le chocolat de la Marquise

Jérôme Doucet est un ami de Clémentine Rouzaud, qui, avec son mari Auguste dirige les Chocolats de Royat, sous la marque commerciale de la Marquise de Sévigné. Cette marque est assez réputée, au début du siècle, et ceci grâce au talent commercial de Clémentine, qui tient salon, et se fait appeler la Marquise par ses amis.

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le salon de thé, boulevard de la madeleine, en 1919 – source : Gallica.bnf.fr

 

Doucet lui dédie un livre : Princesses d’or et d’Orient, avec une belle dédicace en fac-simile.

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Doucet est un habitué de son salon. En témoigne un écho paru dans Cyrano, début 1932 ; au vernissage organisé par Clémentine Rouzaud dans sa librairie de la Plume d’Or (ouverte en 1930), en l’honneur du photographe américain Irving Chidnoff, Doucet est présent. Au passage, on pourra vérifier que la confusion entre J (érôme) Doucet, auteur, et J (acques) Doucet, couturier, n’est pas rare, même à l’époque…

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Cyrano, 10 janvier 1932. Source : Gallica.bnf.fr

 

Livre de recettes.

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Jérôme Doucet contribuera également à la promotion du chocolat de la Marquise, en écrivant une petite plaquette :

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Recettes Plaisantes et Délectables du Chocolat Granulé de Royat

 recueillies et mises en ordre par
JEROME DOUCET
illustrées par l’imagier de la reine
GEORGE DELAW.

La plaquette paraît en 1913 ; il s’agit d’un petit in-8° (11,5 cm sur 17 cm), de 46 pages, imprimée sur un papier vergé épais, de couleur crème, et sous une couverture de papier marron. Elle est imprimée par Devambez et illustrée de très nombreux dessins in-texte, en deux tons : le marron avec lequel le texte est imprimé, et un vert.

La première partie regroupe des pastiches de la Marquise de Sévigné, la Fontaine, Boileau, Perrault, Racine, Molière, et d’évocations de l’empereur Auguste, Mansart, Vatel, qui donnent déjà quelques recettes ; puis, à partir de la page 21, 33 recettes diverses.

Ce livret est illustré par George Delaw, qui n’est pas britannique, contrairement à ce que semble indiquer le titre : il s’agit de Georges Delau, né en  1871, mort en 1938.

Ce petit livret, sans doute distribué plusieurs années de suite, est devenu assez rare.

Salon de thé décoré par Maurice Leloir.

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intérieur du salon de thé avec les panneaux de Leloir – doc Gallica.bnf.fr

En 1923, le salon de thé du boulevard de la Madeleine est redécoré par Maurice Leloir. Il fournira également nombre de compositions pour des objets publicitaires (notamment des éventails, très à la mode à ce moment) et des boîtes de chocolat.

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Maurice Leloir, éventail au décor « Salon de thé de la Marquise de Sévigné », musées de la ville de Paris.

Ce salon de thé sera détruit dans les années 1970 pour laisser la place à une agence bancaire.

 

Publi-reportage de Doucet ?

Dans la revue « la renaissance de l’art francais et des industries de luxe paraît en 1924 un publi-reportage, non signé, à la gloire de la Marquise de Sévigné ; son style général me rappelle fortement Jérôme Doucet.

 

Voici cet article :

COMME beaucoup d’établissements qui jouissent d’une réputation universelle, la Marquise de Sévigné a connu des débuts timides. Elle a grandi doucement, mais sûrement, ainsi qu’un bébé né sous l’étoile de la victoire qui, peu à peu, se développe, fait ses premiers pas, croît en vigueur, s’épanouit dans une robuste adolescence, puis, devenu femme, s’en va à la conquête du monde…

La première fabrique, fondée en 1892, fort modeste, débitait du chocolat en tablettes baptisées de cette ambitieuse devise : Nec Plus ultra.

Cette épigraphe qui, avant d’historier des bâtonnets de cacao, avait été gravée par Hercule sur ces montagnes qu’il croyait être les bornes de la Terre, ne porta pas bonheur au produit qu’elle eût dû protéger.

Aussi bien, offrir du chocolat en tablettes, de si fine qualité qu’il fût, n’apportait point la note d’originalité nécessaire pour retenir l’attention du public et fixer sa faveur.

Il fallait trouver de l’inédit.

Les stations thermales fournirent les premiers débouchés, consacrèrent les premiers succès, Royat, d’abord puis Vichy, en 1898, où une heureuse conjoncture, liée à notre histoire littéraire, allait favoriser la réussite.

On jouait en tournée Cyrano de Bergerac, qui avait reçu l’année précédente, à la Porte Saint-Martin, l’accueil triomphal que l’on sait.

Enthousiasmée par les vers du poète, Mme Rouzaud eut la pensée délicate de lui envoyer, avec l’expression de son admiration, une boîte de ses meilleurs produits.

L’adresse était celle-ci : Edmond Rostand, au Pavillon Sévigné.

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le pavillon Sévigné, Vichy – source Wikipédia.

Pavillon Sévigné ! Ce fut comme un trait de lumière ! Comme cela sonnait bien ! Pourquoi ne pas placer la maison sous l’invocation de la charmante Marquise qui, deux siècles plus tôt, venait rétablir sa santé dans ce Vichy d’où elle a daté de si jolies lettres, dont elle aimait tant les « jolis bocages » ainsi que les promenades, « d une beauté au-dessus de ce que je puis vous dire », écrivait-elle, et où l’on voit encore, sur les bords de l’Allier, la gracieuse petite maison qu’elle habita, parmi les fleurs et la verdure ?

Et c’est ainsi que naquit cette charmante appellation : « A la Marquise de Sévigné ».

La contribution d’une devise chère au plus robuste des dieux n’avait eu aucun crédit. Mais, dans une âme éblouie par les vers d’un grand poète, se précise la pensée de choisir le patronage de notre merveilleuse épistolière, et c’est le plus efficace des porte-bonheur…

La « Marquise de Sévigné » marche de succès en succès.
Elle ouvre en 1900 une maison de vente à Clermont-Ferrand, en 1904 une autre à Lyon et enfin en 1906 consacre définitivement son prestige par l’installation à Paris, 11, boulevard de la Madeleine, de salons de vente qui firent sensation.

Puis, c’est Marseille, Nice, Monte-Carlo, Deauville… Trois maisons nouvelles sont créées à Paris et de gentilles succursales éclosent en toutes les stations thermales d’Auvergne : Royat, le Mont-Dore, Châtel-Guyon, La Bourboule, Saint-Nectaire, etc…

La Marquise de Sévigné règne aujourd’hui sur vingt succursales — vingt gracieuses bonbonnières — et n’a point négligé d’y adjoindre une vaste organisation commerciale qui lui permet d’expédier à profusion dans le monde entier le bon chocolat de France auréolé de la plus parisienne parure.

La Marquise de Sévigné — je veux dire Mme Rouzaud — apporte dans la confiserie une très heureuse innovation qui explique sa prodigieuse réussite.

Les bonbons d’autrefois se vendaient dans de fades cartonnages, en de mornes bonbonnières ou en des sacs d’une affligeante banalité, le tout fanfreluché de dérisoires « faveurs » roses ou bleues.

Les bonbons croqués, le sac ou la boîte, sans intérêt, demeuraient inutiles !

L’idée féconde, l’œuf de Colomb fut de concevoir pour la présentation des sublimes friandises, des récipients à usage défini qui fussent par eux-mêmes des cadeaux charmants conservés en raison de leur cachet d’art.

La céramique, le cristal, le bois précieux servirent à établir des vases, des coupes, des coffrets d’une inspiration gracieuse et novatrice.

Des artistes de talent, séduits par l’attrait de cette rénovation, ciselèrent le bronze, le cuir ou le cristal et j’en sais — que je ne dirai point — pour qui ce fut un agréable délassement que de dessiner boîtes à bonbons et sacs « danseuse » .

La recherche de l’inédit, le goût des ensembles, l’imagination ardente de Mme Rouzaud et le succès grandissant de la Marquise de Sévigné imposent des obligations nouvelles. Créer la mode, c’est la devancer ! Donc, à chaque saison, des tissus somptueux seront spécialement tissés à Lyon pour habiller poupées ou bonbonnières, des rubans merveilleux seront dessinés et exécutés pour les boîtes nouvelles, mille détails inédits et précieux contribueront à donner à chaque objet un petit air « Sévigné » un chic tout à fait personnel qui achève la perfection de cette séduisante présentation.

Enfin, en confiant à Leloir la décoration de son Salon de thé du boulevard de la Madeleine, elle vient de réaliser un cadre d’élégance digne de son aristocratique clientèle.

Et si, par aventure, nos petits-enfants d’après-guerre venaient un instant à confondre la Grande Épistolière avec l’enseigne de leur chocolat préféré, M. Léon Bérard lui-même ne s’en offusquerait point, la gloire de l’écrivain pouvant sans déchoir accepter un hommage nouveau.

Nb : Léon Bérard, cité dans cet article, n’est pas le chirurgien, mais le ministre de l’instruction publique de l’époque (né en 1876, mort en 1960).

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l’éclaireur du dimanche, août 1929. Source : Gallica.bnf.fr

 

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Les souhaits merveilleux, Marcel Jeanjean.

Ce nouveau recueil de contes pour enfants, publié par Jérôme Doucet en 1932, est à la fois très inhabituel, dans sa production, et également très comparable aux recueils qui l’ont précédés.

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Très inhabituel, par le choix de l’illustrateur : Marcel Jeanjean, né en 1893, mort en 1973, est beaucoup plus jeune que Doucet (28 ans les séparent) ; c’est la seule collaboration entre les deux hommes.

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Inhabituel également par le choix de l’éditeur : les éditions H. Piazza, fondées à la fin du XIXe siècle par Henri Piazza, décédé en 1929 ; c’est également la seule fois que Jérôme Doucet travaille avec cette maison d’édition, qui publie (entre autres) une gamme de livres de demi-luxe, privilégiant l’orientalisme.

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Par contre, les contes réunis sont bien dans la manière de Doucet : cinq histoires, décrivant les tribulations de cinq enfants : Pallada, Emerée, Guilliri, Cordolo, Burluru, en butte aux agissements de méchants, aidés par de petits lutins et fées ; les souhaits formulés déclenchent des catastrophes mais tout finit bien, en général par un mariage.

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Les cinq contes sont dédiés à

Madeleine et Marguerite,
Maurice, Félix et Paul,
qui sont cinq,  ainsi que les voyelles,
deux filles et trois garçons
comme dans ces contes ;
en témoignage
de l’affection reconnaissante que je porte
à leur père
le bâtonnier Édouard Dumolard

Édouard Dumolard (né en 1883, mort en 1961) est avocat, bâtonnier de l’ordre, au tribunal de Grenoble. Marié en 1912 avec Anne Marie Durand, à Bourg-en-Bresse, ils ont six enfants : Maurice, né en 1912, futur avocat à Grenoble, Félix, né en 1913, Marguerite, née en 1915, Magdeleine, née en 1917,  Paul, né en 1919, puis Noémie (qui est sans doute décédée avant 1932). En 1932 l’aîné de ces enfants a donc 20 ans – un peu âgé pour ces contes.

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Comme le nom des héros et héroïnes, ainsi que la dédicace, nous l’indiquent, ces contes sont placés sous le signe des cinq voyelles. Jérôme Doucet s’en explique dans un préambule assez inhabituel dans un livre pour enfants – ce préambule est donné en annexe.

 

Description.

Le livre est un petit in-8) de 20 cm sur 14 cm ; il comporte 176 pages numérotées, sur un beau papier. Marcel Jeanjean l’a illustré de trente-quatre (ou trente-cinq suivant la manière de compter ; une page comporte deux illustrations) aquarelles reproduites au pochoir. Ces illustrations sont toutes in-texte, de tailles très diverses – d’une petite vignette à quasiment une pleine page.

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Le livre est achevé d’imprimer le 20 aout 1932 sur les presses de Pierre Frazier à Paris ; il est édité par l’Édition d’Art H. Piazza, à Paris, 15 rue Bonaparte.

Le livre est relié sous cartonnage de l’éditeur, crème avec inscriptions dorées ; la tête est dorée.

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Un tirage de tête existe, tiré à cent exemplaires sur papier vergé pur fil de Rives, au même format ; ces exemplaires comportent deux suites complètes des illustrations, en noir et en couleurs. Ils sont en feuille, sous chemise cartonnée à rabats et lacets, reproduisant le décor du cartonnage du tirage courant. Les exemplaires de tête sont vendus 100 francs ; les exemplaires courants 50 francs.

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Publicité dans la Reliure

Jérôme Doucet a fait la publicité de son nouveau livre ; journaliste à la Reliure, l’organe professionnel des relieurs, il fait insérer, sur plusieurs mois, des petits billets tels que celui-ci, paru dans le numéro 446 (novembre 1932) :

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Un délicieux livre d’étrennes

Nous ne pouvons laisser passer, sans le signaler, le nouveau livre de M. Jérôme Doucet et ceci pour deux raisons :

D’abord parce qu’il est notre fidèle collaborateur, puis parce que vraiment c’est un très bel ouvrage à un prix parfaitement raisonnable. Il n’y a pas de plus délicat cadeau de Noël et du jour de l’an à faire à une jeune fille, un jeune garçon ; ce sera développer leur goût du livre, des lectures saines, de la bonne bibliophilie. Il s’agit des

Contes merveilleux

que vient d’éditer la librairie d’art Piazza, 19, rue Bonaparte, Paris (6°).

D’un format délicieux 14 X 20, imprimé sur beau papier vélin, illustré de ravissantes aquarelles de Marcel Jean-Jean reproduites en couleurs avec patrons, ce recueil de cinq contes est à la fois aussi agréable à feuilleter que délicat à lire.

Il se prête en outre à une reliure qui peut être de plein maroquin sur les exemplaires (au nombre de 100) tirés sur pur fil de Rives au prix de 100 francs, comme à une délicate demie-reliure pour les exemplaires sur vélin au prix, vraiment modeste, de 50 francs.

Les relieurs peuvent se l’offrir comme modèle de reliure… qu’on leur achètera.

 

A noter la confusion sur le titre… Doucet a certes publié un livre sous ce titre, de nombreuses années auparavant, chez Juven, ce qui a pu expliquer le lapsus.

 

Annexe : préambule, par Jérôme Doucet.

