la Société Normande du Livre Illustré – bibliographie

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SNLI – logo par Giraldon

La Société Normande du Livre Illustré est une société de Bibliophiles typique de ces associations, qui, vers la fin du XIXe siècle, ont vu le jour. En général, groupant quelques amis, ces sociétés se sont données comme objet de publier des livres de bibliophilie, en général illustrés par un illustrateur et/ou graveur en vogue, avec un tirage très restreint, limité à un exemplaire par sociétaire, plus éventuellement quelques exemplaires mis en vente. La périodicité de publication est variable suivant les sociétés, mais souvent elles essaient de publier un livre par an.

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Comme son nom l’indique, la SNLI est normande avant tout : le noyau de ses membres fondateurs est normand – et plus précisément d’Evreux ; il s’agit de Paul Réveilhac, Charles Hérissey et Joseph L’Hôpital. Paul Réveilhac, chasseur, a publié pour son plaisir personnel quelques ouvrages à très petit nombre (dont certains en un seul exemplaire…) dont « Bécasse« , chez l’imprimeur Charles Hérissey, en 1884.

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A ce premier noyau il faut ajouter notamment Edmond de la Germonière, Raymond Claude-Lafontaine, Arthur Join-Lambert – au total la Société compte seulement 20 membres, plus des « membres correspondants ». Ce nombre sera progressivement augmenté, passant à cinquante, puis cent membres. Paul Réveilhac sera le premier président, éphémère (il décède en 1896) ; suivi par E. de la Germonière. A noter que la Société comportera toujours de nombreux membres des mêmes familles – on trouve dans les listes de membres plusieurs de la Germonière, Réveilhac, Claude-Lafontaine ; jusques dans les années 1970 les membres des familles Réveilhac, Claude-Lafontaine, Hérissey, Hérissay, Join-Lambert formeront l’ossature de la Société.

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Les publications de la Société seront normandes : dans le choix de l’auteur, de l’œuvre, de l’artiste, autant que possible.

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A sa création, il faut noter une particularité du fonctionnement financier de la Société : les membres paient un droit d’entrée, qui sert à constituer le fonds de roulement, nécessaire à la réalisation matérielle d’un livre ; une partie du tirage est réservée, gratuitement, aux membres de la Société ; le reste du tirage est confié à un libraire pour être vendu – et est sensé supporter la totalité du coût de l’opération. En clair, les membres se font financer leurs livres personnels par les ventes aux bibliophiles.. Cette formule, appliquée sur les premiers livres, atteindra ses limites rapidement ; le prix des ouvrages vendus deviendra trop important pour espérer financer durablement les publications.

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Comme beaucoup de Sociétés de ce genre, les documents produits par l’illustrateur sont la propriété de la Société, qui les répartit ou les mets aux enchères, entre ses membres. Les livres sont donc relativement personnalisés – d’autant plus que souvent, des différences existent entre les ouvrages réservés aux membres, et ceux vendus aux bibliophiles (différences dans les tirages des gravures, présence d’un carton…). Cette Société n’applique pas ce que Lucien Vanderem préconise et que des bibliophiles fameux encouragent : « truffer, c’est mal ».

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La Société, créée en 1894, sera dissoute une première fois en 1920, victime des suites de la Grande Guerre (trop de décès dans ses rangs) ; seules les deux publications commencées avant guerre et différées seront achevées avant la dissolution. Elle renaît une première fois en 1929, dans une formule un peu différente : le nombre de membres est porté à cent, et il n’est plus question de vendre des exemplaires. Après quatre publications créées ou réservées à la Société, elle est de nouveau mise en sommeil en 1939 ; elle est réanimée en 1948, et produira des ouvrages jusqu’en 1970.

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Pendant ses soixante-quinze ans d’existence, elle a créé trente ouvrages, dont certains sont vraiment des créations, comme Foires et Marchés normands, dont elle produit le texte et commande les illustrations. Ces livres sont toujours d’un tirage réduit (de 75 à 170 exemplaires au maximum) ; ils ont souvent été truffés (oui, c’est mal) et très bien reliés – la plupart d’entre eux, principalement les plus anciens, sont recherchés ; tout ceci combiné donne des exemplaires qui peuvent être assez onéreux.

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On trouve sur Gallica les huit premiers Bulletins de cette Société, qui couvrent son activité de l’origine jusqu’en 1911, et détaillent notamment les bilans financiers, très instructifs. Dans le Bulletin du Bibliophile, année 1930, également numérisé sur Gallica (mais en mode image uniquement) un article de Raymond Hesse dresse un portrait et une bibliographie de la Société.

1895 – Le lit, de Maupassant, illustré par Jules Ferry.

Le premier livre créé par la Société est une nouvelle de Maupassant : le Lit. Il est illustré par une suite de dessins de Jules Ferry, qui était en possession de Charles Hérissey.

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Le Lit, avant-propos de Henri Lavedan. Évreux, Société Normande du Livre illustré, 1895. Texte entièrement gravé au burin par Stern, illustré de treize eaux-fortes de Champollion, d’après Jules Ferry, titre gravé, couverture sur japon.

Un volume grand in-8° (21 cm sur 28 cm), en feuilles, imprimées au recto seulement (dans un emboîtage réalisé par Champs), tiré par Ch. Wittmann, sur papier vélin des papeteries du Marais, à 76 exemplaires, dont 45, numérotés et signés du président, mis dans le commerce au prix de 225 francs (dont 25 francs de marge pour le libraire).

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Le lit, étui. Source : librairie Chez les libraires associés.

Tous les exemplaires contiennent trois états des planches, dont l’avant-lettre (avec remarque) et le premier état. Les exemplaires des membres de la Société contiennent en outre un carton destiné à remplacer la page 3 de la préface, et une épreuve biffée d’une des planches du volume. Publié le 5 octobre 1895, par les soins de M. Paul Réveilhac.

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Source : librairie Chez les libraires associés.

 

Le livre contient treize illustrations à pleine page de Jules Ferry, encadrant le texte gravé ; il est précédé de la préface de Lavédan, sur 7 pages.

Le tirage est le suivant :

  • 20 exemplaires pour les membres de la Société ;
  • 5 exemplaires pour les membres postulants ;
  • 6 exemplaires pour les collaborateurs ;
  • 45 exemplaires numérotés et mis dans le commerce.

Les exemplaires ont été confiés à Ferroud pour la vente.

 

1897 – Le Bonheur dans le Crime, de Jules Barbey d’Aurevilly, illustré par Félix Régamey.

Préface par Paul Festugière. Aux dépens de la Société Normande du Livre illustré, 1897.

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Le bonheur dans le Crime. Source : Drouot.com.

 

Ouvrage illustré d’un portrait de l’auteur, gravé au burin par Burney, d’après E. Lévy, de douze eaux-fortes de Monziès, d’après Régamey, et de deux fac-similés d’autographes de Barbey d’Aurevilly, dont un tiré en couleurs à la poupée. L’en-tête de la préface représente le vieux château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, et le cul-de-lampe, l’église de Valognes.

1 volume grand in-8°, imprimé par Ch. Hérissey d’Evreux, sur papier vélin du Marais, à 85 exemplaires, tous signés du président de la Société, dont 50 mis dans le commerce au prix de 300 francs, couverture en papier gris. Tous les exemplaires contiennent trois états des planches, dont l’avant-lettre (avec remarque) et le premier état. Ces deux dernières suites ont été livrées en feuilles dans un carton, et non brochées dans le volume. Les exemplaires des membres de la Société contiennent en outre une épreuve biffée d’une des planches du livre.

 

Source : Gallica.bnf.fr.

Publié le 9 septembre 1897, par les soins de MM. Paul Réveilhac, Hérissey et R. Claude-Lafontaine.

Le tirage est le suivant :

  • 25 exemplaires pour les membres de la Société ;
  • 10 exemplaires pour les collaborateurs ;
  • 50 exemplaires numérotés et mis dans le commerce à 300 francs.

Les exemplaires ont été confiés à Rouquette pour la vente. Il faut noter que cette vente a été difficile – le prix ayant été jugé trop élevé. Pour pallier ce problème, pour le livre suivant le nombre d’exemplaires à vendre sera doublé, ce qui permettra de diviser le prix de vente par deux.

 

1898 – Foires et marchés normands, de Joseph l’Hôpital, illustré par Auguste Lepère.

Foires et Marchés normands. Notes et fantaisies. Croquis d’après nature dessinés et gravés sur cuivre et sur bois par A. LEPÈRE, Aux dépens de la Société Normande du Livre illustré, 1898.

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Ecrit spécialement pour la Société par un de ses membres et illustré par A. Lepère de 47 eaux-fortes originales (réparties et habillées dans le texte), et d’ornements typographiques gravés sur bois, cet ouvrage est divisé en cinq chapitres précédés d’un avant-propos.

1 volume in-8° jésus de xii-148 p., imprimé par Chamerot et Renouard, et par Ch. Wittmann pour la taille-douce, sur papier vélin blanc à la forme fabriqué par Perrigot-Mazure et encollé par lui après l’impression, à 140 exemplaires numérotés, dont 100 mis dans le commerce au prix de 150 francs ; couverture imprimée sur papier gris. Les exemplaires des membres de la Société contiennent en outre : 1° une suite de cinq grands bois (un par chapitre) gravés par A. Lepère, tirage sur chine ; 2° une suite en premier état des planches ; 3° une suite de ces mêmes planches, tirage à part de l’état achevé; 4° une épreuve d’une de ces planches biffées.

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Publié le 6 janvier 1899 par les soins de MM. Paul Reveilhac, de la Germonière. Joseph L’Hopital et Raymond Claude-Lafontaine.

Le tirage est le suivant :

  • 25 exemplaires pour les membres de la Société ;
  • 15 exemplaires pour les collaborateurs ;
  • 100 exemplaires numérotés et mis dans le commerce au prix de 150 francs.

Les exemplaires ont été confiés à Carteret pour la vente. Ce livre rencontrera tout de suite un grand succès, d’estime et de vente.

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source : SVV Binoche et Giquello.

L’exemplaire de Raymond Claude-Lafontaine a été vendu 14 000 euros par Binoche et Giquello le 20 mars 2013 – il était enrichi de 8 dessins de Lepère, ainsi que d’une planche de fumés – et présenté dans une reliure de Carayon ornée d’un cuir incisé, peint et doré de Lepère.

1900 – Melænis, de Louis Bouilhet, illustré par Paul Gervais.

Louis BOUILHET. Melænis, préface de A. Join-Lambert. Société Normande du Livre illustré. Évreux, Imprimerie Ch. Hérissey, 4 rue de la Banque, 4. M. D. CCCC.

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Source : SVV Pescheteau-Badin.

1 volume grand in-80 (20 cm x 28 cm) de xxlv-149-xvi pp., publié d’après l’édition originale, et illustré d’un frontispice, d’un fleuron pour la dédicace à Gustave Flaubert, d’un en-tête, un hors texte et un cul-de-lampe pour chacun des cinq chants, ensemble dix-sept planches gravées en couleurs par Bertrand d’après les aquarelles de Gervais et tirées en taille douce par Wittmann. Les épreuves de ces gravures, exécutées sur trois ou quatre cuivres par le procédé à repérage, sont sans aucune retouche.

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Source : librairie Giard.

Tirage sur papier vélin blanc des papeteries du Marais à 140 exemplaires numérotés dont 100 mis dans le commerce au prix de 250 francs. Couverture en papier du Japon. Les exemplaires des membres de la Société contiennent la suite des successifs des six hors textes et une épreuve d’une des planches biffées.

Publié le 27 mai 1900 par les soins de MM. Join-Lambert, Hérissey et Raymond Claude-Lafontaine.

1901 – le Village, d’Octave Feuillet, illustré par Albert Dawant.

Octave FEUILLET. Le Village, scène provinciale, préface de Mme Octave Feuillet. Aux dépens de la Société Normande du Livre illustré. — M. D. CCCCI.

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1 volume petit in-8° (19 cm sur 27 cm) de xii-83 pp., publié d’après l’édition originale (Revue des Deux-Mondes du 45 juin 1852), illustré d’un portrait gravé au burin par. Boisson d’après une photographie et de quatre vignettes gravées au burin par Boisson d’après les dessins de Dawant, et imprimé par P. Renouard et par Wittmann sur papier vélin teinté des papeteries du Marais. Couverture en papier gris. Tirage à 143 exemplaires dont 100 mis dans le commerce au prix de 40 francs.

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Il a été tiré en outre un exemplaire de grand format sans réimposition du texte, et sur papier blanc, destiné à l’acquéreur des dessins de Dawant.

Les exemplaires des membres de la Société contiennent une épreuve d’une des planches biffées.

Publié le 6 novembre 1901, par les soins de M. Claude-Lafontaine.

1903 – Un Cœur simple, de Gustave Flaubert, illustré par Edmond Rudaux.

Gustave FLAUBERT, Un Cœur simple, aux dépens de la Société normande du Livre illustré, 1903.

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1 volume in-12 de 91 pages (12 cm x 19 cm), publié d’après l’édition originale, illustré de 15 eaux-fortes originales en couleurs gravées par Rudaux et tirées par Ch. Wittmann, sur papier vergé teinté à, la forme des papeteries d’Arches. Texte imprimé par Ch. Hérissey d’Evreux. Les épreuves de ces eaux-fortes, exécutées au repérage sur 4 ou 5 planches, sont sans aucune retouche. Couverture en papier vert. Tirage à 110 exemplaires dont 40 mis dans le commerce au prix de 250 francs.

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Les aquarelles originales ont été exécutées par Rudaux en 1896 sur un exemplaire unique de format in-8° appartenant à M. Raymond Claude-Lafontaine, membre de la Société.

Tous les exemplaires contiennent les épreuves des successifs du frontispice. Ceux des membres de la Société contiennent en outre une épreuve d’une des planches biffées.

