Pages d’amour.

En 1912, Jérôme Doucet fait paraître un petit recueil de contes, plutôt pour adultes, et ceci à compte d’auteur. C’est le premier ouvrage qu’il fait paraître de cette façon ; jusqu’à ce moment, il a toujours utilisé les services d’un éditeur, pour toutes ses publications, y compris les plus confidentielles – publications fort nombreuses ; Pages d’amour sera la quatre vingtième publication de Jérôme Doucet !

Doucet a de l’expérience dans ce domaine, puisqu’il a dirigé une maison d’édition : le Livre et l’Estampe ; il a travaillé avec Ferroud ; il connaît bien les imprimeurs et le processus d’édition.

Au reste, ce n’est pas une volonté de Doucet de le publier « chez l’auteur » ; simplement, il n’a pas trouvé d’éditeur !

En effet, dans sa dédicace, Jérôme Doucet nous informe qu’Anatole France avait bien voulu le recommander à son éditeur (sans doute Calmann-lévy), pour ce livre, mais que dernier avait été trouvé trop court – et Doucet, n’ayant pas voulu ou pu étoffer son ouvrage, s’est décidé à l’éditer lui-même.

Cette dédicace à Anatole France est intéressante à un autre titre ; Doucet y cite la leçon bien apprise, faisant partie des Contes de jacques Tournebroche, publié par Anatole France quelques années auparavant ; et toutes proportions gardées, les pages de Doucet sont dans la même veine.

En effet, il s’agit ici de petits textes, très courts, qui mettent en scène des personnages historiques ou légendaires, avec un page qui joue un rôle insoupçonné dans l’histoire officielle ; les maris n’en sortent pas indemnes. Le ton est très léger, et détonne un peu dans la production de Doucet.

Les douze contes retenus sont les suivants :

  • La Belle Hélène
  • Le Roi Midas
  • Le Roi Crésus
  • La Reine Candaule
  • Madame Putiphar
  • Madame Dagobert
  • Madame Barbe-Bleue
  • Madame Gambrinus
  • la Duchesse de Malbrouck
  • Madame de Carabas
  • Le Roi d’Yvetot
  • Le Ci-Devant

Comme souvent, Doucet a retenu douze contes ; il a pu en écrire d’autres, non retenus dans ce recueil.

Serge de Solomko.

Pour ce livre, Doucet a fait appel à un artiste qui n’a encore jamais illustré de livre : ce sera sa première contribution à un livre imprimé. Mais il ne s’agit pas d’un jeune débutant ; en effet, Sergueï Solomko, dit Serge de Solomko en France, est un artiste russe, né en 1867 ; il a donc déjà une certaine expérience en 1910 ; ses illustrations sont notamment reproduites en cartes postales par l’éditeur d’origine Russe Ilya lapina. Il donne des dessins de presse dans diverses revues ; notamment en 1906, à la Revue Illustrée, une caricature de Colette et Willy.

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la Revue Illustrée, 20 mars 1906 – source : Gallica.bnf.fr

Dans ce livre figure une seule illustration de Solomko, placée en frontispice.

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Solomko – fronstispice de Pages d’amour

Il n’est pas impossible qu’il ait réalisé d’autres illustrations, non retenues pour la publication ; il existe notamment une carte postale représentant Joseph et la femme de Putiphar, qui aurait parfaitement eu sa place dans ce livre.

joseph_putiphar_solomko
source : trouvé sur Pinterest.

 

Doucet fera appel à Serge de Solomko à d’autres occasions ; notamment en fin d’année 1913, pour la chanson de Pénélope, publié dans le numéro de Noël de la revue « Journal des ouvrages de dames » ; puis de nouveau en 1921, pour illustrer la Légende des mois, chez Hachette.

 Pages d’amour.

Matériellement, le livre est un in-4° carré (22 cm sur 24 cm) de 110 pages plus 6 pages non numérotées ; il a été imprimé par l’Édition Romane, 40 rue des Mathurins, à Paris, l’achevé d’imprimer est daté du 20 juillet 1912.

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La couverture et la page de titre sont dessinées par Girardclos, dessinateur publicitaire ;  le texte est imprimé en noir, dans des encadrements jaune orangé, avec une mise en page très aérée.

Le livre est publié à Paris, aux despens de l’auteur, 91bis, rue du Cherche-Midi, ou à l’Edition Romane, 40 rue des Mathurins.

