la Villa du Bonheur

Jérôme Doucet et Marie Meunier se marient le 24 juillet 1897 ; à ce moment ils sont toujours domiciliés à Rouen, au 89 de la rue des Moines Devant (?) ; un an plus tard, lors du décès d’Antoine Meunier, père de Marie, nous apprenons que le couple habite à Clamart, au 20bis rue de Saint-Cloud, et qu’il hébergeait Antoine Meunier.

Doucet travaillait à Rouen ; il était gérant de l’hôtel du Dauphin et d’Espagne de son futur beau-frère Eugène Murer ; il a été rédacteur en chef du Publicateur, journal de Louviers, jusqu’en 1897. Mais à cette date il est engagé par la famille Baschet pour devenir « Secrétaire de la Rédaction » de la Revue Illustrée ; fonction vague qui regroupe des activités de choix des illustrateurs, des travaux d’édition, sous le contrôle des Baschet – logiquement le couple s’est installé en région parisienne.

A Clamart, l’installation rue de Saint-Cloud n’est que provisoire ; en effet l’année suivante, en 1899, l’architecte Henri Mercier Rebout se voit confier la construction d’une maison, sur une parcelle d’un nouveau lotissement, proche de la gare.

Cette maison sera jugée suffisamment intéressante pour donner lieu à un article dans les Nouvelles Annales de la Construction, en 1901. Cet article est précieux ; il nous donne en effet une description complète de la construction ; il est reproduit en fin d’article.

La maison et sa décoration intérieure existent toujours ; elle est répertoriée dans la base Mérimée, et citée dans l’ouvrage de Laurence de Finance, « une ville à l’orée du Bois – Clamart« , publié en 1997 dans la collection Images du Patrimoine – les photos correspondantes (dont certaines sont reproduites dans cet article) sont de Jean-Bernard Vialles.

De même, Maurice Rheims, dans son livre l’Art 1900, publie quelques documents concernant cette maison et son ameublement.

Description générale et extérieurs.

C’est une maison bourgeoise,  construite sur une parcelle traversante – mais cette parcelle a été divisée par la suite, réduisant de ce fait le jardin. La parcelle est close d’un mur visible sur les cartes postales de l’époque, qui existe encore, au moins sur la rue principale.

 

Elle est construite sur trois niveaux : un rez-de-chaussée regroupant le vestibule, la salle à manger et le bureau de travail, ainsi que l’annexe de service (cuisine, laverie, toilettes) – et une grande véranda donnant sur le jardin. Le premier étage comporte les appartements privés : une chambre principale, très grande, avec antichambre, garde-robe et cabinet de toilettes ; plus une seconde chambre d’invités, avec salle de bains. Au second niveau se trouve l’atelier d’artiste, vaste (4m x 5m) et très clair, dans lequel se trouve une cheminée monumentale, ainsi que le logement d’un domestique.

 

Le premier niveau a une hauteur entre planchers de 4m ; le premier étage de 3m30, l’atelier de 3m50, et le logement de domestique, sous les combles, de 2m40.

Décoration extérieure.

La construction est très classique, en meulière, granit, briques – matériaux standards pour les maisons bourgeoises de cette époque. Mais ici la décoration extérieure est rehaussée par l’emploi très inhabituel des parements, en grès flammés, fournis par Bigot (d’après les Annales – L. de Finance indique Müller). Le surcoût lié à ces parements est tel qu’ils ne font pas partie du marché de l’entrepreneur : ils sont fournis directement par Doucet – les Annales chiffre le surcoût correspondant à plus de la moitié du prix de la construction…

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On retrouve ces parements sur le mur de clôture de la parcelle.

 

Bureau de Jérôme Doucet.

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Cette photographie est prise par Gabriel Cromer, célèbre photographe voisin de Doucet à Clamart.

Situé au rez-de-chaussée, ce grand bureau est ainsi décrit par Maurice Rheims :

« le décor extérieur de cette simple demeure de Clamart heureusement préservé par M. V. est en céramique de Bigot, lequel collabora avec Gaillard pour exécuter la cheminée (prix de fabrication 2500 francs). Les peinture murales (contes et légendes du temps passé) sont de J.M. Avy ; les vitraux sont de Félix Gaudin, les serrures et crémones d’Alexandre Charpentier ; les portes, les lambris, les placards et les étagères furent commandées à Bing ; le bureau est de Colonna (prix de fabrication 750 francs), les fauteuils et les chaises sont également de Gaillard (prix de fabrication du fauteuil 350 francs) et n’oublions pas l’inévitable… plante verte. »

Maurice Rheims a sans doute pu consulter des documents tels que des factures, ou le contrat de vente – au moment où il écrit, la maison appartient à Robert Verdon, fils de Maurice Verdon, huissier, qui l’occupe depuis 1906 et l’a probablement achetée au couple Doucet, avec tout ou partie du mobilier (d’où sans doute les informations sur les prix d’achat de celui-ci).

peintures murales.

