du papier qui est, lui, imprimé en gris perle. Les dessins sont imprimés en or, le texte en violet. La couverture, les gardes, tout est dans le même style. Un brochage nouveau a été inventé pour ce volume, qui, monté sur un ruban, est, pour ainsi dire, relié. Les tranches sont dorées.
Le texte lui-même, « Danses », a été traité avec raffinement par le poète Jérôme Doucet et les dessins de Fuchs en sont le digne accompagnement.

Comme on le voit dans ces publicités, l’éditeur met en avant les nouveautés de son ouvrage : composition, technique d’illustration, technique de brochage. Et il est vrai que ce livre tranche à tous points de vue sur la production de l’époque, même si, dans le choix de l’illustration, il est pleinement « Art Nouveau ».

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Le livre est illustré par Louis Fuchs, sur lequel je n’ai rien trouvé ; il ne semble pas avoir illustré d’autres ouvrages. Il est publié par la Librairie Ollendorff et imprimé par les Imprimeries Gérardin, à Versailles, il porte la date de 1901 sur la couverture – il n’y a pas d’achevé d’imprimer. Les illustrations sont imprimées par Ed Méot, lithographe. Le tirage courant n’est pas limité ; on a vu dans l’annonce qu’il était vendu 1, 90 francs. Il existe un tirage de tête, de cent exemplaires sur japon impérial, avec une suite des figures sur papier de chine.

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Le livre se présente comme un ouvrage de petites dimensions (indiqué in-16° dans l’annonce) : 14cm x 19cm ; en pratique c’est un in-folio (!) composé de feuillets simples, collés, et non cousus, sur la couverture. Le papier de « chromosatin » est un papier très épais, cartonné, de couleur blanche ; il est preque entièrement teinté d’un « gris perle » ; le titre des danses et certains motifs sont laissés en réserve, et se détachent en blanc.

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détail d’un feuillet sur chine avec défaut d’impression ; on voit que le papier est imprimé et non teint d’origine.

Les motifs or sont imprimés sur ce fond.

Le texte est imprimé ensuite, d’un violet assez passé.

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Le livre est composé comme suit :

  • une couverture cartonnée, imprimée (outre le fond « gris perle ») de motifs verts ;
  • un feuillet de faux-titre, avec la justification ;
  • un feuillet de titre ;
  • quinze feuillets pour les quinze danses, qui sont : gavotte, pavane, sarabande, passepied, gigue, valse, menuet, ronde, rigaudon, farandole, ballet, carmagnole, danse macabre, bourrée, danse de corde ;
  • un feuillet de table.

Chaque danse occupe donc un feuillet, toujours composé de la même façon :

  • la première page comporte le nom de la danse, en réserve sur le fond et le motif ;
  • la double page intérieure porte, sur une décoration unique, le texte de Doucet ;
  • la quatrième page porte une illustration sans texte.

Techniquement, la méthode nouvelle sensée donner un livre « quasi relié » n’a pas résisté au temps ; l’ouvrage s’est défait et se trouve soit relié sur onglets, soit complètement dérelié.

Les « danses » en question sont des petits poèmes en prose, sur un thème puisé dans la nature, d’une thématique assez proche de la Chanson des Choses ; la tonalité générale est assez sombre, voire lugubre dans certains cas.

Mais le livre est très attachant, avec ses décorations féériques et pleinement Art Nouveau. Quelques années après les Douze Sonnets, Doucet réalise un livre remarquable, devenu assez rare, compte tenu de sa fragilité !

Voici la reproduction complète de l’ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Douze sonnets : un essai ambitieux.

Doucet, jeune débutant, dans les années 1890 et suivantes, publie des poèmes dans diverses revues et compose des pièces de théâtre qui ne connaissent pas le succès.

En 1893 il publie, chez Léon Vanier, un recueil de sonnets, forme très en vogue à cette époque. Ce recueil est imprimé par l’imprimerie E. Cagniard, à Rouen, il est officiellement vendu trois francs ; une justification manuscrite indique un tirage à quarante exemplaires. Cette édition est probablement faite à compte d’auteur.

 

Les douze sonnets sont les suivants :

  • Dédicace
  • Marie
  • Jumièges
  • Nuit d’Hiver
  • La Neige va tomber
  • La Neige est tombée
  • Avant l’aube
  • Éventail japonais
  • Au second acte de « Samson et Dalila »
  • Sortie de Messe
  • Saint-Adrien
  • Attente

Ces sonnets se lisent agréablement – Doucet ne se prend tout de même pas trop au sérieux. Voici le premier d’entre eux :

Dédicace

Peut-être un jour, plus tard, c’est l’espoir qui fait vivre
Dit la chanson, plus fier que le paon de Junon,
Serai-je l’un de ceux dont on vante le nom,
Et dont à plusieurs mille on édite le livre.

Peut-être aussi – d’un vain espoir je ne m’enivre –
La gloire à mon appel répondra-t-elle : Non.
Peut-être pour demeure aurai-je un cabanon ?
Ma route est commencée ainsi : je veux la suivre.