 

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Le tirage est limité à 99 exemplaires :

  • 3 exemplaires sur Japon à la forme, vendus 50 francs ;
  • 6 exemplaires sur papier de chine (non indiqués dans le prospectus) ;
  • 9 exemplaires sur Japon Impérial, vendus 30 francs ;
  • 81 exemplaires sur Papier à la forme, vendus 20 francs.

Hors les grands papiers, le livre est imprimé sur pur fil dAnnonay.

Le prospectus donne quelques indications :

Ces douze contes, douze fantaisies, douze poëmes en prose d’un goût si précieux, d’une forme si raffinée, ne sont peut-être pas dans leur frivolié amoureuse, une lecture pour tous les âges. Pourtant rien n’y saurait choquer si l’on aime les choses bien dites et spirituellement troussées.

Le livre en lui-même imprimé avec un caractère Roman neuf (dont ceci est un specimen), grand, artiste, sur du très-beau papier de fil à la forme, ou du Japon, est un chef-d’oeuvre de typographie, un bibolot raffiné. Malgré son tirage fort restreint, comme ce livre est édité en dehors de toute spéculation et non en librairie, il est d’un prix abordable pour tous.

La typographie, comme l’indique le prospectus, est effectivement assez soignée ; une mise en page claire, chaque page est entourée d’un filet orangé, avec rappel près de chaque cadre. D’un tirage très faible, le livre est relativement rare ; on n’en voit en vente qu’exceptionnellement.

 

Annexe : dédicace à Anatole France.

Voici le texte inséré en guise de dédicace :

Pour ANAT0LE FRANCE.
Maître,
Je vous envoie bien tardivement ces « Douze Pages d’Amour » dont l’an passé vous acceptiez la dédicace ; pardonnez cette lenteur, je vais vous en dire la cause.

Vous souvient-il que, si gentiment, vous les prîtes par la main, ces polissons, & les conduisites dans une grande et belle librairie. Ils furent accueillis avec un sourire qui vous revenait, examinés loyalement pour voir à quoi ils pourraient bien s’employer. Mais quand on voulut les mettre en pages, en pages de la maison, on s’aperçut qu’ils ne faisaient pas à eux douze un gros volume.

« Soyez sages & mangez votre soupe » leur fut-il dit avec bonhomie… Ils grandiront, pensait-on, car ils sont esp… iègles ! non !

Ces espiègles ne mangèrent pas leur soupe, préférèrent se nourrir d’amour & d’eau claire, quitter ce beau palais, pour aller loger à la belle étoile.

Je les ai grondés, amenés, je crois, à composition, corrigés de près & les voici, Maître, inclus en ces cent-douze pages, ces douze pages.

Je vous les offre à nouveau avec l’espoir que la leçon écoutée de vous, pour moi fut un peu « La leçon bien apprise ».
J. D.
Mai 1912.

 

 

 

 

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Doucet au Gil Blas Illustré.

Le Gil Blas Illustré hebdomadaire est le supplément du journal quotidien Gil Blas ; il est servi comme prime aux abonnés. Gil Blas est un quotidien, créé en 1871 ; le supplément illustré est créé en 1891.

Ce supplément est constitué de deux feuilles pliées, ce qui donne huit pages ; la première page étant réservée à un grand dessin, soit isolé, soit en rapport avec le texte publié page suivante. La dernière page est le plus souvent occupée par une chanson, illustrée, assez souvent avec la partition. De nombreux illustrateurs sont mis à contribution, dont principalement Steinlen, notamment pour la dernière page ; mais on trouve aussi très fréquemment Paul Balluriau (1860-1917) ; il en est d’ailleurs le directeur artistique de 1897 à 1900.

Si l’iconographie choisie est en général assez populaire, avec une illustration souvent caricaturale, qui rappelle le Rire, la partie littéraire est de bonne tenue ; on trouve fréquemment les signatures des plus grands auteurs, comme Guy de Maupassant, Barbey d’Aurevilly, Émile Zola, Anatole France. De même, les chansons, quelquefois signées d’auteurs peu renommés, peuvent aussi être dues à Verlaine ou Baudelaire.

Jérôme Doucet, auteur de chansons et de textes courts, avait toute sa place dans ce journal ; et effectivement il y a été publié très tôt.

1894 et suivantes : chansons.