     Les voyelles… Oh ! rassurez-vous, chers lecteurs, je ne veux point vous imposer une leçon de grammaire, même en vous citant celle – immortelle – de l’Académie. Les voyelles, voulais-je dire, sont pour le langage ce que sont les notes dans la musique ; ce sont elles qui donnent aux mots leur sonorité personnelle, leur vie.
     La consonne, son nom l’indique et le bon Larousse nous le confirme, ne peut former une syllabe que si elle est accompagnée d’une voyelle, ne sonne qu’avec elle. Toute seule, la consonne est muette, sourde ; la voyelle parle pour les deux, mieux elle chante.
     Oui ! elle chante puisque c’est elle qui, au bout du vers, forme la rime que la consonne d’appui ne fait qu’enrichir.
     La voyelle c’est l’assonnance, cet embryon de rime que le bambin – l’homme naît avec l’instinct poétique – cherche à découvrir pour créer ses chansons enfantines, ses rondes puériles, les phrases de ses jeux.
     Cette hantise de l’assonnance, donc de la voyelle, est telle qu’il inventera des mots étranges plutôt que de s’en passer :

ams, tram, gram
Pic et pic et colégram

     Les voyelles ont donc une personnalité marquante, un pouvoir bien précis ; elles ne sont que cinq, elles suffisent pourtant, avec les vingt consonnes – quatre fois plus nombreuses – à former tous les mots, à les prononcer.
     Et voilà pourquoi il m’a paru amusant – pourvu, mon Dieu ! que je me sois pas trop leurré – d’écrire cinq histoires de façon à ce que chacune ait une des cinq voyelles, pourrais-je dire, comme harmonique.
     Au lieu de contes : bleu, vert, jaune, orangé, rouge, je vous les offre en a, en é, en i, en o, en u…
     Oh : le présent est bien menu !

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la grande douleur des sept artistes

En 1923, Jérôme Doucet publie un nouveau recueil de contes, pour adultes, dans la lignée de ceux qu’il avait publiés de nombreuses années plus tôt, comme les Princesses de Jade et de Jadis, repris l’année précédente dans les Princesses d’or et d’Orient.

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Ce nouveau recueil n’est pas d’une tonalité plus joyeuse que le précédent – il regroupe sept contes, mettant en scène sept artistes exerçant différents arts, auxquels il arrive des aventures assez affligeantes – toutes autour de la perte de l’être aimé ; perte souvent provoquée, malgré lui, par l’artiste et son exigence de perfection dans son art.

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Le recueil est précédé d’une dédicace, adressée à Georges Rochegrosse et Denys Puech :

Au Statuaire / Denys Puech

Au Peintre / Georges Rochegrosse

            Si le Destin, parfois, semble guider mes pas sur un autre chemin que le vôtre – et qui ne menait pas à Rome – du moins il ne put jamais désunir nos mains, ni dissocier nos pensées.

            Bien plus, hier, cruellement, il nous réunissait tous trois en même temps, dans la douleur, la grande, la plus grande, la seule grande douleur : la perte de notre Compagne.

            C’est pourquoi en souvenir de notre claire amitié, en mémoire de cette heure sombre, j’inscris vos noms sur la première page de ces Contes faits pour nous trois

 

La dédicace n’est pas joyeuse non plus ! elle mérite quelques explications.

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Denys Puech, la princesse Anina Gagarine-Stourdza peignant, Musée Puech.

L’épouse de Denys Puech, Anina Gagarine Stourdza, née le 1er juin 1865 (qui a donc le même âge que Jérôme Doucet) est artiste-peintre. Pendant la Guerre, elle fait office d’infirmière, et meurt d’une maladie (la grippe espagnole ?) contractée dans un hôpital le 14 avril 1918.

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Georges Rochegrosse, Georges et Marie, vente Marambat, Toulouse, le 11 avril 2018.

L’épouse de Georges Rochegrosse, Marie Leblon, meurt à Alger, où le couple s’est installé, en janvier 1920.

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L’épouse de Jérôme Doucet, Marie Meunier, meurt le 5 avril 1919.

 

le livre est illustré par Paul de Pidoll, artiste Luxembourgeois né en 1882 (il a donc déjà 40 ans) dont il s’agit d’un des premiers travaux. Paul de Pidoll est plus à l’aise dans l’ornementation que dans l’illustration proprement dite ; cela se sent dans cet ouvrage, et ce sera encore plus visible dans les collaborations suivantes entre Doucet et lui. A noter d’ailleurs que la page de titre indique « Ornementations de Paul de Pidoll ».

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le livre est publié par Lucien Gougy, Quai Conti, 5. Paris. C’est un ami de Jérôme Doucet. C’est le premier livre de Doucet officiellement publié par cet éditeur ; mais il avait déjà travaillé, l’année précédente, sur la réédition de la Mort au beau visage, ainsi que sur les Princesses d’or et d’Orient, deux ouvrages qui sont pourtant indiqués « à compte d’auteur ». Dans les années suivantes, ce genre de collaboration dans l’ombre se poursuivra…

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Catalogue général de la Librairie française

 

Il s’agit d’un volume de format petit in-folio (24 cm sur 30 cm) de 96 pages non numérotées.

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faux-titre et justification. Cet exemplaire est offert par Lucien Gougy à l’éditeur Michaud.

Le tirage est de 658 exemplaires :

  • 8 exemplaires sur papier impérial du Japon avec deux suites des figures ;
  • 150 exemplaires sur papier d’Arches à la forme avec une suite ;
  • 500 exemplaires sur papier vélin.

La suite pour les exemplaires sur Arches est sur papier mince, en noir. les exemplaires sur vélin sont vendus 60 francs, les exemplaires sur japon 300 francs.

Le recueil regroupe les sept contes chinois suivants :

  • le noyau de mangue
  • les trois dragons
  • le bracelet de jade
  • la mort de la zibeline
  • la flamme sur la colline
  • l’urne de grès noir
  • les mains d’ivoire
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dernière page du dernier conte, et table.

Le recueil est composé de la façon suivante :

  • une feuille non imprimée
  • une feuille portant la justification au verso
  • une feuille portant le faux-titre et la première gravure en couleurs
  • une feuille portant le titre
  • une feuille portant la dédicace et une gravure d’ornementation (en noir), se  rapportant au premier conte.
  • Pour chacun des six premiers contes :
    • une feuille portant le titre et une gravure en couleurs au verso (belle page)
    • cinq feuilles portant le texte ; le verso du dernier feuillet portant une gravure d’ornementation se rapportant au conte suivant.
  • Pour le dernier conte :
    • une feuille portant le titre et une gravure en couleur
    • quatre feuilles portant le texte.
  • une feuille portant la table
  • une feuille portant l’achevé d’imprimer.

Soit un total de 48 feuilles. Toutes les pages portent un fond bleu turquoise intense, avec une bordure, simple pour les pages non imprimées, beaucoup plus ornée pour les pages de texte. Le recueil compte huit gravures en couleurs, à pleine page, et quinze gravures d’ornementation, en noir, à pleine page, correspondant aux pages de titre des contes, et à la dernière page du conte précédent ; plus la gravure de la couverture, tirée sur papier et rempliée. Les gravures tirent parti du bleu du fond, du blanc laissé en réserve, du noir, et de l’or ; les gravures en couleurs utilisent le rouge et un vert pâle en plus.

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Voici l’achevé d’imprimer :

Composé en Robur gras
de la Fonderie G. Peignot
et mis en pages avec les gravures
de la Maison Brun et Cie
par Charles Géhin, prote ;
tiré sur les presses de l’imprimerie
Georges Berland
par Henri Houvet, pressier,
cet ouvrage a été achevé d’imprimer
le 22 Novembre 1923.

Comme on le voit Géhin n’est pas le graveur, contrairement à ce que certains libraires indiquent.

Voici la reproduction des gravures insérées au début de chaque conte :

Voici quelques planches de la suite, dans laquelle les pages d’ornementation pure ne sont pas oubliées :

 

 

 

 

bibliographie des éditions Cyral

L’éditeur Cyral fait partie des petites maisons d’éditions, qui ont fleuri dans l’entre-deux-guerres, à l’époque de l’engouement dont jouit la bibliophilie auprès d’un public assez large ; comme les éditions Mornay, Piazza, Crès, et beaucoup d’autres encore.

Ces éditions, qu’on qualifie assez souvent de demi-luxe, ont comme points communs d’être assez largement au format in-8°, illustrées, le plus souvent en couleur (pochoir ou reproductions d’aquarelles), avec des tirages importants (atteignant facilement le millier d’exemplaires).

Dans ce paysage éditorial encombré, Henri Cyral, par la singularité et la constance de ses choix, se distingue. Pour ses livres il applique toujours la même formule : format unique, in-8°, une seule technique d’illustration : la reproduction d’aquarelles, mêmes papiers, et mêmes tirages (avec toutefois des variantes). Les tirages sont également standardisés, de même que les papiers, tous issus de territoires sous domination française : Madagascar, Annam, vélin de Rives.

En appliquant cette formule, il a publié 49 livres, dont 40 regroupés dans la Collection Française ; plus la Collection Stendhal, et quelques volumes hors collection, de 1924 à 1933. Il publiera ensuite un dernier livre, quelques années plus tard.

Voici la bibliographie complète de ces éditions :

  • Collection Française.

La Collection Française regroupe quarante titres, édités de 1924 à 1933, et numérotés de 1 à 40. Le tirage est de 1021 exemplaires, répartis comme suit :

  • de 20 à 30 exemplaires de tête, sur grand papier (16  cm sur 22 cm) de Madagascar, avec deux aquarelles originales ;
  • à partir de 1930, de 15 à 20 exemplaires sur grand papier Annam, avec une aquarelle originale ;
  • de 15 à 20 exemplaires sur grand papier vélin d’Arches ;
  • le nombre d’exemplaires nécessaires pour atteindre le nombre de 1021, sur vélin de Rives (14,5 cm sur 20,5 cm) ;

 

Ce tirage est commun à la plupart des titres ; mais à partir du trente-cinquième titre (le Nabab, d’Alphonse Daudet, édité en 1931) les tirages diminuent. De même, elle n’est pas adoptée pour les six premiers titres, pour lesquels un exemplaire unique, sur Hollande, contient toutes les illustrations originales. Tous les livres sont en un seul tome, sauf jack, de Daudet, publié en deux tomes.

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à gauche, Yamilé, en grand papier ; à droite, Jean des Figues, sur Rives.

Voici le détail de la Collection :

  • 1-DAUDET (Alphonse) – Fromont Jeune et Risler Ainé, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 2-FROMENTIN (Eugène) – Dominique, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 3-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Empreinte, illustré par André FOURNIER.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 4-DAUDET (Alphonse) – Numa Roumestan, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1925
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 5-BOURGET (Paul) – Le Disciple, illustré par André FOURNIER.  1925
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 6-GIDE (André Paul Guillaume) – La Porte Etroite, illustré par DANIEL-GIRARD.  1925 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 7-DAUDET (Alphonse) – Le Petit Chose, illustré par André FOURNIER.  1926 :
    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 8-REGNIER (Henri de) – Le Divertissement Provincial, illustré par DANIEL-GIRARD.  1926 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 9-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Ascension de M Baslèvre, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1926 :
  • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
  • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
  • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 10-DAUDET (Alphonse) – les Lettres de Mon Moulin, illustré par DANIEL-GIRARD.  1926 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 11-FLAUBERT (Gustave) – Madame Bovary, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1927 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 12-REGNIER (Henri de) – L’Escapade, illustré par DANIEL-GIRARD.  1927 :
    • 27 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 973 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 13-BORDEAUX (Henry) – Yamilé sous les cèdres, illustré par Suzanne-Raphaële LAGNEAU.  1927 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 14-DAUDET (Alphonse) – Tartarin de Tarascon, illustré par DANIEL-GIRARD.  1927 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 15-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Appel de la Route, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 16-CHATEAUBRIANT (Alph de) – Monsieur des Lourdines, illustré par DANIEL-GIRARD.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 17-FLAUBERT (Gustave) – Salammbô, illustré par Suzanne-Raphaële LAGNEAU.  1928 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives
  • 18-DAUDET (Alphonse) – Jack, en deux tomes, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 19-LOTI (Pierre) – Pêcheur d’Islande, illustré par DANIEL-GIRARD.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 20-DAUDET (Alphonse) – Tartarin sur les Alpes, illustré par DANIEL-GIRARD.  1929 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 21-LOUYS (Pierre) – Aphrodite, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 22-FLAUBERT (Gustave) – Trois Contes, illustré par DANIEL-GIRARD, Pierre ROUSSEAU, et Suzanne-Raphaëlle LAGNEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 23-ESTAUNIÉ (Édouard) – Tels qu’ils furent, illustré par Pierre LISSAC.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 24-DAUDET (Alphonse) – Sapho, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 25-LOTI (Pierre) – Un Pélerin d’Angkor, illustré par François de MARLIAVE.  1930 :
    • 36 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.

A partir du numéro 26 Henri Cyral utilise un second grand papier, le papier d’Annam, auquel il joint une aquarelle originale :

  • 26-REGNIER (Henri de) – La Pécheresse, illustré par DANIEL-GIRARD.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 27-BENOIT (Pierre) – L’Atlantide, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 28-LOUYS (Pierre) – La Femme et le Pantin, illustré par Jean-Paul TILLAC.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 29-DAUDET (Alphonse) – Contes du Lundi, illustré par P. LISSAC.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 30-FLAUBERT (Gustave) – La Tentation de Saint-Antoine., illustré par DANIEL-GIRARD.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 31-LOTI (Pierre) – Ramuntcho, illustré par Jean-Paul TILLAC.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 17 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 32-LOUYS (Pierre) – Les Aventures du Roi Pausole, illustré par DANIEL-GIRARD.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 961 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 33-ESTAUNIÉ (Édouard) – Les Choses voient, illustré par F. DE MARLIAVE.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 961 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 34-LOTI (Pierre) – Aziyadé, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.

A partir du Nabab, les tirages diminuent :

  • 35-DAUDET (Alphonse) – Le Nabab, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1931 :

le tirage est de 898 exemplaires :

    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 12 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 850 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 36-LOUYS (Pierre) – Les Chansons de Bilitis, illustré par Pierre LISSAC.  1932 :

le tirage est de 1000 exemplaires :

    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 18 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 943 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 37-ARENE (Paul) – Jean des Figues, illustré par F de MARLIAVE.  1932 :

le tirage est de 849 exemplaires :

    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 17 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 12 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 800 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 38-BARBEY D’AUREVILLY (Jules-Amédée) – L’Ensorcelée., illustré par Maurice LEMAINQUE.  1932 :
  • Le tirage est de 800 exemplaires :

    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 16 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 14 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 750 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 39-LOTI (Pierre) – Le Mariage de Loti., illustré par F. de MARLIAVE.  1932 :

le tirage est de 700 exemplaires :

    • 18 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 14 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 14 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 654 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 40 et dernier titre -DAUDET (Alphonse) – Quarante Ans de Paris., illustré par Pierre ROUSSEAU.  1933 :

Le tirage est de 800 exemplaires :

    • 15 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 20 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 15 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 750 exemplaires sur vélin de Rives.

 

Collection Stendhal.

Parallèlement à la Collection Française, Cyral publie sous le même format une Collection Stendhal, regroupant les titres suivants :

  • La Chartreuse de Parme, en deux tomes, illustré par Fournier, en 1927 :
    • le tirage est de 1000 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 950 exemplaires sur vélin de Rives.
  • Le Rouge et le Noir, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1927 :
    • le tirage est de 1000 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 950 exemplaires sur vélin de Rives.
  • Les Chroniques Italiennes, en un tome, illustré par François de Marliave, en 1927 :
    • le tirage est de 829 exemplaires :
      • 29 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 800 exemplaires sur vélin de Rives.
  • de l’Amour, en un tome, illustré par Henri Arrault, en 1928 :
    • le tirage est de 629 exemplaires :
      • 29 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
      • 600 exemplaires sur vélin de Rives.