Publié le 19 décembre 1903 par les soins de M. Claude-Lafontaine.

1905 – Chansonnier Normand, illustré par Adolphe Giraldon.

Chansonnier Normand, préface de Joseph L’Hôpital. Table historique de A. Join-Lambert. Ornementation de Ad. Giraldon. Paris, aux dépens de la Société normande du Livre illustré, 1905.

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1 volume grand in-8° (19 cm sur x30 cm) de xlii-112-20 pages en 23 feuilles complètes. Couverture sur simili japon, imprimée en couleurs.

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Recueil de chansons normandes, depuis le moyen âge jusqu’à nos jours. divisé en 3 périodes, précédées chacune d’un portrait frontispice, et en 14 groupes ; orné à chaque page de cadres décoratifs d’Adolphe Giraldon, gravés en couleurs par Ducourtioux et Huillard. Ces cadres sont au nombre de quatorze. Gravure sur bois du trait des frontispices et des 14 en-têtes par Quesnel. Impression en couleurs en 3, 4, et 5 tirages par Draeger frères de Montrouge sur papier vélin filigrané à la forme, des papeteries du Marais. Cartonnage bradel toile pleine par Engel.

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Tiré à 125 exemplaires dont 50 brochés mis dans le commerce au prix de 150 francs.

Publié le 31 octobre 1905 par les soins de MM. A. Join-Lambert et Raymond Claude-Lafontaine.

1906 – la légende de Saint-Julien l’Hospitalier, par Gustave Flaubert, illustré par Malatesta.

Gustave FLAUBERT. La légende de saint Julien L’Hospitalier. Fac-simile d’un manuscrit enluminé, historié et calligraphié par Malatesta. Préface de Octave Join-Lambert. Paris, aux dépens de la Société normande du Livre illustré, 1906.

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source : Drouot.com

1 volume in-8° (200 X 260) de xiv-52 pages en 10 feuilles complètes. Reproduction en fac-siwile, au moyen do 6 clichés typographiques et un cliché d’or pour chaque page, gravés par Reymond, photograveur (Henri Jouffroy, chromiste), d’un manuscrit de H. Malatesta appartenant à M. Lucien Claude-Lafontaine, membre de la Société. Impression sur japon des manufactures impériales de Tokio, par Draeger frères, à Montrouge. Couverture sur papier gris. Tirage à 170 exemplaires dont 100 mis dans le commerce.

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source : Drouot.com

Publié en octobre 1906, par les soins de MM. Raymond Claude-Lafontaine et Octave Join-Lambert.

1907 – Léa, de Jules Barbey d’Aurevilly, portrait par Xavier Maccard.

J. BARBE Y D’AUREVILLY. Léa. Aux dépens de la Société normande du Livre illustré. (Préface de Mlle Read.) Paris, 1907.

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source : lib gravures9414 (ebay)

1 volume in-12 (11,5 cm sur 15 cm) de xiv-70 pages en 8 feuilles complètes.

Edition originale, précédée d’une préface de Mlle Read. Portrait gravé en couleurs au moyen de 4 planches repérées, par Xavier Maccard, d’après une miniature appartenant à Mile Read. Imprimée par Ch. Hérissey, sur papier d’Arches, à 90 exemplaires, dont 28 mis dans le commerce au prix de 25 francs. Couverture sur papier gris.

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Publié le 31 janvier 1907, par les soins de M. Raymond Claude-Lafontaine.

1907 – deux contes, de Guy de Maupassant, illustrés par Auguste Lepère.

Guy de Maupassant. Deux contes : Le Vieux, la Ficelle. 84 petites compositions dessinées et gravées sur bois par Auguste Lepère. Aux dépens de la Société normande du Livre illustré. Paris, 1907.

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1 volume in-8) (16 cm sur 24 cm) de 94 pages en 10 feuilles complètes.

Composé et imprimé dans l’atelier de Auguste Lepère, sur sa presse à bras et sous sa direction. Tirage sur papier de llollande van Gelder à 120 exemplaires, dont 50 mis dans le commerce au prix de 225 francs. Couverture illustrée sur papier blanc.

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Publié le 26 décembre 1907.

1908 – Rouen d’hier et d’aujourd’hui, de Georges Dubosc, illustré par Charles Jouas.

Georges Dubosc. Rouen d’hier et d’aujourd’hui. Préface de Léon Hennique. Dessins originaux de Charles Jouas, gravés sur bois par Eugène Dété. Paris, A. Blaizot, éditeur, 26, rue Le Peletier, 1908 (Imprimerie Ch. Hérissey et fils).

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source : ebay (wilbof)

1 volume in-8° (18 cm sur 25 cm) de 296 pages en 37 feuilles complètes, tiré à 200 exemplaires numérotés.

La Société normande du Livre illustré a acquis les numéros 26 à 75, tirés sur Chine spécialement pour elle. Chaque exemplaire contient une suite en tirage à part des bois de Dété.

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Publié en décembre 1908, sous la direction de M. Ch. Hérissey.

Il faut noter que la Société ne s’est pas contentée de souscrire à une publication de Blaizot ; en fait elle a fait porter à Blaizot une publication dont elle ne se sentait pas capable d’assurer la vente.

1909 – le Cid, de Pierre Corneille, illustré par Gorguet.

Pierre Corneille. Le Cid, tragédie. Paris, aux dépens de la Société normande du Livre illustré. M. CM. IX.

1 volume petit in-4° (23,5 cm sur 32,5 cm) de xxvi-114-xv pp. en 20 feuilles (dernier feuillet blanc), publié d’après l’édition Hachette-Marty Lavaux 1862, illustré de 5 hors-texte gravés à l’eau-forte par Louis Muller, d’après les compositions de Gorguet, et d’ornements typographiques gravés sur bois par Quesnel d’après les dessins de Gorguet.

Imprimé par Ph. Renouard et Cie, taille-douce par Ch. Wittmann. Caractère Plantin de la fonderie Turlot. Tirage à 116 exemplaires sur papier vélin d’Arches, dont 50 mis dans le commerce au prix de 175 francs. Couverture imprimée sur Japon.

Publié le 30 octobre 1909, par les soins de M. Raymond Claude-Lafontaine.

A noter que la Société rééditera le Cid en 1960…

 

1910 – Contes en prose, de Leconte de Lisle, portrait par Coraboeuf.

Leconte de Lisle. Contes en Prose (Impressions de Jeunesse), préface de Jean Dornis. Paris, aux dépens de la Société normande du Livre illustré. 1910.

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librairie Valier

1 volume grand in-8° (17 cm sur 25 cm) de xxiv-217 pp. en 28 feuilles (dernier feuillet blanc).

Edition originale de dix contes publiés par Leconte de Lisle dans divers journaux, de 1848 à 1850, intitulés : Mon premier amour en prose, Une peau de Tigre, Le songe d’Hermann, La Mélodie incarnée, Le prince Ménalcas, Sacatove, Dianora, Marcie, La Rivière des Songes, La princesse Yasolda. Portrait gravé au burin par Corabœuf d’après un dessin au crayon ad vivum de Jobbé Duval et ornements typographiques gravés sur cuivre par Maccard d’après les dessins de Malatesta.

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Tiré par Ph. Renouard et Cie à 135 exemplaires sur papier vélin du Marais, dont 50 mis dans le commerce à 80 francs. Taille-douce par Wittmann. Couverture tirée en taille-douce sur papier vergé gris.

Publié le 26 décembre 1910, par les soins de M. Raymond Claude-Lafontaine.

1912 – l’ensorcelée, de Barbey d’Aurevilly, illustré par Maurice Ray.

Barbey D’aurevilly. L’Ensorcelée. Paris, aux dépens de la Société normande du Livre illustré, 1912.

1 volume in-4 (30 cm sur 20 cm) de 266 pages en 34 feuilles : les 3 dernières pages contenant les notes de l’auteur, la table des gravures et l’achevé d’imprimer.

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source : librairie Clagahé, Lyon.

Les onze aquarelles, exécutées par Maurice Ray et gravées en couleurs sur planches repérées par Maccard, ont été tirées en taille-douce sur les presses de Ch. Wittmann. Les ornements typographiques de M. Ray ont été gravés sur cuivre par Maccard. Le papier fabriqué à Rives chez Blanchet frères, Kléber et Cie. L’impression a été faite sur les presses de Philippe Renouard.

Le volume a été tiré à 130 exemplaires sur papier vélin au prix de 150 francs (sans doute 50 exemplaires dans le commerce ?).

Publié par les soins de M. Raymond Claude-Lafontaine.

1913 – Vieux habits, vieux galons, d’Albert Sorel, illustré par Maurice Leloir.

Albert Sorel. Vieux Habits, vieux Galons. 1 volume in-8 carré (17 cm x 24 cm) de 265 pages en 35 feuilles plus une page pour la table. Imprimé par l’Imprimerie générale Lahure.

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Les compositions de Maurice Leloir, gravées an burin et à l’eau-forte par Léon Boisson. Cet ouvrage a été tiré à 300 exemplaires en 1913, Carteret éditeur, dont 50 sur papier de Hollande à la forme pour la Société normande du Livre illustré. Ces 50 exemplaires contiennent une préface écrite spécialement par M. Frédéric Masson, de l’Académie française, représentant xlviii pages.

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le tirage est le suivant :

  • 80 exemplaires de grand choix, sur japon ou sur vélin du Marais ;
  • 50 exemplaires sur papier de Hollande pour la SNLI ;
  • 170 exemplaires sur vélin du Marais.

1914. Mérimée, auteur Normand, par Joseph L’Hôpital.

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Une plaquette in-12 (12 cm x 16 cm) de 21 pages, éditée à 75 exemplaires et adressée à tous les membres de la Société, pour justifier le choix de Mérimée pour la prochaine publication retenue : Le Vase étrusque, dont la parution sera différée du fait de la guerre, jusqu’en 1920. Elle est illustrée d’un portrait de Mérimée, gravé par Maccard d’après une lithographie de Dévéria et imprimée à Evreux par Paul Hérissey.

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1914-1920 – le Vase étrusque, de Prosper Mérimée, illustré par Auguste Leroux.

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Prosper Mérimée. Le Vase étrusque. Paris, Société normande du Livre illustré, 1914-1920.

1 volume in12 (13 cm sur 20 cm) de 102 pages en 13 feuilles ; la dernière page comprenant l’achevé d’imprimer. Les dessins exécutés par Auguste Leroux (un encadrement, deux vignettes, six fleurons et cinq hors-texte) ont été gravés à l’eau-forte par Louis Muller. Le texte buriné par Frédéric Pimpe. Le tirage en taille-douce sur les presses de A. Porcabeuf et Cie. Le papier de Hollande filigrané aux initiales S. N. L. I.

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Ce livre entièrement établi dès juin 1914 par les soins de M. Raymond Claude-Lafontaine, n’a été achevé d’imprimer à raison de la guerre, que le 21 octobre 1920, sous la direction de M. Lucien Claude-Lafontaine.

Le volume a été tiré à 115 exemplaires et les cuivres détruits.

Le prix de ce volume, y compris le suivant, a été pour les membres de la Société de 150 francs.

1920 – les médailles d’argile, de Henri de Régnier, illustré par Guétant.

Henri de Régnier. Les Médailles d’Argile, Paris, aux dépens de la Société normande du Livre illustré, 1920.

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1 volume petit in-4 (20 cm X 27 cm) de cxxi pages, plus 4 pages de table : la dernière page comprenant l’achevé d’imprimer. Les dix compositions en couleur, dont cinq hors-texte, de G. P. Guétant ont été gravées sur bois par P. Gusman. Tirage unique à 100 exemplaires (et non pas 180 comme l’indique Raymond Hesse dans le Bulletin du Bibliophile).

Ce livre, commencé au début de l’année 1914, a été terminé pendant la guerre de 1914-1918 par les soins de M. Jean Borderel, membre de la Société, et achevé d’imprimer le 15 octobre 1920, sur les presses de Frazier-Soye, à Paris.

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Le prix de ce volume, y compris le précédent, a été pour les membres de la Société de 150 francs.

Société Normande du Livre Illustré – seconde période.

La Société est dissoute à la parution de ces deux derniers volumes. Elle est recréée en 1929, avec les mêmes animateurs – ou leurs descendants. la première publication est la réédition, portée par Ferroud, d’un livre de Paul Réveilhac, sous son pseudonyme de Fusillot, en attendant la parution du premier livre conçu par la nouvelle Société.

1929 – Un début au marais, par Fusillot, illustré par Giacomelli.

Fusillot (pseudonyme de Paul Réveilhac). Un début au marais. Préface de Joseph L’Hôpital, avant-propos de Pierre Réveilhac. Librairie des Amateurs, François Ferroud, 1929.

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1 volume in-8° de (5)viii-102 pages, illustré de dix compositions de Giacomelli, dont deux hors-texte, six vignettes et deux encadrements de page,  gravées sur bois par J. Huyot. Il s’agit de la réédition  de l’édition originale parue en 1892 chez A. Ferroud – qui comportait également des eaux-fortes de A. Lalauze, non reprises.

Le tirage est de quatre cent cinquante exemplaires, dont cent sont réservés pour les cent membres de la nouvelle Société :

  • 40 exemplaires sur japon impérial, avec 3 états des hors texte, dont un état en couleurs ;
  • 50 exemplaires sur Japon impérial, avec 2 états des hors texte, dont un état en couleurs ;
  • 260 exemplaires sur vélin d’Arches, avec 1 état des hors texte.
  • 100 exemplaires (tirage spécial) sur papier vélin, contenant 2 états des hors-texte, réservés à la SNLI.

 

1932 – la vie amoureuse de la Belle Hélène, de Gérard d’Houville, illustré par Carlègle.

Gérard d’Houville, la vie amoureuse de la Belle Hélène, bois en couleurs par Carlègle, Société Normande du Livre Illustré, 1932.