Sur cette photographie nous apercevons le décor mural – constitué de grands panneaux sur toile marouflés. Les scènes représentées sont inspirées des légendes de la Table Ronde. Il s’agit de grandes compositions, de Joseph Marius Avy (1871-1939), sur tous les murs de la pièce, au dessus de boiseries ; leur hauteur est de 1m75 ; les deux panneaux de part et d’autre de la cheminée ont une largeur de 1m55. JM Avy reprendra ces peintures à la fin de vie.

 

 

Cheminée.

La cheminée monumentale est due à Eugène Gaillard (1862-1933), réalisée par Raymond Bigot (1872-1953)  avec la participation de la maison (Alexandre) Bigot pour les céramiques ; elle a une hauteur de 3m, et une largeur de 1m80.

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source : L. de Finance. Dans le miroir on peut apercevoir le quatrième mur, avec ses peintures, ainsi qu’une partie de la pièce suivante.

Mobilier.

Le bureau de travail est meublé pratiquement entièrement par la maison Bing, avec un grand bureau de Colonna, des chaises et des fauteuils de Gaillard, et un grand tapis de Brangwyn.

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Sur le stand Bing de l’exposition de 1900, on peut apercevoir une bonne partie de ce mobilier.

 

La famille Verdon a dû conserver une partie de ce mobilier ; en effet dans la collection de Robert Verdon, photographiée pour le livre de Maurice Rheims, nous trouvons les deux chaises de Gaillard.

aménagement.

Dans cette pièce les boiseries sont fournies par Bing ; les vitraux par Félix Gaudin (1851-1930), les serrures et les crémones par Alexandre Charpentier.

Le salon.

Cette pièce conserve ses peintures murales, d’inspiration impressionniste, attribuées  à un certain J. Blanchard-Pascaud par Laurence de Finance. Il me semble y avoir une grande parenté avec des illustrations signées Émile Blanchard, parues dans la Revue Illustrée, en 1901.

 

 

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Émile Blanchard, illustrations pour Sismé, de Marcel Schwob, la Revue Illustrée, 1901.

Les photos noir et blanc sont issues de la base Mérimée – les détails, en couleurs, sont repris du livre de Laurence de Finance.

la cheminée des quatre saisons.

Cette pièce est équipée d’une cheminée, dite « des quatre saisons » réalisée par Louis Guigues. Sur le manteau, se trouvait un buste par Louis Guigues, visible sur la photo publiée par Maurice Rheims – ce buste semble avoir été remplacé sur les photos plus récentes prises à l’occasion de l’inventaire mené par Laurence de Finance.

 

Le buste en question est connu par d’autres photos ; il ne s’agit sans doute pas du même exemplaire.

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Louis Guigues – nocturne

Autres pièces.

Nous n’avons pas de témoignage de l’aménagement des autres parties de la maison, à part quelques mentions dans l’article des Annales :

  • présence d’une cheminée monumentale dans l’atelier d’artiste,
  • vitraux « artistiques » sur les fenêtres du rez-de-chaussée,
  • revêtements entiers, y compris plafonds, de faïence émaillée (cuisine, salle de bains).

Mais nous disposons tout de même de quelques documents (photographies) conservés dans la famille Verdon, détaillés ici.

Les artistes et la Revue Illustrée.

Nous avons vu que de nombreux artistes et artisans d’art sont intervenus dans cette maison : Bing, Colonna, Gaillard, les Bigot, Avy, Blanchard, Guigues, Charpentier, Gaudin. Doucet était ami avec certains d’entre eux – notamment Bing. La Revue Illustrée publie sur ceux-ci un certain nombre d’articles, notamment à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900.

Voici quelques exemples :

  • sur Bing, au moins trois articles signés Viviane, et un autre signé S. de Pierrelée (pseudonyme de Doucet), publiés début 1901 – plus un dernier signé Armand Blanc.
  • Alexandre Charpentier est cité plusieurs fois, dont en particulier en 1899, par la reproduction d’un bas-relief monumental, « les Boulangers », en grès flammé de Müller.
  • plusieurs compositions de J.M Avy sont reproduites à pleine page à la Revue Illustrée, à partir de 1899 : Noël, Saturnales à Rome, Epiphanie.