A noter que c’est la seule participation de Henri Arrault à ces éditions.

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Hors collection.

Toujours sous le même format, Cyral publie également les ouvrages suivants :

  • la Muse au Cabaret, de Raoul Ponchon, illustré par Daniel-Girard, en 1925 :
    • le tirage est de 600 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
      • 50 exemplaires sur vélin d’Arches,
      • 500 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Contes de La Fontaine, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1929 :
    • le tirage est de 1040 exemplaires :
      • 40 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Fables de la Fontaine, en deux tomes, illustré par Suzanne Lagneau, en 1930 :
    • le tirage est de 1040 exemplaires :
      • 40 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Romans et Contes de Voltaire, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1931 :
    • le tirage est de 850 exemplaires :
      • 20 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 30 exemplaires sur Annam avec deux aquarelles originales ;
      • 800 exemplaires sur vélin de Rives.

On trouve parfois mentionné « le bon plaisir« , de Henri de Régnier, qui aurait été publié en 1926, illustré par Daniel-Girard : c’est certainement une erreur de bibliographie ; ce livre n’a jamais existé, et Henri Cyral, dans le catalogue de ses éditions, publié en 1930, ne le mentionne pas.

Catalogue des éditions Cyral.

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Au début de l’année 1930 Henri Cyral publie un catalogue de ses éditions, qui contient de nombreux renseignements sur les acteurs impliqués : nous y trouvons une biographie succincte de tous les illustrateurs, ainsi que des deux imprimeurs : Georges Coulouma et Henri Barthélémy. Henri Cyral y expose également ses convictions, et explique ses choix éditoriaux et techniques : choix des auteurs, des illustrateurs, des papiers, dictés au moins en partie par le nationalisme et le patriotisme qui l’animent.

 

Ce catalogue est précieux également, parce qu’il renseigne sur les prix pratiqués, et la diffusion des ouvrages déjà parus : en effet, pour chacun d’eux, Cyral indique le nombre d’exemplaires encore disponibles, et leur prix.

On voit à cette occasion la hiérarchie des prix mise en œuvre :

  • les exemplaires de tête, sur Madagascar, avec deux aquarelles, sont vendus 380 francs ;
  • les exemplaires sur Annam, avec une aquarelle, sont vendus 300 francs ;
  • les exemplaires sur vélin d’Arches sont vendus 250 francs ;
  • les exemplaires sur vélin de Rives sont vendus 200 francs.

Les exemplaires de tête ne coûtent qu’à peine deux fois le prix des exemplaires sur Rives, alors qu’ils sont bien moins nombreux (20 fois moins) ; la différence, actuellement, est bien plus importante, ce qui assez logique.

 

 

Dernière publication.

En 1937, Henri Cyral publie un dernier livre : le Temple sur la mer, signé du pseudonyme de Fabrice del Dongo. Ce livre, qui n’est pas du même format que les précédents, n’est pas illustré ; c’est une pièce de théâtre, en trois actes, mettant en scène des personnages divers (une Princesse, un Général, une Lady…) dans un décor provençal ; à une époque indéterminée mais du XIXe siècle.

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Le livre est un in-12 de 92 pages, de 14 cm sur 19,5 cm ; l’achevé d’imprimer est daté du 10 mars 1937, par J. Dumoulin à Paris (Ateliers Coulouma, H. Barthélémy, directeur) ; le prix, imprimé sur la quatrième de couverture, est de 20 francs. Le tirage n’est pas indiqué, mais il semble que le livre ait surtout été diffusé par son auteur ; la plupart des exemplaires portent une dédicace, dans laquelle on peut deviner l’identité de l’auteur : il s’agit de Jean Charles-Roux (né en 1914, mort en 2014), il a 21 ans quand il écrit ce livre, en 1935. Futur prêtre, c’est le frère d’Edmonde Charles-Roux.

 

 

 

Hachette : histoires d’autrefois et d’aujourd’hui.

Hachette, éditeur pour la jeunesse, a de nombreuses collections, dont les fameuses Bibliothèques Rose et Verte, la Blanche, et bien d’autres.

L’une d’entre elles est assez peu connue ; sans doute parce qu’elle ne correspondait pas tout à fait à l’esprit des autres collections. En effet il s’agit de livres d’étrennes, de beaux livres, chers, destinés à faire de beaux cadeaux – des livres dont il faut prendre soin et ne pas abîmer.

Cette collection, « histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , est inaugurée en décembre 1910 par un recueil de contes de Jérôme Doucet : les douze Filles de la Reine Mab, illustré par Henry Morin. Elle sera poursuivie, à un rythme assez faible, jusqu’en 1935 – groupant au total seulement 17 titres.

En fait, il semble que la collection n’ait été nommée qu’après les premières parutions ; on ne trouve mention de ce titre qu’assez tardivement (milieu des années 1920).

Les livres adoptent une maquette commune : une couverture de couleur (généralement) pastel, avec une illustration incrustée sur le premier plat, en couleurs et contre-collée pour la version en cartonnage, en noir et imprimée pour la version brochée. Le livre est au format in-8°, de 24 cm x 19 cm ; il est illustré de (généralement, avec quelques exceptions) 12 hors-texte en couleurs, imprimés sur papier blanc glacé, et de nombreuses illustrations in-texte en noir. La tranche supérieure est « dorée » ; une dorure qui a souvent mal vieilli.

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Les quatre livres qui ont reçu un cartonnage bleu : comme on le voit si la maquette est identique il y a des nuances.

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trois exemplaires (2 reliés, un broché) du même livre – des différences de teinte importantes sont visibles.

Ce cartonnage restera inchangé pendant toute la durée d’existence de la collection ; sa maquette, en 1910, est suffisamment moderne (beaucoup plus que celle de la Bibliothèque Rose !) pour cela.

Ce sont en général des recueil de contes, ou d’histoires édifiantes ; ces recueils peuvent constituer l’édition originale, sans que ce soit une règle. En général, ces histoires ont été pré-publiées dans la revue Hachette « Mon Journal » ; les hors-texte étant repris sur la couverture de la revue. Il y a assez rarement d’indication de date d’impression ; c’est toujours Brodard qui imprime, mais qui n’indique pas toujours quand.

Les réimpressions sont courantes pour les titres phares : Doucet est réimprimé au moins six fois, 20 ans après la première publication ; Magdeleine du Genestoux est également souvent réimprimée. la mention de ces retirages varie :  « nouvelle édition » , ou mention d’un xième mille (jusqu’à onzième mille pour « Quand ils étaient petits« ) – ou mention d’édition (jusqu’à septième édition pour les douze Filles de la Reine mab). 

Ces livres sont vendus plus de 4 fois le prix d’un volume de la Bibliothèque Rose, avec une différence entre le prix broché et le prix relié d’un tiers environ (par exemple 7 francs 50 broché, et 10 francs relié, en 1912 ; 15 francs broché et 25 francs relié, en 1925).

Les illustrateurs choisis sont en nombre réduit ; souvent ce sont les illustrateurs « Maison » : Henry Morin illustre sept titres, Félix Lorioux six titres – ne restent que quatre titres sur lesquels ils n’ont pas travaillé…

Voici la liste des ouvrages composant cette collection – pour la date d’édition, il faut comprendre « décembre » – les livres étant programmés pour les étrennes de fin d’année.

  • 1910 – Jérôme Doucet – les douze Filles de la Reine mab, illustré par Henry Morin.

 

 

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

Ce livre, sous cartonnage vert, sera réédité aux Etats-Unis, en 1912, sous le titre « Queen Mab’s daughters« . Il connaîtra de nombreuses ré-éditions en France, jusqu’en 1935 ; puis sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le second volet publié en 1930 dans cette même collection : « les douze lutins de la princesse Mab« .

 

 

 

  • 1912 – Joseph Jacquin – petites filles du temps passé, illustré par René Vincent.

Le livre est dédié « à ma chère petite Renée ». Il regroupe 12 histoires de petites filles, sous diverses époques :

  • Kra-Gul, une petite fille de l’âge de pierre
  • Grite, une petite fille de l’âge de bronze
  • Khamaît, une petite Égyptienne sous Ramsès II
  • Eucharis, une petite Athénienne du siècle de Périclès
  • Paulina, une petite Romaine au temps de Jules César
  • Colam, une petite Gauloise avant la conquête romaine
  • Théodehilde, la petite mérovingienne
  • Isabeau, une petite fille des temps féodaux
  • Anne, une petite fille au temps de la Renaissance
  • Marguerite, une élève de Saint-Cyr sous Louis XIV
  • Louison, une petite fille sous la Révolution (1792)
  • Delphine, une petite fille sous la Restauration.

Il est illustré de 12 hors-texte et de 49 dessins in-texte, en noir, de René Vincent, pseudonyme de Vincent Mael (1879-1936). Le cartonnage est bleu, plus ou moins foncé suivant les rééditions.

 

 

Ce livre a connu au moins sept éditions, jusqu’en 1940 (seconde édition en 1914, troisième édition en 1920, quatrième édition en 1926, cinquième édition en 1929, septième édition en 1940). Il sera ensuite réédité, dans une autre collection, en 1958, avec des illustrations de Jeanne Hives.

  • 1913 – Térésah – Contes merveilleux, illustré par Félix Lorioux.

Térésah, qu’on trouve également orthographié Thérésah, est le pseudonyme de Teresa Ubertis (1874-1964), poétesse italienne.

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Le recueil regroupe les douze contes suivants :

  • Souliers et Sabots
  • Les Étoiles
  • La petite Maison du Colimaçon
  • Le Nid d’Hirondelle
  • Le Récit de la Locomotive
  • Les Lunettes savantes
  • Les Oreilles de la Mer
  • le Génie des Montagnes
  • Le Concours de Chant des Oiseaux
  • les Lucioles sans Conscience
  • La Reine des Grillons
  • Le Secret des Anges.

Il est illustré de 10 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux (1872-1964). Le cartonnage est orangé.

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Version brochée du livre, avec illustration imprimée en camaïeu.

 

  • 1918 – collectif – les jolis contes de Noël, illustré par Henry Morin, Edouard Zier, Hermann Vogel, Clérice, Georges Conrad, Job.

Les  contes regroupés dans ce livre sont les suivants :

  • Maurice Couallier : les roses de Noël, illustré par Henry Morin
  • Thérèse Jeanroy : le Noël de Pierrou, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : la vieille horloge, illustré par Hermann Vogel
  • Ivan d’Urgel : sous le sapin de Noël, illustré par Job (non signé)
  • Ivan d’Urgel : Jean-qui-passe, illustré par Georges Conrad
  • Auguste Bailly : le batteur de blé, illustré par Edouard Zier
  • Maurice Couallier : Noël des oisillons, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : une nuit de Noël, illustré par Henry Morin
  • Aristide Fabre : le miracle de la cloche, illustré par R. de la Nézière
  • J. Périnaux : le Noël d’une petite actrice, illustré par Henry Morin
  • B.A. Jeanroy : le soulier de Jean-Marie, illustré par Clérice
  • J. Jacquin : la crèche, illustré par Hermann Vogel.

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A noter que l’illustrateur Raymond de la Nézière n’est pas cité sur la page de titre. Chaque conte est illustré d’un hors-texte en couleurs (soit donc douze au total) et de quelques (4, 5 ou 6) illustrations in texte, en noir ; deux contes (roses de Noël et Noël des oisillons) sont illustrés par Henry Morin avec des encadrements variés.

 

 

Le cartonnage est bleu clair.

 

  • 1918 – Joseph Jacquin et Aristide Fabre – petits héros de la Grande Guerre, illustré par Henry Morin.

Recueil de nouvelles, présentées comme des faits réels (et c’est certainement le cas pour nombre d’entre elles), écrites par Joseph Jacquin (né en 1866, mort après 1933) et Aristide Fabre (mort en 1936) . Joseph Jacquin est rédacteur en chef de Mon Journal, et de Lecture pour Tous, revues Hachette. Le livre est Illustré de 33 in-texte en noir et de 12 hors-texte en couleurs.

 

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document : Musée national de l’Éducation.

Le cartonnage est de couleur brique, assez foncé.

Les récits recueillis sont les suivants :

  • les petits volontaires de 1914 
  • Comment ils se battent :
    • 1. Poignée de héros
    • 2. Émilienne Moreau
    • 3. le petit peintre de Morlaix
    • 4. Mohamed Ben Bouderbala
  • Comment ils meurent :
    • 1. Théophile Jagout et  Fernand de Rhoden
    • 2. le petit Galibot
    • 3. sans nom
    • 4. Maurice Andrée, le petit Vosgien
    • 5. la mort de Bout-de-Zan
  • Petits héros de l’arrière :
    • la petite boulangère d’Exoudun
  • L’école pendant la guerre :
    • sous les obus
  • Conclusion

Le livre, écrit avant la fin de la guerre, connaitra une réédition en 1920 – à cette occasion une page de conclusion sera rajoutée. Il semble bien qu’il n’ait plus été édité après cette date – son ton très « va-t-en-guerre » et « anti-boche » n’étant sans doute plus adapté.

  • 1921 – Yvonne Ostroga – petites filles de la vieille France, illustré par Henry Morin.

Ce livre, publié en 1921, est dû à Yvonne OStroga (1897-1981), qui a donc à peine vingt-quatre ans ; il est couronné par l’Académie française (prix Dodo, en 1922). Il est dédié à Joseph Jacquin.

 

Le cartonnage est de couleur grise. le livre contient 12 contes de diverses provinces françaises, illustrés de 12 hors-texte en couleurs et de 46 in-texte en noir.

 

 

Les contes sont les suivants :

  • conte de Provence : Miette,
  • conte de Touraine, Martine,
  • conte de Normandie : Nanette,
  • conte du Bourbonnais : Marianne,
  • conte de Gascogne : Françouneto,
  • conte du Limousin : Mariette,
  • conte de Paris : Laure,
  • conte du Gâtinais : Geneviève,
  • conte de Savoie : Jeannette,
  • conte d’Alsace : Suzel,
  • conte de Champagne : Clotilde,
  • conte de Bretagne : Anne.

Le livre sera réédité, avec le second ouvrage d’Yvonne Ostroga (Quand les fées vivaient en France), en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France », avec des illustrations de Maggie Salcedo.

Il sera également édité dans la collection des Grands Romanciers, cette fois-ci avec des illustrations de Jeanne Hives, en 1962.

 

  • 1922 – Ernest Granger – contes de la brume et du soleil, illustré par Félix Lorioux et Simunek.

Sous un cartonnage orange, Ernest Granger, né en 1876, nous donne 20 contes : 10 tirés des Mille et Une Nuits, 10 tirés d’Andersen. Ils sont illustrés de 10 (pour les exemplaires consultés – en faudrait-il 12 ?) hors-texte de Karl Simunek (illustrateur Tchèque, 1869-1942), et de nombreux in-texte de Félix Lorioux – à noter que les illustrateurs ne sont pas indiqués, autrement que par quelques rares signatures dans les illustrations. 