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1 volume in -4° (21 cm sur 27 cm), de 213 (8) pages, illustré de 45 bois en couleurs, de Carlègle. C’est la première fois que Carlègle réalise des bois en couleurs. Tirage à 130 exemplaires.

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A partir de cette publication, la liste des cent membres est systématiquement insérée en fin d’ouvrage, il n’y a pas d’exemplaires mis dans le commerce.

 

1935 – Mon Onc’Jean, de Joseph L’Hôpital, illustré par Charles Léandre.

Joseph L’Hôpital. Mon Onc’Jean, étude paysanne, illustré de 51 lithographies de Charles Léandre, Société Normande du Livre Illustré, Evreux, 1935.

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source : Drouot.com.

1 volume in-4° (24 cm sur 31 cm) de 256 pages, tiré à 130 exemplaires sur vélin BFK de Rives, dont cent pour les membres de la Société, vingt pour les membres correspondants et dix pour les collaborateurs et le dépôt légal.

Ce texte avait initialement été publié dans l’Illustration, en 1896. Joseph L’Hôpital est mort en 1930, la Société lui rend hommage avec cette réédition.

 

1939 – la Normandie bénédictine, de Georges Goyau, illustré par Ambroselli.

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1 volume in-4° de 197 pages, illustré de 51 gravures sur cuivre de Gérard Ambroselli, imprimé par Aulard à Paris, tiré à 110 exemplaires réservés aux membres de la Société. le livre est daté 1938 mais à la date du 20 mars 1939.

 

Comme précédemment, la Société est mise en sommeil pendant la Guerre. Elle reprend ses activités en publiant le titre suivant en 1948.

 

Société Normande du Livre Illustré – troisième période.

 

1948 – Thérèse Martin, de Louis Chaigne, illustré par George Desvallières.

Thérèse Martin, de Louis Chaigne, Société Normande du Livre Illustré, Caen, 1948.

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1 volume in-4° de 97 pages, illustré de 26 aquarelles de George Desvallières, tiré à 140 exemplaires.

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Thérèse Martin, bien sûr, c’est Thérèse de Lisieux.

Ce livre, spécialement écrit par Louis Chaigne pour la Société Normande du Livre Illustré, a été réalisé à l’occasion du Cinquantenaire de la mort de Thérèse Martin, en religion Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Les aquarelles originales de George Desvallières ont été gravées en taille douce par Gérard Ambroselli, tirées sur presse à bras par R. et M. Padovani. André Join-Lambert, Jacques Hérissay, Armand Moreau ont surveillé l’exécution de l’ouvrage. Le tirage en a été limité à 140 exemplaires, dont 100, numérotés de 1 à 100, distribués aux membres de la Société ; 30, numérotés de 101 à 130, réservés aux membres correspondants; 10, numérotés de I à X, destinés aux collaborateurs.

Achevé d’imprimer sur les presses de Raymond Jacquet le 15 juin 1948.

1950 – trois contes, de madame d’Aulnoy, illustrés par Jacques Cassegrain.

Madame d’Aulnoy, trois contes, lithographies d’après les aquarelles de Jacques Cassegrain, Société normande du livre illustré, 1950.

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1 volume in-4° de 140 (8) pages (22,5 cm sur 28,5 cm), avec une préface de Jacques Hérissay. 50 lithographies en deux tons dont un frontispice et trois hors texte, de Charles Sorlier d’après les aquarelles de Jacques Cassegrain. Les contes sont la Biche au bois, l’Oiseau bleu, et la Belle aux cheveux d’or. Chaque conte est illustré d’une couleur particulière : le rouge pour la Biche au bois, le bleu pour l’Oiseau bleu, l’ocre jaune pour la Belle aux cheveux d’or.

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source : svv Kâ-Mondo

Le tirage est de 140 exemplaires sur vélin de Rives.

 

1953 – Farce normande et autres contes, de Guy de Maupassant, illustrés par Michel Ciry.

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Farce normande et autres contes, Guy de Maupassant. Eaux-fortes originales de Michel Ciry. Société normande du livre illustré, 1953.

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source : svv Alde.

1 volume in-4° de 117 pages, avec trente-trois eaux-fortes originales, dont quatre hors-texte, de Michel Ciry. Le volume contient, à la suite de Farce normande, les contes suivants : Taine, le petit fût, le diable, une vente, la bête à Mait’ Belhomme, le retour. Tirage à 140 exemplaires.

 

1960 – le Cid, de Pierre Corneille, illustré par Paul Aïzpiri.

Pierre Corneille, le Cid, lithographies originales de Paul Aïzpiri, Société normande du livre illustré, 1960.

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1 volume grand in-4° (28 cm sur 38 cm) de 150 pages, illustré de 25 lithographies originales en couleur de Paul Aïzpiri, à double-page, pleine page ou in-texte. Tirage à 150 exemplaires, plus 50 suites des lithographies, dont 10 en couleurs sur Japon nacré, 20 en couleurs et 20 en noir sur Malaca.

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Imprimé à Paris par Fequet et Baudier, et par Edmond et Jacques Desjobert pour les lithographies.

1962 – Hérodias, de Gustave Flaubert, illustré par Abram Krol.

Gustave Flaubert, Hérodias, illustré de cuivres d’Abram Krol, Société normande du livre illustré, 1960.

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source : librairie le Feu Follet.

1 volume grand in-4° (27 cm sur 33 cm), de 143 pages, illustré de 23 cuivres détourés, réhaussés de bois en couleurs d’Abram Krol. Tirage à 125 exemplaires sur papier de Rives. Il a été tiré 35 suites des illustrations – dont 10 sur vélin d’Arches dans leur état définitif (après notamment des suites sur Japon nacré).

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Imprimé par Fequet et Baudier à Paris, les cuivres par Georges Leblanc.

 

1965 – Pays de Caux, de Jehan le Povremoyne, illustré par Jacques Boullaire.

Jehan le Povremoyne. Pays de Caux, pointes-sèches de Jacques Boullaire, Société normande du livre illustré, 1965.

1 volume in-4° (25 cm sur 35,5 cm), de 189 (7) pages, illustré de 24 pointes-sèches de Jacques Boullaire. Tirage limité à 120 exemplaires, sur vélin de Rives.

 

1968 – la Phoebe, de jean de la Varende, illustré par Michel King.

Jean de la Varende, la Phoebe, histoire coloniale, lithographies par Michel King, Société normande du livre illustré, 1968.

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source : wikidata

1 volume in-4° de 124 pages, comportant vingt-quatre lithographies en couleurs dont onze à pleine page et une à double page. Imprimé par Pierre Daynac, et Henri Deprest pour le lithographies. Tirage à 125 exemplaires sur papier de Rives, plus trente suites des illustrations : dix sur papier Japon, vingt sur Auvergne du moulin Richard de Bas.

1970 – Certitudes et incertitudes de la science, de Louis de Broglie, illustré par Xavier Longobardi.

Louis de Broglie, Certitudes et incertitudes de la science, structurations et linogravures de Xavier Longobardi, Société Normande du livre illustré, 1970.

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librairie du Château de Capens.

Louis de Broglie, 7e duc de Broglie, est le fils de Victor de Broglie, 5e duc, et membre de la SNLI, et le frère de Maurice de Broglie, 6e duc, également membre de la SNLI.

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1 volume in-4° de (4) 101 pages, (39 cm sur 52 cm) en forme de guitare, sous couverture plastique dans un emboîtage magnétique. Illustré par onze compositions en couleurs, dont trois à pleine page et une à double page. Tirage à 140 exemplaires sur vélin d’Arches.

 

 

 

 

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la Chanson des mois : Juillet.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de juin, voici juillet :

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                               Juillet

          Soleil créateur, Solleil homicide,
          Soleil brûlant comme un acide
          C’est dans la fournaise que Dieu
          Doit cuire l’émail translucide
          Du Ciel implacablement bleu.

          Soleil de Juillet, o béante gueule
                             De four,
          L’atroce splendeur de ton jour
          Nous écrase comme une meule.

                   Trop heureuse mille fois,
                       Au fond du bois
Lorsque ton char de feu suit son ardente course
          La Nymphe qui vient se cacher
Dans le creux sombre d’un rocher
Parmi le gazouillis des sources

      Le clair goutte à goutte de l’eau
Sur son corps engourdi d’une chaude paresse
      Fait ruisseler le frais manteau 
                          De sa caresse
      Et la Nymphe avec un frisson
      Délicieux reprend l’ancestrale chanson

      La vie est longue, la vie obscure
      La vie est douce à qui n’a cure
      De la gloire au vain apparat
      La vie est rude, la vie est brève
      Pour Icare, le fol, qui rêve
      De s’envoler jusqu’au Soleil

 

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Dix paysages de l’Yveline

Pierre-Eugène Vibert est un peintre, graveur et illustrateur Suisse ; né à Carouge (près de Genève) en 1875, il y est mort en 1937. Il partage sa vie entre la Suisse et Paris. La famille Vibert est une famille connue à Carouge, plusieurs de ses membres, dont le père de Pierre-Eugène, et ses frères, exercent des responsabilités politiques – une avenue porte leur nom.

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En France, Pierre-Eugène va travailler à Paris ; il collabore à la revue l’Image, et, un peu comme Paul-Emile Colin, sera remarqué par Clément-Janin et Pelletan. Pour Pelletan, il illustre notamment les Poèmes du Souvenir , d’Anatole France (1910), et Les Travaux et les Jours, d’Hésiode (1912), avec Paul-Emile Colin ; ainsi que la plaquette « aux Etudiants« , d’Anatole France – et le catalogue général des éditions Pelletan (1913). Il travaillera également beaucoup pour les éditions Crès (en général en fournissant un portrait).

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P.E. Vibert, maison de Pierre Lelong à Grosrouvre (Revue Illustrée, 10 avril 1910).
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maison de Pierre Lelong, vue Google – peu de changements

 

il achètera une maison à Grosrouvre, dans les Yvelines ; et ce n’est pas par hasard s’il a choisi ce petit village, tout près de Montfort-l’Amaury : au début du siècle ce coin de campagne est à la mode ; les Tinayre y sont installés ; Pierre Lelong aussi, qui a publié une monographie du village (Au pays des grenouilles bleues) – c’est lui qui a attiré l’attention sur ce village. Maurice Maeterlinck y passe du temps ; Pierre Gusman y habite… Rien d’étonnant à ce que Pierre-Eugène Vibert s’y installe.

La région lui plait et lui inspire des gravures – qu’il réunit dans deux albums. Le premier, publié par Crès en 1916, au format in-4°, réunit dix gravures sur les environs de Paris, avec une préface de Clément-Janin. Son tirage est de 10 exemplaires de tête, sur chine, plus 125 exemplaires sur vélin d’Arches.

Le second album, publié par les éditions Pelletan (dirigées, depuis la mort d’Edouard Pelletan, par son gendre René Helleu), en 1919, est intitulé « dix paysages de l’Yveline« . Il se présente sous la forme d’un portefeuille in-folio (34,5 cm sur 44,5 cm), de toile marron, avec une simple étiquette collée. Le portefeuille contient un livre broché, de format 31 cm sur 43 cm, de 14 feuilles (non paginées) ; suivi des dix gravures, sous passe-partout marron, tirées en camaïeu.

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Le livre reproduit un texte de Paul Fort (qui habitera également Grosrouvre…) ; il s’agit de huit poèmes en prose, qui célèbrent les environs, invoquant Vibert et Helleu, l’éditeur… qui y habite également !

La dédicace du livre évoque Pierre Lelong :

C’est le pays des grenouilles bleues, connu de tous les savants. Pierre Lelong, (Au pays des grenouilles bleues.)

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Ce livre est illustré, par Vibert, d’une vignette sur la page de titre (le clocher de Grosrouvre), de neuf bandeaux et neuf cul-de-lampe, floraux.

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Premier texte de Paul Fort : le Voyage :

C’est au pays de l’Yveline qu’une chaumière attend nos cœurs, Muse : elle est là, petite et fine, rustaude mais quasi divine et d’harmonie et de blancheur.

je n’en sais que ceci, ma mie, et qu’elle attend sous maints ciels bleus, et que Vibert nous l’a choisie pour y gâter de poésie ses « bois » édités chez Helleu.

 

Il est tiré à soixante-trois exemplaires seulement :

  • quinze exemplaires sur japon ;
  • quarante-cinq exemaplires sur vélin d’Arches ;
  • trois exemplaires de présent.

Plus cinq épreuves réservées à Vibert, et une collection de fumés réservée à Helleu.

Les gravures, sous passe-partout de format 33,5 Cm sur 42,5 cm, sont de format 18 ou 18,5 cm sur 24 cm ; elles sont tirées en camaïeu de brun, sauf les deux premières, en noir.

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Les dix gravures ne sont ni numérotées ni légendées ; des erreurs d’interprétation sont donc possibles. La liste donnée, en fin d’ouvrage, est celle-ci :

  • I. Montfort-l’Amaury.
  • II. Le domaine de Groussay (les Communs).
  • III. Montfort (la route de la Tripière).
  • VI (sic). la ferme de la Vignette.
  • V. le Manoir des Mesnuls.
  • VI. Gambais (l’Etang-Neuf).
  • VII. Grosrouvre (le Manoir et l’Église).
  • VIII. Grosrouvre (les Prunelliers).
  • IX. Galluis (la route de la Queue-Lez-Yvelines).
  • X. Condé (Moulin sur la Vesgre).

Tous ces sites sont à proximité immédiate de Grosrouvre – à peine quelques kilomètres.