 

En conclusion, la « simple demeure » de Doucet semble, comme l’indique l’article des Annales, particulièrement luxueuse. le couple Doucet ne l’occupera que cinq années et viendra habiter un appartement, dans Paris – on ne sait pas pour quelles raisons.

 

Annexe : article paru en octobre 1901 – Nouvelles Annales de la Construction.

Nouvelles annales de la Construction – 5eme Série – tome VIII – Octobre 1901.
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Description.– Élevée entre un jardin et une cour qui borde la rue Gambetta, à Clamart, la villa de M. D. comporte, ainsi que l’indiquent les plans, toutes les recherches d’une habitation des plus confortables, en même temps qu’un cachet d’élégance rehaussé, encore, par la beauté des matériaux naturels ou artificiels mis en œuvre.

Distribution – la maison d’habitation comprend, au rez-de-chaussée, salon et cabinet de travail prenant jour sur la cour d’entrée et sur les passages latéraux ; ceux-ci donnent accès, l’un au vestibule et au jardin, clos par une grille très ornée, l’autre à une entrée de service isolant le cabinet d’aisance du reste de l’habitation. Remarquons ce que ledit passage de service procure de ventilation naturelle au cabinet de travail et à la cage d’escalier, en dégageant cette partie du bâtiment du mur de clôture mitoyenne. Au premier étage, toutes les pièces sont complètement dégagées pour l’aération, au pourtour de la maison, l’annexe de service qui contient cuisine, laverie et water-closet ne montant pas à cet étage.

Le vestibule est accessible au moyen d’un perron formé de marches mi-partie droites et mi-partie arrondies, sans aucun embarras de limon ni de balustrage. Une marquise vitrée abrite le perron et l’entrée du jardin au-devant de la grille susdite. Le vestibule réunit, plus qu’il ne sépare, les deux pièces principales qui, avec le cabinet de travail et ledit vestibule (clos par une porte vitrée sur la cage d’escalier) forment une réception aussi agréable de jour que de nuit. Au surplus, un jardin d’hiver, sur lequel s’ouvrent deux portes-fenêtres de la salle à manger, en façade postérieure (côté jardin), achève d’agrémenter cette suite de salles où la circulation devient, toutes portes ouvertes, des plus faciles, même en cas d’affluence mondaine.

Notons cette particularité qu’à la façade, sur le passage au jardin, les châssis des grandes baies (salon et salle) sont fixes, en treillis métalliques, vitrés de vitraux peints, artistiques, au dessus d’allèges en maçonnerie réduisant ces baies à n’être, pour ainsi dire, que des impostes : c’est parce que, en face d’un mur peu distant de clôture mitoyenne, des fenêtres à châssis ouvrants, sur appuis à hauteur ordinaire, auraient laissé peu ou point de place aux meubles à l’intérieur des pièces, sans pour cela procurer des vues d’aspect agréable. Ainsi, les pièces sont très claires et suffisamment aérées ; et aux parties de murs restant pleines, sous lesdites impostes, des meubles peuvent trouver place.
L’habitation intime, au premier étage, n’est pas moins largement disposée que ne l’est la réception, car la chambre principale est encore plus grande que ne l’est la salle à manger et cela grâce à l’adjonction d’un bow-window, aveugle de face – parce que les bâtiments d’une propriété voisine rendraient au moins inutile la vue de face – mais ouvert, à droite et à gauche, pour des vues obliques vers la cour et vers le jardin. D’ailleurs, en façade postérieure, deux fenêtres hautes et larges, éclairent encore la même chambre et lui donnent vue sur le jardin.

Le rez-de-chaussée est, intérieurement, haut de 4 m entre planchers. La hauteur du premier étage est de 3,30m ; celle du deuxième étage (partie carrée, atelier) est de 3,50m ; celle des chambres de serviteurs et de débarras, grenier, etc, est de 2,40m.
La chambre principale est précédée d’une antichambre qui l’isole du palier d’escalier. Un cabinet de toilette voisin, est pourvu d’une armoire d’attache et d’une garde-robe (cabinet des armoires) où des penderies sont disposées, à droite et à gauche d’un dégagement s’ouvrant sur le palier ; et le tout fort clair. Une seconde chambre, enfin, prenant jour sur cour et passage, communique avec la première et se dégage aux dépens d’une salle de bains spacieuse, également bien aérée et éclairée.
– N’est-il pas difficile de concevoir appartement de maîtres plus intime, plus complet, plus confortable et salubre ?