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Les contes sont les suivants :

  • Mille et Une Nuits :
    • Shéhérazade
    • le prince Achmet et la fée Pariban
    • histoire du cheval enchanté
    • Aladdin et la lampe merveilleuse
    • Sidi Nouman et sa cavale
    • Ali-Codgia et le marchand de Bagdad
    • la princesse de Deryabar
    • le pêcheur et le Génie
    • Ali-Baba et les quarante voleurs
    • la montagne aimantée
  • Contes d’Andersen :
    • la reine des neiges
    • le coffre volant
    • les cygnes sauvages
    • la princesse au pois
    • le nouvel habit de l’Empereur
    • le porcher
    • le rossignol de l’Empereur
    • le jardin du Paradis
    • le briquet
    • les galoches magiques

 

 

A noter qu’à l’occasion de sa réédition, sans doute en 1932, le titre sera changé en « Contes de l’ombre et de la lumière« . Il semble que la réédition comporte 12 hors-texte en couleurs. Une autre version moins luxueuse est également éditée, sous cartonnage plus simple, sans les hors-texte.

 

  • 1923 – Yvonne Ostroga – Quand les fées vivaient en France, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage gris, Yvonne Ostroga nous donne 12 contes, illustrés par Félix Lorioux, après une préface de Paul Bourget. L’illustration comporte 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, parfois à pleine page.

Les contes sont les suivants :

  • l’école des fées
  • l’enchanteur enchanté
  • Viviane et Lancelot
  • le chevalier blanc
  • le val sans retour
  • Morgane, reine des flots
  • le prisonnier de Madoine
  • la dame de Lins
  • le nain vert Obéron
  • mélusine, dame de Lusignan
  • Urgande la déconnue
  • or, les fées vivent toujours

 

 

 

 

Les deux livres de Yvonne Ostroga seront réédités en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France« , avec des illustrations de Maggie Salcedo.

 

  • 1925 – Odette larrieu – le Roman de Renard, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge brique, Odette Larrieu a adapté plusieurs passages du Roman de Renard :

  • Notre Héros
  • Chantecler
  • les Anguilles
  • Tybert le chat
  • la meule de foin
  • au fond du puits
  • le lin et le loup
  • l’aventure de Brun
  • le jugement de Renard
  • la mort de Couard
  • le second jugement
  • la chasse au Goupil
  • la vengeance de Drouin

Ce livre a été couronné par l’Académie française, par le prix de l’Académie, en 1926. 

Il est illustré de 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, traités en ombre chinoise. Le livre sera réédité en 1932 ; d’où la mention de « nouvelle édition » – Sur cette édition le Prix reçu est mentionné, ce qui n’est pas le cas de la première édition.

 

 

Ce livre sera traduit (par Odette Larrieu elle-même, apparemment ?) et publié aux Etats-Unis, sous le titre « The story of Reynard the Fox », en 1928, par MacMillan, qui ne reprend que deux hors-texte en couleurs, plus le frontispice. Il sera réédité en 1951 avec des illustrations de H. Dimpre, et avec les illustrations de Lorioux, en noir, hors collection.

  • 1926 – Magdeleine du Genestoux – Quand ils étaient petits, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage bleu clair, Magdeleine du Genestoux (par ailleurs directrice du secteur Jeunesse chez Hachette) publie les histoires suivantes :

  • les premières armes de Bayad
  • un capitaine de douze ans (Henri IV)
  • les trois écus de Vincent de Paul
  • le petit cardinal (Armand du Plessis de Richelieu)
  • un bon tour de Jean de la Fontaine
  • un jeune mathématicien de génie (Blaise Pascal)
  • la vocation de Jean-Baptiste Poquelin (Molière)
  • la fronde au collège (Jean Racine)
  • un exploit de Jean Bart
  • une escapade de Napoléon enfant
  • un drame à l’heure de la sieste (Victor Hugo)
  • Loin du logis paternel (Louis Pasteur)

 

 

Ces 12 récits édifiants de l’enfance de grands hommes sont illustrés de 12 hors-texte et de 36 in-texte, de Henri Morin. Le livre connaîtra un grand tirage ; mentionné cette fois par le nombre de mille, et pas par le nombre de rééditions.

 

  • 1927 -Magdeleine du Genestoux – Enfants de la France lointaine, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage orange vif, Magdeleine du Genestoux donne 12 histoires d’enfants des pays sous domination française : c’est le temps de l’Empire Colonial français. Le livre est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Henry Morin. Les récits sont les suivants :

  • Djalloub, le petit goumier
  • Khadidja et le jouet merveilleux
  • enfermés !
  • le Noël de Djemila et de Hammadi
  • Nokou la gourmande
  • Yamina la Saharienne
  • la récompense de Soro N’Gombé
  • les ambitions de Ranaïvo
  • celui qui n’avait pas peut du tigre
  • la danse de San-Krinh
  • Taïmaho, le petit pêcheur de perles
  • une mauvaise plaisanterie

 

 

 

  • 1928 – Isidora Newman – dans le royaume des fleurs, illustré par Willy Pogany.

Sous un cartonnage orangé, Victor Llona a traduit Fairy Flowers, le recueil de 15 contes de Isidora Newman, auteur américaine (1878-1955) ; Isidora est une déformation de son pseudonyme Isadora, ses vrais prénoms étant Myriam Dorothy.

Les contes sont les suivants :

  • le petit garçon Tout-en-or
  • Pedro le géant
  • les sept premières nuits du printemps
  • le Persan et la petite plante
  • la princesse Lys
  • un jour d’hiver
  • le cadeau de T’Solo
  • les pendants d’oreilles
  • le rêve d’Orchisa
  • la princesse Petit-Pas
  • la petite miss Violet
  • les berceaux fleuris
  • le mariage de la princesse Fiora
  • la sagesse d’Anasindhu
  • le retour du Samouraï

 

 

Ces contes sont illustrés par Willy Pogany, illustrateur Hongrois (1882-1955). L’édition américaine de 1926 contient 15 hors-texte en couleurs et 15 hors-texte à pleine page, en noir ; l’édition française ne reprend que 12 hors-texte en couleurs et 7 en noir.

 

  • 1929 – H. Monquet – le bon roi Ortolan, illustré par Lola Anglada.

Le volume, sous un cartonnage vert, regroupe huit contes :

  • le bon roi Ortolan
  • le poirier des lutins
  • la perdrix d’or
  • le miracle du lièvre
  • le bon petit génie
  • la belle auto de M. Picaillon
  • l’étrange aventure d’Yvette
  • le buisson merveilleux 

 

 

Il est illustré, par Lola Anglada (illustratrice espagnole, de son vrai nom Lola Dolorès Anglada i Sarriera, née en 1892 et morte en 1984), de 10 hors-texte en couleurs et de 36 in-texte en noir. Si l’illustratrice est connue, on ne peut pas en dire autant de l’auteur, dont je n’ai pas pu retrouver le prénom…

 

  • 1930 – Jérôme Doucet – les douze lutins de la princesse Mab, illustré par Henry Morin.

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

 

 

Ce livre, sous cartonnage gris rose, sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le premier volet publié en 1910.

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  • 1931 – la comtesse de Ségur – le petit de Crac, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge éclatant, sont réunis trois pièces :

  • le petit de Crac
  • les caprices de Gizelle
  • on ne prend pas les mouches avec du vinaigre

 

 

Ce sont trois des cinq pièces qui composent les Comédies et Proverbes. Elles sont illustrées de 10 hors-texte et de 23 in-texte en noir, certains à pleine page, de Félix Lorioux.

 

  • 1933 – Paul Gsell – les clefs d’or, illustré par Félix Lorioux.

Paul Gsell (1870-1947) est surtout connu pour ses monographies et ses livres sur Anatole France.

 

 

Le livre, sous cartonnage vert pomme, est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux. A la même date, il est édité sous un cartonnage rouge, plus simple, avec le même contenu – mais sans les hors-texte en couleurs.

  • 1935 – Andersen – contes, illustré par Hedvige Collin.

Sous un cartonnage bleu clair, ce recueil de Hans Christian Andersen regroupe les contes suivants :

  • L’intrépide soldat de plomb
  • la petite sirène
  • le porcher
  • le petit Claus et le grand Claus
  • le compagnon de voyage
  • l’ombre
  • les cygnes sauvages
  • la princesse sur un pois
  • la petite poucette
  • le briquet.

 

 

Le traducteur n’est pas mentionné. Ils sont illustrés par Hedvige Collin (ou plutôt Hedvig Collin, comme l’indique la page de titre ; c’est une illustratrice danoise, née en 1880 et morte en 1964) de 17 hors-texte en couleurs ; chaque conte est agrémenté d’une vignette en début, et d’un cul-de-lampe, en noir.

C’est le dernier titre paru dans cette collection ; des rééditions jusque dans les années 1940 auront encore lieu.

Annexe : deux publicités parues dans la revue « le jardin des lettres », en mars puis en avril 1933.

 

 

Une haute tenue littéraire et une élégance qui se retrouvent dans tous les volumes de la collection, de belles et abondantes illustrations en noir et des planches hors-texte en couleurs, signées des noms d’artistes célèbres : Félix Lorioux, René Vincent, Clérice, Job, Henri Morin, W. Pogany, etc. ; – une brillante présentation dans la mise en page et la typographie ; – une belle reliure : voilà ce qui caractérise la collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui ».

Si tous les volumes offrent les mêmes qualités littéraires et le même attrayant aspect, en revanche l’inspiration qui les anime est extrêmement variée. Voici Le Roman de Renard, adapté par Odette Larrieu. C’est une oeuvre fameuse du moyen âge, dont les épisodes les plus caractéristiques ont été agréablement transcrits en français moderne. Le lecteur peut ainsi goûter toute la saveur de ce récit, où revit l’antique humour français, et, sans être rebuté par des longueurs ou un vocabulaire et une syntaxe archaïques, suivre les aventures de messire Renard, menteur, fourbe et voleur à l’occasion, sachant abuser chacun et se tirer par les plus méchants tours des plus mauvais pas. Avec quelle perfidie il se joue des autres personnages de cette comédie aux cent actes divers : Noble le roi, Chantecler le coq, arrogant et vaniteux, Isengrin le loup, ami de la rapine comme lui, Brun l’ours, victime de sa balourdise, Tybert le chat, etc. !

Le Roman de Renard a sa place indiscutée dans l’histoire de la littérature française ; dans celle de la littérature du XIXe siècle, on s’accorde à faire une place importante à l’oeuvre de la  comtesse de Ségur. Son talent de conteuse, son art de créer des personnages vivants, ne se manifestent pas seulement dans ses romans, mais aussi dans ses Comédies et Proverbes où le dialogue spirituel, plein de verve et de trouvailles, est emporté dans une action vive et alerte. Trois de ces plus jolies comédies : Le Petit de Crac, où est mis en scène un type amusant de petit garçon hâbleur qui, toutes proportions gardées, rappelle le Menteur de Corneille, les Caprices de Gizèle, et On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, constituent la matière d’un des plus aimables volumes de la collection.

Les récits historiques plaisent toujours à la jeunesse qui est séduite par le pittoresque des mœurs, des costumes, etc. C’est le cas de Petites filles du Temps passé, de J. Jacquin, et de Quand ils étaient petits, de Magdeleine du Genestoux.

Dans le premier de ces volumes, chacun des contes qui le composent met en scène, dans un décor curieusement reconstitué, une petite fille vivant à une des grandes périodes de l’histoire. Le livre s’ouvre par le récit de la dramatique aventure qui advint à Kra-Gul, courageuse fillette de l’âge de pierre et contemporaine des mammouths géants ; puis, c’est l’histoire de Grite, à l’âge du bronze. Nous sommes successivement transportés en Égypte, au temps de Ramsès II ; en Grèce, au siècle de Périclès ; à Rome, au temps de Jules César ; à l’époque féodale, etc., pour arriver à la Révolution et à la Restauration, où l’héroïne assiste à la naissance des chemins de fer.

Quand ils étaient petits, où est racontée dans une série de charmants contes l’enfance d’homme célèbres, fait également suivre au lecteur la chaîne des siècles. Voici Bayard, le futur chevalier sans peur et sans reproches, quand il s’avisa, alors qu’il n’avait que quatorze ans, de figurer dans un tournoi. Voici Henri IV, capitaine de douze ans, le collégien Jean de la Fontaine, déjà ami de la nature, fervent observateur des bêtes et expert à combiner un malicieux tour ; Vincent de Paul, Richelieu, Pascal,Racine, Molière, Jean Bart, Napoléon. Pour terminer, Victor Hugo, alors que, petit collégien, il prenait déjà la défense des faibles et des opprimés, et le grand savant Pasteur. Dans ces contes revivent avec couleur et relief non seulement les figures attachantes de grands hommes enfants, mais les époques où se sont déroulées leurs premières années, avec leur atmosphère et leur physionomie.

(suite de l’article : avril 1933)

Un précédent article a exposé, d’une façon générale, ce qui constitue l’attrait de cette collection destinée à la jeunesse et insisté particulièrement sur certains de ces volumes : le Roman de Renard, le Petit de Crac, recueil de comédies par la comtesse de Ségur, et ceux qui s’apparentent au roman historique, tels que Petites filles du temps passé et Quand ils étaient petits.

C’est à la fois à « autrefois » et à « aujourd’hui » que se réfèrent Petites filles de la vieille France, d’Yvonne Ostroga ; chaque conte, où l’on respire un parfum de terroir, évoque une de nos provinces incarnée par une gracieuse fillette. Miette ou la petite fille qui avait du soleil plein la tête, traduit l’âme de la Provence ; Martine ou la petite fille qui avait un coq à vendre, celle de la Normandie ; Françouneto ou la petite fille qui comprenait les cigales exprime l’atmosphère de la Gascogne. Et ainsi pour d’autres provinces, Touraine ou Bourbonnais, Limousin ou Alsace. Et Laure, dans le tumulte de la révolution de 1830, symbolise Paris, frondeur et généreux.

Plusieurs volumes des « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui » sont consacrés au merveilleux et aux récits féeriques. Les douze contes des Douze lutins de la princesse Mab, de Jérôme Doucet, ont trait à l’enfance de la reine de shakespearienne mémoire. Les grands défauts de la princesse étaient en ce temps-là la curiosité et la désobéissance. Ses parents lui défendaient de pénétrer dans telle pièce, de toucher à tel objet en la menaçant, chaque fois, de certain lutin « plus méchant que cent diablotins », mais Mab n’avait rien de plus pressé que de courir à l’endroit ou à l’objet défendu. Le malicieux lutin surgissait et il s’ensuivait les événements les plus désagréables pour la fillette qui promettait chaque fois de ne plus recommencer… Et, à leur tour, les filles de la princesse, mises en scène dans les Douze filles de la Reine Mab, se montrèrent aussi imprudentes et indisciplinées que leur mère, fournissant chaque fois à l’auteur la matière d’un conte divertissant.