Voici ces dix gravures, dans l’ordre :

On peut comparer quelques gravures à l’état actuel. Voici le manoir des Mesnuls :

l’église de Montfort-l’Amaury, depuis la tour d’Anne de Bretagne :

 

Dans toutes ces gravures, un peu comme Paul-Emile Colin, Vibert se concentre sur une nature vide ; quelques animaux de basse-cour, c’est tout ; peu de bâtiments, et quand il y en a, ce sont principalement des fermes, ou des aspects modestes, s’il s’agit d’un château (comme pour le château de Groussay – représenté par un bout de mur des communs…). On imagine ce qu’il aurait pu choisir, dans ce secteur, où les grandes demeures sont légions ! mais non, il nous représente une campagne tranquille, quasiment déserte.

En annexe, pour se faire une idée de la popularité du village de Grosrouvre, voici un article publié le 10 avril 1910 par la Revue Illustrée.

Une Excursion en Yveline

J’AI profité du temps radieux des dernières vacances de Pâques pour aller faire un petit tour en « Yveline ». Qu’est-ce que l’Yveline ? vous demandez-vous. Que cache ce nom, d’ailleurs frais et pimpant ? Cela doit être bien lointain ! Eh bien, non ! L’Yveline est une vieille petite province comprise dans la grande province de l’lle-de-France, et pour la trouver, il n’est besoin d’entreprendre un long et fatigant voyage. Elle est, pour ainsi dire, presque aux portes de Paris.

« L’Yveline » désigne la région de Dreux, Houdan, Rambouillet et Dourdan ; commençant un peu après Versailles, elle va jusqu’à Mantes en suivant la rive gauche de la Seine et a pour limites, à l’ouest, les limites mêmes du département de l’Eure. C’est un petit joyau bien serti dans notre joli département de Seine-et-Oise. Son centre officiel et administratif est Rambouillet, mais Rambouillet se trouve à l’une de ses extrémités, c’est pourquoi, au point de vue du pittoresque, elle lui préfère plutôt Montfort-l’Amaury, qui domine sa partie la plus vivante et la plus gracieuse. Autour de cette calme et intéressante petite ville, se groupent, en une aimable synthèse, les aspects les plus caractéristiques de ce pays qui, si proche de notre capitale, étonne tout d’abord et subjugue ensuite par son caractère de profonde et savoureuse rusticité. On ne peut souhaiter en effet plus de diversité, plus de mouvement et de grâce dans un cadre si menu. Ici les sites sont variés à l’infini : ce ne sont que vallonnements harmonieux, collines qui ondulent, se croisent et se coupent, vastes plateaux cultivés, prairies vertes, combes magistralement boisées, que de larges horizons de bois entourent d’une ceinture mystérieuse, profonde et frémissante. Les futaies sont opulentes : la foret de Rambouillet sur ses lisières masse la verdure puissante de ses chênes ; quelques ruisseaux longs, étroits, aux serpentines allures, mettent dans les fonds où ils glissent, à travers les herbes, le gai murmure de leurs eaux jaseuses, et je ne sais rien de plus archaïquement rustique, que ses hameaux et ses fermes nichés dans les vallées ou éparpillés aux penchants des collines, groupant leurs vieux toits de chaume moussu et se mettant ainsi en étroite harmonie avec la douceur ambiante du décor. Desservie par les lignes de Brest et de Granville aux stations du Perray, de Rambouillet, d’Epernon, de Montfort-l’Amaury-Méré, de Garancières – la-Queue et de Houdan, l’aimable Yveline a tout pour  séduire le touriste amateur de beaux sites de couleur franchement locale. Pourtant le touriste n’y fréquente pas comme il le devrait ; il s’en écarte par pure ignorance ; il s’en tient aux lieux qu’il connaît déjà, dont il commence même à être fatigué, il ne tente pas de découvertes nouvelles. On voudrait, d’une plume persuasive, lui démontrer combien il a tort.

J’ai donc fait halte à Montfort-l’Amaury. Cette gracieuse petite cité, bâtie sur un coteau que ses maisons escaladent et que couronnent les ruines du château comtal de la maison de Montfort, a plusieurs motifs de nous plaire. Elle doit son nom au comte Amaury, fils de Guillaume de Hainaut « auquel le bon roi Robert fit don de la forteresse qu’il avait bâtie en 996 sur le plateau, à la limite de la forêt  Yveline, et qui commandait une des routes de Paris. » Plus tard, la Maison de Montfort, prenait, comme l’on sait, possession de la Bretagne et la duchesse Anne, qui fut mariée à Charles VIII puis à Louis XII, s’intéressa a la reconstitution de l’église. Celle-ci, à laquelle on parvient tout d’abord, n’enchante pas beaucoup l’œil au premier aspect. Elle manque un peu d’unité.

Plusieurs fois abandonnée, puis reprise, modifiée et restaurée, elle se ressent de tous les caprices de ceux qui, dans ses pierres, mirent leur empreinte. La tour carrée, peu élégante, qui domine sa façade, n’a jamais été achevée. L’intérieur, sans transept ni chapelles latérales, est de style gothique. Mais c’est une agréable surprise de trouver là ces beaux vitraux du XVIe siècle, dus, en partie, à Jean Cousin et à Pierre Pinaigrier, qui sont d’une haute valeur décorative et qui, en tamisant le jour à travers leurs coloris si riches et si frais, leurs nobles et purs dessins où tant d’art et de poésie ont été dépensés, n’en rendent que plus précieux l’accueil discret et tout intime de cette vieille église. On arrive alors, en sortant par les bas-côtés, à descendre ces petites rues déclives qui entourent le monument et qui, avec leurs maisons agrestes ou trapues, leurs vieilles portes, leurs cours silencieuses, leurs jardins élevés, leurs guirlandes de verdure, lui font un cadre si archaïquement provincial. Ce sont les mêmes que Mme Marcelle Tinayre a si consciencieusement décrites dans sa Maison du Péché, et en les parcourant, on n’est pas étonné, au milieu du grand silence dont se drape l’église et qu’elle étend tout autour d’elle, de n’y rencontrer que quelque dévote s’en allant à petits pas, ou quelque prêtre regagnant le presbytère en lisant son bréviaire. Ces petits coins charmants offrent de multiples sujets d’étude à l’artiste, et M. Julien Tinayre, le mari de l’écrivain, que le dessin repose de la gravure, n’a pas manqué de les rendre dans des croquis à la plume très personnels que nous eûmes le plaisir de voir à l’un des derniers Salons au Village organisés chaque année par la Société des Amis de l’Yveline.

En face de l’église, au sommet d’un tertre herbeux et ombragé, arrangé en promenade publique, se dressent les restes du château de Montfort, qu’on appelle ici « les tours. » Ces débris sont à peu près informes, sauf une tourelle hexagonale où l’on peut encore monter. Mais les lierres les tapissent jusqu’au faîte et ils contribuent, par leur vétusté, à donner plus de caractère encore au paysage. D’en haut, on jouit d’une belle vue sur Montfort, ses dégringolades de maisons, ses rues étroites, l’église et la campagne environnante avec ses villas, ses feuillages, ses prés, ses champs qu’on embrasse jusqu’aux lointains horizons forestiers. On fait là une halle délicieuse. En bas du tertre, sur la gauche, on aperçoit la porte Bardorel qui, jadis, servait sans doute d entrée au manoir, et dont l’arcade s’enlève sur une rue, et un peu plus loin, englobé dans les maisons, le cimetière qu’entourent, sur trois côtés, les vieilles galeries d un ancien cloître. Ce cimetière est la grande curiosité de Montfort, et je crois qu’il en est peu d’aussi original sur notre territoire d’Ile-de-France. On y accède par une porte ogivale, travaillée et fouillée, petit chef-d’œuvre de délicatesse, percée dans un banal bâtiment aux allures de grange. On pénètre aussitôt, en poussant, la grille, dans la plus longue des galeries dont d’antiques voûtes en bois soutiennent les toits de tuiles grises, des arcades avec piliers laissent apercevoir, dans l’espace découvert, les tombes bien alignées autour de la croix protectrice. Appuyées aux murs qui font face aux arcades, des pierres funéraires sont dressées tout au long des galeries. De place en place, de petites chapelles délabrées, émiettées, rongées par les poussières du temps, s’avancent en empiétant sur le champ des morts. Le décor est vraiment unique… Le jour où je pénétrai, pour la première fois, dans le cimetière de Montfort-l’Amaury, le ciel était d’azur et le soleil riait, avec de printanières effusions, dans ce ciel que les cloches de Pâques, le lendemain, allaient emplir de leurs amples ondes sacrées. J’ai passé sous les arcades et j’ai pris plus intimement contact avec le domaine des trépassés. Sur le côté où ne règne point de galerie, j’apercevais, descendant sur le cimetière, le dominant et le touchant presque, un coin champêtre de la ville où les maisons se disséminent entre les jardinets clos. On devinait partout, Sur cette colline baignée de soleil, les frissons de la vie circulant plus joyeuse et plus alerte sous les souffles du renouveau et devant la lumineuse promesse des beaux jours. Mille bruissements peuplaient le silence, des insectes bourdonnaient, des oiseaux riaient en se poursuivant. Tout près de moi, des ouvriers devisaient gaiement, assis au bord d’un tombeau tout neuf. Et dans la vision que j’eus ici de la mort, de l’inéluctable écoulement des hommes et des choses, en ce petit cimetière que l’art enjolive, adoucit de ses grâces vieillottes et fanées, il n’y avait nulle angoisse, nul effrayant mystère mais, à peine teintée de très légère et très lointaine mélancolie, une sérénité profonde comme celle de ces eaux songeuses que le crépuscule assoupit doucement sous une très pâle écharpe de brume.

– Des devoirs d’amitié m’appelaient à Gros-Rouvre. J’aime le nom de ce village qui désigne une espèce particulière de chêne trapu et au feuillage persistant, commune ici, et qui symbolise si bien celle région, car l’Yveline est un des coins de notre France où se plaisent le mieux les beaux chênes robustes, si chers à nos pères les Gaulois. Je me souviens avec quel plaisir je suivis à pied la route qui y mène en longeant des bois, des pâturages et de courtes landes buissonneuses où croissent les genêts. Après le dur hiver que nous venions de traverser, l’éveil de la lumière prenait la terre encore frileuse au dépourvu. Les sèves n’avaient pas encore frémi au cœur des vieux arbres et les chênes conservaient leur parure démodée de feuilles aux tons de cuivre. On se serait cru à l’automne, aux heures dorées ou les forêts agonisent, nous jettent leur plaintif adieu. Et les lointains fuyants et roux gardaient leurs indécisions de pastel éteint.

Gros-Rouvre même ne se compose que d’une douzaine de maisons, d’une église, d’une mairie et d’une école, mais plusieurs hameaux éparpillés en dépendent, qui s’appellent: la Surie, la Troche, les Haizettes, le Buisson et le Chêne-Rogneux. C’est ici, je crois, la partie la plus accidentée de l’Yveline ; elle y a, sous des couleurs naturellement plus discrètes, des aspects de Suisse en miniature. Avec des collines, des plateaux, de minuscules vallées et ses lignes de forêts, elle compose son ravissant décor. Le paysage est tout mouvement et se soulève dans un rythme. Quand on est descendu dans la vallée où frétille le rù de la Mormaire, on aperçoit l’église entourée de son cimetière et bâtie sur de hautes murailles, d’où tombe l’ombre dense des bouquets de pins dont la lumière caresse les troncs roses. On cherche s’il n’est pas autour de vous quelque peintre en train de fixer sur sa toile cette harmonie réalisée là si simplement, où il n’y a rien à ajouter, rien à retrancher et qui vous parle un langage enchanteur comme certains coins d’Italie aussi intimes mais non plus savoureux que celui-ci. Et c’est ainsi partout: voilà la région bénie des peintres avides de solitude pour les labeurs féconds. Cazin y vint et Corot installa son chevalet sur le plateau du Chêne-Rogneux. Des lors on ne s’étonne plus que Gros-Rouvre et les villages d’alentour soient à l’heure actuelle une véritable et florissante pépinière d’artistes. « Partout ce sont des décors, a écrit M. Pierre Lelong, l’auteur de cet instructif petit livre : Au pays des grenouilles bleues (encore une caractéristique de l’Yveline, les grenouilles « bleues » !), partout les paysages ont l’air d’avoir été arrangés pour charmer le regard des hommes. Cela n’est ni grandiose ni fantastique, mais souple, gracieux, élégant presque, cela vous invite et vous retient par toutes sortes de séductions amicales ». C’est précisément, à la porte de cet écrivain-paysan que, répondant à un cordial appel, j’allai enfin frapper.

