Grisélidis, par Jules Lefebvre

Grisélidis, de Jules Lefebvre : un tableau qui a particulièrement plu à Jérôme Doucet.

De mai à octobre 1896, se tient l’exposition nationale et coloniale de Rouen ; le grand évènement de la ville !

Comme dans toute bonne exposition de ce genre, les visiteurs trouvent les dernières nouveautés, en matière industrielle, commerciale, et culturelle. A cette occasion, un ouvrage luxueux est publié : la Revue Illustrée de l’exposition, imprimé en 1897 par l’imprimerie Lecerf, à Rouen ; c’est un fort volume in-4° (25cm x 33cm) de 458 pages, abondamment illustré. Il regroupe les contributions de nombreux auteurs, qui rendent compte de ce que les visiteurs ont pu admirer.

 

 

la partie Beaux-Arts est rédigée par Jérôme Doucet ; en deux articles, totalisant soixante pages, il rend compte des expositions de peinture, dessin, gravure, sculpture et arts décoratifs – dont un petit article sur la reliure.

Dans cette exposition Doucet fait un tour peut-être pas exhaustif mais assez large tout de même – et il met en avant quelques œuvres qui l’ont marqué.

Lefebvre_-_Grisélidis
source : wikimedia

Parmi celles-ci figure Grisélidis, de Jules Lefebvre. C’est une huile sur toile, de 60cm sur 72cm, représentant un personnage du Décameron – une jeune fille qui tient un livre, en regardant le visiteur ; sa longue chevelure tombant sur ses épaules.

Voici ce qu’en dit Jérôme Doucet :

Et maintenant, arrêtons-nous un peu, et même beaucoup, car nous avons là deux splendeurs à admirer.

C’est d’abord la Grisélidis de Jules Lefebvre (n° 303), un pur chef-d’œuvre de grâce et de joliesse, une merveille d’exécution. Tout y est dans cette toile infiniment désirable et que j’adjure le Musée d’acquérir pour nous la garder indéfiniment. Il y a plus que de la peinture en cette œuvre, plus que l’exécution parfaite du modèle adorablement choisi ; il y a de la vie, de l’émotion, de l’amour ; on fait ainsi quand on est un grand artiste d’abord, et qu’on peint sa maîtresse ou sa fille.

Les cheveux blonds, longs, ondulés, ce sont des vagues
venant mourir au bord du front, lentes et vagues.

Ces cheveux, qui ont l’air d’être traités sommairement, mais si magistralement synthétisés, sont l’encadrement parfait de cette virginale figure.

rouen_repro_griselidis

Logiquement, le tableau en question est reproduit dans l’ouvrage, en hors-texte ; c’est une reproduction photographique, en noir en blanc, de Cl. Petiton.

Doucet sera entendu : le tableau est acheté par le Musée des Beaux-Arts de Rouen à l’issue de l’exposition.

La chanson des Cheveux.

Les deux vers cités sont de Jérôme Doucet ; ils appartiennent à une des nombreuses chansons qu’il a composées pendant sa convalescence : la chanson des cheveux.

rv_chanson

Cette chanson, Doucet la publiera dans le numéro du 15 août 1898 de la Revue Illustrée, avec deux illustrations : une vignette de Pascalidès, et une gravure, par Gilardi, du tableau de Jules Lefebvre ; gravure monochrome, imprimée en couleur.

chanson_choses_cheveux

La chanson sera reprise dans la Chanson des Choses, avec les mêmes illustrations, cette fois-ci imprimées en noir.

 

 

 

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