Revenant au rez-de-chaussée, nous trouvons un service bien placé, indépendant et écarté des pièces d’habitation, auxquelles les deux fenêtres, aérant bien la cuisine, ne peuvent transmettre les odeurs culinaires : ce qui arrive, presque infailliblement, lorsque la cuisine est au sous-sol de l’habitation. L’office est entre cuisine et salle à manger, avec porte extérieure ouvrant, à côté de celle de la cuisine, sur un perron de service qui abrite, sous son palier, la descente extérieure au sous-sol. Ce perron-là est, lui-même, abrité par un auvent vitré. Une arrière-cuisine ou « laverie » prend jour par une trémie vitrée pratiquée dans le comble et par le pan vitré.

Enfin, au deuxième étage, on a disposé un atelier d’artiste, largement ouvert par trois grandes baies, sur un balcon dominant le paysage vers la forêt et vers Saint-Cloud. Une cheminée monumentale décore cette grande pièce (4,00×5,00m) qu’abrite un comble particulier en pavillon, à la façon du belvédère caractérisant le genre de villa dit « à l’italienne ».

Au même étage et sur le même palier s’ouvre, d’un côté, un débarras; de l’autre est le dégagement donnant accès à un logement de serviteur (chambre et garde-robe) et à un grenier. Ces divers locaux sont ménagés sous les combles du bâtiment , une lucarne géminée éclaire la chambre de serviteur et son cabinet.

Quant au sous-sol, il est utilisé en chambre de calorifère (à feu continu), dépôt de combustible, cave et caveau à liquides, buanderie et dépendance. La fosse d’aisances est contenue entre murs de sous-sol, avec un tampon de vidange s’ouvrant, à l’extérieur, dans le passage de service.

Décoration – Grâce à une exécution irréprochable et à l’emploi de matériaux choisis, d’une fabrication soignée, (granit, meulière, pierre d’Euville, briques dures de terre cuite blanche, de grès vernissé ou « flammé », toiture en tuiles, écailles de grès vernissé (Jacob), l’aspect extérieur de la villa est caractérisé par le fini et la propreté extraordinaire des parements vus ; par une coloration harmonieuse, discrète, provenant d’une combinaison de tons fins, rompus, aux effets inaccoutumés et puissants, que donne seule la céramique dite « à grand feu ». La grande simplicité d’une architecture spécialement étudiée pour l’appareil du briquetage se réhausse donc de cette polychromie lumineuse sans dureté, lisse et nuancée ; la solidité est spécialement obtenue par la qualité des émaux et une cuisson à haute température qui en assure la durée.

Mais ce genre de matériaux décoratifs, de beaucoup plus coûteux que la simple terre cuite émaillée – dont l’emploi se prête au goût de coloris aujourd’hui bien accusé, – ces grès vernissés ou « flammés » entrainent une dépense si fort en dehors de l’ordinaire, lorsqu’il s’agit d’habitation champêtre, que nous devons signaler, ici, cette particularité comme un luxe voulu et payé, tout à part. C’est le propriétaire qui a choisi et fourni lui-même ces matériaux « d’extra » ; l’entrepreneur adjudicataire de la maçonnerie n’ayant fourni, suivant son « forfait », rien autre chose que les matériaux ordinaires usités en cas semblable, et la mise en œuvre des uns et des autres d’après les dessins de l’architecte. A l’intérieur, des faïences décoratives, des parties de sculpture en pierre du Poitou (cheminée de la salle à manger).

Une frise peinte (sujet allégorique) aux murs du cabinet de travail, sont autant de hors-d’œuvre artistiques, qui avec des lambris en bois naturels à hauteur d’homme (cabinet et salle à manger), avec des revêtements entiers de murs, plafonds, etc. (cuisine, hotte, salle de bains), en faïence émaillée, font de cette villa une demeure, avons-nous dit, exceptionnellement élégante et coûteuse, – trop pour que les chiffres de la demeure totale soient utiles à donner ici. On se bornera à indiquer, plus loin, le chiffre total du forfait de maçonnerie (non compris le coût des briques émaillées), et sachant que la valeur de cette partie du gros œuvre égale la moitié de la dépense totale, en cas ordinaire de construction, l’on en pourra déduire le chiffre total d’un bâtiment de même capacité et importance, mais sans autre recherche de luxe artistique.