En attendant, j’ai fait les sonnets que voici,
Mes bons amis, pour vous, n’ayant que le souci
De plaire à votre goût si fin, de vous distraire.

Si je fais mieux plus tard, il me sera très doux
De vous devoir ce mieux ; si c’est pis, au contraire,
Mes meilleurs vers du moins auront été pour vous.

Le recueil est illustré de dessins de Vignet. Il s’agit de Henri Vignet, peintre né à Rouen en 1857 – il participe au Salon de Rouen en 1891. Pour ce recueil, il compose des ornementations florales, traitées en fond à pleine page, et imprimées en vert ou bleu, alternativement – sur la page entière, quitte à prendre le pas sur le texte, rendu d’autant moins lisible.

Matériellement, ce livre est un in-quarto de petites dimensions : 14cm x 18,5 cm, de soixante pages, non paginées, sous une couverture de papier vert d’eau. Il est composé de sept cahiers de huit pages, précédés d’un demi cahier. Sur chaque belle page est imprimé un motif floral – la page en regard étant systématiquement laissée vierge.

Les motifs sont imprimés alternativement en vert et en bleu – mais l’examen attentif montre que des irrégularités peuvent apparaître : deux pages successives en bleu, ou en vert.

Vignet n’a pas composé trente motifs différents – on retrouve plusieurs fois les mêmes dispositions, et la même succession de motifs. Voici tous les motifs recensés :

Série A.

Série B.

Série C.

Ces douze premiers motifs sont les seuls utilisés dans un premier exemplaire. Mais l’examen d’un second exemplaire révèle l’existence d’une autre série (série D) :

Pour toutes ces séries on note l’alternance de vert et de bleu – s’agissant d’un même feuillet plié au format in-quarto, il suffit d’imprimer chaque face d’une couleur et l’autre de l’autre couleur. Ces séries sont toujours utilisées dans cet ordre, indépendamment du texte imprimé – il y a sans doute eu une première impression des motifs, suivant les quatre dispositions choisies. Voici un état des pages successives du recueil :

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Sont représentées ici toutes les pages d’un exemplaire, à l’exception du premier demi-cahier. La série G2 est utilisée dans un autre exemplaire. On voit pour ce premier exemplaire l’utilisation des séries A, B, C, A, B, C, B, dans cet ordre. Le second exemplaire présente les séries suivantes : A, C, D, A, B, C, D.

Comme on le voit en comparant ces deux exemplaires, il n’y a aucune recherche d’adéquation particulière entre les poèmes et les motifs.

Ce type d’ornementation, assez original, sera réutilisé par Doucet plus tard, pour son recueil Danses – courts textes de prose, illustré par Louis Fuchs, publié par Ollendorff en 1902.

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On trouve également un conte de Jean Lorrain, illustré de cette façon : Neighilde, conte de Noël, publié par la Revue Illustrée le 1er décembre 1899. Ce conte de quatre pages est illustré par Henri-Patrice Dillon de fonds végétaux, de différentes teintes.

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Deux années plus tard, Doucet publiera un autre livre chez Vanier – la Puissance du souvenir. Curieusement, dans la bibliographie présente en début d’ouvrage, Douze Sonnets n’est pas cité – au contraire de la forme graphique, Doucet aurait-il renié ce premier recueil poétique ?

 

 

André Cahard illustre Doucet.

André Cahard, qui a commencé sa carrière d’illustrateur par une série sur les Ballets, dans la Revue Illustrée, a mis en images six contes de Jérôme Doucet, de 1898 à 1903. Cette série n’a pas été publiée en livre, mais Doucet a fait illustrer, auparavant ou par la suite, trois de ces contes par d’autres illustrateurs.

Tous ces contes sont publiés sur huit pages, avec un papier Draeger, de meilleure qualité que le papier standard de la Revue ; certains sont précédés d’une page de titre. Dans les paragraphes suivants, pour les contes ayant déjà fait l’objet d’un article, je me contente de renvoyer à cet article.

l’Effigie.

Ce conte, publié le 15 juillet 1898, sera repris ensuite, sous une forme enfantine, dans le recueil « la légende des mois« , illustré par Serge de Solomko.

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la Perle.

Ce conte est publié le 1er novembre 1898 ; comme l’effigie, Doucet le réutilisera, amplifié, et illustré par Paul de Pidoll et Edgar Maxence, dans Verrières.

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Le Philtre.

Ce conte est publié le 1er septembre 1902 ; il avait été repris, simplifié, et illustré par Louis Morin, pour le recueil « Notre ami Pierrot« .

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La mort de Pierrot.

Ce conte, publié le 1er décembre 1902, est dans le même esprit que le Philtre ; mais il ne figure pas dans « Notre ami Pierrot« . La tonalité, comme son nom le laisse deviner, est assez sombre.

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les trois rencontres de Jean Bourbarry.

Ce conte est publié le 15 juillet 1902. Jean Bourbarry, jeune garçon plein de bonne volonté et de bons sentiments,  fait trois rencontres qui lui donnent des conseils peu moraux, mais efficaces ; après avoir testé les bons sentiments, et avoir perdu son argent et son travail, Jean teste les conseils en question – et devient patron. Ce conte, assez cynique, est dédié à « J. de Montfrileux » ; c’est bien sûr son pseudonyme ; mais c’était surtout celui de son père.

