la Chanson des mois : Juillet.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de juin, voici juillet :

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                               Juillet

          Soleil créateur, Solleil homicide,
          Soleil brûlant comme un acide
          C’est dans la fournaise que Dieu
          Doit cuire l’émail translucide
          Du Ciel implacablement bleu.

          Soleil de Juillet, o béante gueule
                             De four,
          L’atroce splendeur de ton jour
          Nous écrase comme une meule.

                   Trop heureuse mille fois,
                       Au fond du bois
Lorsque ton char de feu suit son ardente course
          La Nymphe qui vient se cacher
Dans le creux sombre d’un rocher
Parmi le gazouillis des sources

      Le clair goutte à goutte de l’eau
Sur son corps engourdi d’une chaude paresse
      Fait ruisseler le frais manteau 
                          De sa caresse
      Et la Nymphe avec un frisson
      Délicieux reprend l’ancestrale chanson

      La vie est longue, la vie obscure
      La vie est douce à qui n’a cure
      De la gloire au vain apparat
      La vie est rude, la vie est brève
      Pour Icare, le fol, qui rêve
      De s’envoler jusqu’au Soleil

 

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la Chanson des mois : Juin.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de mai, voici juin :

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Juin

Est-ce hasard ? Est-ce malice ?
O Juin, tu te fais le complice
D’Eros poursuivant la Nymphe aux abois
Toi qui dans la sombreur des bois
Où rit le Faune aux yeux de braise
Eparpilles la rouge fraise
Aguicheuse des menus doigts.

Pour la cueillir elle est venue
Gourmande, adorablement nue
Fouillant la mousse des talus
Mais le faune caché derrière un tronc de chêne
L’aperçoit, bondit et l’enchaîne
Pâmée entre ses bras velus.

C’est ta faute ! Voile ta face
O Juin, que veux-tu qu’elle fasse
                 Contre vous deux ?
Lui, le Faune, est-il rien qu’il n’ose ?
Et toi tu l’aides de ton mieux
En semant par les prés joyeux
La splendeur aveuglante et grisante des roses.
O Juin, mois des roses, dis-moi,
                 Brûlant mois,
Quelle est cette fée inconnue
Qui seule entre ses doigts divins
Arrive à modeler cette senteur charnue
La rose qu’on pastiche en vain.

Une fée aussi, la Parisienne,
Certes fait d’exquises roses, singeant 
Ta rose frais, oui… mais la sienne
N’est auprès que de la Saint-Jean.

 

 

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la Chanson des mois : Mai.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois d’avril, voici mai :

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                   Mai

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu
                En grand tra-la-la,
                De senteurs vêtu,
                Coiffé de lilas ?
Quand reviendras-tu joli mois de Mai,
                O mois parfumé ?

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu
                De blanc lys vêtu,
                O mois de Marie,
Ou la jeune fille aux yeux de pervenche,
                Blanche théorie,
                Sous son voile, blanche,
                Va porter un cierge
De cire très blanche à blanche Vierge.

           Quand reviendras-tu,
      De lys et de mousseline vêtu,
           Joli mois de Mai
           D’encens embaumé ?

Joli mois de Mai, quand reviendras-tu
           De baisers vêtu
           et coiffé de jour
           Joli mois d’amour ?

           Quand reviendras-tu,
De ta chair vêtu,
Joli mois de Mai
Embaumé,
Beau Mai ?

 

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dédicaces de Jérôme Doucet

Comme tout auteur qui se respecte, Doucet, qui a beaucoup publié, a beaucoup dédicacé également ; mais peut-être parce qu’il a également beaucoup publié pour son compte personnel, sans souci de vente (voire sans mise en vente), certains de ses livres semblent plus souvent offerts que vendus ; offerts, avec une dédicace !

Voici un petit recensement des envois, classés par date de publication du livre concerné (qui peut être très différente de la date de l’envoi) ; recensement continuellement mis à jour en fonction des découvertes.