Construction. – Les murs en fondations, au sous-sol, et ceux de la fosse sont en meulières. Le soubassement (parements vus) est en meulières piquées, réglées d’assises, à bossages, sous un bandeau en granit de Givet. Les trumeaux de baies et les parties courantes des murs de face sont en briques (épaisseur 0.36m), compris enduits extérieurs ; les parements vus sont faits de briques de grès vernissé ou « flammé » – ce dernier genre pour les parties colorées, tandis que les briques vernissées sont d’un ton laiteux. Le reste des murs de face, en épaisseur, est en briques blanches dures ordinaires et de même hauteur d’assises que celle des briques vernissées (le tout de la maison L. Mélier). Les arcs et les linteaux de baies sont en briques de grès flammé. Les frontons et linteaux en plate-bande des fenêtres du premier étage sont en briques vernissées blanches et en briques de grès flammées ou vernissées pour les parties de couleur. Les plinthes, bandeaux, sommiers d’arcs en façade, sont en pierre de taille d’Euville.

Les perrons ont été taillés en granit de Givet. Le soubassement du jardin d’hiver (ce dernier en fers T à vitrage avec lambris d’appui en tôle= est en meulière piquée, comme pour celui de la maison, sous un bandeau en ciment Portland. Le perron dudit jardin d’hiver est en béton Coignet.

Tous les planchers sont en fer I ; ceux qui recouvrent la cave, la buanderie et la chambre de calorifère sont hourdés par voûtains de briques. Le sous-sol, en entier, est dallé en briques de Bourgogne posées, à plat, sur forme de mâchefer et couche de ciment (épaisseur 0,03m) et rejointoyé en ciment. Les encadrements de portes, audit sous-sol, sont appareillés (piédroits et arcs) en mêmes briques que ci-dessus.

Tous les parquets sont en chêne, posés à l’anglaise, sur lambourdes, mais en « coupe de pierre », au salon, à la salle à manger, au cabinet de travail et au vestibule. Les murs de la salle à manger sont revêtus (à hauteur de 1,50m) de vrais lambris en chêne ; ceux du cabinet de travail sont revêtus de vrais lambris en noyer noirci (imitant l’ébène). Au salon, est un lambris de toute hauteur en sapin et peint à l’huile, de tons blancs (Louis XV). Les murs et le plafond de la cuisine ainsi que la hotte du fourneau sont revêtus de carreau rouge de Marseille. Le cabinet d’aisances et celui des bains sont – murs et plafonds – revêtus de même. L’escalier tout en chêne, est « à l’anglaise » ; limon à crémaillère, faux limon, avec rampe en fer forgé portée sur montants à col de cygne.

Toutes les croisées ordinaires sont en chêne, et aussi les châssis ordinaires. Les fenêtres de grande largeur ouvertes, au rez-de-chaussée et en façade sur la cour d’arrivée (salon et cabinet de travail) sont disposées d’une façon spéciale pour laisser fixes, à chaque baie, deux parties latérales et une imposte. Certaines parties vitrées sont, comme les baies de face latérale (salon et salle à manger) et les baies du bow-window au premier étage, formées de treillis métalliques, fixes ou non, suivant le cas, à vitrage décoratif, transparent ou non.

Le petit bâtiment en aile contenant le service (cuisine, laverie, water-closet, etc.) est construit de la façon la plus simple et ordinaire : murs de fondations et de soubassement en meulière (enduit de ciment au soubassement) ; mur d’élévation en briques façon Bourgogne ; linteaux et planchers en fer ; charpente sapin ; châssis vitrés garnis de petits fers à vitrage T formant grillage ; couverture en tuiles ordinaires à recouvrement.

Dépense. – Le marché à forfait, pour les travaux et fournitures de maçonnerie (non compris la valeur d’acquisition des briques spéciales, émaillées, vernissées ou flammées, apparentes aux divers façades) a été traité au prix de dix-huit mille francs. D’où l’on peut déduire qu’au cas où des briques ordinaires auraient été employées au lieu et place des dites briques de luxe, et non compris la construction à forfait par un spécialiste du jardin d’hiver le total des travaux exécutés suivant l’usage courant, sans recherche artistique, se serait élevé à la somme de 36000 frs. Ce chiffre ayant été dépassé, selon toutes probabilités, de plus de moitié, nous n’en tiendrons point compte au point de vue documentaire.

 

 

 

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3 réflexions sur “la Villa du Bonheur

    1. bonjour cher H secret, aujourd’hui la maison appartient à un couple de médecins – il se dit qu’auparavant la maison aurait été habitée par une personnalité bien connue du monde télévisuel franco-allemand. Je n’ai contacté ni les uns ni les autres.

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