Source : gallica.bnf.fr

Ressemblance.

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Le dernier conte, illustré par André Cahard, est publié le 1er juin 1903. Deux jumeaux vivent ensemble ; la blessure de l’un d’eux crée une différence – l’autre tombe amoureux pendant la convalescence de son frère – sans en parler. Un quiproquo naît de cette situation – l’amante rencontrant le frère, et défaillant de n’être pas reconnue. Mais tout se termine bien.

Ce conte possède une page de titre, curieusement imprimée en noir, contrairement aux autres pages.

Dans la plupart de ces contes, André Cahard insère le texte de Doucet dans un entrelacs décoré, en couleurs, comportant une illustration à mi-page. La numérisation de Gallica, en noir et blanc, ne permet pas de se rendre compte de la finesse de ces ornementations.

 

 

l’Effigie, de Doucet, illustré par André Cahard

Exemple de la réutilisation d’un conte : l’Effigie.

le 15 juillet 1898, la Revue Illustrée publie un conte de Jérôme Doucet, l’Effigie. Ce conte est illustré par André Cahard, artiste qui a fait ses débuts dans la même Revue Illustrée trois années auparavant.

C’est une histoire allégorique, au schéma linéaire : un noble seigneur, entouré de courtisans serviles, méprise le peuple. Dérangé par des jeux d’enfants qui s »amusent dans la neige, et fabriquent un bonhomme de neige, il tire une flèche pour abattre le bonhomme ; la flèche, traversant la neige, vient frapper un enfant en plein cœur. Venu constater l’efficacité de son tir, le seigneur ne montre pas de remords. Le corps de l’enfant se lève, et maudit le seigneur : il ne vivra que tant que le bonhomme de neige sera debout.

Ce conte, très classique, est publié sur un cahier de huit pages, avec une page de titre, chose relativement exceptionnelle, sur un papier Draeger, utilisé pour les parties pouvant être séparées de la Revue. L’illustration est composée d’illustrations à demi page, avec des bordures rappelant les pratiques des manuscrits enluminés ; ces illustrations monochromes sont alternativement imprimées en vert et en noir.

La page de titre présente une grande vignette, surmontée du titre, et la mention « Conte par Jerome Doucet / Ornementation par Andre Cahard ». Les deux monogrammes JD AC sont insérés sous la vignette.

André Cahard (né en 1868 et mort en 1925), après avoir illustré, sur une assez longue période, « le Ballet à travers les âges« , de Paul Gruyer, a illustré plusieurs contes pour la Revue Illustrée, écrits par Jérôme Doucet – mais aucun de ces contes n’a été publié dans un recueil. Il a également illustré un conte de Jean Lorrain (La Princesse sous Verre) qui a connu un bien plus grand succès.

Ce conte ne sera donc repris dans aucune publication ultérieure. Pourtant Doucet ne l’oublie pas.

En effet, plus de vingt ans après, ce conte figure, transformé, dans un recueil de contes pour enfants : la légende des mois. Cette série de douze histoires, (comme les douze mois), est illustrée par Serge de Solomko, jeune artiste que Doucet a déjà fait travailler auparavant ; elle est publiée, fin 1921, par Hachette – mais a été écrite plus tôt (avant la Guerre), comme l’explique Doucet dans la préface du livre. Solomko, pour ce conte, donne un grand hors-texte, et trois vignette in-texte.

L’effigie est la première de ces douze histoires ; reprise sous le nom « l’homme de neige« . L’histoire est à peine transformée ; la chanson des enfants (c’est une vraie chanson traditionnelle, simplement citée par Doucet) est identique ; le changement majeur étant (bien sûr) que l’enfant touché par la flèche est sauvé par une gentille sorcière.

Quand papa Lapin mourra
J’aurai sa belle culotte
Quand papa Lapin mourra
J’aurai sa culotte de drap.

Autre petit point à noter : dans cette version l’enfant porte un nom : Artabil, nom que Doucet a déjà donné à un de ses personnages, pour le conte du même nom, publié en 1905 par Juven dans le recueil « Contes merveilleux ».

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Grisélidis, par Jules Lefebvre

Grisélidis, de Jules Lefebvre : un tableau qui a particulièrement plu à Jérôme Doucet.

De mai à octobre 1896, se tient l’exposition nationale et coloniale de Rouen ; le grand évènement de la ville !

Comme dans toute bonne exposition de ce genre, les visiteurs trouvent les dernières nouveautés, en matière industrielle, commerciale, et culturelle. A cette occasion, un ouvrage luxueux est publié : la Revue Illustrée de l’exposition, imprimé en 1897 par l’imprimerie Lecerf, à Rouen ; c’est un fort volume in-4° (25cm x 33cm) de 458 pages, abondamment illustré. Il regroupe les contributions de nombreux auteurs, qui rendent compte de ce que les visiteurs ont pu admirer.

