Hachette : histoires d’autrefois et d’aujourd’hui.

Hachette, éditeur pour la jeunesse, a de nombreuses collections, dont les fameuses Bibliothèques Rose et Verte, la Blanche, et bien d’autres.

L’une d’entre elles est assez peu connue ; sans doute parce qu’elle ne correspondait pas tout à fait à l’esprit des autres collections. En effet il s’agit de livres d’étrennes, de beaux livres, chers, destinés à faire de beaux cadeaux – des livres dont il faut prendre soin et ne pas abîmer.

Cette collection, « histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , est inaugurée en décembre 1910 par un recueil de contes de Jérôme Doucet : les douze Filles de la Reine Mab, illustré par Henry Morin. Elle sera poursuivie, à un rythme assez faible, jusqu’en 1935 – groupant au total seulement 17 titres.

En fait, il semble que la collection n’ait été nommée qu’après les premières parutions ; on ne trouve mention de ce titre qu’assez tardivement (milieu des années 1920).

Les livres adoptent une maquette commune : une couverture de couleur (généralement) pastel, avec une illustration incrustée sur le premier plat, en couleurs et contre-collée pour la version en cartonnage, en noir et imprimée pour la version brochée. Le livre est au format in-8°, de 24 cm x 19 cm ; il est illustré de (généralement, avec quelques exceptions) 12 hors-texte en couleurs, imprimés sur papier blanc glacé, et de nombreuses illustrations in-texte en noir. La tranche supérieure est « dorée » ; une dorure qui a souvent mal vieilli.

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Les quatre livres qui ont reçu un cartonnage bleu : comme on le voit si la maquette est identique il y a des nuances.

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trois exemplaires (2 reliés, un broché) du même livre – des différences de teinte importantes sont visibles.

Ce cartonnage restera inchangé pendant toute la durée d’existence de la collection ; sa maquette, en 1910, est suffisamment moderne (beaucoup plus que celle de la Bibliothèque Rose !) pour cela.

Ce sont en général des recueil de contes, ou d’histoires édifiantes ; ces recueils peuvent constituer l’édition originale, sans que ce soit une règle. En général, ces histoires ont été pré-publiées dans la revue Hachette « Mon Journal » ; les hors-texte étant repris sur la couverture de la revue. Il y a assez rarement d’indication de date d’impression ; c’est toujours Brodard qui imprime, mais qui n’indique pas toujours quand.

Les réimpressions sont courantes pour les titres phares : Doucet est réimprimé au moins six fois, 20 ans après la première publication ; Magdeleine du Genestoux est également souvent réimprimée. la mention de ces retirages varie :  « nouvelle édition » , ou mention d’un xième mille (jusqu’à onzième mille pour « Quand ils étaient petits« ) – ou mention d’édition (jusqu’à septième édition pour les douze Filles de la Reine mab). 

Ces livres sont vendus plus de 4 fois le prix d’un volume de la Bibliothèque Rose, avec une différence entre le prix broché et le prix relié d’un tiers environ (par exemple 7 francs 50 broché, et 10 francs relié, en 1912 ; 15 francs broché et 25 francs relié, en 1925).

Les illustrateurs choisis sont en nombre réduit ; souvent ce sont les illustrateurs « Maison » : Henry Morin illustre sept titres, Félix Lorioux six titres – ne restent que quatre titres sur lesquels ils n’ont pas travaillé…

Voici la liste des ouvrages composant cette collection – pour la date d’édition, il faut comprendre « décembre » – les livres étant programmés pour les étrennes de fin d’année.

  • 1910 – Jérôme Doucet – les douze Filles de la Reine mab, illustré par Henry Morin.

 

 

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

Ce livre, sous cartonnage vert, sera réédité aux Etats-Unis, en 1912, sous le titre « Queen Mab’s daughters« . Il connaîtra de nombreuses ré-éditions en France, jusqu’en 1935 ; puis sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le second volet publié en 1930 dans cette même collection : « les douze lutins de la princesse Mab« .