 Quoi de plus exquis que le monde diapré et parfumé des fleurs et que de gracieuses légendes il a inspiré ! Ce sont ces légendes qu’Isidora Newman raconte dans le Royaume des fleurs avec les plus vifs dons d’imagination, un art qui sait à la fois captiver, émouvoir et faire sourire. Légendes touchantes, récits poétiques, contes humoristiques alternent et transportent le lecteur dans le pays du Rêve et de la Fantaisie où les fées sont reines.

C’est dans ce même magique et féerique empire que se situe l’action de Quand les fées vivaient en France, par Yvonne Ostroga, « Légende dorée » des enchanteurs et des enchanteresses, au temps où la mystérieuse forêt de Brocéliande abritait une foule d’êtres surnaturels, où la fée Viviane et Merlin rivalisaient de sortilèges, où le roi Arthur tenait sa cour, où sa sœur Morgane s’envolait sur les nuages et régnait sur les flots, où le nain Obéron faisait cadeau à Huon de Bordeaux d’un cor enchanté, où Mélusine était châtelaine de Lusignan en Poitou.

D’une plaisante saveur méridionale, les contes réunis sous ce titre : le Bon roi Ortolan, par H. Monquet, séduisent par leur verve entraînante et leur diversité qui va du comique au dramatique. On rit à l’histoire du Bon roi Ortolan et de la farce épique qu’il joue aux prétendants à la main de sa fille, ainsi qu’à celle de L’Auto de M. Picaillon, mais on se laissera charmer par la jolie légende du Poirier des lutins, par celle de La Perdrix d’or, toute imprégnée des senteurs de la Haute-Provence, et attendrir par la conte du Bon petit Génie.

Le présent et même l’actualité ont leur place parmi ces « Histoires d’autrefois », mais aussi « d’aujourd’hui », témoin le livre si original de Magdeleine du Genestoux : Enfants de la France lointaine, qui familiarise les jeunes lecteurs avec notre empire colonial, son étendue, sa diversité.

Enfants de la France lointaine est composé de contes dont chacun a pour cadre un de nos pays coloniaux ou de protectorat, et pour héros un petit indigène. Le lecteur va d’Algérie au Maroc, de Tunisie en Syrie, du Soudan au Sahara et au Congo, du Tonkin ou du Cambodge à Tahiti et à la Martinique, accomplissant le plus beau des voyages parmi les territoires de la France d’outre-Mer. Son imagination est captivée par l’action et le pittoresque de chaque conte où se révèle l’âme d’un petit marocain ou d’une petite Touareg, d’une petite Cambodgienne ou d’une petite Tonkinoise.

Ces deux articles dressent une liste partielle des ouvrages de la collection :

en Mars : 

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Quand ils étaient petits – Enfants de la France lointaine.
  • E. Granger – Contes de l’Ombre et de la Lumière.
  • J. Jacquin – Petites Filles du Temps passé (Ouvrage couronné par l’Académie française).
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • Odette Larrieu – Le Roman de Renard (Ouvrage couronné par l’Académie française)
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.
  • Ctesse de Ségur – Le Petit de Crac.
  • Térésah – Contes merveilleux adaptés de l’italien, par Mme M.-F. Crémieux.

en Avril :

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Enfants de la France lointaine.
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.

Chaque volume in-8°, illustré en couleurs et en noir : broché Fr 25, cartonné Fr 35.

A noter que ces listes, publiées début 1933, ne citent pas les deux derniers ouvrages, pas encore parus à cette date, ni les petits héros de la Grande Guerre, qui n’est sans doute plus disponible ni réédité – mais elles nous montrent que des livres initialement publiés plus de vingt années plus tôt, avant la première guerre mondiale, sont toujours édités.

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Princesses d’or et d’orient

En 1922, Jérôme Doucet publie un nouveau recueil de contes, « Princesses d’or et d’Orient ».

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Ce recueil regroupe les contes suivants :

  • les trois Miroirs
  • la Toison d’Or
  • le Troupeau
  • la Cuve
  • le Gantelet

Chaque conte décrit une princesse cruelle, aveuglée par ses défauts ; en général il finit mal, pour le peuple, mais souvent aussi pour la princesse elle-même.

Ces contes sont illustrés par Ternat : il s’agit de Paul Ternat, décorateur, et non pas illustrateur ; ce n’est pas un artisan du livre ; il a conçu des meubles, des tentures, des flacons de parfum, notamment pour Caron.

Parmi les cinq contes regroupés, trois avaient déjà été édités auparavant, dans les Princesses de Jade et de Jadis : La Cuve, le Troupeau, le Gantelet, illustrés par Vincent Lorant-Heilbronn. Un autre de ces contes avait été pré-publié dans la Revue Illustrée : La Toison d’Or, dans le numéro du 1er décembre 1904, illustré par Emile Monchau. Dans la Revue Illustrée, ce conte est publié sur quatre pages ; les illustrations sont tirées en couleurs – deux verts, et dorées. Je n’ai pas trouvé trace d’autre publication du premier conte, les trois Miroirs. On peut supposer que les cinq contes ont été écrits à la même époque, et que seuls trois d’entre eux ont pu faire partie du premier recueil, pour une raison indéterminée (retard de l’illustrateur, volonté de ne pas faire un volume trop important ?).

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Le texte des contes est revu pour la publication de 1922 ; voici quelques exemples des différences :

  • La Toison d’Or, 1904 :

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  • la Toison d’Or, 1922 :

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Le livre de 1922 est un petit in-4° de 16 cm x 20 cm ; il comporte 68 pages non numérotées, sous une couverture de vélin blanc. Il est tiré sur un papier glacé, de couleur vert-nil. Chaque conte est illustré d’une vignette de titre, d’une vignette en début de conte, d’une lettrine, et d’un hors-texte. Ces illustrations sont tirées en noir et or ; toutes les pages sont encadrées de deux filets dorés, gras et maigre.

Le tirage annoncé est de 500 exemplaires numérotés ; mais il semble que de nombreux exemplaires soient non numérotés. Le livre est imprimé par Melzer, à Paris, l’achevé d’imprimer étant daté du 23 novembre 1922. Le livre est annoncé au prix de 20 francs.

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Pour l’éditeur, un doute subsiste… La plupart des exemplaires portent la mention de la Librairie Lutétia, 66 Boulevard Raspail, à Paris. Mais on trouve des exemplaires avec la mention « aux dépens de l’Auteur ». Et le Catalogue Général de la Librairie Française mentionne Lucien Gougy comme éditeur. Il semble probable qu’il s’agisse bien d’une édition personnelle de Jérôme Doucet, avec l’aide de son ami Lucien Gougy ; la librairie Lutétia étant ici partenaire, en réservant un certain nombre d’exemplaires, sur lesquelles elle est mentionnée.

Le livre est dédié à Clémentine Rouzaud, la Marquise, qui dirige, avec son mari, les Chocolats la Marquise de Sévigné, et qui tient salon, salon dont Doucet est un habitué. Cette dédicace est déroutante : composée d’un texte imprimé : « à Madame C. Rouzaud », et d’un texte manuscrit, reproduit :

Pour mon amye à l’oeil riant
Eveilleur de Muse qui dort
Jai cueilly ces Princesse d’or
et d’Orient

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Il est facile de vérifier que ce texte, qui semble manuscrit (et de nombreux libraires s’y laissent prendre) , est présent dans tous les exemplaires.

Annexe : La Toison d’Or, 1904.

Voici la reproduction du conte publié dans la Revue Illustrée en décembre 1904 :

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Paul et Virginie – premières éditions.

Les premières éditions de Paul et Virginie, un des plus grands succès de librairie, sont quasiment innombrables ; les contrefaçons pullulent, et il est difficile de s’y retrouver. Heureusement, nous disposons d’un outil appréciable : le Répertoire publié par Paul Toinet, qui n’est pas exhaustif mais très complet, notamment pour les plus anciennes éditions.

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Voici, en images, la description de quelques une de ces premières éditions, en incluant également des contrefaçons, contre lesquelles Jacques-Bernardin-Henri de Saint-Pierre (dit Bernardin de Saint-Pierre) s’est inutilement battu.

 

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Voici quelques exemplaires de ces éditions. De gauche à droite :

  • études de la Nature, troisième édition, 1788, tome 4
  • Paul et Virginie, édition originale, 1789
  • Paul et Virginie, 1789, même édition, 1789
  • Paul et Virginie, papier bleuté, 1789
  • Paul et Virginie, contrefaçon, 1789
  • études de la Nature, troisième édition, 1792, tome 4 : contrefaçon

On note les différences de formats, qui traduisent plus l’ardeur du relieur que des différences d’impression.

Etudes de la Nature, troisième édition, 1788.

 

Etudes
de
la Nature,
par Jacques-bernardin-Henri
de Saint-Pierre.
Troisième édition, revue, corrigée et augmentée.
…Miseris succurrere disco. AEneid. Lib 1.
4 vol. fig. br. 14 liv.
Tome quatrièmre.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
Chez P.F. Didot le jeune, Libraire, quai des Augustins.
Mequignon l’aîné, Libraire, rue des Cordeliers.
MDCCLXXXVIII.
Avec approbations, et privilège du Roi.

Il s’agit du numéro 1 du répertoire de Paul Toinet. Cette édition contient pour la première fois, au quatrième tome et dernier, Paul et Virginie, qui occupe les pages 1 à 227 ; elles sont précédées d’un Avis qui occupe les lxxxii premières pages, et suivies de l‘Arcadie, jusqu’à la page 532 ; on trouve les approbations et le privilège à la suite.

Ce quatrième tome n’est normalement pas illustré ; dans l’exemplaire photographié, on trouve des réductions de la suite des illustrations de l’édition de 1806, par Lafitte, Girodet, Prudhon, ainsi qu’un tirage de la troisième illustration de l’édition de 1789, d’après Moreau ; ces illustrations sur papier fort.

Paul et Virginie, édition originale, 1789.

 

Paul
et
Virginie,
par Jacques-bernardin-henri
de Saint-Pierre.
avec figures.
… Miseris succurrere disco. AEnid. lib. 1.
Prix, papier vélin d’Essone, 6 liv.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
MDCCLXXXIX.
Avec approbation, et privilège du Roi.

C’est l’édition originale. Dans le répertoire de Paul Toinet, numéro 3 (le numéro 2 correspond à une édition suisse rarissime, sans doute une contrefaçon) ; XXXV (avant-propos et avis sur cette édition) et 243 pages. Nb : Paul Toinet indique par erreur XXV pages.

La feuille de titre indique le prix de l’exemplaire, suivant le papier ; ici exemplaire sur vélin d’Essone, 6 livres. Il existe deux autres papiers : sur papier fin d’Essone, 4 livres, sur papier commun, 1 livre 10 sols. Seuls les exemplaires sur papier d’Essone sont avec les 4 figures.

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Dans cet exemplaire se trouve relié la Chaumière Indienne, 1791,  qui  contient un extrait du catalogue de Didot, pour les ouvrages de Saint-Pierre – on voit les différences de papier et de prix – assez conséquentes, y compris pour la Chaumière Indienne.

 

Ce livre est illustré de quatre gravures, au format 7cm x 5cm d’après des dessins de Moreau et Joseph Vernet pour la dernière ; Dans l’avis Saint-Pierre s’explique sur ce choix, fonction de la notoriété acquise par Joseph Vernet dans ce genre de peinture.

Il existe des exemplaires avec les gravures avant la lettre. Des contrefaçons ont été faites de ces gravures, regravées, éventuellement en contre-partie, avec des positionnements de gravures différents – dans l’exemple ci-dessus, la dernière gravure, la Mort de Virginie, n’est pas gravée par Longueil, elle est inversée, et la page indiquée (166) n’est pas correcte (page 204 normalement).

Paul et Virginie, 1789 – autre édition.

 

 

Paul
et
Virginie,
par Jacques-bernardin-henri
de Saint-Pierre.
avec figures.
… Miseris succurrere disco. AEnid. lib. 1.
Prix, broché, 1 liv. 10 sols.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
MDCCLXXXIX.
Avec approbation, et privilège du Roi.

Cette édition est imprimée sur papier bleuté. C’est le numéro 4 du répertoire de Paul Toinet ; il s’agirait d’une nouvelle édition, non illustrée, à la même date – et donc pas une contrefaçon. Le fleuron, montrant un bateau, diffère de l’édition précédente ; c’est la seule différence sur la page de titre. Le livre comporte XXXV (Toinet indique XXX par erreur) et 228 pages.

Cet exemplaire comporte une gravure en frontispice, la première gravure de l’édition précédente ; sur papier blanc, sans la signature de Moreau, cette gravure est  sans doute une contrefaçon. Le prix indiqué correspond à un tirage sans les gravures.

Paul et Virginie, 1789 – contrefaçon.

 

Paul
et
Virginie ;
Par Jacques-Bernardin-Henry
de Saint-Pierre.
… Miseris succurrere disco. AEnid, Lib. 1.
A Paris.
De l’imprimerie de Monsieur.
1789.

L’exemplaire contient, des pages 5 à 180, Paul et Virginie ; c’est le numéro 5 du répertoire de Paul Toinet – et c’est une contrefaçon, comme la page de titre l’indique assez facilement : elle ne présente que des ressemblances lointaines avec la page de titre réelle.

Paul et Virginie est précédé, des pages 1 à 54, de la comédie en trois actes, de Favières ; cette édition est inconnue de Paul Toinet. 

Cette contrefaçon peut être diversement illustrée ; Toinet indique les 3 premières figures, par Moreau, de l’édition de 1789 ; cet exemplaire-ci a uniquement, en frontispice, une gravure anonyme qui correspond à la comédie et non au livre de Saint-Pierre.

Etudes de la Nature, 1792, contrefaçon.

 

Etudes
de
la Nature,
par Jacques-bernardin-Henri
de Saint-Pierre.
Troisième édition, revue, corrigée et augmentée.
…Miseris succurrere disco. AEneid. Lib 1.
avec figures.
Tome quatrièmre.
A Paris,
de l’imprimerie de Monsieur.
Chez P.F. Didot le jeune, Libraire, quai des Augustins.
Mequignon l’aîné, Libraire, rue des Cordeliers.
M DCC XCII.
Avec approbation et privilège du Roi.

Edition inconnue de Paul Toinet. Évidente contrefaçon, ne serait-ce qu’à cause de la date, 1792 au lieu de 1788 ; par ailleurs cette édition est en 5 volumes (contre 4 pour la véritable troisième édition) et contient les textes de la quatrième édition..

Ne pas se fier à la présence de l’avis et de l’avant-propos, dans lequel Saint-Pierre se plaint amèrement des contrefaçons !

 

 

 

 

 

 

 

Doucet et l’éditeur François Ferroud.