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La première contribution relevée est datée du 30 septembre 1894 (numéro 39) ; à cette date le Gil Blas illustré publie, en dernière page, la chanson « Il ne vit qu’un jour, l’amour« , Ronde, paroles et musique de Jérôme Doucet, avec une illustration de Paul Balluriau. A cette date Doucet habite toujours Rouen ; il a très peu publié, essentiellement des pièces théâtrales, en tirage très limité ; on trouvera le détail de ces publications dans cet article.

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Une autre chanson est publiée en 1896, dans le numéro 6 : « la chanson de la chair », paroles de Jérôme Doucet, sans musique ; l’illustration est toujours de Paul Balluriau.

Il existe sans doute d’autres chansons, publiées dans ces années-là. Ces chansons ne sont pas reprises dans les publications ultérieures de Doucet ; mais elles ont pu faire partie du projet, non abouti, de publication sous le titre « la chanson des gens« , évoqué par Doucet dans la Puissance du souvenir.

1903 : Jérôme Doucet, directeur.

Le bandeau du numéro 8 de 1903 est le suivant :

gilblas_1903__8_

On note la mention de Jérôme Doucet, directeur. Cette mention figurera jusqu’au numéro 18 ; Doucet est sans doute resté directeur, sans que ce soit explicité sur le bandeau (ce qui était courant pour ce journal) jusqu’à la fin de parution du journal, au numéro 34.

Les contributions de Doucet, maintenant qu’il est directeur, seront nettement plus fréquentes… Voici quelques exemples.

Le livre des masques.

Cette même année 1903, Jérôme Doucet, qui dirige également la maison d’édition le Livre et l’Estampe, publie le Livre des Masques, collection de cent caricatures féroces, illustrées par Jules Fontanez. Certaines de ces caricatures sont publiées dans le Gil Blas illustré, dont notamment :

  •  numéro 8 : les étudiants,
  • numéro 26 : les amoureux,
  • numéro 27 : les touristes,
  • numéro 29 : les catholiques.
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double page du livre présentée devant la double page du journal.

Le Gil Blas est un journal, donc d’un format assez imposant : 28 cm sur 40 cm ; ces caricatures sont publiées sur la double page centrale, donc avec un format de 56 cm sur 40 cm, ce qui rend ces caricatures encore plus impressionnantes. La publication du livre sera bien moins imposante : le livre est au format 16 cm sur 24,5 cm.

1903, numéro 9 : chanson d’amour.

gilblas_1903_09_chanson_amour

Une nouvelle chanson, du même registre que celles publiées en 1894 et 1896, est insérée dans le numéro 9 de 1903 : chanson d’amour, paroles de Jérôme Doucet, pas de musique, avec un dessin de Théophile Steinlen.

la Chanson des Choses.

Doucet a publié en 1898 un recueil de cinquante-cinq chansons, chez Henry-May, intitulé la Chanson des Choses ; ces chansons, illustrées par de nombreux artistes, avaient pour la plupart été publiées par la Revue Illustrée. Doucet a puisé dans ce vaste ensemble pour alimenter Gil Blas. Voici deux exemples :

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  • numéro 11 de 1903 : la chanson du masque.

Cette chanson, insérée dans un grand cadre de Giraldon, qui avait déjà été utilisé pour la publication dans la Revue Illustrée, en 1897, mais avec des couleurs différentes.

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la chanson du masque, dans la Revue Illustrée, 1897.
  • la chanson des fuseaux.

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Cette chanson est insérée dans un cadre de A. Cossard ; elle a été mise en musique par Henri Letocart (1866-1845). Cette illustration n’a rien à voir avec celle qui avait été utilisée lors de la publication dans la Revue Illustrée, ou dans le livre la Chanson des Choses (cadre de Giraldon).

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Pierrot.

Doucet republie certaines des pantomimes qu’il avait publié, en 1900, sous le titre général de Mon ami Pierrot, avec des illustrations de Louis Morin. Entretemps, Doucet et Morin se sont brouillés ; la publication dans Gil Blas sera sans illustration..

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Au moins deux de ces pantomimes sont publiées :

  • Dalila, à une date inconnue,
  • le Sermon, dans le numéro 11.

 

Jean Lorrain.

Doucet, grand ami de Jean Lorrain, republie plusieurs de ses contes, qui avaient déjà été publiés auparavant, notamment dans la Revue Illustrée. C’est le cas notamment de :

  • la princesse sous verre, dans le numéro 11,
  • la princesse Neigefleur, dans le numéro 13,
  • Madame Gorgibus, dans le numéro 18.