 

 

 

  • 1912 – Joseph Jacquin – petites filles du temps passé, illustré par René Vincent.

Le livre est dédié « à ma chère petite Renée ». Il regroupe 12 histoires de petites filles, sous diverses époques :

  • Kra-Gul, une petite fille de l’âge de pierre
  • Grite, une petite fille de l’âge de bronze
  • Khamaît, une petite Égyptienne sous Ramsès II
  • Eucharis, une petite Athénienne du siècle de Périclès
  • Paulina, une petite Romaine au temps de Jules César
  • Colam, une petite Gauloise avant la conquête romaine
  • Théodehilde, la petite mérovingienne
  • Isabeau, une petite fille des temps féodaux
  • Anne, une petite fille au temps de la Renaissance
  • Marguerite, une élève de Saint-Cyr sous Louis XIV
  • Louison, une petite fille sous la Révolution (1792)
  • Delphine, une petite fille sous la Restauration.

Il est illustré de 12 hors-texte et de 49 dessins in-texte, en noir, de René Vincent, pseudonyme de Vincent Mael (1879-1936). Le cartonnage est bleu, plus ou moins foncé suivant les rééditions.

 

 

Ce livre a connu au moins sept éditions, jusqu’en 1940 (seconde édition en 1914, troisième édition en 1920, quatrième édition en 1926, cinquième édition en 1929, septième édition en 1940). Il sera ensuite réédité, dans une autre collection, en 1958, avec des illustrations de Jeanne Hives.

  • 1913 – Térésah – Contes merveilleux, illustré par Félix Lorioux.

Térésah, qu’on trouve également orthographié Thérésah, est le pseudonyme de Teresa Ubertis (1874-1964), poétesse italienne.

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Le recueil regroupe les douze contes suivants :

  • Souliers et Sabots
  • Les Étoiles
  • La petite Maison du Colimaçon
  • Le Nid d’Hirondelle
  • Le Récit de la Locomotive
  • Les Lunettes savantes
  • Les Oreilles de la Mer
  • le Génie des Montagnes
  • Le Concours de Chant des Oiseaux
  • les Lucioles sans Conscience
  • La Reine des Grillons
  • Le Secret des Anges.

Il est illustré de 10 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux (1872-1964). Le cartonnage est orangé.

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Version brochée du livre, avec illustration imprimée en camaïeu.

 

  • 1918 – collectif – les jolis contes de Noël, illustré par Henry Morin, Edouard Zier, Hermann Vogel, Clérice, Georges Conrad, Job.

Les  contes regroupés dans ce livre sont les suivants :

  • Maurice Couallier : les roses de Noël, illustré par Henry Morin
  • Thérèse Jeanroy : le Noël de Pierrou, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : la vieille horloge, illustré par Hermann Vogel
  • Ivan d’Urgel : sous le sapin de Noël, illustré par Job (non signé)
  • Ivan d’Urgel : Jean-qui-passe, illustré par Georges Conrad
  • Auguste Bailly : le batteur de blé, illustré par Edouard Zier
  • Maurice Couallier : Noël des oisillons, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : une nuit de Noël, illustré par Henry Morin
  • Aristide Fabre : le miracle de la cloche, illustré par R. de la Nézière
  • J. Périnaux : le Noël d’une petite actrice, illustré par Henry Morin
  • B.A. Jeanroy : le soulier de Jean-Marie, illustré par Clérice
  • J. Jacquin : la crèche, illustré par Hermann Vogel.

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A noter que l’illustrateur Raymond de la Nézière n’est pas cité sur la page de titre. Chaque conte est illustré d’un hors-texte en couleurs (soit donc douze au total) et de quelques (4, 5 ou 6) illustrations in texte, en noir ; deux contes (roses de Noël et Noël des oisillons) sont illustrés par Henry Morin avec des encadrements variés.