1892. Cure d’amour.

Dédicace suivante :

Respectueux hommage
de l’auteur
Jérôme Doucet
Rouen 1er Juillet 92

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Sur un des 20 exemplaires sur Japon (numéro 10), présence d’une aquarelle signée M (Marold), avec la dédicace suivante :

A monsieur André Lebreton
hommage cordial
Jérôme Doucet
Rouen février 1895

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Il peut s’agir de Pierre André Le Breton (1850-1937), président du comité de botanique du Musée de Rouen, en 1893, propriétaire du château de Miromesnil, acheté en 1895, où est né Guy de Maupassant ; frère de Gaston Le Breton, directeur des musées de Rouen.

A noter un autre exemplaire sur Japon (numéro 3), en vente chez un libraire (Chapitre), avec envoi découpé ; il est probable que les 20 exemplaires sur Japon comportent des envois.

1892. le mal des planches.

Dédicace suivante :

à Monsieur André Lebreton
Jérôme Doucet

Pour plus de détails sur ces premiers livres de Doucet, voir cet article.

1893. Douze sonnets.

Dédicace suivante :

A Monsieur André Lebreton
hommage de l’auteur
Jérôme Doucet

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Pour plus de détail sur ce très beau livre, voir cet article.

1893. La Damnation de Pierrot.

Il existe un exemplaire avec un envoi à André Lebreton (qui a figuré sur le même catalogue que les 2 ouvrages précédents). Je n’ai pas de photo de cet envoi.

Sur un autre exemplaire, dédicace suivante :

à l’ami Murer
bien cordialement
Jérôme Doucet

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Jérôme Doucet épousera la sœur de Murer en 1897, ce qui entraînera la brouille entre le frère et la sœur…

Pour plus de détails sur ce livre, voir cet article.

1895. La puissance du souvenir.

Dédicace suivante :

A mon ami H. Texier
très modeste souvenir
en attendant mieux
Jérôme Doucet

La justification manuscrite indique :

à quelques rares
exemplaires pour les
amis indulgents

Je n’ai pas trouvé qui pouvait être H (Henri ?) Texier. On trouve trace de Henri Texier, professeur de rhétorique au lycée Corneille de Rouen, qui pourrait être cet ami.

Pour plus de détails sur ce livre très intéressant, voir cet article.

1900. Contes de la Fileuse.

Sur un exemplaire sur Japon, la dédicace suivante :

à l’ami Carré
cordialement
Jérôme Doucet

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Je ne sais pas qui est l’ami Carré..

Sur un exemplaire du tirage courant :

Ex. de mon collaborateur et
ami Georges Rochegrosse
Jérôme Doucet

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Doucet et Rochegrosse ont collaboré, depuis 1895 au moins, pour les trois Légendes.

Sur un autre exemplaire :

exemplaire de mon ami Ferroud
Jérôme Doucet

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(l’image est bien petite pour être certain de cette lecture…). Doucet a collaboré avec Ferroud, notamment pour les trois Légendes, mais aussi pour Anacréon, Pétrone, et d’autres éditions – voir le détail dans cet article.

1900. Contes de Haute-Lisse et de la Fileuse.

Dédicace suivante :

à (xxxx)
le poète (xxx) : la Tulipe noire
le Maître (xxx) : le Cerisier
Cordialement
Jérôme Doucet
5 février 1926

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Je n’ai pas réussi à identifier ce poète..

Il existe un exemplaire, avec un « envoi amical » à Paul de Rémusat, proposé par la librairie Chrétien. Il ne s’agit pas de Paul de Rémusat (1831-1897), journaliste et écrivain, mais d’un autre membre de cette famille  : Prosper Albert Henri Paul, né en 1892, mort en 1963. A noter (voir ci-dessous) des envois de Doucet à « Dauphine de Rémusat » dans les années 1940 – il s’agit d’Adrienne de Rémusat, sa fille aînée.

Pour plus de détail sur cette édition, voir cet article.

1900. Notre ami Pierrot.

La librairie Chrétien propose un exemplaire de tête sur Japon avec la dédicace suivante :

exemplaire Offert
à Farina
en souvenir des pantomimes.

Plusieurs des productions de Jérôme Doucet ont donné prétexte à des spectacles de pantomimes, très populaires à l’époque, avec notamment Maurice Farina (1883-1943).

Sur un exemplaire du tirage courant, cet envoi :

A l’ami Glaudinot
cordialement
J. Doucet
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Pour plus de détails sur cette édition, voir cet article.