Pierre Lelong gardera le mérite d’avoir organisé l’Yveline au point de vue artistique et régionaliste. Grâce à lui, les artistes si nombreux dont le burin ou le pinceau, par un effort isolé, rendaient un hommage fervent a ce petit coin de terre, auront mis entre eux un lien nécessaire de fraternité et de communion. Lui, dont le passé atteste un perpétuel souci d’inspiration vraie et sincère, était venu refaire ici ses forces chancelantes et rétablir sa santé ébranlée. Il comprit bien vite sur quelle mine féconde il se trouvait, et en même temps il constatait que l’Yveline ne jouissait pas d’une réputation égale à son mérite. Tout restait à faire au point de vue de l’étude des mœurs, des traditions et des légendes. Fortifié par l’exemple de Mistral, il se mit courageusement à l’œuvre. Il chanta l’Yveline dans ses livres, après l’avoir « découverte » avec le concours de Louis Tinayre, l’auteur du Panorama de Madagascar, de Julien Tinayre, le graveur, son frère, de Marcelle Tinayre l’écrivain, il groupa tous les artistes de la contrée et fonda l’Ecole de Rambouillet. Chacun voulut alors faire œuvre d’art et de traditionalisme, enrayer l’exode des indigènes vers les villes, rendre florissant le bon terroir, appeler de toutes façons les touristes et les artistes, de Paris ou d’ailleurs, en quête de sites encore vierges. L’entreprise réussit. Le groupement s’appelle aujourd’hui : Société des Amis de l’Yveline, comptant une centaine de membres tous peintres ou graveurs, ou écrivains, ou poètes, ou publicistes. Mme Tinayre en est la présidente d’honneur. Des conférences, des causeries documentaires ou littéraires, des promenades, sont faites sur le territoire et en particulier à Gros-Rouvre. Tous les ans, à l’automne, dans la salle de l’école ou de la mairie d’un village, chaque fois différent, on organise le Salon au Village, exposition d’œuvres picturales conçues en Yveline et célébrant l’Yveline, où les habitants du département retrouvent les sites où ils passèrent et ces paysans, une image de leur vie et de leur cadre natal. En outre, les archéologues fouillent les terrains à la recherche des fossiles, des vieilles poteries, des monnaies et des médailles anciennes ; les entomologistes courent sus aux papillons et aux mille insectes locaux pour les piquer dans leurs vitrines, les botanistes s’empressent autour de la flore des collines et des grands bois où les mycologues s’en vont chercher les champignons comestibles ou nocifs. Les résultats de toutes ces recherches prennent place dans les collections du petit musée populaire de l’Yveline. En outre, chacun s’efforce, dans la mesure do ses moyens, de protéger les sites, de les défendre contre les mains profanes et, de ressusciter les traditions d’architecture locale. Maintenant, Pierre Lelong caresse l’idée d’un theàtre populaire. Ainsi une œuvre profondément intelligente et utile s’est greffée sur l’entreprise purement artistique du début. Nous causâmes de toutes ces choses dans la chaumière où Pierre Lelong mène sa vie d’indépendance et réalise jour à jour son rêve, lui assis sur sa bancelle rustique, et moi, dans un large fauteuil de paille, auprès de la vaste cheminée, tout en vidant un pichet de cidre frais. Puis nous partîmes en reconnaissance. J’aperçus la villa de Pierre Gusman, le graveur et écrivain d’art à qui nous devons ces excellentes monographies : Venise et Pompéi et en redescendant du Chêne-Rogneux, nous nous arrêtâmes devant la maison de Marcelle Tinayre, nichée dans les tilleuls et les châtaigniers qui abritent ses ruches. C’est là qu’Augustin, de la Maison du Péché, installe sa Fanny Manolé pour y connaître de courtes heures d’amour. « Le livre achevé, a dit l’écrivain, elle me parut vide comme au lendemain d’un départ. » La maison de Fanny est charmante et bien propre par son cadre rustique et son silence parfumé à abriter la méditation et le travail. Ce n’est pas un château mais l’aimable refuge d’artistes qui, à l’exemple de Maurice Maeterlinck, se reposent aux champs de leurs labeurs, en élevant des abeilles.

Le lendemain, nous allâmes par la forêt des Quatre-Piliers, en passant sur les bords de l’étang du Coupe-Gorge, jusqu’à Gambaiseuil dont les vieilles chaumines, l’église minuscule au clocher de bois, les belles combes forestières, m’ont enthousiasmé. Les cloches sonnaient partout et l’écho des grands bois profonds nous apportait des bribes de leurs gais alléluia de Pâques. Nous devisions en foulant, dans les sentiers, les feuilles mortes que les vents de l’automne et de l’hiver avaient arrachées aux branches, et dans la glaise humide, mon guide me montrait les empreintes qu’avaient laissées les dix-cors. Ce furent des heures légères, limpides et heureuses. Quand il fallut partir, je compris quel puissant attrait m’avait séduit et je pris l’engagement de revenir. Car l’Yveline est une et irrésistible enchanteresse : elle vous enveloppe, vous baigne de sa douceur pour mieux vous convaincre, vous subjuguer, et son charme est de ceux qui attachent, retiennent, et qu’on est tout surpris de n’avoir plus jamais la force d’oublier.

SERGE EVANS.

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la Chanson des mois : Juin.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de mai, voici juin :

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Juin

Est-ce hasard ? Est-ce malice ?
O Juin, tu te fais le complice
D’Eros poursuivant la Nymphe aux abois
Toi qui dans la sombreur des bois
Où rit le Faune aux yeux de braise
Eparpilles la rouge fraise
Aguicheuse des menus doigts.

Pour la cueillir elle est venue
Gourmande, adorablement nue
Fouillant la mousse des talus
Mais le faune caché derrière un tronc de chêne
L’aperçoit, bondit et l’enchaîne
Pâmée entre ses bras velus.

C’est ta faute ! Voile ta face
O Juin, que veux-tu qu’elle fasse
                 Contre vous deux ?
Lui, le Faune, est-il rien qu’il n’ose ?
Et toi tu l’aides de ton mieux
En semant par les prés joyeux
La splendeur aveuglante et grisante des roses.
O Juin, mois des roses, dis-moi,
                 Brûlant mois,
Quelle est cette fée inconnue
Qui seule entre ses doigts divins
Arrive à modeler cette senteur charnue
La rose qu’on pastiche en vain.

Une fée aussi, la Parisienne,
Certes fait d’exquises roses, singeant 
Ta rose frais, oui… mais la sienne
N’est auprès que de la Saint-Jean.

 

 

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la collection du Dauphin, de Didot.

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En 1783, François-Ambroise Didot (né en 1730, il mourra en 1804), veut publier une nouvelle collection de classiques ; et pour s’aider dans cette entreprise, « il a l’idée de solliciter du roi la permission d’inscrire au frontispice de chaque ouvrage « imprimé par ordre du Roi pour l’éducation de Monseigneur le Dauphin » (André Jammes).

Le Dauphin, c’est Louis-Joseph, né le 22 octobre 1781 – il mourra de la tuberculose le 4 juin 1789. Le premier titre de la collection sera le Télémaque, de Fénelon, qui a justement été écrit pour l’éducation d’un Dauphin, dont Fénelon était le précepteur : Louis, duc de Bourgogne, fils du Grand Dauphin et petit-fils de Louis XIV, né en 1682 et mort en 1711. A sa publication, le Télémaque avait valu sa disgrâce à Fénelon ; on y voyait des critiques contre l’absolutisme de Louis XIV. Sous Louis XVI, ces critiques n’ont plus cours.

La collection sera donc appelée « Collection des auteurs classique, françois et latins » : c’est la mention au faux-titre, complétée, à la page de titre, par « imprimé par ordre du Roi pour l’éducation de Monseigneur le Dauphin« .

Au début de chacun des livres se trouve le Brevet, obtenu par Didot, qui laisse entendre que c’est le Roi qui l’a sollicité… Voici le texte de ce brevet :

BREVET QUI ORDONNE AU SIEUR DIDOT L’AÎNÉ D’IMPRIMER POUR L’ÉDUCATION DE M. LE DAUPHIN DIFFÉRENTES ÉDITIONS DES AUTEURS FRANÇOIS ET LATINS.
AUJOURD’HUI premier avril mil sept cent quatre – vingt- trois , le ROI étant à Versailles, bien informé de la beauté des éditions sorties des presses du sieur Didot l’aîné, et voulant récompenser et encourager les soins qu’il s’est donnés pour perfectionner en France la gravure des caracteres d’imprimerie et la fabrication des papiers, l’a choisi pour faire les éditions des ouvrages destinés à l’éducation de M. LE DAUPHIN et lui ordonne, en conséquence, d’imprimer sous les formats in-4°, in-8° et in-18 , les principaux auteurs nationaux et latins, en commençant par le Télémaque, dont SA MAJESTÉ agrée la dédicace : à la charge par le sieur Didot l’aîné que chacune des éditions qui sortiront de ses presses pour cet objet soient faites avec des caracteres et des papiers fabriqués dans le royaume ; et qu’en outre le sieur Didot l’aîné indemnisera, suivant l’estimation, ceux de ses confreres qui pourroient avoir la propriété de l’impression de quelques uns des ouvrages que SA MAJESTÉ desire former partie de la Collection destinée à l’éducation de M. LE DAUPHIN. Mande SA MAJESTÉ au sieur LE NOIR, Lieutenant-général de Po-lice et Commissaire du Conseil pour la Librairie , de tenir la main à ce que le sieur Didot l’aîné n’éprouve pour ce aucuns troubles ni empêchements : et pour assurance de sa volonté, ELLE lui a fait expédier le présent BREVET qu’ELLE a signé de sa main et fait contresigner par moi Conseiller-Secrétaire d’État et de ses Commandements et Finances.
LOUIS.
AMELOT.

Le texte de ce brevet semble indiquer que Didot obéit à un ordre royal.. Il permet surtout à Didot d’imprimer tous les ouvrages voulus, sans tenir compte des éventuels privilèges ; il est vrai que ces titres ne sont pas des nouveautés. Deux contraintes existent : l’usage de caractères et des papiers fabriqués dans le royaume. Pour les caractères, ce seront ceux créés par Didot lui-même (Didot l’Aîné) ; pour le papier, cela variera – le premier titre sera imprimé sur le papier « vélin de France » de la fabrique de MM. Mathieu Johannot, père et fils, d’Annonai. La mention « vélin de France » fait référence au fait que ce type de papier, inventé en Grande-Bretagne, est une nouveauté en France – la première fabrication en est due à Montgolfier, en 1777.

Le brevet est inséré entre le faux-titre, qui indique simplement le nom de la Collection (« Collection des auteurs classiques François et Latins ») et la page de titre ; sur cette dernière figurent les armes du Dauphin. Cette page de titre est répétée à chaque tome.

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En tête du premier tome de ce premier titre, après la page de titre, Didot fait figurer un court texte, intitulé « AU ROI » :

SIRE,
EN m’ordonnant d’imprimer, pour l’éducation de MONSEIGNEUR LE DAUPHIN, les bons Auteurs Latins et François , et en me permettant de rendre publiques ces éditions, VOTRE MAJESTé fait connoitre qu’Elle regarde les lumieres et l’instruction comme aussi utiles, aussi nécessaires, à ceux qui commandent qu’à ceux qui obéissent. Cette bienveillance particuliere dont vous daignez honorer la mémoire des grands Hommes qui ont illustré la France, en faisant paroître sous vos auspices les ouvrages qui les ont immortalisés , et en plaçant au Louvre leurs statues exécutées par les plus habiles Artistes , attestera aux siecles à venir l’intérét que VOTRE MAJESTÉ a toujours pris aux progrès des Sciences et des Arts. Le monument que vous leur consacrez fait seul l’éloge des principes d’après lesquels vous gouvernez, et doit exciter dans tous vos Sujets le desir de fixer, par l’importance et l’utilité de leurs travaux, les regards et l’attention d’un Prince éclairé, qui sait apprécier avec justesse et récompenser dignement le mérite, les talents et le génie.
Je suis avec le plus profond respect,
SIRE,
DE VOTRE MAJESTÉ,
le très humble, très soumis
et très fidele sujet,
DIDOT L’AîNÉ.

Dans ces deux textes, on remarquera un usage inhabituel des accents : l’accent grave est omis ; et l’accent aigu manque quelquefois. Ce ne sont pas des coquilles ; mais Didot a des idées particulières sur ce sujet ; il prône la suppression de l’accent grave, et ira jusqu’à inventer un nouvel accent – avec une barre verticale, qui n’aura pas de succès..

Ces livres, fournis « en carton » seront communément très bien reliés.

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Les trois formats de la Collection, dans des reliures en maroquin typiques de l’époque.

 

Le prix des volumes sera conséquent : environ 24 livres le volume in-4°, 15 livres (puis 20 livres) le volume in-8°, 6 livres le volume in-18. En 1783, une livre correspondrait à  « quelques » euros, suivant la méthode de transposition choisie. Mais ce prix reste tout de même dans une fourchette basse pour des éditions de luxe – parce qu’elles ne contiennent pas de gravures ; et c’est de très loin le poste de dépenses le plus important dans une édition à cette époque.

Le premier texte publié est donc le Télémaque, de Fénelon. Conformément au brevet, il est imprimé dans les trois formats in-4°, in-8° et in-18 – à la date de 1783 pour les formats in-4° et in-18, et 1784 pour le format in-8°.  Voici les caractéristiques de cette édition :

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1783 : 2 volumes ; tirage à 200 exemplaires ; prix 48 livres « broché en carton ». A noter que cette édition, dans les années suivantes, sera indiquée comme « en 1 volume »…
  • format in-8° (12 cm sur 19 cm environ), 1784 : 2 volumes, de (6), 453 et (2), 438 pages ; tirage à 350 exemplaires ; prix 30 livres les 2 volumes « brochés en carton ».
  • format in-18 (8 cm sur 13 cm environ), 1783 : 4 volumes, de (8) 219, (2) 260, (2) 223, (2) 234 (2) pages ; tirage à 450 exemplaires ; prix 24 livres les 4 volumes « brochés en carton ».
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source : gallica.bnf.fr

 

On peut noter l’existence d’une reliure en série, en veau ou en maroquin rouge, dont un exemple est passé en vente, chez Alde, le 24 février 2017 (lot 143, adjugé 280 euros plus les frais) – la reliure n’est pas signée mais indiquée « dans le goût de Derôme » ce qui fait penser à un autre exemple de reliure en série :

L’exemplaire de gauche est celui de Alde ; celui de droite vient d’une autre vente..

Le second titre de la série sera une édition des œuvres de Racine, publiée en 1783 (format in-4°) et 1784 (formats in-8° et in-18). Le texte des pièces est précédé d’une notice sur la vie et les ouvrages de Racine, non signée, mais de J.A. Naigeon. Voici le détail de l’édition  :

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1783 : 3 volumes ; tirage à 200 exemplaires ; prix 102 livres « broché en carton ».
  • format in-8° (12 cm sur 19 cm environ), 1784 : 3 volumes ; tirage à 350 exemplaires ; prix 45 livres les 3 volumes « brochés en carton ».
  • format in-18 (8 cm sur 13 cm environ), 1784 : 5 volumes  ; tirage à 450 exemplaires ; prix 30 livres les 5 volumes « brochés en carton ».