 

 

Le cartonnage est bleu clair.

 

  • 1918 – Joseph Jacquin et Aristide Fabre – petits héros de la Grande Guerre, illustré par Henry Morin.

Recueil de nouvelles, présentées comme des faits réels (et c’est certainement le cas pour nombre d’entre elles), écrites par Joseph Jacquin (né en 1866, mort après 1933) et Aristide Fabre (mort en 1936) . Joseph Jacquin est rédacteur en chef de Mon Journal, et de Lecture pour Tous, revues Hachette. Le livre est Illustré de 33 in-texte en noir et de 12 hors-texte en couleurs.

 

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document : Musée national de l’Éducation.

Le cartonnage est de couleur brique, assez foncé.

Les récits recueillis sont les suivants :

  • les petits volontaires de 1914 
  • Comment ils se battent :
    • 1. Poignée de héros
    • 2. Émilienne Moreau
    • 3. le petit peintre de Morlaix
    • 4. Mohamed Ben Bouderbala
  • Comment ils meurent :
    • 1. Théophile Jagout et  Fernand de Rhoden
    • 2. le petit Galibot
    • 3. sans nom
    • 4. Maurice Andrée, le petit Vosgien
    • 5. la mort de Bout-de-Zan
  • Petits héros de l’arrière :
    • la petite boulangère d’Exoudun
  • L’école pendant la guerre :
    • sous les obus
  • Conclusion

Le livre, écrit avant la fin de la guerre, connaitra une réédition en 1920 – à cette occasion une page de conclusion sera rajoutée. Il semble bien qu’il n’ait plus été édité après cette date – son ton très « va-t-en-guerre » et « anti-boche » n’étant sans doute plus adapté.

  • 1921 – Yvonne Ostroga – petites filles de la vieille France, illustré par Henry Morin.

Ce livre, publié en 1921, est dû à Yvonne OStroga (1897-1981), qui a donc à peine vingt-quatre ans ; il est couronné par l’Académie française (prix Dodo, en 1922). Il est dédié à Joseph Jacquin.

 

Le cartonnage est de couleur grise. le livre contient 12 contes de diverses provinces françaises, illustrés de 12 hors-texte en couleurs et de 46 in-texte en noir.

 

 

Les contes sont les suivants :

  • conte de Provence : Miette,
  • conte de Touraine, Martine,
  • conte de Normandie : Nanette,
  • conte du Bourbonnais : Marianne,
  • conte de Gascogne : Françouneto,
  • conte du Limousin : Mariette,
  • conte de Paris : Laure,
  • conte du Gâtinais : Geneviève,
  • conte de Savoie : Jeannette,
  • conte d’Alsace : Suzel,
  • conte de Champagne : Clotilde,
  • conte de Bretagne : Anne.

Le livre sera réédité, avec le second ouvrage d’Yvonne Ostroga (Quand les fées vivaient en France), en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France », avec des illustrations de Maggie Salcedo.

Il sera également édité dans la collection des Grands Romanciers, cette fois-ci avec des illustrations de Jeanne Hives, en 1962.

 

  • 1922 – Ernest Granger – contes de la brume et du soleil, illustré par Félix Lorioux et Simunek.

Sous un cartonnage orange, Ernest Granger, né en 1876, nous donne 20 contes : 10 tirés des Mille et Une Nuits, 10 tirés d’Andersen. Ils sont illustrés de 10 (pour les exemplaires consultés – en faudrait-il 12 ?) hors-texte de Karl Simunek (illustrateur Tchèque, 1869-1942), et de nombreux in-texte de Félix Lorioux – à noter que les illustrateurs ne sont pas indiqués, autrement que par quelques rares signatures dans les illustrations. 

