ceci n’est (peut-être) pas de la porcelaine de Sèvres

Voici quelques contre-exemples de ce qui ne devrait pas poser de problème d’attributions. Je ne mets pas du tout en doute la sincérité des vendeurs concernés ; et je n’exprime ici que ma propre opinion : je peux donc me tromper aussi (!) – merci de considérer ces exemples comme devant donner lieu à réflexion.


un classique… on trouve couramment ce genre d’assiette, avec des personnages sensément de la Noblesse d’une époque indéterminée. Ici rien n’est de Sèvres ; les dorures en relief évoquent plutôt l’Allemagne. Les signatures sont toutes fausses ; le macaron S37 est impossible (pas utilisé à cette date) ; imaginer que les tampons de décor et de château soient posés sur les anneaux de calibrage est étonnant ; et d’ailleurs les assiettes ne sont calibrées, et donc ont ces anneaux, qu’à partir de 1842.


autre exemple comparable :

ah les beaux angelots ! bon, ici également pas grand chose d’authentique – sauf peut-être l’assiette, non décorée : la marque de fabrication verte meulée semble indiquer une pièce mise au rebut et vendue en blanc ; certainement pas à la date de 1836 comme l’indique le vendeur professionnel – on devine plutôt S70 – 1870, donc. Les marques de décor et de château sont fausses, la décoration de l’assiette (y compris le monogramme LP), et principalement les angelots, sont typiques de ce que ne produit pas Sèvres..


 

 

 

Voici une belle pièce, mais certainement pas de Sèvres. L’or a plus l’air de bronze que d’or, les dorures sont bien pauvres…

La signature ne peut pas tromper ; cette pièce de 1950 environ est signée avec des traits qui n’évoquent que de loin les 2 L utilisés par Sèvres au XVIIIe siècle. On est proche des signatures utilisées par Le Tallec (qui entrecroise un L et un T) – et qui utilise également un système de trois lettres rajoutées, comme ici- système qui correspond à une datation propre à cet atelier.

A noter que ce bleu pâle est fréquent dans les copies de Sèvres ; même s’il est assez peu utilisé par Sèvres – à ne pas confondre avec le fameux « bleu de Sèvres », qui est très foncé.

 


 

Une annonce d’un vendeur Anglais – « 19C Century SEVRES CHATEAU TUILERIES MARK PARIS PORCELAIN MARIE ANTOINETTE CUP SAUCER.

Il n’y a pas grand chose d’authentique dans cet ensemble – bien qu’il n’y ait pas de doute que la tasse et la soucoupe constituent bien un ensemble.

La tasse a une marque aux 2 L avec la lettre A, qui correspond à 1753 – 2 ans avant la naissance de Marie-Antoinette ! La soucoupe possède une marque de château, comme très souvent ce genre d’objet, et une marque de décor, datée de 1846, mais pas de marque de fabrication. Voir Sèvres : marques de Châteaux.

Mais la mauvaise qualité de l’ensemble (couleurs délavées, ors industriels bas de gamme, peinture mièvre) suffisent à détourner l’attention de ce petit lot – qui s’est tout de même vendu 200 euros…


 

Un classique napoléonien. L’annonce indique « Tasse porcelaine de Sèvres XIXe 1854 », avec un prix de vente élevé (appréciation personnelle…).

En fait il s’agit d’une pièce assez courante de Capodimonte, en Italie – avec un type de décor classique pour cette fabrique, comme d’ailleurs la forme. Il est vrai que la signature ressemble « un peu » à une marque utilisée sous le Second Empire. Voir Sèvres : imitations et ressemblances courantes


 

Autre classique, le sur-décor sur une pièce de rebut. Ici le sur décor est assez sobre, la pièce est décorative. On voit bien la marque de Sèvres, rayée, qui indique le rebut – et l’absence logique de toute autre marque de décor. Pour rappel, ces pièces jugées défectueuses après la fabrication étaient vendues « en blanc », pas cher, et rachetées pour être décorées « en chambre », parfois par des ouvriers de la Manufacture : quelle que soit l’éventuelle qualité de ce décor, il n’a rien à voir avec Sèvres – et il est disposé sur une pièce défectueuse. Voir Sèvres : rebut, surdécor, biscuits.


 

Hum… le titre indique « Assiette porcelaine de Sevres XIX chateau des Tuileries 1846 monogramme LP« . Les marques présentes montrent une assiette de Limoges, et des tampons rapportés (dont le fameux monogramme LP, tellement mal inséré qu’il est invisible sur la photo). Mais la marque de Limoges ne fait pas douter le vendeur, ni la mièvrerie générale de l’assiette…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s