 

Le troisième titre de la Collection sera le Discours sur l’Histoire Universelle, de Bossuet, publié en 1784 (formats in-4° et in-18) et 1786 (format in-8°). Voici le détail de cette édition :

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1784 : 1 volume ; tirage à 200 exemplaires ; prix 48 livres « broché en carton ».
  • format in-8° (12 cm sur 19 cm environ), 1786 : 2 volumes ; tirage à 350 exemplaires ; prix 30 livres les 2 volumes « brochés en carton ».
  • format in-18 (8 cm sur 13 cm environ), 1784 : 4 volumes  ; tirage à 500 exemplaires ; prix 24 livres les 4 volumes « brochés en carton ».

 

Le titre suivant justifiera la mention du Latin dans le nom de la Collection ; il s’agit de la Bible : bibliorum sacrorum vulgatae versionis editio.

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source : librairie Pirages

 

Pour la première fois, elle ne sera éditée que sous deux des trois formats : in-4° et in-8°. Voici le détail de cette édition :

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1785 : 2 volumes ; tirage à 200 exemplaires ; prix 120 livres « broché en carton ». Il existe deux exemplaires tirés sur peau de vélin.
  • format in-8° (12 cm sur 19 cm environ), 1785 : 8 volumes ; tirage à 350 exemplaires ; prix 96 livres les 8 volumes « brochés en carton ».

Ce livre est publié, en même temps, avec une page de titre différente dédiée au clergé de France : sur le même papier, au même prix ; sur papier ordinaire, en 4 volumes in-8°, relié en veau, à 20 livres. Le tirage in-8° est mis sur le marché deux tomes par deux tomes ; le prix en est fixé à 20 livres les deux tomes nouveaux ; et les anciens sont disponibles au prix de 24 livres les deux tomes.

Didot publie ensuite les Fables de La Fontaine ; l’édition est étalée sur trois années : 1787 pour le format in-18, 1788 pour le format in-4°, 1789 pour le format in-8°. En tête de l’édition, après le Brevet et la Dédicace de La Fontaine « à Monseigneur le Dauphin » (il s’agit ici de Louis de France, fils de Louis XIV, né en 1661, mort en 1711, dit le Grand Dauphin, grand-père de Louis XV), se trouve une notice de Didot, intitulée « Avis de l’imprimeur » qui vante les qualités de l’édition ; puis une notice sur la vie de La Fontaine, d’une taille imposante (65 pages dans le format in-8°), non signée mais de J.A Naigeon.

Voici le texte de l’Avis de l’Imprimeur :

CETTE nouvelle édition des fables de La Fontaine aura, sans doute, quelque mérite aux yeux de ceux qui s’intéressent à la gloire de cet homme célebre : elle a été revue sur les plus anciennes, et particulièrement sur celles de 1668, de 1678, et de 1694′, publiées par La Fontaine même, et les seules qui aient été faites sous ses yeux. Ces éditions, si précieuses à cet égard, ont servi de modeles à celle-ci : elles ont été collationnées avec la plus scrupuleuse exactitude; on a rétabli par leur secours une infinité d’excellentes leçons qu’on ne trouve dans aucune des éditions postérieures, sans excepter même celle de 1742, la moins fautive de toutes. Ces diverses leçons, dont on est charmé quand on les compare à celles que la négligence y avoit substituées, sont souvent très importantes, et nous espérons que les gens de goût nous sauront gré de les avoir recueillies, et d’avoir restitué le texte de La Fontaine dans toute sa pureté.
Quelques précautions, quelques peines que nous ayons prises pour donner à cette édition ce degré de correction qui ne laisse rien à desirer, il est si rare, si difficile d’imprimer un livre sans faute, que nous n’osons point nous flatter d’avoir atteint ce but.Nous dirons seulement que chaque épreuve a été lue dix fois, et par des personnes très exercées à ce pénible travail. Nous ajouterons que l’homme de lettres à qui nous devons la notice sur la vie de La Fontaine, dont il est un des plus grands et des plus sinceres admirateurs, nous a aidés de ses conseils et de ses soins. Enfin, si la longue expérience que nous avons acquise dans un art où l’on a toujours quelque chose à apprendre, peut nous permettre de dire que nous avons porté dans cette révision délicate, et souvent minutieuse, l’œil du maître, nous rendrons ici à l’éditeur la justice d’avouer qu’il y a joint encore l’œil de l’amant.

Si l’édition au format in-18, annoncée en décembre 1787, est comme les précédentes imprimée sur le papier Johannot d’Annonay, les éditions in-4° et in-8° sont imprimées sur vélin d’Angoulême, de la fabrique de MM. Dervaud et frères Henry, avec les nouveaux caractères de la fonderie de Didot l’Aîné, gravés par Firmin Didot son second fils :

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1788 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires ; prix 48 livres « broché en carton ».
  • format in-8° (12 cm sur 19 cm environ), 1789 : 2 volumes ; tirage à 400 exemplaires ; prix 21 livres les 2 volumes « brochés en carton ».
  • format in-18 (8 cm sur 13 cm environ), 1787 : 2 volumes  ; tirage à 500 exemplaires ; prix 12 livres les 2 volumes « brochés en carton ».

Ce titre sera le dernier à être édité au format in-8° – sous ce format la collection ne compte donc que 5 ouvrages (Fénelon, Racine, Bossuet, la Bible et La Fontaine) pour 17 volumes. Brunet indique qu’il existe un tirage en vélin (peau de vélin) de ces éditions.

 

Didot publie les Œuvres de Boileau-Despréaux – elle ne paraîtra donc qu’aux formats in-18 fin 1788 – Didot la présente le 24 décembre 1788, en même temps que l’édition in-8° (datée 1789) des Fables de la Fontaine ; puis au format in-4°, en 1789. Voici le détail de cette édition :

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1789 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires ; prix 72 livres « broché en carton ».
  • format in-18 (8 cm sur 13 cm environ), 1788 : 3 volumes  ; tirage à 500 exemplaires ; prix 18 livres les 3 volumes « brochés en carton ».

Cette édition est la dernière à avoir un tirage au format in-18 ; sous ce format il n’y a donc que 5 titres : Fénelon, Racine, Bossuet, la Fontaine, Boileau, pour un total de 18 volumes.

Avant la parution in-4°, la Collection est continuée avec le Petit Carême de Massillon, au format in-4° uniquement. L’ordre de parution est donc un peu mélangé – au format in-4° Massillon, présenté au Roi le 2 avril 1789, vient avant Boileau, présenté le 1er décembre 1789.

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1789 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires ; prix 30 livres « broché en carton ».

 

Ne reste donc plus que les tirages in-4° ; François-Ambroise Didot se retire des affaires à ce moment ; c’est son fils Pierre qui lui succède. Le volume suivant, la Henriade de Voltaire, sera le premier de cette nouvelle phase de la Collection.

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Gazette de France – source Gallica.bnf.fr
  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1790 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires ; prix 30 livres « broché en carton ».

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Nous sommes en 1790, certes, mais la page de titre ne change que peu ; les armes du Dauphin (qui est mort.. mais il y a toujours un Dauphin) sont toujours présentes, ainsi que les mentions « imprimé par ordre du Roi » ; ainsi que le Brevet, relégué à la fin de l’ouvrage. La mention de l’éditeur change : ce n’est plus Didot l’Aîné (François-Ambroise) mais P. Didot, fils aîné de F. A. Didot l’Aîné, rue Pavée Saint-André des Arts.

De même, à la fin de l’ouvrage, en bas du Brevet, Pierre Didot mentionne ceci :

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Cette édition, très correcte, imprimée à 250 exemplaires, sur le plus beau papier-vélin d’Angoulême, avec de nouveaux caractères gravés exprès, et tout récemment, par Firmin Didot, est le premier ouvrage auquel Didot fils aîné ait donné ses soins. Le volume suivant, qui contiendra les œuvres choisies de J.B. Rousseau, sera mieux exécuté encore ; et l’imprimeur fera en sorte que chaque ouvrage nouveau offre quelque perfection de plus.

Comme annoncé, le titre suivant contient les Œuvres choisies de J.B. Rousseau (Jean-Baptiste Rousseau, né en 1669, mort en 1741, poète – à ne pas confondre avec jean-Jacques, bien sûr…). Le livre est présenté le 12 mai 1790. La page de titre est identique dans sa présentation à celle de la Henriade ; à part que la date est notée MDCCXC – et MDCCLXXXX pour le Voltaire…

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Rousseau – source librairie Daniel Bayard.

 

  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1790 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires ; prix 48 livres « broché en carton ».

 

L’année suivante, Pierre Didot entreprend l’édition d’un ouvrage d’une toute autre ampleur, par l’importance littéraire comme par le nombre de volumes : les Œuvres de Molière. Cette édition sera étalée sur 4 années, de 1791 à 1794 (le tome 1 est daté de 1791, les tomes 2 à 4 de 1792, le tome 5 de 1793, le tome 6 de 1794.). Pour la première fois, les mentions du roi et du dauphin sont supprimées ; et les armes du Dauphin sont remplacées par la marque de Didot. De même Pierre Didot supprime toute mention de son père.

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source : PBA Auction, décembre 2013 – adjugé 1300 euros.
  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1791-1794 : 6 volumes ; tirage à 250 exemplaires.

 

Après ce monument Didot édite un autre auteur important : les Œuvres de Corneille, sur 10 volumes, en 1795 et 1796. Pour cette édition le papier est différent ; c’est un papier vélin de la fabrique de Delagarde aîné et compagnie, du Marais.

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vente Ruellan, juin 2015. Adjugé 5500 euros.
  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1795-1796 : 10 volumes ; tirage à 250 exemplaires.

Suivra ensuite en 1796 les Pensées et maximes de La Rochefoucauld, en 1 volume.

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Binoche et Giquello, mai 2016.
  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1796 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires.

Puis viendra en 1797 les Poésies de François de Malherbe. Sur cette édition figure la mention « imprimé au Louvre par Didot l’Aîné » ; le fleuron est remplacé par le monogramme de Pierre Didot.

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  • format in-4° (24 cm sur 31 cm environ), 1797 : 1 volume ; tirage à 250 exemplaires.

La liste des ouvrages composant la Collection, toujours présente dans ce dernier volume, ne mentionne pas la Rochefoucauld ; elle liste donc 31 volumes, auquel nous devons ajouter la Rochefoucauld, soit 32 volumes. Elle liste, par contre, comme étant « sous presse », les Œuvres de Michel Montaigne ; qui ne paraîtront pas.

La collection s’arrête donc en 1797, après 14 années, pendant lesquelles 32 volumes in-4°, 17 volumes in-8° et 18 volumes in-18 auront été édités ; en général ces livres ont été très bien reliés et sont relativement recherchés maintenant, bien que certains auteurs ou titres soient tombés dans l’oubli (comme J.B. Rousseau, ou la Henriade…). Brunet indique dans son Manuel :

Cette collection est maintenant à très bas prix, et c’est par simple déférence pour le nom de Didot que nous la conservons ici.

Ce désintérêt peut s’expliquer par le format in-4°, très imposant ; au début du XIXe siècle Didot, puis d’autres, publieront de nouveau des Collections d’auteurs classiques, mais ce sera au format in-8°.

 

la Chanson des mois : Mai.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois d’avril, voici mai :

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                   Mai

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu
                En grand tra-la-la,
                De senteurs vêtu,
                Coiffé de lilas ?
Quand reviendras-tu joli mois de Mai,
                O mois parfumé ?

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu
                De blanc lys vêtu,
                O mois de Marie,
Ou la jeune fille aux yeux de pervenche,
                Blanche théorie,
                Sous son voile, blanche,
                Va porter un cierge
De cire très blanche à blanche Vierge.

           Quand reviendras-tu,
      De lys et de mousseline vêtu,
           Joli mois de Mai
           D’encens embaumé ?

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu
           De baisers vêtu
           et coiffé de jour
           Joli mois d’amour ?

           Quand reviendras-tu,
De ta chair vêtu,
Joli mois de Mai
Embaumé,
Beau Mai ?

 

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Niedrée relie pour Techener.

Récemment (avril 2019) le livre suivant a été vendu sur ebay : Le Petit Carême, de Massillon, dans la Collection des meilleurs ouvrages de la langue française, dédiée aux amateurs de l’art typographique, ou d’éditions soignées et correctes, publiée par Pierre Didot. Voici sa description :

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MASSILLON PETIT CARÊME
‎Paris, Didot l’Aîné, 1812, in-12 de 318 pages
Bel exemplaire sur papier fin de la collection des « Meilleurs ouvrages de la langue française dédiée aux amateurs de l’art typographique »
Reliure SIGNÉE NIEDRÉE pleine basane fauve d’époque à nerfs, dos orné de caissons dorés, filets et frises dorés en plats et contreplats, pièce de titre, toutes tranches dorées – PROVENANCE DE LA BIBLIOTHÈQUE DU BIBLIOPHILE TECHENER.

 

Petite précision : contrairement à ce qu’indique la description, cet exemplaire est relié par la Veuve Niedrée, en veau plein, et non pas par Niedrée, en basane.