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Les contes sont les suivants :

  • Mille et Une Nuits :
    • Shéhérazade
    • le prince Achmet et la fée Pariban
    • histoire du cheval enchanté
    • Aladdin et la lampe merveilleuse
    • Sidi Nouman et sa cavale
    • Ali-Codgia et le marchand de Bagdad
    • la princesse de Deryabar
    • le pêcheur et le Génie
    • Ali-Baba et les quarante voleurs
    • la montagne aimantée
  • Contes d’Andersen :
    • la reine des neiges
    • le coffre volant
    • les cygnes sauvages
    • la princesse au pois
    • le nouvel habit de l’Empereur
    • le porcher
    • le rossignol de l’Empereur
    • le jardin du Paradis
    • le briquet
    • les galoches magiques

 

 

A noter qu’à l’occasion de sa réédition, sans doute en 1932, le titre sera changé en « Contes de l’ombre et de la lumière« . Il semble que la réédition comporte 12 hors-texte en couleurs. Une autre version moins luxueuse est également éditée, sous cartonnage plus simple, sans les hors-texte.

 

  • 1923 – Yvonne Ostroga – Quand les fées vivaient en France, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage gris, Yvonne Ostroga nous donne 12 contes, illustrés par Félix Lorioux, après une préface de Paul Bourget. L’illustration comporte 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, parfois à pleine page.

Les contes sont les suivants :

  • l’école des fées
  • l’enchanteur enchanté
  • Viviane et Lancelot
  • le chevalier blanc
  • le val sans retour
  • Morgane, reine des flots
  • le prisonnier de Madoine
  • la dame de Lins
  • le nain vert Obéron
  • mélusine, dame de Lusignan
  • Urgande la déconnue
  • or, les fées vivent toujours

 

 

 

 

Les deux livres de Yvonne Ostroga seront réédités en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France« , avec des illustrations de Maggie Salcedo.

 

  • 1925 – Odette larrieu – le Roman de Renard, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge brique, Odette Larrieu a adapté plusieurs passages du Roman de Renard :

  • Notre Héros
  • Chantecler
  • les Anguilles
  • Tybert le chat
  • la meule de foin
  • au fond du puits
  • le lin et le loup
  • l’aventure de Brun
  • le jugement de Renard
  • la mort de Couard
  • le second jugement
  • la chasse au Goupil
  • la vengeance de Drouin

Ce livre a été couronné par l’Académie française, par le prix de l’Académie, en 1926. 

Il est illustré de 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, traités en ombre chinoise. Le livre sera réédité en 1932 ; d’où la mention de « nouvelle édition » – Sur cette édition le Prix reçu est mentionné, ce qui n’est pas le cas de la première édition.

 

 

Ce livre sera traduit (par Odette Larrieu elle-même, apparemment ?) et publié aux Etats-Unis, sous le titre « The story of Reynard the Fox », en 1928, par MacMillan, qui ne reprend que deux hors-texte en couleurs, plus le frontispice. Il sera réédité en 1951 avec des illustrations de H. Dimpre, et avec les illustrations de Lorioux, en noir, hors collection.

  • 1926 – Magdeleine du Genestoux – Quand ils étaient petits, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage bleu clair, Magdeleine du Genestoux (par ailleurs directrice du secteur Jeunesse chez Hachette) publie les histoires suivantes :

  • les premières armes de Bayad
  • un capitaine de douze ans (Henri IV)
  • les trois écus de Vincent de Paul
  • le petit cardinal (Armand du Plessis de Richelieu)
  • un bon tour de Jean de la Fontaine
  • un jeune mathématicien de génie (Blaise Pascal)
  • la vocation de Jean-Baptiste Poquelin (Molière)
  • la fronde au collège (Jean Racine)
  • un exploit de Jean Bart
  • une escapade de Napoléon enfant
  • un drame à l’heure de la sieste (Victor Hugo)
  • Loin du logis paternel (Louis Pasteur)

 

 

Ces 12 récits édifiants de l’enfance de grands hommes sont illustrés de 12 hors-texte et de 36 in-texte, de Henri Morin. Le livre connaîtra un grand tirage ; mentionné cette fois par le nombre de mille, et pas par le nombre de rééditions.