1901. Trois légendes, d’or, d’argent et de cuivre.

Un exemplaire marqué « offert », signé de Ferroud et de Doucet – il est sans doute offert à André Lebreton, l’exemplaire ayant la même provenance que les exemplaires déjà cités plus haut.

Pour plus de détails sur cette édition, voir cet article.

1902. Danses.

Sur un exemplaire de tête, cet envoi :

à Madame Armand Dayot
respectueux hommage
de
Jérôme Doucet

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Armand Dayot (1851-1931), critique d’art est notamment le fondateur de la revue l’Art et les Artistes, en 1905 – avec Jérôme Doucet comme secrétaire de la rédaction pour les premiers numéros.

Pour plus de détails sur ce livre, voir cet article. Pour plus de détails sur cet exemplaire, voir ce blog.

1902. Pétrone.

Sur un exemplaire sur Japon, cet envoi :

numéro offert
à (nom gratté…)
très cordialement
Jérôme Doucet

 

1903. Anacréon.

Dédicace suivante :

un des 3 hors commerce
à l’ami Ferroud
Jérôme Doucet

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L’envoi est étonnant ; Ferroud est l’éditeur du livre, et a donc ses exemplaires personnels, dont notamment un exemplaire sur chine.

Sur un exemplaire sur japon, enrichi de trois suites, et de documents manuscrits (« précieux – des autographes de moi – d’une folle valeur » comme dit plaisamment Doucet) :

réservé à M. Eugène Descaves
Jérôme Doucet

anacreon_envoi_descaves

anacreon_lettre_descaves

Eugène Descaves, frère de Lucien Descaves, commissaire de police, est collectionneur d’art.

Sur les différents tirages existants, voir cet article.

1903. Princesses de Jade et de jadis.

Sur un exemplaire du tirage courant : « exemplaire de Pierre de Nolhac signé par Jérôme Doucet », proposé par la librairie Clagahé, de Lyon. 

Le Livre et l’estampe, éditeur repris par Doucet, a publié en 1902 un livre de Pierre de Nolhac.

1922. Princesses d’or et d’orient.

Un exemplaire doit sans doute exister, avec l’envoi original à Clémentine Rouzaud :

Pour mon amye à l’œil riant
esveilleur de muse qui dort
j’ay cueilly ces princesses d’or
et d’orient
noël 22
JD

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En plus de l’envoi, en fac-simile, à Clémentine Rouzaud, présent sur tous les exemplaires, un exemplaire porte l’envoi suivant :

Numéro offert à
Madame …
Princesse d’Espagne et d’Espérance
Jérôme Doucet
Noël 1929.

princesses_or_envoi

La présence, dans l’exemplaire, de lettres de Jérôme Doucet permet d’identifier la destinataire avec Madame Solms – sans qu’on puisse faire de lien avec une princesse du même nom.

Pour plus de détails sur ce livre, voir cet article.

1923. La croisade des gueux.

Dédicace suivante :

numéro offert
à m. Fernand Marchal
cordialement
Jérôme Doucet

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Sur un autre exemplaire (librairie du presbytère) :

Pour Ignace Legrand
dont le premier roman peut être mis
sur le rayon des livres définitifs auxquels il
s’apparente sans pourtant, je crois, les amuser (?)
Jérôme Doucet
mai 25.
coisade_envoi_legrand

 

Ignace legrand (1884-), frère d’Edy-Legrand, publie le disciple du feu en 1923.

1926. Verrières.

Sur un exemplaire de tête, sur Japon (numéro 7) :

Pour Andrée Gauthier
En se jouant à travers la Verrière les rayons de
soleil vont sur la blonde communiante
des taches de lumière, bleu de la Foi, vert de l’Espérance
rouge de la Charité. Divin arc-en-ciel
Cannes
mai 1945
Jérôme Doucet

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Sur un exemplaire de tête, sur Japon (numéro 30) :

à Jean Estève
Je l’ignorais hier, mais ma chance le mit
sur ma route – aujourd’hui c’est un charmant ami
Jérôme Doucet
Paris décembre 1930

verrieres_envoi_esteve

Sur un exemplaire du tirage courant (numéro 60) :

à mes charmants amis
Cartault
Jérôme Doucet

verrieres_envoi_cartault

Sur un exemplaire du tirage courant, non numéroté :

exemplaire réservé
à Madame R. Manant
Dans le chœur des cathédrales la belle verrière
ronde se nomme une Rose
Dans le cœur de nos amis la charmante jolie
Dame se nomme Rosine
Noël 29
Jérôme Doucet

Je n’ai identifié aucun de ces destinataires..