 

 

la partie Beaux-Arts est rédigée par Jérôme Doucet ; en deux articles, totalisant soixante pages, il rend compte des expositions de peinture, dessin, gravure, sculpture et arts décoratifs – dont un petit article sur la reliure.

Dans cette exposition Doucet fait un tour peut-être pas exhaustif mais assez large tout de même – et il met en avant quelques œuvres qui l’ont marqué.

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source : wikimedia

Parmi celles-ci figure Grisélidis, de Jules Lefebvre. C’est une huile sur toile, de 60cm sur 72cm, représentant un personnage du Décameron – une jeune fille qui tient un livre, en regardant le visiteur ; sa longue chevelure tombant sur ses épaules.

Voici ce qu’en dit Jérôme Doucet :

Et maintenant, arrêtons-nous un peu, et même beaucoup, car nous avons là deux splendeurs à admirer.

C’est d’abord la Grisélidis de Jules Lefebvre (n° 303), un pur chef-d’œuvre de grâce et de joliesse, une merveille d’exécution. Tout y est dans cette toile infiniment désirable et que j’adjure le Musée d’acquérir pour nous la garder indéfiniment. Il y a plus que de la peinture en cette œuvre, plus que l’exécution parfaite du modèle adorablement choisi ; il y a de la vie, de l’émotion, de l’amour ; on fait ainsi quand on est un grand artiste d’abord, et qu’on peint sa maîtresse ou sa fille.

Les cheveux blonds, longs, ondulés, ce sont des vagues
venant mourir au bord du front, lentes et vagues.

Ces cheveux, qui ont l’air d’être traités sommairement, mais si magistralement synthétisés, sont l’encadrement parfait de cette virginale figure.

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Logiquement, le tableau en question est reproduit dans l’ouvrage, en hors-texte ; c’est une reproduction photographique, en noir en blanc, de Cl. Petiton.

Doucet sera entendu : le tableau est acheté par le Musée des Beaux-Arts de Rouen à l’issue de l’exposition.

La chanson des Cheveux.

Les deux vers cités sont de Jérôme Doucet ; ils appartiennent à une des nombreuses chansons qu’il a composées pendant sa convalescence : la chanson des cheveux.

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Cette chanson, Doucet la publiera dans le numéro du 15 août 1898 de la Revue Illustrée, avec deux illustrations : une vignette de Pascalidès, et une gravure, par Gilardi, du tableau de Jules Lefebvre ; gravure monochrome, imprimée en couleur.

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La chanson sera reprise dans la Chanson des Choses, avec les mêmes illustrations, cette fois-ci imprimées en noir.

 

 

 

La Princesse sous verre – Jean Lorrain – André Cahard

 

 

 

Source : librairie Bertrand Hugonnard-Roche.

 

Un 28 aout, Jean Lorrain écrit cette lettre :

Hôtel Suisse, Genève.

Genève, le 28 Aout 189..

Mon cher ami
en route pour les chateaux du Roi de Bavière, les chateaux ! je ne puis rien vous envoyer, car mon appartement est fermé et mon personnel -(un valet de chambre le seul gardé) en congé pour deux mois,

je ne rentrerai en l’horrible Paris que fin octobre à la dernière extrémité mais je puis écrire à une amie qui a un exemplaire du Conte (car il a paru jadis en livraison dans la Revue Illustrée). de vous communiquer ledit conte

S’il vous plait, j’ai dans mes cartons de quoi compléter, mais cette princesse sous verre est à mon avis (je me mouche pas du pied) la Perle de l’Ecrin

Si fade et si veau froid que soit la Suisse qui fait sa cuisse (c’est du Montesquiou) oh combien je préfère les lacs aux falaises et aux galets les glaciers

Veuillez me mettre aux pieds de Madame Nathanson
votre
Jean Lorrain

Le destinataire de la lettre est sans doute Thadée Nathanson (1868-1951), fondateur de la Revue Blanche.

Cette lettre est passée en vente deux fois, chez Binoche, en 2012 puis en 2015 ; elle a récemment été vendue sur EBay. Dans toutes ces annonces l’année est lue 1892. En pratique ce n’est pas possible ; en effet le conte cité dans la lettre n’a été publié dans la Revue Illustrée que le 1er décembre 1895 – il faudrait lire plutôt 1896 ou 1897…

Comme on le lit, Jean Lorrain tient la Princesse sous verre en haute estime. Ce conte a été publié pour la première fois dans la Revue Illustrée, fin 1895, illustré par André Cahard ; il y sera publié de nouveau, le 20 décembre 1905 et le 5 janvier 1906, sous le titre ‘Roses de Noël’, avec des illustrations de Lubin de Beauvais – cette seconde version étant nettement moins ambitieuse.

Comme assez régulièrement dans la Revue Illustrée, pour les cahiers portant les contributions de prestige, ce conte est publié sur un papier spécifique, sans numérotation, et sur deux cahiers particuliers ; il s’agit ici d’un papier Draeger épais.

Ces cahiers, imprimés à part, l’étaient en nombre suffisant pour pouvoir être commercialisés, ou donnés, de façon séparée ; c’est cette pratique qu’évoque Jean Lorrain dans sa lettre – c’était une pratique courante, notamment au moment des étrennes, que les auteurs demandent à la Revue Illustrée des dizaines d’exemplaires de ces tirages.