Jérôme Doucet et François Ferroud, le neveu d’André Ferroud, sont amis – peut-être cette amitié date-t-elle de la première collaboration entre les deux, à l’occasion de la publication d’un recueil de contes, les 3 légendes, d’or, d’argent et de cuivre, recueil qui occupe Jérôme Doucet pendant plusieurs années, depuis 1895 (première mention) jusqu’en 1922 (dernière publication d’un conte de ce recueil). Même s’il Ferroud a publié assez peu d’ouvrages de Doucet, ils n’en ont pas moins travaillé plusieurs années ensemble, sur diverses productions.

Concrètement, cette collaboration se traduit par les publications suivantes :

3 légendes, d’or, d’argent et de cuivre.

En 1901, l’éditeur Ferroud (librairie des Amateurs) publie les 3 légendes, d’or, d’argent et de cuivre, illustré par Georges Rochegrosse. 

 

 

Il s’agit d’un in-8°, de (8) 121 (3) pages, illustré de 33 compositions de Rochegrosse, gravées en taille-douce et tirées en noir. Le tirage est de 350 exemplaires.

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Pour plus de détail sur cette édition, voir cet article détaillé, qui reprend également les impressions dans la Revue Illustrée, et l’édition de 1922.

Pétrone et Anacréon.

Il s’agit de deux ouvrages, publiés à une année d’intevalle, formant une paire :

  • en 1902, Pétrone, illustré par Louis-Edouard Fournier.

 

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C’est un petit in-4°, qui contient la traduction, par Doucet, de sept fragments attribués à Pétrone, et illustrés de 8 compositions gravées à l’eau-forte par Xavier Lesueur.

  • en 1903, Anacréon, illustré par Louis-Edouard Fournier.

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C’est un petit in-4°, qui contient la traduction, par Doucet, de sept fragments attribués à Anacréon, et illustrés de 8 compositions gravées à l’eau-forte par Edmond Pennequin.

Ces 2 ouvrages, qui forment pendant, sont étudiés en détail dans cet article.

les trois comédies de l’amour.

Ces livres, forment un ensemble. Ferroud a souvent publié des paires de livres ; ici, c’est , cas nettement plus rare, un groupe de trois livres, sur le même thème.

Les textes réunis sont l’Amour médecin, de Molière, le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux, et On ne badine pas avec l’amour, de Musset. Les trois livres ont des caractéristiques communes ; seul diffère l’illustrateur – les illustrations sont gravées à l’eau-forte par Edmond Pennequin.

Il s’agit de volumes de format in-folio, avec cahiers numérotés, de dimensions 18cm x 26 cm ; la couverture porte la mention « PARIS / édition Ferroud / 1905 » ; la page de titre indique « PARIS / librairie des amateurs / A. Ferroud – F. Ferroud, successeur / 127, boulevard Saint-Germain, 127 / 1905 ». Le livre est imprimé par Ch. Hérissey d’Evreux ; les eaux-fortes sont tirées par Ch. Wittmann.

Un avant-propos, inséré dans l’Amour médecin, signé de Jérôme Doucet, explique le choix des trois pièces, et des illustrateurs ; Doucet s’y présente comme l’éditeur, et pas simplement le préfacier, de cette édition. Le texte de cet avant-propos est donné en annexe.

Le livre est annoncé pour fin octobre 1905 ; les trois livres sont livrés sous emboîtage commun et le tirage est de 225 exemplaires :

  • 25 exemplaires sur papier du Japon, à la forme, contenant un dessin (aquarelle pour Musset) original inédit et un triple état des eaux-fortes : eau-forte pure, eau-forte terminée avant la lettre, eau-forte avec la teinte, 150 francs ;
  • 50 exemplaires sur papier impérial du Japon avec double état des eaux-fortes, 50 francs ;
  • 150 exemplaires sur papier du Marais à la forme fabriqué spécialement, contenant un état des eaux-fortes, 35 francs ;
  • plus 30 suites des eaux-fortes avant la lettre, sur Japon.

A ces 225 exemplaires, il faut rajouter 5 exemplaires hors commerce, sur vélin, réimposés au format in-4°, avec une suite des figures sur vieux japon.

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catalogue de la bibliothèque Lucien Gougy.

Chaque livre est illustré de 8 compositions :

  • une vignette sur la couverture,
  • une vignette sur la page de titre,
  • une grande composition à mi-page au début de chacun des trois actes,
  • un cul-de-lampe à la fin de chaque acte.

La vignette de la couverture est toujours en noir ; les autres illustrations sont tirées en noir ou en sanguine et « mises en couleur ».

  • l’amour médecin, illustré par L.Ed Fournier

Le premier des trois livres est illustré par Louis-Edouard Fournier (1857-1917). Avec Pennequin, ils avaient déjà illustré Anacréon, deux années plus tôt ; pour le Pétrone, le graveur était Louis Lesueur.

 

 

L’Amour médecin, couverture et page de titre.

Le livre comporte 62 pages numérotées ; l’achevé d’imprimer est daté du 21 janvier 1905. Il comporte l’avant-propos, sur III pages, qui est tout de même compris dans la numérotation ; cet avant-propos est daté de juin 1905, dont bien après l’impression du livre lui-même – mais il est cohérent avec l’impression du troisième livre.

 

 

Les illustrations sont tirées en noir et mises en « couleur » – un vert pâle.

 

  • on ne badine pas avec l’amour, illustré par Adrien Moreau.

Le second livre est illustré par Adrien Moreau (1843-1906). Les illustrations, gravées à partir des aquarelles de Moreau, sont tirées en noir et mises en couleurs à la poupée.

 

 

Le livre comporte 95 pages ; l’achevé d’imprimer est daté du 3 avril 1905.

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  • le jeu de l’amour et du hasard, illustré par Maurice Leloir.

le troisième livre est illustré par l’ami de Doucet, Maurice Leloir ; Les illustrations sont tirées en sanguine et mises en couleur – un bleu pâle.

 

 

Le livre compte 104 pages ; l’achevé d’imprimer est daté du 5 juin 1905.

 

 

A noter une curiosité ; il existe au moins deux couvertures différentes, l’une mentionnant « Edition Ferroud », l’autre, de façon plus classique « PARIS / librairie des amateurs / A. Ferroud – F. Ferroud, successeur / 127, boulevard Saint-Germain, 127 / 1905 ».

 

Narkiss, de Jean Lorrain

Jean Lorrain est mort en 1906 ; ses amis, parmi lesquels Georges Normandy et Jérôme Doucet, ont le projet d’ériger un monument dans sa ville natale, Fécamp. Pour financer ce projet, il est décidé d’éditer un des contes si fameux de Jean Lorrain, dans une édition de luxe – telle qu’il en aurait rêvé, ainsi que nous le dit Doucet dans la préface.

Ce projet est porté par une structure spécifique, « les éditions du Monument » – ce livre n’est donc pas tout à fait une production des éditions Ferroud – mais à y regarder de plus près François Ferroud a certainement participé à cette édition.

 

 

Le livre est de format (environ) 16 cm x 24 cm ; il comporte 78 pages. Il est illustré par O.D.V Guillonnet, qui a fourni le dessin de la couverture, le frontispice et trois hors-texte, plus dix vignettes in-texte (dont une sur la page de titre). Les illustrations sont gravées par Xavier Lesueur, et tirées en vert, réhaussées d’or ; les in-texte sont collés sur les pages (comme l’avait déjà fait Doucet dans certains livres des éditions le Livre et l’Estampe).

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La mise en page est particulièrement soignée, le texte étant inscrit dans une stèle funéraire, avec l’astre solaire, et un symbole égyptien varié, en bas de chaque page. Ces décorations sont dorées.

 

 

frontispice et un hors-texte. Images : librairie le Feu Follet.

Le livre est imprimé par la Semeuse, à Paris ; l’achevé d’imprimer est daté de janvier 1908. Le livre est tiré à 300 exemplaires :

  • 25 exemplaires sur Japon Shidzuoka avec III états des figues (décomposition des 2 couleurs : vert et bistre).
  • 50 exemplaires sur Japon avec II états, pour F. Ferroud, éditeur.
  • 225 exemplaires sur vélin à la cuve des papeteries d’Arches, avec un seul état.

Guillonnet, Lesueur, 50 exemplaires réservés pour Ferroud… on peut penser qu’une collaboration entre Doucet et Ferroud pour cette maison d’édition créée de toutes pièces est au moins probable.

En annexe on trouvera la préface de Jérôme Doucet.

Ce livre a été reproduit en fac-simile par les éditions QuestionDeGenre (bibliothèque GayKitchCamp), au prix de 14 euros ; la réédition est « presque » fidèle : le format est légèrement réduit (15 cm x 21 cm) ; les encadrements des textes sont tirés en noir ; mais ça reste un moyen peu onéreux de se procurer ce livre recherché.

 

 

Annexe : Avant-propos aux trois comédies de l’amour.

 

L’Amour médecin, le Jeu de l’Amour et du Hasard, On ne badine pas avec l’Amour… que de choses, en apparence, les séparent et les éloignent ces trois œuvres dramatiques ; la date, le scénario, le style même, et cependant, en réalité, que de points communs les rapprochent : l’éternel à-propos du sujet, qui ne peut dater étant de tous les temps, l’intrigue facile, connue, mais toujours intéressante, toujours neuve, la forme enfin digne, en toutes trois, de l’immortel génie de leurs trois écrivains.

Que de raisons encore les groupent, les unissent, les classent en un indissoluble trio ; ne serait-ce d’abord que la magie de ce mot : Amour, le maître irrésistible de toutes les unions, dont le nom éternel se retrouve dans les trois titres, ne fut-ce que la coupe analogue en trois actes, pour les trois pièces, ne fut-ce même que cette petite remarque de symétrie mesquine en apparence : la même capitale, magistrale, l’M est l’initiale commune aux trois noms, des trois Maîtres : Molière, Marivaux, Musset.

Ne sont-elles pas également trois expressions typiques de leur époque, de leur milieu : Molière détrônant le théâtre italien en le battant avec ses propres armes, Marivaux créant cet ancêtre du flirt, le marivaudage auquel il donna le baptême de son nom, Musset, avec son âme romantique, ne pouvant concevoir l’amour sans la mort.

Ces trois comédies eussent chacune suffi à éterniser leur auteur.

C’est pourquoi il était logique, juste, indispensable de les grouper définitivement ces trois comédies de l’amour, de les assembler, purs joyaux, appareillés, dans un même écrin, à jamais.

C’est pourquoi elles paraissent aujourd’hui, illustrées chacune par un peintre différent, Louis Edouard Fournier, Maurice Leloir, Adrien Moreau ; chaque artiste ayant été choisi pour représenter le siècle qui lui est le plus familier, dont il a donné déjà de brillantes interprétations.

Et ces illustrations traitées selon la manière spéciale de chaque siècle, celles du Molière à la façon des dessins de Terburg, celle de Maurice Leloir évoquant les meilleurs Watteau, celles d’Adrien Moreau faisant penser aux aquarelles si recherchées d’Eugène Lamy, ont été gravées à l’eau-forte et au burin en fac-similé absolu des originaux.

Car E. Pennequin a su, héritier des secrets et de l’habileté de son maître Alphonse Leroy, interpréter entièrement avec son art, à l’eau-forte, sans aucun secours mécanique, aussi bien les coups de crayon si libres et si légers de Maurice Leloir que les touches si fraîches et si coquettes des aquarelles d’Adrien Moreau.

Et pour compléter, Wittmann a brillamment tiré les eaux-fortes dans la belle typographie d’Hérissey.

Ces trois comédies de l’Amour, ces trois chefs-d’oeuvre, de Molière, de Marivaux, de Musset ne sont-ils point ainsi, Messieurs les bibliophiles, bien faits pour vous tenter, pour vous plaire.

Souriez, si vous voulez, à notre paternelle tendresse, reprenez même, à notre adresse, en l’une de ces trois comédies, le mot de Molière : « Vous êtes orfèvre, Monsieur Josse ! « ……

Oui nous sommes orfèvre, nous en convenons, mais reconnaissez avec nous que ce bijou, ces trois bijoux qu’on vous offre sont d’or pur, de dessin précieux, de ciselure exquise d’un prix bien doux pour leur valeur, et dignes en tous points de vos somptueuses vitrines.

Jérôme DOUCET.

Juin 1905.

 

Annexe : préface de Narkiss.

 

– « Jérôme, mon bon ami, quand ferons-nous le volume de luxe ? » – Combien de fois Jean, mon bon ami, ne m’avez-vous point dit ou écrit cette phrase ? Lorrain me la répétait aux heures, même triomphantes, de « M. de Phocas », alors que la grosse vente qui ne pouvait éblouir ou griser un homme de cette valeur n’apportait à cette âme éprise de beauté, curieuse de bibelots, aucune sensation élevée ou rare capable de la faire vibrer.

« Comme ils sont laids ces romans » disait-il avec une lippe de dégoût, « ils sont odieux les trois francs cinquante qui puent le journal ».

Et il froissait les pages, ses doigts s’exaspéraient, se crispaient sur le papier grossier au contact vulgaire… « Quand ferons-nous le beau livre de luxe?… » et pour se reposer, sa main, cette petite main fine, sombre, velue, constellée de bagues allait caresser le flanc velouté d’un pot vert de Lachenal ou la glace attiédie d’un cristal de Gallé. Et nous fîmes souvent de belles illustrations pour ses contes ; les Princesses d’Ivoire et d’Ivresse, les Princes de Nacre et de Caresse défilèrent vêtus d’or et de perles dans le logis de René Baschet, c’étaient les belles heures de la précieuse « Revue Illustrée », mais le livre de luxe ne fut jamais fait, comme Lorrain le souhaitait tant, comme il le demanda si souvent.

Nous avions, croyions-nous, tout le temps de le faire, hélas ! maintenant il est presque trop tard.

Non, il en est temps toujours, car les amis de Lorrain sont encore très vivants, ses admirateurs augmentent en nombre chaque jour, et les bibliophiles, qui ne donnent leur appui qu’aux artistes dignes de leur consécration, attendent et désirent un beau livre de Jean Lorrain.

Et c’est pourquoi Narkiss a été fait.

Narkiss ! ce récit prestigieux qui est à la fois tout le Lorrain de jadis et celui de naguère, quoi qu’en disent certains qui l’ont cru, à tort, dédaigneux des Princesses et féru de modernisme en des jours de lassitude, à ses heures de départ ; Narkiss ! ce conte fantastique, cruel et somptueux où tout l’amour de Lorrain, pour les gemmes, les colorations, les harmonies, toute son horreur pour la redingote, la banalité, la laideur éclatent en fanfare à chaque ligne. Narkiss ! où Lorrain a tant mis de soi, nous a paru sous tous rapports désigné plus que tout autre pour être le sujet de ce livre de luxe.

Du reste à son apparition au « Journal » en troix parties, Lorrain me l’avait signalé ; « Voilà qui ferait bien notre livre de luxe », ce leitmotiv de tant de nos causeries ; et je suis sûr qu’il pensa en écriva ce conte, long assez pour un livre de bibliophile, trop court pour un ouvrage banal, à noter aux places voulues des phrases ciselées pour le peintre, à découper son texte en quatre tranches pondérées s’adaptant à merveille à la tenue d’un ouvrage illustré.