1927. Les choses meurent.

Dédicace suivante :

Numéro offert à
Mademoiselle Marie Normand
une « petite chose » bien vivante
heureusement
cordial souvenir de
Jérôme Doucet
15 juin 30.
Paris

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Sur un autre exemplaire :

Numéro réservé à
à mes chers amis de Guerne
les choses meurent… mais
le souvenir demeure quand
il est doux comme le vôtre
Jérôme Doucet
fév. 29.

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Pour plus de détail sur ce livre, voir cet article.

1931. Et puis, voici mon cœur…

Dédicace suivante, sur un exemplaire hors numérotation (numéro V) :

à mon excellent imprimeur
en cordial souvenir
Jérôme Doucet
avril 31
Paris

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L’imprimeur en question est P. Harambat.

1936. Mademoiselle Graindsel.

Ce titre de la Bibliothèque Rose n’a sans doute eu que peu de dédicaces ; en voici tout de même une :

pour Ghislaine Severac
qui met aussi son grain de sel
étant aussi mijaurée que
ma petite fille
Jérôme Doucet
30 sept 36
Paris.

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A noter qu’il s’agit d’un exemplaire broché, et non pas sous cartonnage éditeur, ce qui est assez rare semble-t-il ; l’exemplaire a ensuite été relié en plein chagrin.

1941. L’invitation au bonheur.

Dédicace suivante :

Numéro réservé à
Madame C. Rouzaud
en souvenir et merci de son amitié
qui me fut si précieuse.
Jérôme Doucet
Paris
Noël 41

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Clémentine Rouzaud est une grande amie de Doucet – elle dirige, avec son mari, les chocolats de la marquise de Sévigné.

Dédicace suivante :

pour Dauphine de Rémusat
que cette « invitation » achève de développer
votre goût des Vertus
pour votre bonheur
Jérôme Doucet
Cannes 11.11.44

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1942. Triptyques

Dédicace suivante :

pour Dauphine de Rémusat
Décorativement : des Triptyques.
Littérairement : des Sonnets.
Spirituellement : des Prières.
Jérôme Doucet
Cannes 11.11.44

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On note que les 2 livres furent offerts le même jour, à Dauphine (Adrienne) de Rémusat, fille de Paul de Rémusat, à qui Doucet avait déjà envoyé un livre quarante années plus tôt…

la Chanson des mois : Avril.

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de mars, voici avril :

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      Avril

Avril ! Ô syllabes qui tintent
Ainsi qu’un pur cristal heurté,
Avril ! Ô réveil des clartés,
Des chansons trop longtemps éteintes.

Adieu la froidure, ni-ni,
                C’est fini

                 Les nids
Dans le hamac des branches souples
          Sont pleins de couples
                Et d’œufs bénis.
Avril ! Mois des œufs si fragiles,
        Couvés de tant d’amour..
      Des œufs qui deviendront un jour,
                          Eux si lourds,
                Des oiseaux fugitifs, agiles.

Avril, ô mois des œufs ! Viens t’en
Bien vite, le bambin attend
Pâques, mains pleines
D’œufs roses, blancs, verts, par douzaines,
               Le cœur sautant !

Pâques ! Jour saint, jour des grand’messes
    Nous pouvons croire à tes promesses.
    Mais Avril est-il si certain ?
    Son soleil me paraît bien grêle.
    Joyeux et brillant ce matin,
    Tantôt sera t-il pas éteint
    Dans le vent, la pluie ou la grêle ?
    Avril, ton beau printemps n »est-il
                      Poisson d’Avril ?

 

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la Chanson des mois : Mars

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de février, voici mars :

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Mars

Regarde, à ton rire vermeil,
              Ami soleil,
Le vieux bonhomme Hiver s’écroule,
Et sur son sceptre de bois mort
             Que la dent mord
Les gais bourgeons pointent en foule

Bon vent, Hiver grogneur, un seul
Rayon de clarté l’a fait se taire
Va-t’en, vieux fossoyeur… la Terre
Déchire ton neigeux linceul.