Dans ce cas particulier, ce conte a également donné lieu à une publication de luxe, confiée à l’éditeur Tallandier, qui reprend exactement la disposition de la publication dans la Revue Illustrée ; mais sur des papiers différents : cinquante exemplaires de tête sur Japon, et cent-soixante-dix exemplaires sur papier Idéal, avec un emboîtage spécifique.

Le conte sera repris dans le recueil publié en 1901 : « Princesses d’Ivoire et d’Ivresse » ; de façon beaucoup moins luxueuse…

Plus récemment, à l’occasion du Salon du Livre de Rouen, en 2006, l’association Arlinéa et Elisabeth Brunet ont réédité ce conte, sans reproduire la page de titre de Tallandier ; reproduction fidèle de la première publication dans la Revue Illustrée.

Voici la reproduction du la première publication :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici la page de titre de la réédition d’Arlinéa :

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Et voici comment ce conte a été repris dans Princesses d’Ivoire et d’Ivresse :

 

 

 

 

la Puissance du Souvenir : la fin du début.

Nous avons vu les débuts de Doucet, jusqu’en 1893 et la publication du recueil ‘Douze sonnets‘, illustré par Vignet et publié par Léon Vanier.

A partir de 1895, Jérôme Doucet collabore à la Revue Illustrée, qu’il rejoindra bientôt ; il prendra la direction artistique du Théâtre des Arts, et dirigera l’hôtel de son futur beau-frêre, Eugène Murer, à Rouen – avant de partir s’installer vers Paris.

L’ouvrage qui marque vraiment la transition entre ces premiers débuts, et la carrière qu’il amorce ensuite, est publié en 1895, toujours par Léon Vanier, et sans doute à compte d’auteur.

Il s’agit de « la Puissance du Souvenir« , court roman de 80 pages, qui met en scène un jeune avocat, Jacques, qui vie avec sa maîtresse Lili (Emilie). L’intrigue est simplissime : Jacques a une aventure avec Jeanne, Lili l’apprend, pardonne, mais ne parvient pas à oublier ; le couple se sépare. Jérôme Doucet ne se faisait sans doute pas trop d’illusions sur cet ouvrage : la justification, manuscrite, indique « à quelques rares exemplaires pour les amis indulgents ».

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Le livre est donc un in-8° de 80 pages, de 13cm x 19cm, publié par Léon Vanier, et imprimé par Eugène Izambert à Louviers, sur un papier vergé de Hollande Van Zonen au filigrane très marqué. Le livre est dédié « à Émilie Fouchard, En témoignage de ma grande affection« .

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Rouen en 1895

Outre son intérêt littéraire discutable, ce livre peut nous intéresser à plusieurs titres. En effet, dans ce livre Doucet met en scène Rouen, en situant précisément les différents lieux de l’intrigue. Ainsi, le cabinet d’avocat de Jacques est situé rue de la Chaîne, donnant sur le marché aux Fleurs.

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Le logement de Jeanne se trouve rue Jeanne d’Arc, à l’angle du Square Solférino – il s’agit d’un aménagement récent à l’époque.

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Le Théâtre des Arts est cité ; on y représente le Roi d’Ys d’Édouard Lalo.

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La colline de Bon-Secours joue un rôle important ; d’ailleurs Doucet, dans un ouvrage postérieur, confiera que ce lieu était important pour lui et son épouse Marie Meunier.

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Ouvrages du même auteur

Autre source de curiosité, Doucet donne la liste de ses ouvrages, comme un auteur chevronné qu’il n’est pas encore. Cette liste témoigne des premières publications ou essais de publications ; un certain nombre d’ouvrages indiqués n’ayant en définitive pas vraiment été publiés ; ou pas comme Doucet l’indique.

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Voici la liste des ouvrages en question :

Théâtre :

  • Cure d’Amour – 1 Acte en vers
  • Dave – id.
  • Le Mal des planches – id.
  • la Damnation de Pierrot – id.
  • Une Pincée de cendres – id.
  • Ibycus, drame lyrique – 3 Actes en vers
  • Liane – id.
  • La Fin de Don Juan – id.
  • Viviane Morèje, en collaboration avec Émilie Fouchard – 2 actes en prose

Poésie :

  • La Chanson des choses – 1 Vol. (Revue Illustrée)
  • La Chanson des gens – 1 Vol.

Roman :

  • Trois Légendes d’or, d’argent et de cuivre. (Revue Illustrée). Illustrations de Georges Rochegrosse – 1 Vol.
  • Autour d’un beuglant – 1 Vol.