 

  • 1927 -Magdeleine du Genestoux – Enfants de la France lointaine, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage orange vif, Magdeleine du Genestoux donne 12 histoires d’enfants des pays sous domination française : c’est le temps de l’Empire Colonial français. Le livre est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Henry Morin. Les récits sont les suivants :

  • Djalloub, le petit goumier
  • Khadidja et le jouet merveilleux
  • enfermés !
  • le Noël de Djemila et de Hammadi
  • Nokou la gourmande
  • Yamina la Saharienne
  • la récompense de Soro N’Gombé
  • les ambitions de Ranaïvo
  • celui qui n’avait pas peut du tigre
  • la danse de San-Krinh
  • Taïmaho, le petit pêcheur de perles
  • une mauvaise plaisanterie

 

 

 

  • 1928 – Isidora Newman – dans le royaume des fleurs, illustré par Willy Pogany.

Sous un cartonnage orangé, Victor Llona a traduit Fairy Flowers, le recueil de 15 contes de Isidora Newman, auteur américaine (1878-1955) ; Isidora est une déformation de son pseudonyme Isadora, ses vrais prénoms étant Myriam Dorothy.

Les contes sont les suivants :

  • le petit garçon Tout-en-or
  • Pedro le géant
  • les sept premières nuits du printemps
  • le Persan et la petite plante
  • la princesse Lys
  • un jour d’hiver
  • le cadeau de T’Solo
  • les pendants d’oreilles
  • le rêve d’Orchisa
  • la princesse Petit-Pas
  • la petite miss Violet
  • les berceaux fleuris
  • le mariage de la princesse Fiora
  • la sagesse d’Anasindhu
  • le retour du Samouraï

 

 

Ces contes sont illustrés par Willy Pogany, illustrateur Hongrois (1882-1955). L’édition américaine de 1926 contient 15 hors-texte en couleurs et 15 hors-texte à pleine page, en noir ; l’édition française ne reprend que 12 hors-texte en couleurs et 7 en noir.

 

  • 1929 – H. Monquet – le bon roi Ortolan, illustré par Lola Anglada.

Le volume, sous un cartonnage vert, regroupe huit contes :

  • le bon roi Ortolan
  • le poirier des lutins
  • la perdrix d’or
  • le miracle du lièvre
  • le bon petit génie
  • la belle auto de M. Picaillon
  • l’étrange aventure d’Yvette
  • le buisson merveilleux 

 

 

Il est illustré, par Lola Anglada (illustratrice espagnole, de son vrai nom Lola Dolorès Anglada i Sarriera, née en 1892 et morte en 1984), de 10 hors-texte en couleurs et de 36 in-texte en noir. Si l’illustratrice est connue, on ne peut pas en dire autant de l’auteur, dont je n’ai pas pu retrouver le prénom…

 

  • 1930 – Jérôme Doucet – les douze lutins de la princesse Mab, illustré par Henry Morin.

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

 

 

Ce livre, sous cartonnage gris rose, sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le premier volet publié en 1910.

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  • 1931 – la comtesse de Ségur – le petit de Crac, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge éclatant, sont réunis trois pièces :

  • le petit de Crac
  • les caprices de Gizelle
  • on ne prend pas les mouches avec du vinaigre

 

 

Ce sont trois des cinq pièces qui composent les Comédies et Proverbes. Elles sont illustrées de 10 hors-texte et de 23 in-texte en noir, certains à pleine page, de Félix Lorioux.

 

  • 1933 – Paul Gsell – les clefs d’or, illustré par Félix Lorioux.

Paul Gsell (1870-1947) est surtout connu pour ses monographies et ses livres sur Anatole France.