Pierre Didot (1761-1853), digne représentant de cette dynastie, frère aîné de Firmin, poursuit les collections initiées par son père, François-Ambroise, notamment la Collection des classiques françois et latins, et crée la Collection des meilleurs ouvrages… en 1812 ; jusqu’en 1824 il y publiera 75 volumes :

  • Massillon, Petit Carême. 1812.
  • La Bruyère, Les caractères. 1813. 2 vol.
  • La Fontaine, Fables. 1813. 2 vol.
  • Jean Racine, Œuvres. 1813. 5 vol.
  • Bossuet, Oraisons funèbres. 1814. Discours sur l’histoire universelle. 1814. 2 vol.
  • Pierre Corneille, Chefs-d’oeuvre. 1814. 3 vol.
  • Fénelon, Aventures de Télémaque. 1814. 2 vol.
  • Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des romains et de leur décadence. 1814.
  • Voltaire. La Henriade. 1814.
  • Boileau, Œuvres. 1815. 3 vol.
  • La Rochefoucault, Maximes et réflexions morales. 1815.
  • Malherbe, Poésies. 1815.
  • Pascal, Les provinciales. 1816. 2 vol.
  • Pascal, Pensées. 1817. 2 vol.
  • Molière, Œuvres. 1817. 7 vol.
  • Voltaire, Histoire de Charles XII. 1817.
  • Crébillon, Œuvres. 1818. 2 vol.
  • Rousseau, Œuvres choisies. 1818. 2 vol.
  • Thomas Corneille, L’esprit du grand Corneille. 1819. 2 vol.
  • Fénelon, Dialogues des morts. 1819.
  • Le Sage, Histoire de Gil Blas de Santillane. 1819. 3 vol.
  • Regnard, Œuvres. 1819. 4 vol.
  • Montesquieu, De l’esprit des lois. 1820. 4 vol.
  • Montesquieu, Lettres persanes. 1820. 3 vol.
  • Voltaire, Siècles de Louis XIV et de Louis XV. 1820. 4 vol.
  • Louis Racine, La religion. 1821.
  • Voltaire, Romans. 1821. 3 vol.
  • Voltaire, Poésies. 1823. 5 vol.
  • Fléchier, Oraisons funèbres. 1824.
  • Rousseau, Julie ou la nouvelle Héloïse. 1824. 3 vol.

Les livres sont imprimés au format in-8 ; les deux premiers (Massillon et La Bruyère) existent également au format in-12. Le tirage est fait sur trois qualités de papier : papier ordinaire (4 francs 50), papier fin (7 francs 50), papier vélin (15 francs) – ces prix seront augmentés au fil des années et atteindront 9 francs – 15 francs – 30 francs. Le tirage est limité à 250 exemplaires sur ce dernier papier.

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extrait du texte de présentation. Source : immaterielles.org

 

Le Massillon qui nous intéresse est relié par l’atelier Niedrée – la reliure est signée Vve Niedrée. Jean-Edouard Niedrée est un relieur réputé, né en 1803 à Sarrebrück, mort en 1854 ; à sa mort l’atelier continue sous la signature « veuve Niedrée » ; puis en 1861 il est repris par son gendre, Philippe Belz, qui signera Belz-Niedrée. La reliure, qu’on peut donc dater de 1854 à 1861, est en plein veau glacé, toutes tranches dorées ; le dos est orné de caissons dorés, les plats portent trois filets dorés. Une particularité intéressante de cette reliure est le nom inscrit dans le bas du dos : TECHENER.

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Il s’agit de Jacques Joseph Techener, né en 1802, mort en 1873, grand libraire, fondateur du Bulletin du Bibliophile, avec Charles Nodier. Ce livre affiche donc une bonne provenance ! et peut -être est-il possible de le retrouver dans un des catalogues de vente de sa bibliothèque…

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Et effectivement, dans le catalogue de la vente du 29 avril 1867 (14e et dernière vente Techener), par le ministère de Me Lechat, nous trouvons, sous le numéro 18429, le lot suivant :

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18429. Le Petit Carême de Massillon. Paris, P. Didot, 1812 ; in-12 (six exempl.).
Ces six exempl. sont reliés en veau plein, dorés sur tranche par Niedrée.

Six exemplaires reliés identiquement !! et ceci, non pas dans la vente de la bibliothèque personnelle de Techener, mais dans la vente de son fonds de librairie. D’ailleurs, dans ce catalogue, on trouve pas moins de 74 fois le nom de Niedrée ! pas de doute, Techener a une préférence pour ce relieur. En voici d’autres exemples :

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Dans le catalogue de la librairie Techener, de 1855 (tome 1), on trouve au numéro 234 l’exemplaire suivant :

massillon_techener_1855

234. Petit Carême de Massillon. Paris, Didot, 1812, in-8, v. f., fil. tr. d. (Niédrée). 30 fr.
Superbe exemplaire en papier vélin lavé et encollé avec soin avant la reliure.

A la différence de notre exemplaire, celui-ci est sur papier vélin ; mais la reliure semble identique…

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Dans le catalogue de la vente Armand bertin, en 1854, publié par Techener, on trouve une série de 30 ouvrages de cette Collection, comprenant le Petit Carême, série reliée identiquement par Niedrée.

Par contre, on ne trouve dans ces catalogues aucune mention de reliures signées « veuve Niedrée » (ce qui serait anachronique pour certains d’entre eux, évidemment).

Evidemment, Techener ne faisait pas frapper son nom, comme libraire, au dos d’une reliure – on s’attend bien sûr à le trouver sur une étiquette, collée discrètement au premier contreplat. Ces livres, avec son nom frappé au pied du dos, même s’ils sont très semblables aux exemplaires de sa librairie, font bien partie de sa bibliothèque personnelle.

D’ailleurs il est possible de trouver d’autres volumes, de cette série, qui présentent les mêmes caractéristiques. En voici un, passé en vente le 18 septembre 2019, chez Baron Ribeyre et associés, sous le numéro 150 :

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150. JEAN DE LA FONTAINE
Fables. Paris, Didot l’Aîné, 1813. 2 volumes in-8, veau blond, triple filet, dos à 5 nerfs orné à la grotesque, roulette intérieure, tranches dorées (Veuve Niédrée).
Vicaire, II-780///I. (2f.)-CXXVII-176/II. (2f.)-319.
De la Collection des meilleurs ouvrages de la langue françoise, dédiée aux amateurs de l’art typographique. Avec la Vie de La Fontaine par Creuzé de Lesser.
Bel exemplaire tiré sur Papier Fin, de la bibliothèque Techener avec son nom en pied du dos.
Quelques pâles rousseurs et taches
Estimé 120 à 180 euros, adjugé 273 euros avec les frais.

lafontaine_techener

La reliure est identique à celle du Massillon.

On peut donc conclure que Techener avait confié, entre 1854 et 1861, la reliure d’une collection sur papier fin, (était-elle complète ?) à un atelier de reliure qu’il appréciait, pour sa bibliothèque personnelle ; collection aujourd’hui dispersée, dont on peut éventuellement retrouver quelques exemplaires au fil des ventes.

 

dédicaces de Jérôme Doucet

Comme tout auteur qui se respecte, Doucet, qui a beaucoup publié, a beaucoup dédicacé également ; mais peut-être parce qu’il a également beaucoup publié pour son compte personnel, sans souci de vente (voire sans mise en vente), certains de ses livres semblent plus souvent offerts que vendus ; offerts, avec une dédicace !

Voici un petit recensement des envois, classés par date de publication du livre concerné (qui peut être très différente de la date de l’envoi) ; recensement continuellement mis à jour en fonction des découvertes.

1892. Cure d’amour.

Dédicace suivante :

Respectueux hommage
de l’auteur
Jérôme Doucet
Rouen 1er Juillet 92

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Sur un des 20 exemplaires sur Japon (numéro 10), présence d’une aquarelle signée M (Marold), avec la dédicace suivante :

A monsieur André Lebreton
hommage cordial
Jérôme Doucet
Rouen février 1895

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Il peut s’agir de Pierre André Le Breton (1850-1937), président du comité de botanique du Musée de Rouen, en 1893, propriétaire du château de Miromesnil, acheté en 1895, où est né Guy de Maupassant ; frère de Gaston Le Breton, directeur des musées de Rouen.

A noter un autre exemplaire sur Japon (numéro 3), en vente chez un libraire (Chapitre), avec envoi découpé ; il est probable que les 20 exemplaires sur Japon comportent des envois.

1892. le mal des planches.

Dédicace suivante :

à Monsieur André Lebreton
Jérôme Doucet

Pour plus de détails sur ces premiers livres de Doucet, voir cet article.

1893. Douze sonnets.

Dédicace suivante :

A Monsieur André Lebreton
hommage de l’auteur
Jérôme Doucet

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Pour plus de détail sur ce très beau livre, voir cet article.

1893. La Damnation de Pierrot.

Il existe un exemplaire avec un envoi à André Lebreton (qui a figuré sur le même catalogue que les 2 ouvrages précédents). Je n’ai pas de photo de cet envoi.

Sur un autre exemplaire, dédicace suivante :

à l’ami Murer
bien cordialement
Jérôme Doucet

doucet_signature

Jérôme Doucet épousera la sœur de Murer en 1897, ce qui entraînera la brouille entre le frère et la sœur…

Pour plus de détails sur ce livre, voir cet article.

1895. La puissance du souvenir.

Dédicace suivante :

A mon ami H. Texier
très modeste souvenir
en attendant mieux
Jérôme Doucet

La justification manuscrite indique :

à quelques rares
exemplaires pour les
amis indulgents

Je n’ai pas trouvé qui pouvait être H (Henri ?) Texier. On trouve trace de Henri Texier, professeur de rhétorique au lycée Corneille de Rouen, qui pourrait être cet ami.

Pour plus de détails sur ce livre très intéressant, voir cet article.

1900. Contes de la Fileuse.

Sur un exemplaire sur Japon, la dédicace suivante :

à l’ami Carré
cordialement
Jérôme Doucet

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Je ne sais pas qui est l’ami Carré..

Sur un exemplaire du tirage courant :

Ex. de mon collaborateur et
ami Georges Rochegrosse
Jérôme Doucet

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Doucet et Rochegrosse ont collaboré, depuis 1895 au moins, pour les trois Légendes.

Sur un autre exemplaire :

exemplaire de mon ami Ferroud
Jérôme Doucet

fileuse_envoi_ferroud

(l’image est bien petite pour être certain de cette lecture…). Doucet a collaboré avec Ferroud, notamment pour les trois Légendes, mais aussi pour Anacréon, Pétrone, et d’autres éditions – voir le détail dans cet article.

1900. Contes de Haute-Lisse et de la Fileuse.

Dédicace suivante :

à (xxxx)
le poète (xxx) : la Tulipe noire
le Maître (xxx) : le Cerisier
Cordialement
Jérôme Doucet
5 février 1926

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Je n’ai pas réussi à identifier ce poète..

Il existe un exemplaire, avec un « envoi amical » à Paul de Rémusat, proposé par la librairie Chrétien. Il ne s’agit pas de Paul de Rémusat (1831-1897), journaliste et écrivain, mais d’un autre membre de cette famille  : Prosper Albert Henri Paul, né en 1892, mort en 1963. A noter (voir ci-dessous) des envois de Doucet à « Dauphine de Rémusat » dans les années 1940 – il s’agit d’Adrienne de Rémusat, sa fille aînée.

Pour plus de détail sur cette édition, voir cet article.

1900. Notre ami Pierrot.

La librairie Chrétien propose un exemplaire de tête sur Japon avec la dédicace suivante :

exemplaire Offert
à Farina
en souvenir des pantomimes.

Plusieurs des productions de Jérôme Doucet ont donné prétexte à des spectacles de pantomimes, très populaires à l’époque, avec notamment Maurice Farina (1883-1943).

Sur un exemplaire du tirage courant, cet envoi :

A l’ami Glaudinot
cordialement
J. Doucet
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Pour plus de détails sur cette édition, voir cet article.

1901. Trois légendes, d’or, d’argent et de cuivre.

Un exemplaire marqué « offert », signé de Ferroud et de Doucet – il est sans doute offert à André Lebreton, l’exemplaire ayant la même provenance que les exemplaires déjà cités plus haut.

Pour plus de détails sur cette édition, voir cet article.

1902. Danses.

Sur un exemplaire de tête, cet envoi :

à Madame Armand Dayot
respectueux hommage
de
Jérôme Doucet

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Armand Dayot (1851-1931), critique d’art est notamment le fondateur de la revue l’Art et les Artistes, en 1905 – avec Jérôme Doucet comme secrétaire de la rédaction pour les premiers numéros.

Pour plus de détails sur ce livre, voir cet article. Pour plus de détails sur cet exemplaire, voir ce blog.

1902. Pétrone.

Sur un exemplaire sur Japon, cet envoi :

numéro offert
à (nom gratté…)
très cordialement
Jérôme Doucet

 

1903. Anacréon.

Dédicace suivante :

un des 3 hors commerce
à l’ami Ferroud
Jérôme Doucet

anacreon_envoi_ferroud

L’envoi est étonnant ; Ferroud est l’éditeur du livre, et a donc ses exemplaires personnels, dont notamment un exemplaire sur chine.

Sur un exemplaire sur japon, enrichi de trois suites, et de documents manuscrits (« précieux – des autographes de moi – d’une folle valeur » comme dit plaisamment Doucet) :

réservé à M. Eugène Descaves
Jérôme Doucet

anacreon_envoi_descaves

anacreon_lettre_descaves

Eugène Descaves, frère de Lucien Descaves, commissaire de police, est collectionneur d’art.

Sur les différents tirages existants, voir cet article.

1903. Princesses de Jade et de jadis.

Sur un exemplaire du tirage courant : « exemplaire de Pierre de Nolhac signé par Jérôme Doucet », proposé par la librairie Clagahé, de Lyon. 

Le Livre et l’estampe, éditeur repris par Doucet, a publié en 1902 un livre de Pierre de Nolhac.

1922. Princesses d’or et d’orient.

Un exemplaire doit sans doute exister, avec l’envoi original à Clémentine Rouzaud :

Pour mon amye à l’œil riant
esveilleur de muse qui dort
j’ay cueilly ces princesses d’or
et d’orient
noël 22
JD

princesses_or_dédicace

En plus de l’envoi, en fac-simile, à Clémentine Rouzaud, présent sur tous les exemplaires, un exemplaire porte l’envoi suivant :

Numéro offert à
Madame …
Princesse d’Espagne et d’Espérance
Jérôme Doucet
Noël 1929.