Cette liste est très intéressante sur plusieurs points :

  • Jérôme Doucet cite dans cette liste des ouvrages réellement publiés, à compte d’auteur ; il s’agit de petites pièces de théâtre qu’il donnait lui-même au Théâtre des Arts dont il était le régisseur ; en général ces pièces n’ont connu qu’un nombre très petit de représentations. On peut mettre dans cet ensemble Cure d’Amour, le mal des planches, la Damnation de Pierrot, Ibycus. Les imprimeurs varient – voir le détail ici.
  • Dave a été publié par la Revue du Siècle, à Lyon, et un tirage à part a été effectué – pratique habituelle de cette revue – c’est l’adaptation d’une œuvre d’Yveling Rambaud.
  • Il reste des inconnues dans cette liste : Liane, la Fin de Don Juan, Viviane Morèje ; il s’agit certainement de petites pièces comparables.
  • La Chanson des choses est citée – à ce moment les chansons qui composeront l’ouvrage publié en 1898 sont déjà écrites et commencent à être publiées dans différentes revues, dont la Revue Illustrée.
  • La chanson des gens était certainement prévue comme un pendant à la Chanson des choses ; ce recueil ne verra finalement pas le jour, même si on peut repérer quelques chansons publiées qui y avaient certainement leur place.
  • Trois Légendes d’or, d’argent et de cuivre est cité, avec son illustrateur, et la Revue Illustrée comme éditeur ; en fait la Revue n’a publié à cette date que deux des trois Légendes, et la parution en volume aura lieu six années plus tard, chez Ferroud.
  • Autour d’un beuglant figure dans cette liste ; je ne connais pas d’ouvrage de Doucet qui pourrait être rattaché à ce titre ; à part peut-être le projet d’éditer un recueil de chansons de cabarets, chansons que Doucet donne à Gil Blas et d’autres revues.
  • Emilie Fouchard est citée comme co-auteure ; la même à qui est dédié le livre, et qui porte le même prénom que l’héroïne principale. Emilie Fouchard a publié, comme Doucet à cette époque, des poésies et de petites pièces en vers et en prose, dans différentes revues. On perd sa trace ensuite.
  • Douze Sonnets, publié pourtant chez le même éditeur, deux années auparavant, sans doute le plus important des ouvrages de Doucet à cette date, n’est pas cité !

 

 

 

 

 

 

 

Librairie Delagrave.

La librairie Delagrave, au tournant du siècle, est, dans le domaine de l’édition pour enfants, un éditeur important, avec de nombreuses publications, éducatives et récréatives, appuyé par deux revues : « Saint-Nicolas » et « l’écolier illustré« . Dans ces journaux, il publie par épisodes des romans, qu’il offre ensuite en livres ou en albums.

Les fils de François 1er, fin 1911.

La collaboration entre Doucet et Delagrave commence en 1911, quand l’éditeur publie, dans « Saint-Nicolas« , « les Fils de François 1er », signé Jérôme Doucet, illustré par Léonce Burret (1866 – 1915), illustrateur habituel de cet éditeur – mais c’est la seule collaboration entre Doucet et Burret.

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Le livre raconte les aventures des deux fils de François 1er pendant leur captivité, aidés par un Cobold et leur fidèle Arnould.

La publication en livre a lieu à la fin de l’année 1911, pour les étrennes, période propice à l’édition de beaux livres pour les enfants.

C’est un in-4° de 240 pages, au format 27,5 cm x 18,5 cm (format du cartonnage), présenté sous cartonnage bleu, rouge et or (mais il existe d’autres cartonnages plus simples), achevé d’imprimer en octobre 1911, par la SA d’imprimerie de Villefranche de Rouergue. Il est illustré de quinze hors-texte et de nombreux in-texte, en noir, de Léonce Burret.

Le livre est dédié à Martial et Jacques Ulrich, « en témoignage de l’amitié que je porte à leur grand-père, Toussaint Le GRAIN. »

Auguste Toussaint Le Grain (1860-1935) polytechnicien, a été directeur des chemins de fer de l’état, professeur à l’école des Mines.

Mossieu Clown, fin 1912.

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Publicité pour les nouveautés Delagrave, journal Le Correspondant, décembre 1912 – source Gallica.bnf.fr.

L’année suivante l’éditeur publie un grand album, au format à l’italienne (27 cm x 35 cm), de 28 pages numérotées (32 pages au total), signé Montfrileux (à noter une faute sur la couverture : Monfrileux), et illustré par M. Poussin : Mossieu Clown. Lors de sa sortie, il est vendu 3 francs 50 ; son prix passera ensuite à 3 francs 90.

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L’album regroupe sept histoires de quatre pages, comptant chacune deux illustrations principales ; ce qui donne cinquante-six illustrations – l’album en annonçant quatre-vingt. La différence est constituée de petites vignettes de complément ; plus la couverture.

Les histoires en question sont d’un humour très grinçant, et le livre ne pourrait sans doute pas être republié tel quel aujourd’hui.

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Cet album sera republié dans l’écolier illustré, sur l’année 1915, à raison d’une page par semaine, avec un découpage retravaillé : chaque histoire de quatre pages d’album donne six pages dans la revue, avec certaines pages non illustrées.

Mon ami Pierrot, fin 1913.

L’année suivante, de nouveau pour les étrennes, Delagrave publie « Mon ami Pierrot« , signé Jérôme Doucet, illustré par Albert Robida. Ce n’est pas la première collaboration entre Doucet et Robida.