 

 

Le livre, sous cartonnage vert pomme, est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux. A la même date, il est édité sous un cartonnage rouge, plus simple, avec le même contenu – mais sans les hors-texte en couleurs.

  • 1935 – Andersen – contes, illustré par Hedvige Collin.

Sous un cartonnage bleu clair, ce recueil de Hans Christian Andersen regroupe les contes suivants :

  • L’intrépide soldat de plomb
  • la petite sirène
  • le porcher
  • le petit Claus et le grand Claus
  • le compagnon de voyage
  • l’ombre
  • les cygnes sauvages
  • la princesse sur un pois
  • la petite poucette
  • le briquet.

 

 

Le traducteur n’est pas mentionné. Ils sont illustrés par Hedvige Collin (ou plutôt Hedvig Collin, comme l’indique la page de titre ; c’est une illustratrice danoise, née en 1880 et morte en 1964) de 17 hors-texte en couleurs ; chaque conte est agrémenté d’une vignette en début, et d’un cul-de-lampe, en noir.

C’est le dernier titre paru dans cette collection ; des rééditions jusque dans les années 1940 auront encore lieu.

Annexe : deux publicités parues dans la revue « le jardin des lettres », en mars puis en avril 1933.

 

 

Une haute tenue littéraire et une élégance qui se retrouvent dans tous les volumes de la collection, de belles et abondantes illustrations en noir et des planches hors-texte en couleurs, signées des noms d’artistes célèbres : Félix Lorioux, René Vincent, Clérice, Job, Henri Morin, W. Pogany, etc. ; – une brillante présentation dans la mise en page et la typographie ; – une belle reliure : voilà ce qui caractérise la collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui ».

Si tous les volumes offrent les mêmes qualités littéraires et le même attrayant aspect, en revanche l’inspiration qui les anime est extrêmement variée. Voici Le Roman de Renard, adapté par Odette Larrieu. C’est une oeuvre fameuse du moyen âge, dont les épisodes les plus caractéristiques ont été agréablement transcrits en français moderne. Le lecteur peut ainsi goûter toute la saveur de ce récit, où revit l’antique humour français, et, sans être rebuté par des longueurs ou un vocabulaire et une syntaxe archaïques, suivre les aventures de messire Renard, menteur, fourbe et voleur à l’occasion, sachant abuser chacun et se tirer par les plus méchants tours des plus mauvais pas. Avec quelle perfidie il se joue des autres personnages de cette comédie aux cent actes divers : Noble le roi, Chantecler le coq, arrogant et vaniteux, Isengrin le loup, ami de la rapine comme lui, Brun l’ours, victime de sa balourdise, Tybert le chat, etc. !

Le Roman de Renard a sa place indiscutée dans l’histoire de la littérature française ; dans celle de la littérature du XIXe siècle, on s’accorde à faire une place importante à l’oeuvre de la  comtesse de Ségur. Son talent de conteuse, son art de créer des personnages vivants, ne se manifestent pas seulement dans ses romans, mais aussi dans ses Comédies et Proverbes où le dialogue spirituel, plein de verve et de trouvailles, est emporté dans une action vive et alerte. Trois de ces plus jolies comédies : Le Petit de Crac, où est mis en scène un type amusant de petit garçon hâbleur qui, toutes proportions gardées, rappelle le Menteur de Corneille, les Caprices de Gizèle, et On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, constituent la matière d’un des plus aimables volumes de la collection.

Les récits historiques plaisent toujours à la jeunesse qui est séduite par le pittoresque des mœurs, des costumes, etc. C’est le cas de Petites filles du Temps passé, de J. Jacquin, et de Quand ils étaient petits, de Magdeleine du Genestoux.