Trop longtemps reclus en la laine 
et la fourrure, les mutins
Amours dansent à perdre haleine,
Nus dans les brumes des matins.

Et surprenant à sa toilette
Nature aux yeux appesantis,
ils lui lancent des confettis
                De violettes.

Mais quoi, Printemps l’on ne sait trop
Si tu vas fuir. Les giboulées
Dans des tourmentes envolées
Tambourinent à nos carreaux.

Bast ! ce n’est qu’un nuage… il passe
                Au grand trot
Le bleu reparaît en l’espace.

Et c’est ainsi chez les amants
               Simplement
Une amoureuse bouderie
                    D’un moment
On pleure en attendant qu’on rie.

 

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les douze filles de la Reine Mab en Gallois

 

En 1910, l’éditeur Hachette publie un recueil de contes de Jérôme Doucet, les douze filles de la Reine Mab. Ces contes, illustrés par Henry Morin, ont déjà été pré-publiés dans les revues de l’éditeur. Avec ce recueil, Hachette inaugure une nouvelle collection qui sera appelée Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui.

Le recueil connaît un succès certain et sera réédité jusque dans les années 1930 sous sa forme d’origine, et dans les années 1950 dans la Bibliothèque Rose. Dès 1912 une édition anglaise voit le jour, sous le titre Queen Mab’s daughters.

Il existe peu de différences entre les éditions françaises et anglaise – à part le cartonnage : côté français il est déjà Art Déco, côté anglais il est encore très 1900. Et ce n’est pas la même illustration qui est choisie pour cette couverture.

Les contes sont traduits fidèlement ; mais la plupart des filles sont renommées – Gab devient Muriel, Annie devient Phyllis, Colette devient Betty. Un des contes est renommé de façon plus visible : Janine et l’Ane devient Janet and the ass !

Les illustrations de Henry Morin sont reprises avec une petite différence : la bordure rouge est mieux travaillée dans la version anglaise.

Je ne connaissais pas d’autre édition de ce recueil, dans une autre langue ; mais j’ai trouvé ces illustrations :

 

Il s’agit des illustrations de deux des contes du recueil : Léna et le Canard (à gauche) et Colette et l’Aigle. Elles sont imprimées recto-verso sur la même feuille, alors que les illustrations d’origine sont seulement imprimées au recto.

On peut comparer ces illustrations à leurs versions anglaise et française :

 

Les légendes de ces illustrations sont, pour Léna et le Canard (Lena and the Duck)  :

  • Quelle vilaine pêche m’apportes-tu ?
  • What wretched haul is this you’ve brought me ?

Et pour Colette et l’Aigle (Betty and the Eagle) :

  • « donnez-moi un bœuf en échange » dit le pêcheur.
  • « you can take it, il you will give me an ox in exchange. »

Comme on le voit ces légendes sont cohérentes. Comparons avec les légendes des deux illustrations mystérieuses…

  • Pour Léna et le Canard :

« CHWARDDODD CROC YN UCHEL AM EU PENNAU  »
[Gwêl « COLLI A CHAEL GRETA »]

  • Pour Colette et l’Aigle :

« ESTYNNODD HAEL EI DORTH OLAF IDDI »
[Gwêl « HAEL A BRENHINES YR EIRA »]

Cette langue inhabituelle est une langue Celtique – Iralndais, Gallois ; en voici (merci Google) une traduction :

Croc a ri de leurs têtes – voir « perdu et retrouvé »

Ils ont atteint leur dernier tour  – voir « la Reine des Neiges »

Je ne suis pas du tout sûr, ni de la langue, ni de la traduction… et je ne vois pas beaucoup de rapports entre ces légendes et les contes en question – à part le fait que le personnage du Crocodile s’appelle Crocodillus en français et Crocodile en anglais. Et je n’ai pas trouvé trace d’une édition de ce recueil dans une langue celtique. Il ne s’agit peut-être pas d’une traduction, mais d’un livre n’ayant rien à voir ; par exemple un livre d’initiation à la langue, avec des exemples tirés de sources diverses – et il est vrai qu’on ne voit pas le rapport entre les contes de Doucet et la Reine des Neiges, d’Andersen.