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Le livre fait partie de la même collection que le précédent, et est donc tout à fait comparable : mêmes nombres de pages, format, disposition, prix (3 francs 90). Pour plus de détails je vous renvoie à l’article sur Pierrot et celui sur Robida.

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Ce livre est dédié à René Braunschvig.

Les deux Cartouche, fin 1914.

Dans la même série, l’année suivante paraît les deux Cartouche, toujours illustré par Albert Robida, cette fois-ci signé Montfrileux. Le livre est une fantaisie autour du personnage du bandit Cartouche, mais tout finit bien : le bourgeois qui se faisait passer pour Cartouche est sauf, et le bandit est exécuté.

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Les deux Cartouche, 1930.

La collaboration entre Doucet et Delagrave s’est arrêtée en 1914 ; mais l’éditeur, en 1930, réédite l’album « Les Deux Cartouche » dans un format différent : format in-4 vertical (22cm x 28cm), obtenu par dédoublement des pages – il compte 51 pages.On voit avec cet exemple que l’éditeur était très prévoyant dès la première publication.

L’illustration de couverture change ; elle est due à Joë Hamman.

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bibliographie générale

Dresser la bibliographie des travaux de Jérôme Doucet n’est pas facile ; il a eu une vie professionnelle très productive, et sur de nombreuses années ; et dans plusieurs domaines assez différents : le journalisme, les contes pour enfants, les livres de bibliophilie ; et avec différents rôles : auteur, préfacier, « secrétaire de la rédaction« , éditeur, conseiller technique…

Sans prendre en compte son activité journalistique, le nombre de ses contributions à l’édition dépasse largement la centaine.

Dans la liste qui suit, je vais essayer de recenser toutes ces contributions ; en prenant en compte en priorité les ouvrages déjà recensés dans la bibliographie « raisonnée » présentée sur ce site. La liste présentera donc un minimum d’informations,  et renverra aux articles qui traitent en détail de l’ouvrage concerné.

La colonne X désigne le pseudonyme utilisé : M pour Montfrileux, P pour Pierrelée, B pour Builder.