Dans le premier de ces volumes, chacun des contes qui le composent met en scène, dans un décor curieusement reconstitué, une petite fille vivant à une des grandes périodes de l’histoire. Le livre s’ouvre par le récit de la dramatique aventure qui advint à Kra-Gul, courageuse fillette de l’âge de pierre et contemporaine des mammouths géants ; puis, c’est l’histoire de Grite, à l’âge du bronze. Nous sommes successivement transportés en Égypte, au temps de Ramsès II ; en Grèce, au siècle de Périclès ; à Rome, au temps de Jules César ; à l’époque féodale, etc., pour arriver à la Révolution et à la Restauration, où l’héroïne assiste à la naissance des chemins de fer.

Quand ils étaient petits, où est racontée dans une série de charmants contes l’enfance d’homme célèbres, fait également suivre au lecteur la chaîne des siècles. Voici Bayard, le futur chevalier sans peur et sans reproches, quand il s’avisa, alors qu’il n’avait que quatorze ans, de figurer dans un tournoi. Voici Henri IV, capitaine de douze ans, le collégien Jean de la Fontaine, déjà ami de la nature, fervent observateur des bêtes et expert à combiner un malicieux tour ; Vincent de Paul, Richelieu, Pascal,Racine, Molière, Jean Bart, Napoléon. Pour terminer, Victor Hugo, alors que, petit collégien, il prenait déjà la défense des faibles et des opprimés, et le grand savant Pasteur. Dans ces contes revivent avec couleur et relief non seulement les figures attachantes de grands hommes enfants, mais les époques où se sont déroulées leurs premières années, avec leur atmosphère et leur physionomie.

(suite de l’article : avril 1933)

Un précédent article a exposé, d’une façon générale, ce qui constitue l’attrait de cette collection destinée à la jeunesse et insisté particulièrement sur certains de ces volumes : le Roman de Renard, le Petit de Crac, recueil de comédies par la comtesse de Ségur, et ceux qui s’apparentent au roman historique, tels que Petites filles du temps passé et Quand ils étaient petits.

C’est à la fois à « autrefois » et à « aujourd’hui » que se réfèrent Petites filles de la vieille France, d’Yvonne Ostroga ; chaque conte, où l’on respire un parfum de terroir, évoque une de nos provinces incarnée par une gracieuse fillette. Miette ou la petite fille qui avait du soleil plein la tête, traduit l’âme de la Provence ; Martine ou la petite fille qui avait un coq à vendre, celle de la Normandie ; Françouneto ou la petite fille qui comprenait les cigales exprime l’atmosphère de la Gascogne. Et ainsi pour d’autres provinces, Touraine ou Bourbonnais, Limousin ou Alsace. Et Laure, dans le tumulte de la révolution de 1830, symbolise Paris, frondeur et généreux.

Plusieurs volumes des « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui » sont consacrés au merveilleux et aux récits féeriques. Les douze contes des Douze lutins de la princesse Mab, de Jérôme Doucet, ont trait à l’enfance de la reine de shakespearienne mémoire. Les grands défauts de la princesse étaient en ce temps-là la curiosité et la désobéissance. Ses parents lui défendaient de pénétrer dans telle pièce, de toucher à tel objet en la menaçant, chaque fois, de certain lutin « plus méchant que cent diablotins », mais Mab n’avait rien de plus pressé que de courir à l’endroit ou à l’objet défendu. Le malicieux lutin surgissait et il s’ensuivait les événements les plus désagréables pour la fillette qui promettait chaque fois de ne plus recommencer… Et, à leur tour, les filles de la princesse, mises en scène dans les Douze filles de la Reine Mab, se montrèrent aussi imprudentes et indisciplinées que leur mère, fournissant chaque fois à l’auteur la matière d’un conte divertissant.

 Quoi de plus exquis que le monde diapré et parfumé des fleurs et que de gracieuses légendes il a inspiré ! Ce sont ces légendes qu’Isidora Newman raconte dans le Royaume des fleurs avec les plus vifs dons d’imagination, un art qui sait à la fois captiver, émouvoir et faire sourire. Légendes touchantes, récits poétiques, contes humoristiques alternent et transportent le lecteur dans le pays du Rêve et de la Fantaisie où les fées sont reines.