Et c’est pourquoi nous avons choisi Narkiss pour sujet de « livre de luxe » tant désiré, pour le livre du Monument.

Non, jean Lorrain n’avait pas renié ses Princesses et les Fées – mais il fallait se réveiller parfois du rêve. Tel un homme qui le jour venu s’arrache au sommeil pour aller peiner le labeur quotidien, Lorrain quittait ses tapisseries et ses bibelots pour fréquenter les salles de rédaction, il enfermait ses Princesses dans la chambre hantée et se mettait à griffer ses Raitif.

Mais cela ne veut pas dire qu’il reniait son genre. Lorrain est un de nos grands poètes et la copie hebdomadaire n’a tué jamais en cette pensée robuste et forte une parcelle de poésie. Narkiss restera une des plus belles pages de son oeuvre, ce récit complet, d’un style prestigieux, d’une coloration admirable, à côté de Bougrelon digne d’Anatole France ou de Voltaire, de Phocas que Flaubert eût salué avec un respect effrayé, est une des facettes, petite peut-être mais éblouissante, de cette âme taillée à même une troublante émeraude.

Quand au livre lui-même, il a été conçu dans une forme que Lorrain eût aimée – noir et or.

Les compositions de Guillonnet ont traduit à merveille le côté somptueux et rêveur du récit. L’archaïsme en est précis sana être sec et la formule nouvelle sans nul anachronisme.

La manière noire des graveurs anglais du XVIIIe siècle, si à la mode aujourd’hui, est venue sur la première eau-forte pure apporter son enveloppe mystérieuse, traduction fidèle des compositions de Guillonnet, et la typographie conçue dans le style des stèles antiques, a contribué pour sa part à la présentation précieuse et raisonnée de ce livre, à qui rien ne manquerait si l’approbation de Lorrain, qui eût été absolue, ne lui faisait, hélas ! défaut.

JEROME DOUCET.

 

 

 

 

 

 

 

trois légendes, d’or, d’argent et de cuivre.

Jérôme Doucet, dans la liste de ses ouvrages publiés, insérée en tête de la Puissance du Souvenir, publié en 1895, présente ce titre dans la catégorie Romans :

  • trois légendes, d’or, d’argent et de cuivre (Revue Illustrée). Illustrations de Georges Rochegrosse.

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Comme le titre l’indique, il ne s’agit pas d’un roman, mais d’un recueil regroupant trois « légendes » écrites par Doucet. En 1895, les trois légendes en question sont écrites, mais non encore publiées.

Le recueil en question n’est pas un recueil de circonstance ; Doucet a écrit ces contes en vue de cette publication. Il s’en explique dans un avant-propos, inédit, inséré dans un exemplaire sans doute offert à l’épouse de Tiarko Richepin, fils de Jean Richepin (le texte de cet avant-propos est donné en annexe).

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En particulier, Doucet a choisi le nombre de contes du recueil : trois, d’après le choix de Gustave Flaubert. Il a également choisi, toujours comme Flaubert, de situer ces trois contes dans trois époques différentes : les temps bibliques, le moyen âge, l’époque moderne. Et le titre découle de ces choix : l’or, pour évoquer la légende dorée, pour l’époque biblique ; l’argent, pour évoquer le moyen âge, le cuivre, pour l’époque moderne.

Et deux de ces contes ont été écrits en fonction de ces choix ; en effet, si le premier conte, biblique, était déjà écrit, Doucet avait prévu deux autres contes, finalement non retenus, car ils ne correspondaient pas à ce qu’impliquait le choix du titre-programme retenu.

les trois contes finalement retenus sont les suivants :

  • La Légende de Sainte Marie l’Egyptienne ; d’après un épisode de la Légende Dorée, de Jacques de Voragine ;
  • La Mort au beau Visage qui retrace une légende autour de la figure de Charles le Bon, comte de Flandres ;
  • L’âme du samovar – une variation autour de l’expression disant que le samovar, qui chante quand l’eau bout, a une âme.

Ces contes sont illustrés (« enluminés ») par Georges Rochegrosse, ami de Jérôme Doucet ; ces illustrations comportent des vignettes et des encadrements variés ; elles sont mises en couleur à la main et rehaussées, suivant le conte, de couleurs et d’émaux or, argent ou cuivre.

On voit que dès 1895 ces choix sont fixés ; mais la publication réelle sera bien plus tardive. En effet Doucet a prévu de les publier dans la Revue Illustrée, avec laquelle il a commencé sa collaboration ; et il s’agira pour cette Revue d’une publication exceptionnelle, qui sera réservée pour les numéros de Noël.

Publication exceptionnelle à plusieurs points de vue ; en effet, ces contes seront imprimés en couleurs, ce qui n’est pas systématique dans la Revue ; ils le seront sur un papier de très bonne qualité (Draeger) ; et, chose exceptionnelle, ils seront rehaussés à la main. La réalisation de ces pages sera anticipée et étalée sur plusieurs mois avant la date de publication prévue ; malgré cela, elle prend du retard, ce qui conduira la Revue à décaler les dates de publication.

Le premier conte, la Légende de Sainte-Marie l’Egyptienne, est publié en deux parties, le 15 mars puis le 15 avril 1895, sur 16 pages (2 fois 8 pages) – ceci sans page de titre ni frontispice.

Le second conte, la Légende de la Mort au beau visage, est publié en trois fois, le 15 décembre 1897, le 15 mars 1898 puis le 15 avril 1898 (3 fois 8 pages).  Dans ces 24 pages sont comprises une page de titre et un frontispice.

Le troisième conte, l’Âme du Samovar, est publié bien plus tard, en 1905 ; cette fois-ci il est réparti sur 6 numéros, avec à chaque fois seulement 4 pages. En tête de la première publication sont insérées en plus une page de titre et un frontispice – avec verso laissé blanc, ce qui fait au total 28 pages. Les dates de publication sont :

  • 1er janvier 1905
  • 15 février 1905
  • 15 mars 1905
  • 1er mai 1905
  • 1er juin 1905
  • 1er juillet 1905

Comme on le voit ces dates ne coïncident pas vraiment avec les dates des numéros de Noël ; c’était bien la volonté de la Revue ; mais la réalisation technique, avec rehauts à la main, pour chaque exemplaire, a pris du retard. Pour s’en excuser, la Revue publie,  dans le numéro de Noël 1894, l’insert suivant :

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La Revue Illustrée désirait offrir à ses lecteurs, dans le Numéro de Noël, une véritable primeur artistique, un joyau de bibliothèque :

Un Conte Mystique
illustré d’aquarelles de Rochegrosse.

Ces aquarelles ont été confiées à d’habiles artistes, qui les colorient à la main et les rehaussent d’or.
On comprend ce que doit exiger de soins et de temps un travail aussi délicat.
Bien qu’étant commencée depuis plusieurs mois, cette enluminure, digne des précieux missles du Moyen-Age, n’est pas encore complètement terminée, et plutôt que de compromettre par un travail hâtif un résultat qui, nous pouvons l’assurer à nos lecteurs, est déjà merveilleux, nous préférons leur demander un mois de répit, et ne publier qu’en Janvier la Légende de Sainte-Marie L’Égyptienne.
Nous sommes certains que le plaisir qu’ils goûteront en feuilletant les admirables aquarelles de Rochegrosse, nous fera pardonner ce retard.

Comme on l’a vu, le retard sera un peu plus important…

Avec la publication de la première partie, la Revue insère de nouveau un petit billet explicatif :

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Nous commençons aujourd’hui la publication de

La Légende de Sainte-Marie L’égyptienne

Nous nous sommes attachés à faire colorier à la main les précieuses miniatures de ROCHEGROSSE, à la façon des enluminures des anciens Missels. Nous espérons que cette illustration, que son prix et ses difficultés interdisaient jusqu’ici aux Revues périodiques, sera justement appréciée par nos lecteurs.
La seconde partie de la Légende paraîtra dans le numéro du 15 Avril. Dans le volume semestriel, la première partie sera reliée immédiatement avant la seconde.

Le problème ne se reproduit pas lors de la publication du second conte ; la première partie est publiée à temps, le 15 décembre 1897 ; mais la parution de la suite tarde, et la Revue insère de nouveau un petit texte explicatif en tête de la seconde partie :

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Nous donnons aujourd’hui la seconde partie du conte mystique de Jérôme Doucet :

La Mort au beau Visage

Nous nous sommes attachés à faire colorier à la main ces précieuses miniatures de Rochegrosse, à la façon des enluminures des anciens missels.
La première partie est parue dans le numéro du 15 décembre dernier. La troisième et dernière partie de la Légende paraîtra dans le numéro du 15 Avril. Dans ce volume semestriel, ces trois parties, formant chacune 8 pages, seront réunies et reliées immédiatement l’une après l’autre, de façon à former un tout complet de :

La légende de la Mort au beau Visage

Il faut noter que le regroupement, dans le volume semestriel, est effectif pour le premier conte, mais pas pour le second. Et la publication du dernier conte, plusieurs années plus tard, ne donne pas lieu à tant de scrupules : la publication est étalée sur tout un semestre.

Comme on le voit, l’illustration de Rochegrosse est importante ; et la mise en couleurs à la main est un argument commercial important.

Illustrations de Rochegrosse.

la Légende de Sainte Marie l’Égyptienne.

Pour ce premier conte, Rochegrosse crée :

  • une page de titre, le titre étant calligraphié, inscrite dans un encadrement ;
  • une grande illustration hors texte, inscrite dans un second encadrement ;
  • huit lettrines, pour chacun des huit chapitres ;
  • un cul-de-lampe.

La page de titre, et le hors-texte, ne sont pas reproduits dans la Revue Illustrée : la première page comporte à la fois le titre calligraphié, la première lettrine, le premier encadrement et le début du texte, ce qui en fait une page relativement surchargée.

Le texte est enchâssé dans les deux encadrements ; le premier étant utilisé trois fois, le second treize fois ; les couleurs changent à chaque page : bleu, vert, violet, rose, ocre…

 

La légende de la Mort au beau Visage.

Pour ce conte Rochegrosse crée :

  • une page de titre, calligraphié, sans encadrement ;
  • une grande illustration hors texte ;
  • huit lettrines, pour chacun des huit chapitres ;
  • un cul-de-lampe.
  • trois encadrements différents.

Les encadrements sont reproduits plusieurs fois dans des couleurs différentes ; mais cette fois-ci ils ne sont pas systématiquement utilisés à chaque page :

  • le premier encadrement est reproduit quatre fois, en violet, vert, bleu ;
  • le second encadrement est reproduit quatre fois, en rose, jaune,  vert ;
  • le troisième encadrement est reproduit trois fois, en bleu, violet.

A noter une particularité : la dernière vignette, en début du chapitre VIII, représente Jérôme Doucet lui-même ; ce qui est cohérent avec le texte, puisque dans ce chapitre Doucet parle directement au lecteur. C’est une des rares illustrations représentant Doucet ; pour d’autres exemples voir Iconographie Doucetienne.

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L’âme du Samovar.

Pour le dernier conte, Rochegrosse crée :

  • une page de titre, avec le titre dessiné, dans un premier encadrement ;
  • une grande illustration hors-texte, dans un second encadrement ;
  • huit lettrines, pour chacun des huit chapitres ;
  • un cul-de-lampe.

Le texte est enchâssé dans les deux encadrements, chacun étant utilisé treize fois – les « couleurs » varient – une variation sur des tons cuivrés, verts, ocres, ou seulement au trait, pour les premières pages. Pour ce dernier conte les lettrines et le cul-de-lampe sont imprimés en vert, avec rehaut noir et métal pour la lettre.

On est assez loin de la mise en couleur à la main des deux premiers contes ; mais nous ne sommes plus à la même époque.

 

Publication en volume.

Comme on l’a vu, Doucet envisage très tôt, dès 1895, une publication en volume, qu’il imagine réalisée par la Revue Illustrée. Bien qu’inhabituel, ce procédé n’est pas unique ; la Revue a déjà publié l’Evangile de l’Enfance, de Catulle Mendès, illustré par Schwabe. Mais cela ne se fera pas – et la publication en volume sera confiée à l’éditeur Ferroud ; Doucet est un ami de François, le neveu d’André.

Annonces.

Dans le Bulletin du Bibliophile, un autre ami de Doucet, Georges Vicaire, annonce ainsi la future publication :

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« Mais on ne chôme pas à la Librairie des Amateurs ; à peine le Pavillon sur l’eau paru, voici que l’éditeur annonce plusieurs autres publications[…] puis un autre livre de Jérôme Doucet, illustré de 34 compositions de Georges Rochegrosse, gravées en taille-doucet et également tirées en couleurs[…]

Au moment de la parution, l’annonce dans le même Bulletin est légèrement différente :

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On ne parle plus de couleurs.

La parution du livre est effective à la fin de l’année 1901 ; il est annoncé avec les nouvelles parutions, dans le numéro du 20 octobre 1901 des Annales Politiques et Littéraires. Dans le numéro du 22 décembre1901, Adolphe Brisson, autre ami de Doucet, publie la chronique suivante :

Trois Contes d’Or, d’Argent et de Cuivre, par M. Jérôme Doucet. Récits ciselés dans une forme précieusement archaïque. Le plus rare, à mon gré, est le second, dont M. Doucet a emprunté la matière à quelque vieille légende. […] L’histoire est charmante. Et le peintre Rochegrosse y a joint de petits tableaux qui sont, selon sa coutume, somptueux et délicats. M. Rochegrosse a l’imagination naturellement épique ; il se plaît à évoquer les splendeurs, et les tumultes de la vie chevaleresque. Il en rend, à merveille, les côtés brillants et extérieurs. Je n’ose affirmer qu’il en pénètre aussi bien le sens intime.

Il y a dans son talent quelque chose de fastueux, une truculence qui l’apparente avec les poètes de l’école romantique et parnassienne, avec Hugo, Gautier, Mendès… et Banville !…

Publication.

le livre, publié donc à la fin de l’année 1901, se présente sous la forme d’un in-8 de (8) 121 (3) pages, comportant 33 illustrations de Rochegrosse, gravées en taille-douce (et en noir ; pas de gravure en couleurs pour cet ouvrage). Le livre est imprimé par l’imprimerie Philippe Renouard, rue des Saints Pères, à Paris, et les gravures tirées par Wittman.

Pour obtenir le compte de 33 illustrations, il faut compter, pour chaque Légende :

  • une page de titre, encadrée ;
  • un hors-texte ;
  • 8 lettrines ;
  • un cul-de-lampe.

titre, hors texte (inédit) et première page de Sainte-Marie l’Égyptienne

 

Le prospectus de souscription indique les différents tirages :

  • un exemplaire unique (non numéroté), sur peau de vélin, avec une aquarelle originale de G. Rochegrosse, contenant une suite en couleur sur japon et une suite en noir sur chine, ainsi que tous les bons à tirer (2000 francs) ;
  • 20 exemplaires sur papier du Japon ou grand vélin d’Arches, contenant une suite en noir et un motif original à l’aquarelle de G. Rochegrosse (350 francs) ;
  • 60 exemplaires sur japon ou grand vélin d’Arches, contenant une suite en noir (200 francs) ;
  • 50 exemplaires sur petit Japon (120 francs) ;
  • 220 exemplaires sur vélin d’Arches (80 francs).