article x date titre éditeur illustrateur rôle
débutant 1891 à la mémoire de Josephin Soulary imp Storck, Lyon contributeur
débutant 1891 A Glatigny auteur
débutant 1892 cure d’amour, comédie en 1 acte en vers imp Storck, Lyon auteur
débutant 1892 le mal des planches Cagniard, Rouen auteur
débutant 1893 Ibycus, drame lyrique en 3 actes Deshays, Rouen auteur
débutant 1893 douze sonnets Léon Vanier, Paris imprimé à Rouen Vignet auteur
débutant 1893 la Damnation de Pierrot Vanier, Paris imprimé à Rouen auteur
fin du début 1895 la Puissance du Souvenir Vanier, Paris imprimé à Louviers auteur
Grisélidis 1897 la revue de l’exposition de Rouen, 1896 Lecerf, Rouen divers contributeur
la chanson des choses 1898 la chanson des choses Henry-May divers auteur
garth jones 1899 Contes de Haute-Lisse Bernoux et Cumin GARTH-JONES Alfred auteur
garth jones 1900 Contes de la Fileuse Tallandier GARTH-JONES Alfred auteur
pierrot 1900 Notre ami Pierrot Ollendorff MORIN Louis auteur
Danses 1901 Danses Ollendorff FUCHS Louis auteur
petrone 1902 Pétrone Ferroud, lib des amateurs FOURNIER Louis-Edouard auteur
garth jones 1902 Tales of the Spinner (contes de la Fileuse) R H Russell, New York GARTH-JONES Alfred auteur
l estampe 1902 Le mort le Livre et l’Estampe Constantin Meunier (7 fusains) éditeur
l estampe 1902 tableaux de Paris pendant la Révolution française le Livre et l’Estampe Prieur éditeur
l estampe 1903 les Danaïdes le Livre et l’Estampe Besnard, Carrière,
Fantin-Latour, la Gandara, le Sidaner, Levy-Dhurmer, Rochegrosse
éditeur
l estampe 1903 la jeune Physi – étude de mœurs le Livre et l’Estampe Henri Gousse éditeur
l estampe 1903 le Monde politique le Livre et l’Estampe Dorville éditeur
l estampe P 1903 introduction de Gaspard de la Nuit le Livre et l’Estampe FONTANEZ Jules éditeur
eliott M 1903 Monsieur Minns. Horace Sparkins (adapté de Dickens) le Livre et l’Estampe ELIOTT Harry auteur
juven P sd le plus malin Felix Juven VIMAR auteur
juven P sd l’automobile de Sidi Poussah Felix Juven LE BOCAIN auteur
petrone 1903 Anacréon Ferroud, lib des Amateurs FOURNIER Louis-Edouard auteur
garth jones 1903 Contes de Haute-Lisse et de la Fileuse joanin GARTH-JONES Alfred auteur
l estampe M 1903 le livre des masques le Livre et l’Estampe FONTANEZ Jules auteur
l estampe 1903 Princesses de Jade et de Jadis le Livre et l’Estampe LORANT-HEILBRONN V auteur
l estampe 1904 le jardin de ma pensée le Livre et l’Estampe Louise Abbema, J Béraud, Chartran, Dubufe,
LE Fournier, Gervex, Jeanniot, Madeleine Lemaire, Maurice Leloir, Soldi-Colbert,
éditeur
juven 1904 Contes merveilleux Felix Juven FONTANEZ Jules auteur
juven P 1904 Contes d’un loup de mer Felix Juven Lubin de BEAUVAIS auteur
chanson des mois 1904 la chanson des mois Louis Michaud, Reims LELOIR Maurice auteur
juven P 1905 ? chasses extraordinaires Felix Juven ELIOTT Harry auteur
juven M 1905 Guerriers et soldats soc d’édition et de Publications CARAN d’ACHE auteur
hachette 1906 les douze filles de la Reine Mab Hachette MORIN Henry auteur
nounouche 1906 préface de les maris de Mlle Nounouche de Camille Lemonnier Floury VIMAR éditeur
juven 1907 le petit neveu de Charles Dickens Felix Juven – Sirven – société d’édition?? ELIOTT Harry auteur
eliott 1907 six belles histoires de chasse Blaizot ELIOTT Harry auteur
juven 1908 Uit het land van Dickens Van Holkema en Warendorf, Amsterdam ELIOTT Harry auteur
eliott 1908 six grosses bouffées de pipe Blaizot ELIOTT Harry auteur
eliott M 1909 Gentlemen (de Dickens) Blaizot ELIOTT Harry éditeur
juven 1909 le dernier tour de l’enchanteur Bricabrac Boivin et Cie Gus Bofa auteur
juven M 1909 Jim et le crocodile Boivin et Cie Mac Koo auteur
juven M 1909 monologue de l’ours Boivin et Cie BURRET Léonce auteur
juven 1909 Colin-tampon, petit tambour suisse Boivin et Cie HELLE André auteur
juven 1909 un diner au grand cirque Blackson Boivin et Cie Avelot auteur
juven 1909 les souliers diaboliques Boivin et Cie Bief auteur
juven 1909 les trois jumeaux Boivin et Cie Bief auteur
juven B 1909 les jeux de Lili Boivin et Cie Rièzer auteur
juven B 1909 le plus malin Boivin et Cie Bief auteur
juven B 1909 Monsieur Sourdpaupot Boivin et Cie Le Bocain auteur
juven B 1909 Blaguafroid le Menteur Boivin et Cie Le Bocain auteur
juven B 1909 une plaisanterie qui finit mal Boivin et Cie Le Bocain auteur
leloir 1909 la fille de Manon Méricant, Paris LELOIR Maurice auteur
leloir 1910 la Royale amoureuse Méricant, Paris LELOIR Maurice auteur
hachette 1910 les douze filles de la Reine Mab Hachette MORIN Henry auteur
juven 1911 Lazuli et Artabil Boivin et Cie FONTANEZ Jules auteur
juven 1911 le roi cavalle Boivin et Cie FONTANEZ Jules auteur
Delagrave 1911 Les Fils de François 1er Delagrave Léonce Burret auteur
garth jones 1912 Contes de Haute-Lisse et de la Fileuse lib Ambert GARTH-JONES Alfred auteur
garth jones 1912 le baiser rouge lib Ambert GARTH-JONES Alfred auteur
hachette 1912 Queen Mab’s daughters Henry Frowde/Hodder & Stoughton, London MORIN Henry auteur
Delagrave M 1912 Mossieu Clown Delagrave POUSSIN auteur
leloir 1913 Chaussures d’antan Devambez LELOIR Maurice auteur
pierrot 1913 mon ami Pierrot Delagrave ROBIDA Albert auteur
robida M 1914 les deux Cartouche Delagrave ROBIDA Albert auteur
hachette 1916 les fiancées merveilleuses Hachette Félix Lorioux auteur
hachette contes Hachette Georges Conrad auteur
hachette 1922 la légende des mois Hachette SOLOMKO Serge de auteur
Robida 1923 la croisade des gueux l’auteur ROBIDA Albert auteur
juven 1924 Batifol Boivin et Cie FONTANEZ Jules auteur
hachette 1930 les douze lutins de la princesse Mab Hachette MORIN Henry auteur
Robida M 1930 les deux Cartouche Delagrave ROBIDA Albert auteur
Pierrot 1933 Arlequin, Pierrot, Polichinelle Larousse, les livres roses pour la jeunesse FONTENAY M auteur
hachette 1934 Princesses des champs et des bois Hachette LORIOUX Félix auteur
hachette 1936 Mademoiselle Graindsel Bib Rose, Hachette PECOUD A auteur
hachette 1938 le Petit roi du Luxembourg Bib Rose, Hachette PECOUD A auteur
hachette 1939 la colombe de Saint Marc Bib blanche, Hachette JEANIN P auteur
hachette 1940 dix contes Jean Matrat university of london auteur
hachette 1950 ??? les douze lutins de la Reine Mab Hachette Pecnard auteur
hachette 1957 Mademoiselle Graindsel Bib Rose, Hachette HIVES Jeanne auteur