C’est dans ce même magique et féerique empire que se situe l’action de Quand les fées vivaient en France, par Yvonne Ostroga, « Légende dorée » des enchanteurs et des enchanteresses, au temps où la mystérieuse forêt de Brocéliande abritait une foule d’êtres surnaturels, où la fée Viviane et Merlin rivalisaient de sortilèges, où le roi Arthur tenait sa cour, où sa sœur Morgane s’envolait sur les nuages et régnait sur les flots, où le nain Obéron faisait cadeau à Huon de Bordeaux d’un cor enchanté, où Mélusine était châtelaine de Lusignan en Poitou.

D’une plaisante saveur méridionale, les contes réunis sous ce titre : le Bon roi Ortolan, par H. Monquet, séduisent par leur verve entraînante et leur diversité qui va du comique au dramatique. On rit à l’histoire du Bon roi Ortolan et de la farce épique qu’il joue aux prétendants à la main de sa fille, ainsi qu’à celle de L’Auto de M. Picaillon, mais on se laissera charmer par la jolie légende du Poirier des lutins, par celle de La Perdrix d’or, toute imprégnée des senteurs de la Haute-Provence, et attendrir par la conte du Bon petit Génie.

Le présent et même l’actualité ont leur place parmi ces « Histoires d’autrefois », mais aussi « d’aujourd’hui », témoin le livre si original de Magdeleine du Genestoux : Enfants de la France lointaine, qui familiarise les jeunes lecteurs avec notre empire colonial, son étendue, sa diversité.

Enfants de la France lointaine est composé de contes dont chacun a pour cadre un de nos pays coloniaux ou de protectorat, et pour héros un petit indigène. Le lecteur va d’Algérie au Maroc, de Tunisie en Syrie, du Soudan au Sahara et au Congo, du Tonkin ou du Cambodge à Tahiti et à la Martinique, accomplissant le plus beau des voyages parmi les territoires de la France d’outre-Mer. Son imagination est captivée par l’action et le pittoresque de chaque conte où se révèle l’âme d’un petit marocain ou d’une petite Touareg, d’une petite Cambodgienne ou d’une petite Tonkinoise.

Ces deux articles dressent une liste partielle des ouvrages de la collection :

en Mars : 

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Quand ils étaient petits – Enfants de la France lointaine.
  • E. Granger – Contes de l’Ombre et de la Lumière.
  • J. Jacquin – Petites Filles du Temps passé (Ouvrage couronné par l’Académie française).
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • Odette Larrieu – Le Roman de Renard (Ouvrage couronné par l’Académie française)
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.
  • Ctesse de Ségur – Le Petit de Crac.
  • Térésah – Contes merveilleux adaptés de l’italien, par Mme M.-F. Crémieux.

en Avril :

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Enfants de la France lointaine.
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.

Chaque volume in-8°, illustré en couleurs et en noir : broché Fr 25, cartonné Fr 35.

A noter que ces listes, publiées début 1933, ne citent pas les deux derniers ouvrages, pas encore parus à cette date, ni les petits héros de la Grande Guerre, qui n’est sans doute plus disponible ni réédité – mais elles nous montrent que des livres initialement publiés plus de vingt années plus tôt, avant la première guerre mondiale, sont toujours édités.

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3 réflexions sur “Hachette : histoires d’autrefois et d’aujourd’hui.

  1. Bonjour et merci pour cette copieuse et intéressante notice que je viens de consulter à l’occasion du catalogage d’un achat : Yvonne Ostraga. Quand les fées vivaient en France.
    Une petite curiosité. Mon exemplaire, cartonné, n’a pas été imprimé par Brodard ; la mention est la suivante : « Imp. de Vaugirard, Paris. – 1930. »

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