Les recherches continuent !

 

 

 

la Chanson des mois : février

La Chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

Après le mois de janvier, voici février :

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               Février

Voici venir en grand rumeur
Trompes, clairons, tambours de basque
Messire Carnaval, semeur
                     de masques

Les masques ! Morbleu, méprisons
                  Ces prisons
Où la joie étouffe, ou le rire
                  Devenu pire
Q’un rictus en grimace expire.

Laissons le vieux rire gaulois
                   De bon aloi
Secouer la panse du Monde
Le Rire est sain vive sa loi
Qui veut que l’on rie à la ronde

Quel mal est-ce que nous lampions
                 Sous les lampions
Les vins de France et de Champagne ?
Chantons, buvons, rions… rions…
Rions à battre la campagne !

Rions vite, vite, de peur
                   Qu’un pleur
N’allonge le pur vin qu’on aime
Chantons, rions, le verre en main,
                Demain
               C’est le Carême.

 

 

 

 

la Chanson des mois : janvier

La chanson des mois est sans doute la publication la plus luxueuse de Jérôme Doucet,  avec Maurice Leloir. Pour le détail de cette publication, voir cet article.

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Voici la chanson du mois de janvier :

Janvier

La bûche dans la cheminée
Joyeusement illuminée
Sous les baisers brûlants du feu
                   Minée
S’envole en fumée au ciel bleu.

Ainsi se passa peu à peu,
Jour à jour, la défunte année.
Un an s’en vient, l’autre s’en va,
              Vire l’on la.
La terre tourne et … mort Décembre
                 Janvier est là.

Au gui l’an neuf ! Est ce la fève
Qu’apporte le gâteau des Rois
Ou la froide fin du doux rêve
                    Auquel je crois ?
Bonjour ô Sphinx !   Bast ! que m’importe
Ton énigme. J’ouvre ma porte
                      A deux battants :
Ton secret, en vain il se cache,
Heure par heure il te l’arrache,
Ce vieil Œdipe qu’est le Temps.

Heur et malheur, c’est l’équilibre
Fatal des jours… Sphinx, on t’attend,
Le corps robuste, l’âme libre,
                           Le cœur chantant.

 

 

journal des ouvrages de dames, noël 1912.

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Nous avons déjà vu des contributions de Jérôme Doucet au numéro de Noël de cette revue pour Dames, qui publie ordinairement des patrons de tricotage et de dentelles ; en 1912, Doucet, sous son pseudonyme de Montfrileux, y publie, comme les années précédentes, deux articles.

Cette année-là, Doucet collabore avec deux de ses amis : Albert Robida et Maurice Leloir.

La ville des poupées (Nuremberg).

Ce premier article, illustré par Robida de 21 vignettes dans le texte, et d’un hors-texte à pleine page, est un reportage, en quatre pages, sur la vieille ville de Nuremberg. Il est imprimé en onciales, le texte en rouge et les vignettes en noir.

Dans les années précédentes, Robida a déjà fourni quelques illustrations de Nuremberg, publiées dans le Journal des voyages ; notamment, dans le numéro 326 (1er mars 1903), dans la série Robida-Album, une vignette à mi-page illustrant le pont du bourreau ; le sujet est de nouveau illustré en 1912 mais le point de vue est différent.

Emplettes.

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Ce second article, illustré par Leloir de cinq vignettes à mi-pages, tirées en un camaïeu de bleu très léger, montre, en cinq pages, une comtesse, ancien Régime, qui va faire ses emplettes chez les meilleurs fournisseurs, en vue des fêtes.

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Les deux articles sont imprimés sur papier couché, sauf la dernière page de Emplettes, sur le papier courant du journal – elle ne justifiait pas à elle seule l’emploi d’un cahier de papier couché. Bien sûr, chaque illustrateur est choisi en fonction de sa spécialité : à Robida les vieilles architectures allemandes, à Leloir les costumes de la noblesse d’ancien Régime.

Voici la reproduction de ces deux articles – à l’exception notable du grand hors-texte de Robida, l’exemplaire utilisé étant malheureusement incomplet.

Reproduction de la Ville des poupées :

 

Reproduction de Emplettes :