Les grands papiers sont au format 25 cm  x 16 cm ; les autres exemplaires au format 23,5 cm  x 15,5 cm. Au moment de la publication, les 20 premiers exemplaires sont déjà souscrits.

Ce n’est pas clairement indiqué mais les 20 premiers exemplaires doivent comporter une des aquarelles réalisées par G. Rochegrosse pour l’ouvrage : certainement une des lettrines. Il est à noter l’existence d’un tirage des illustrations en couleur, mais qui a été effectué à un nombre réduit d’exemplaires (officiellement un seul, mais on peut se demander s’il n’existe pas un tirage réservé aux auteurs).

Le livre est dédié à Marie Georges Rochegrosse, en témoignage de respectueuse amitié. Il s’agit de Marie Lebon, l’épouse de Georges Rochegrosse, qu’il a épousé en 1896, et qui mourra en janvier 1920.

Différences entre la publication en Revue et le livre : illustrations.

L’illustration diffère légèrement de la publication dans la Revue Illustrée :

  • présence du faux-titre et du hors texte, pour Sainte-Marie L’Égyptienne ;
  • de ce fait, la première page de Sainte-Marie l’Égyptienne est allégée ;
  • le hors-texte de la Mort au beau visage est entouré d’un encadrement différent ;
  • rajout d’un encadrement sur les pages de faux-titre ;
  • absence générale des encadrements sur le texte ;
  • Redimensionnement des illustrations : 13 cm de hauteur contre 19 cm dans la Revue, pour le hors-texte de la Mort au beau visage.
  • et bien sûr tirage des illustrations en noir.

On peut observer ces différences, en comparant une aquarelle originale, sa traduction dans la Revue, et sa gravure dans le livre ; en effet, toutes les aquarelles n’ont pas trouvé place dans les exemplaires de tête. L’une d’entre elles est passée en vente le 26 mars 2015, à Drouot, chez Ader Nordmann (lot 72) ; elle a été adjugée 800 euros. L’aquarelle mesure 23 cm x 17 cm (dimensions du papier sans doute, soit environ 21 cm x 16 cm) ; la taille de la lettrine dans la Revue est de 15cm x 11 cm ; sa taille dans le livre est de 11 cm x 8 cm.

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Les deux lettrines en couleurs sont issues de deux exemplaires différents ; en regardant en haute résolution (toutes les images sont cliquables et en haute résolution) on peut observer des différences dans l’apposition de l’argenture et des couleurs, notamment pour les fleurs en bas à gauche.

La Mort au beau visage, aux dépens de l’auteur, 1922.

En 1922, Jérôme Doucet republie, à compte d’auteur, le second conte de ce recueil. Il s’agit d’une publication en hommage à son épouse, Marie Meunier, qui est morte en avril 1919, à la Rochelle. Il en confie l’ornementation à Eugène Belville (1863-1931), décorateur. Il ne s’agit pas ici d’illustration ; Belville a conçu des encadrements stylisés, reproduits plusieurs fois, imprimés en noir et violet ; le texte lui-même est imprimé en violet. Le livre, non paginé, comporte une feuillet blanc, un second feuillet avec le faux-titre et la justification, un feuillet portant le titre, un feuillet avec la dédicace ; le texte commence ensuite, sur 24 pages, à partir du verso de la dédicace. Viennent ensuite un feuillet avec l’imprimeur, puis un dernier feuillet blanc.

Le livre est broché sous une couverture « de deuil », imprimée en or sur fond noir ; le décor évoquant une reliure ancienne. les feuillets font 19cm x 14 cm ; la couverture 20,5cm x 14,8 cm. Il est imprimé par Melzer, 21 rue Chartier, à Paris.

La justification indique :

  • un exemplaire sur parchemin
  • 499 exemplaires sur papier gris.

A noter que le Catalogue général de la Librairie française indique Lucien Gougy comme éditeur, et donne le prix de l’ouvrage : 12 francs. Mais il ne semble pas facile, voire possible, de trouver trace d’exemplaires avec l’indication de Gougy comme éditeur ; et je ne suis pas convaincu qu’il y ait eu autant d’exemplaires de réellement diffusés – l’ouvrage est réellement rare.

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Voici le texte de la dédicace :

à
l’impérissable mémoire
de
Marie-Thérèsee-Jérôme DOUCET
ma femme
la Morte au beau visage
LA ROCHELLE – PARIS
Avril
1919-1922

La décoration d’Eugène Belville est d’inspiration macabre : têtes de mort, ronces, cierges éteints, fleurs de cimetière… Nous sommes effectivement en présence d’une publication de deuil.

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Différences sur le texte.

Doucet a retouché légèrement le texte ; il s’agit de corrections de style essentiellement ; quelques transitions modifiées, quelques ponctuations rectifiées. Ces corrections sont plus marquées sur la Mort au beau visage, republié en 1922.

Voici quelques exemples de différences sur la Mort au beau visage :

Dans la Revue :

« Qui donc me succédera, puisque Dieu ne m’a donné ni fils ni parents ? » demandait Beaudoin VII, comte de Flandre, aux chevaliers qu’il avait convoqués autour de son lit de mort, et tous répondirent spontanément :  » Ce sera le comte Charles, le fils de Kanut, roi de Danemark, le petit-fils de Robert le Frison. »

« Comte, selon notre bon vouloir et selon le vœu formel des seigneurs de notre beau pays, tu seras héritier de ma couronne.  Je le dis avec joie, car je te sais excellent chrétien et vaillant chevalier et j’aurai, du moins, la suprême consolation d’être utile aux miens jusque dans la mort. « 

En 1901 :

« Qui donc me succédera, puisque hélas Dieu ne m’a donné ni fils ni parents ? » demandait Beaudoin VII, comte de Flandre, aux chevaliers qu’il avait convoqués autour de son lit de mort, et tous répondirent simultanément :  » Ce sera le comte Charles, le fils de Kanut, roi de Danemark, le petit-fils de Robert le Frison. »

« Comte, selon notre bon vouloir et selon le vœu formel des seigneurs de notre beau pays, tu seras héritier de ma couronne.  Je le dis avec joie, car je te sais excellent chrétien et vaillant chevalier et j’aurai, du moins, la suprême consolation d’être utile aux miens jusque dans la mort. »

En 1922 :

« Qui donc me succédera, puisque hélas Dieu ne m’a donné ni fils ni parents ? » demandait Beaudoin VII, comte de Flandre, aux chevaliers qu’il avait convoqués autour de son lit de mort, et tous répondirent simultanément :  » Ce sera le comte Charles, le fils de Kanut, roi de Danemark, le petit-fils de Robert le Frison. »

« Beau Sire, de part notre bon vouloir et selon le vœu formel des seigneurs de notre province, tu seras héritier de ma couronne. Je te la lègue en toute confiance et avec une joie profonde car je te sais excellent chrétien et vaillant chevalier et j’aurai, du moins, la suprême consolation d’être utile aux miens jusque dans la mort. « 

En général les corrections de 1901 sont conservées ; d’autres modifications sont apportées en 1922, qui corrigent légèrement l’expression. A noter un changement de structure ; le chapitre VIII commence une page plus tôt (à « Au lendemain.. »)  alors que dans la Revue et dans l’édition de 1901 il commence à l’envoi (« Ami lecteur… »).

Annexe : avant-propos inédit.

Jérôme Doucet a rédigé un « avant-propos », qu’il a envoyé à madame Tiarko Richepin, l’épouse du fils de Jean Richepin. Dans ce texte, il explique le choix du titre, et des contes qui composent ce recueil. En voici une transcription, établie avec l’aide bienvenue d’Evanghélia Stead (l’écriture de Doucet n’est pas toujours facile à déchiffrer) :

Avant-propos

Cet ouvrage devait d’abord s’appeler “Légendes d’or” mais de la sorte c’était forcément un reflet du livre de J. de Voragine, ce n’eut été que du vermeil.

Puis de la sorte rien ne limitait dans le titre le nombre des contes à ce 3 que Flaubert avait consacré en situant ses « Trois contes » à des époques cadencées.

Le titre primitif me fit songer à d’autres métaux, cadencés eux aussi, par leur valeur, et comme les époques qu’ils pourraient symboliser ; ainsi jadis l’âge de pierre désigne fort nettement ces rudes temps du silex.

Or – argent – cuivre – les trois noms étaient trouvés avec leurs trois stades harmoniques.

Fatalement – la légende d’or était divine et du domaine de Voragine.
La légende d’argent – précisément se plaçait instinctivement au moyen âge.

La légende de cuivre était de nos vagues époques de sillon : naturellement.

Ste Marie l’Egyptienne fut choisie – sans discussion –

Pour la légende d’argent j’écrivis d’abord – « le Chevalier au Cygne » c’est-à-dire la véritable histoire de Lohengrin – ou Lorengrain – mais c’était à la fois un peu allemand et trop féerie du Rhin.

Pour la légende de cuivre je fis « Les sept Souabes » amusante histoire de sept bons commerçants qui conspirent à l’hôtellerie – veulent délivrer le pays d’un monstre imaginaire qui le terrorise –

C’était trop bourgeois – la femme et l’amour y manquaient – amour profane – charnel qui était nécessaire après l’amour mystique de la légende dorée, l’amour paternel de celle d’argent.
Enfin – la Mort au beau visagel’Âme du samovar me parurent être ce que je voulais. Le livre fut clos ainsi.

Tel quel on le peut certes attaquer – Voici du moins des raisons défensives.

Dans ce texte Doucet évoque deux autres contes : le Chevalier au Cygne, et les sept Souabes. Je n’ai pas retrouvé trace de publication du premier. Doucet a publié un conte pour enfants, sous ce titre, dans le Monde Moderne, de Juven, en 1907. Il s’agit d’une histoire, inspirée de Grimm, assez peu en harmonie avec le recueil ; on peut penser que Doucet l’a réécrite pour sa publication. Deux illustrations d’Andréas ornent le conte.

 

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Lettres de femmes.

Dans la Revue Illustrée, dont il est le secrétaire de la rédaction, Doucet publie, entre autres, ses propres productions : poèmes, contes, interviews, compte-rendu d’expositions, et courtes nouvelles.

trois nouvelles dans la Revue Illustrée en 1898.

Dans ce dernier genre, il publie, pendant l’année 1898, trois courtes nouvelles dans un genre un peu particulier : chaque nouvelle est une lettre de femme.

Ces nouvelles sont :

  • la fuite, publiée le 15 janvier 1898,
  • amis, publiée le 1er mai 1898,
  • la puissance du souvenir, publiée le 1er septembre 1898.

La fuite et la puissance du souvenir sont signées Doucet et occupent 4 pages dans la Revue Illustrée ; amis est signée Montfrileux et occupe 5 pages. la fuite est dédicacée à Marcel Prévost – cette dédicace ne sera pas reprise dans le volume publié.

A noter que Doucet a déjà utilisé ce titre, la Puissance du Souvenir, mais il n’y a qu’un très lointain rapport entre les deux textes.

Chaque nouvelle est illustrée de trois vignettes de Marold : une en tête de nouvelle, une dans le corps, une en cul-de-lampe.

Ludek Marold, artiste tchèque né en 1865, comme Jérôme Doucet, est à Paris depuis 1889 ; il produit de nombreuses illustrations, et a notamment illustré 4 des Chansons figurant dans la Chanson des Choses. En 1897, Marold est retourné à Prague, où il meurt, le 1er décembre 1898. Ceci date ces nouvelles et ces illustrations au plus tard en 1896.

Trois lettres de femmes, en 1900.

 

Ces trois nouvelles sont regroupées en 1900 dans un petit recueil, publié par la Revue Illustrée. C’est un volume de format in-8 (15cm x 23 cm), de 51 pages plus 3 non numérotées. L’achevé d’imprimé est daté du 20 janvier 1900, pour la Revue Illustrée, par G. de Malherbe, imprimerie de Vaugirard à Paris.

Cette plaquette est protégée par une couverture de papier épais, parcheminée ; le titre est imprimé en haut et à droite. Au dos, figure la mention suivante :

. . Du même auteur . . .
DANSES-PARFUMS..
.PRINCESSES DE JADE
….ET DE JADIS

Danses est un volume de poèmes en prose, qui sera publié deux années plus tard ;  Princesses de Jade et de Jadis, recueil de 3 contes cruels, sera publié en 1903, par Le Livre et l’Estampe, quand Doucet aura quitté la Revue Illustrée ; Doucet n’a pas publié de livre sous le titre Parfums.

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Le tirage est limité à 200 exemplaires :

  • 20 exemplaires sur Whatman avec les figures en couleur, et une suite sur chine des figures ;
  • 50 exemplaires sur chine fort avec une suite sur chine ;
  • 130 exemplaires sur Vangelder.

A ces 200 exemplaires s’ajoutent 20 exemplaires réservés à la Société des XX.

Le volume est dédié à René Baschet :

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René Baschet, premier fils de Ludovic, dirige la Revue Illustrée ; il a été le témoin de Doucet à son mariage, le 24 juillet 1897.

Les dix illustrations annoncées sont les trois illustrations d’origine de chaque nouvelle, auxquelles se rajoute la vignette de la page de titre.

Voici quelques pages, d’un exemplaire de tête, avec les figures en couleur :

 

 

 

Autres lettres de femmes.

Doucet a publié d’autres textes comparables, dans d’autres revues :

  • L’intérimaire, publiée le 6 octobre 1906 dans la Vie Parisienne.
  • l’ancienne maîtresse : lettre de femme, chanson d’Yvette Guilbert, créée à la Scala, paroles de Jérôme Doucet, musique de E. Jaquinot, publiée par Paul Dupont en 1897.

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Source : gallica.bnf.fr

Il existe sans doute d’autres textes comparables, non repérés, dans les nombreuses revues auxquelles Doucet collaborait à cette époque.

Trois lettres d’hommes.

Jérôme Doucet a également écrit le pendant à ces trois nouvelles :

  • de la copie, publiée le 1er novembre 1903 ;
  • le portrait, publiée le 15 juillet 1905 ;
  • Sois sage, ô ma belle inconnue, publiée le 15 novembre 1905.

Ces trois nouvelles, de trois pages chacune, sont illustrées suivant le même schéma que les trois premières : une vignette d’en-tête, une vignette in texte qui peut servir de hors-texte, et un cul-de-lampe. le dessinateur n’est pas Marold mais Georges Dutriac, illustrateur prolifique, qui est un collaborateur régulier de la Revue Illustrée dans ces années-là.

Elles n’ont pas été reprises en volume ; et on pu être écrites et illustrées après la première série. Voici la reproduction de ces trois nouvelles :

  • de la copie :

 

  • le portrait :

 

  • Sois sage, ô ma belle inconnue :

 

 

 

Doucet a donc particulièrement aimé ce genre, puisqu’il l’a utilisé sur près de dix ans, au travers d’une dizaine de productions.

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