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La présence, dans l’exemplaire, de lettres de Jérôme Doucet permet d’identifier la destinataire avec Madame Solms – sans qu’on puisse faire de lien avec une princesse du même nom.

Pour plus de détails sur ce livre, voir cet article.

1923. La croisade des gueux.

Dédicace suivante :

numéro offert
à m. Fernand Marchal
cordialement
Jérôme Doucet

croisade_gueux_envoi

Sur un autre exemplaire (librairie du presbytère) :

Pour Ignace Legrand
dont le premier roman peut être mis
sur le rayon des livres définitifs auxquels il
s’apparente sans pourtant, je crois, les amuser (?)
Jérôme Doucet
mai 25.
coisade_envoi_legrand

 

Ignace legrand (1884-), frère d’Edy-Legrand, publie le disciple du feu en 1923.

1926. Verrières.

Sur un exemplaire de tête, sur Japon (numéro 7) :

Pour Andrée Gauthier
En se jouant à travers la Verrière les rayons de
soleil vont sur la blonde communiante
des taches de lumière, bleu de la Foi, vert de l’Espérance
rouge de la Charité. Divin arc-en-ciel
Cannes
mai 1945
Jérôme Doucet

verrieres_envoi_gauthier

Sur un exemplaire de tête, sur Japon (numéro 30) :

à Jean Estève
Je l’ignorais hier, mais ma chance le mit
sur ma route – aujourd’hui c’est un charmant ami
Jérôme Doucet
Paris décembre 1930

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Sur un exemplaire du tirage courant (numéro 60) :

à mes charmants amis
Cartault
Jérôme Doucet

verrieres_envoi_cartault

Sur un exemplaire du tirage courant, non numéroté :

exemplaire réservé
à Madame R. Manant
Dans le chœur des cathédrales la belle verrière
ronde se nomme une Rose
Dans le cœur de nos amis la charmante jolie
Dame se nomme Rosine
Noël 29
Jérôme Doucet

Je n’ai identifié aucun de ces destinataires..

1927. Les choses meurent.

Dédicace suivante :

Numéro offert à
Mademoiselle Marie Normand
une « petite chose » bien vivante
heureusement
cordial souvenir de
Jérôme Doucet
15 juin 30.
Paris

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Sur un autre exemplaire :

Numéro réservé à
à mes chers amis de Guerne
les choses meurent… mais
le souvenir demeure quand
il est doux comme le vôtre
Jérôme Doucet
fév. 29.

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Pour plus de détail sur ce livre, voir cet article.

1931. Et puis, voici mon cœur…

Dédicace suivante, sur un exemplaire hors numérotation (numéro V) :

à mon excellent imprimeur
en cordial souvenir
Jérôme Doucet
avril 31
Paris

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L’imprimeur en question est P. Harambat.

1936. Mademoiselle Graindsel.

Ce titre de la Bibliothèque Rose n’a sans doute eu que peu de dédicaces ; en voici tout de même une :

pour Ghislaine Severac
qui met aussi son grain de sel
étant aussi mijaurée que
ma petite fille
Jérôme Doucet
30 sept 36
Paris.

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A noter qu’il s’agit d’un exemplaire broché, et non pas sous cartonnage éditeur, ce qui est assez rare semble-t-il ; l’exemplaire a ensuite été relié en plein chagrin.

1941. L’invitation au bonheur.

Dédicace suivante :

Numéro réservé à
Madame C. Rouzaud
en souvenir et merci de son amitié
qui me fut si précieuse.
Jérôme Doucet
Paris
Noël 41

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Clémentine Rouzaud est une grande amie de Doucet – elle dirige, avec son mari, les chocolats de la marquise de Sévigné.

Dédicace suivante :

pour Dauphine de Rémusat
que cette « invitation » achève de développer
votre goût des Vertus
pour votre bonheur
Jérôme Doucet
Cannes 11.11.44

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1942. Triptyques

Dédicace suivante :

pour Dauphine de Rémusat
Décorativement : des Triptyques.
Littérairement : des Sonnets.
Spirituellement : des Prières.
Jérôme Doucet
Cannes 11.11.44

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On note que les 2 livres furent offerts le même jour, à Dauphine (Adrienne) de Rémusat, fille de Paul de Rémusat, à qui Doucet avait déjà envoyé un livre quarante années plus tôt…

la Chanson des mois : Avril.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de mars, voici avril :

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      Avril

Avril ! Ô syllabes qui tintent
Ainsi qu’un pur cristal heurté,
Avril ! Ô réveil des clartés,
Des chansons trop longtemps éteintes.

Adieu la froidure, ni-ni,
                C’est fini

                 Les nids
Dans le hamac des branches souples
          Sont pleins de couples
                Et d’œufs bénis.
Avril ! Mois des œufs si fragiles,
        Couvés de tant d’amour..
      Des œufs qui deviendront un jour,
                          Eux si lourds,
                Des oiseaux fugitifs, agiles.

Avril, ô mois des œufs ! Viens t’en
Bien vite, le bambin attend
Pâques, mains pleines
D’œufs roses, blancs, verts, par douzaines,
               Le cœur sautant !

Pâques ! Jour saint, jour des grand’messes
    Nous pouvons croire à tes promesses.
    Mais Avril est-il si certain ?
    Son soleil me paraît bien grêle.
    Joyeux et brillant ce matin,
    Tantôt sera t-il pas éteint
    Dans le vent, la pluie ou la grêle ?
    Avril, ton beau printemps n »est-il
                      Poisson d’Avril ?

 

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différencier les tirages de Jouaust.

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Damase Jouaust (1834 -1893 ) est un éditeur réputé, qui, de 1865 à 1890 environs, a produit un nombre impressionnant d’éditions, qui ont été renommées, pour la qualité de leur typographie et le soin de leur mise en page – et pour certaines, également des textes d’accompagnement (préfaces, notes).

Ces éditions étaient illustrées, souvent de façon assez limitée, par un portrait de l’auteur, en guise de frontispice, par quelques bandeaux, en début de chapitre, voire par quelques hors-texte – plus quelques ornements. Ces gravures, en taille-douce, étaient réalisées d’après des dessins de quelques dessinateurs attitrés, et gravés de même par un petit groupe de graveurs ; on retrouve souvent les noms de Lalauze, Boivin, …

Comme tout éditeur de bibliophilie, Jouaust différenciait les tirages ; mais il avait une façon bien particulière d’indiquer la justification de ces volumes, qui induit assez souvent les amateurs en erreur. En effet, il n’indique que rarement le tirage réel… ni les différents formats, et joue volontiers sur l’ambiguïté du terme « grand papier ».

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Voici une justification typique, utilisée pour sa collection « bibliothèque artistique moderne« , dans laquelle Jouaust a publié 17 volumes :

TIRAGE A PETIT NOMBRE
Plus 25 exemplaires sur papier de Chine et 25 exemplaires sur papier Whatman,
avec double épreuve des gravures.

Il a été fait un tirage en GRAND PAPIER, ainsi composé :

        • 100 exemplaires sur vélin de Hollande à la forme,
        • 20          –               sur papier de Chine fort,
        • 20          –               sur papier Whatman,
        • 10          –               sur papier du Japon à la forme,
          150 exemplaires.

Ce tirage contient deux portraits différents, et les gravures s’y trouvent en double épreuve pour les exemplaires sur papier de Chine et sur papier Whatman, et en triple épreuve pour les exemplaires sur papier du Japon.

 

Cette justification comporte plusieurs ambiguïtés ! tirage à petit nombre, certes, mais combien ? et sur quel papier ? puisque les mêmes papiers sont utilisés pour le tirage courant et les grands papiers, comment savoir à quel tirage appartient un exemplaire particulier  ?

Tirage à petit nombre.

Cette formule, courante chez Jouaust, signifie un tirage entre 500 et 750 exemplaires. On peut s’en assurer d’après son catalogue, dans lequel certains tirages sont indiqués. Ainsi, les ouvrages du « Cabinet du Bibliophile » sont tirés à 300 exemplaires ; et ceux de la collection « Les Petits Chefs-d’œuvre » sont indiqués « Tirage à petit nombre » avec la remarque :

Cette collection est imprimée dans les mêmes conditions que le Cabinet du Bibliophile ; mais, le chiffre du tirage étant un peu plus élevé, les volumes sont vendus proportionnellement moins cher.

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La borne supérieure, fixée à 750 environ, correspond aux tirages plus importants indiqués par Jouaust ; il a toujours essayé de limiter les tirages aux possibilités de diffusion – 750 exemplaires correspondant aux tirages du Molière.

Papier courant.

Le papier utilisé pour le tirage courant n’est pas souvent mentionné dans la justification. Dans ses catalogues, Jouaust indique le plus souvent « sur papier vergé » sans plus de précision. Dans la brochure publiée pour l’Exposition Universelle de Lyon (1872) Jouaust précise :

Le papier de fil, employé dans les anciennes éditions, et dont la solidité a résisté à l’épreuve du temps, a été préféré par nous au papier de coton, qui est devenu le papier courant des impressions modernes. Nous avons heureusement trouvé des maisons qui, comme celles de MM. Blanchet et Kléber, de Rives ; Dambricourt, de Saint-Omer ; Van Gelder, d’Amsterdam, fabriquent de très-beaux papiers vergés à la forme.

 

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En pratique, ce papier courant est très souvent (toujours pour la Bibliothèque Artistique Moderne) un Hollande Van Gelder, filigrané, ce qui rajoute à l’ambiguïté…

Format.

Sur la quatrième page de couverture, Jouaust indique le plus souvent les autres titres de la collection, avec les formats et les prix. On peut donc voir que pour la Bibliothèque Artistique Moderne, le tirage courant est au format in-8° écu, et que les grands papiers sont au format in-8° raisin ; ce qui donne approximativement 13 cm par 20  cm pour le tirage courant et 16 cm par 25 cm pour les grands papiers..

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Lamartine, Graziella – quatrième de couverture.

 

Cette indication est à prendre avec précautions ; en effet, les tirages de luxe au petit format peuvent atteindre des dimensions importantes, compte tenu du peu de soin qu’apporte Jouaust à l’imposition : si le livre n’est pas rogné par le relieur, ses dimensions peuvent s’approcher de celles d’un grand papier.

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au dessus : Vigny, tirage courant à petit nombre ; à droite dessous : Jocelyn, sur Chine (« petit papier »), à gauche dessous : Graziella, sur Whatman, grand papier.

 

Voici, par exemple, un exemplaire sur Chine, pas en grand papier, avec témoins conservés, de Jocelyn (Lamartine) édité en 1885 dans la Bibliothèque Artistique Moderne : il mesure 15,5 cm sur 23,5 cm… S’il avait été rogné, il aurait eu les dimensions attendues (13 cm sur 20 cm).

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Jocelyn sur Chine – avec témoins importants.

 

Si un livre de grandes dimensions n’est donc pas une indication formelle de grand papier, a contrario, un livre de petit format n’est PAS un grand papier !

Indications sur la justifications.

Comment s’y repérer, alors ? il reste tout de même un moyen important : les mentions sur la justification. En effet Jouaust a une pratique particulière pour numéroter les exemplaires.

  • Le tirage courant n’est pas numéroté – et ces exemplaires contiennent la justification complète.
  • Les exemplaires sur papier de luxe, au petit format, sont numérotés, et ce numéro est inscrit au milieu de la justification, au dessus de la mention des grands papiers.
  • les exemplaires en grand papier ne mentionnent pas le tirage courant « à petit nombre » et la numérotation est placée en dessous de la mention des grands papiers.

A gauche : tirage courant, sur papier non précisé (Hollande Van Gelder), non numéroté (« petit nombre »).
Au milieu : petit format, papier de luxe numéroté (Chine ici) avec deux épreuves des gravures.
A droite : grand papier, numéroté (Whatman ici), avec deux épreuves des gravures, et sans mention du tirage à petit nombre.

 

 

Épreuves des gravures.

Comme on l’a vu dans la justification, pour les éditions illustrées, Jouaust varie les épreuves :

  • le tirage courant ne contient qu’une seule épreuve des gravures (portrait, frontispice, gravures in ou hors-texte) ;
  • les tirages sur papier de luxe du tirage courant contiennent deux épreuves ;
  • les tirages sur grand papier contiennent deux épreuves ;
  • le premier papier (souvent sur Japon) contient trois épreuves.

Il faut noter que Jouaust vendait également des jeux de gravures, avant lettre, avec pour remarque une ancre ; et des jeux d’eaux-fortes pures (tirage à 10 ou 15 exemplaires seulement).

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Graziella, épreuve supplémentaire avec une ancre comme remarque.

Un exemplaire sur grand papier, avec tous ses jeux de gravures, plus des épreuves avant lettre et les eaux-fortes pures, dans une belle reliure de l’époque, sera donc à rechercher – mais ce n’est bien sûr pas courant !

Moralité

On voit beaucoup de descriptions qui indiquent « exemplaire en grand papier sur Hollande, non numéroté » – et en creusant un peu on se rend compte que dans la plupart des cas il s’agit d’un exemplaire du tirage courant… sur Hollande, certes, comme tous les exemplaires.

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description fausse – noter la faute au nom de l’illustrateur..

 

Supplément : différencier la période Jouaust de la période Flammarion.

En 1891, Jouaust vend son entreprise, avec son stock, à Flammarion, qui va poursuivre de nombreuses années l’activité, en éditant ou rééditant des ouvrages, mais aussi en écoulant le stock existant, sans changer les dates d’édition. Il existe tout de même un moyen pour identifier les exemplaires vendus par Flammarion : la couverture est imprimée en un seul ton, alors que Jouaust l’imprimait en deux tons.

A gauche : Lamartine, période Jouaust ; à droite : Vigny, période Flammarion.

 

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