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Ces publications ne reprennent pas les illustrations d’origine ; les contes sont seulement illustrés par la première page, dédiée ; le conte étant repoussé à la seconde page. Pour Madame Gorgibus, l’illustration est de Georges Conrad ; pour la Princesse sous verre et la Princesse Neigefleur, elle est de Jules Fontanez.

Numéro 31 : spécial Doucet.

Dans ce numéro, Jérôme Doucet a beaucoup contribué… On trouve en effet :

  • Prenez garde ! par Simon de Pierrelée ;
  • Jardin de Paris, par S. Builder,
  • Duo du soir, par Montfrileux.

Il s’agit des trois pseudonymes utilisés par Doucet…

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Prenez garde ! est une lettre d’homme,  dans le genre des nouvelles sous forme de lettre, alors à la mode ; elle sera republiée dans la Revue Illustrée, en 1905, illustrée par Dutriac, quand Jérôme Doucet en reprendra la direction. Dans Gil Blas, la nouvelle est illustrée par G. Carré.

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Jardin de Paris, illustré par Florane, est un publi-reportage, dans le ton des articles de ce genre, que Doucet insérait dans la Revue Illustrée.

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Duo du soir est une chanson inédite, paroles et musique signées de Montfrileux ; l’illustration n’est pas signée mais est certainement de Florane.

Autres insertions.

Dans le numéro 31, Doucet publie, sous la signature de Montfrileux, une nouvelle intitulée « Ce pauvre ami » ; avec une illustration de G. Carré.

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A une date inconnue, Doucet publie, sous la signature de S. de Pierrelée, une nouvelle initialement publiée en 1896 par la Revue du Siècle, « Sonate à quatre mains« , elle était alors signée du père de Jérôme Doucet, Théophile Doucet.

Lors de sa republication, Doucet procède à quelques changements nécessaires ; en effet, dans cette nouvelle, le héros se nomme… Simon de Pierrelée ! Doucet ne peut évidemment pas conserver ce nom et renomme le héros Charles Créol. Par contre il ne change rien aux autres circonstances ; l’action se déroule à Rouent et au château de Poinchy, résidence du comte de Poinchy… il se trouve que les cousins de Jérôme Doucet se nomment justement Baudesson de Poinchy de Richebourg – Théophile Doucet n’est pas allé très loin pour nommer ses personnages.

 

 

 

 

 

 

 

 

quelques exemplaires en veau blond glacé

Dans la hiérarchie des reliures, sujet toujours discuté, on trouve sur le podium les reliures en maroquin, le plus souvent rouge, quelquefois mosaïqué ; les vélins anciens sont également recherchés. Les chagrins et basanes ont moins de prestige ; sans parler des demi-reliures – les cartonnages constituant une catégorie à part. Hugues a publié un article de Xavier sur ce sujet, il y a quelques années.

En pratique, le maroquin domine largement le concours, aidé par la pratique courante au XIXe siècle, de faire re-relier les livres, le plus souvent en maroquin. Mais certains autres types de  reliure sont particulièrement plaisants, à mon avis du moins.

Voici quelques exemples  d’un de ces types : la reliure en veau blond glacé. On parle de veau glacé, quand le cuir est lissé, de façon à briller ; et on le qualifie de « blond » ou de « fauve » dans certains cas.

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Ces reliures sont semblables par la matière, la couleur, et la décoration : dans tous ces exemples les plats sont ornés d’un triple filet doré.

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Les dos sont différents, traduisant plus la date de leur réalisation, qui va de 1780 à 1835 environ.

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Certaines de ces reliures sont signées : REL. . BOZERIAN JEUNE, Koehler.

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Une troisième est signée R.P. Ginain.

François Bozérian, dit Bozérian le Jeune, est né en 1765 à Briord (Ain) ; il a été actif de 1801 à 1818 environ. François Koehler, élève de Thouvenin, commence son activité en 1834.  Ginain est actif entre 1821 et 1847.

Ces livres ont donc un point commun visible : leur reliure.

Les livres réunis ici sont les suivants :

  • Galatée, roman pastoral, imité de Cervantes, par M de Florian, quatrième édition, à Paris, de l’imprimerie de Didot l’aîné, 1785.

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la page de titre montre la marque typographique de François Ambroise Didot (1730-1804), dit Didot l’Aîné, fils (aîné, donc) de François Didot.

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Le livre se vend chez Didot l’Aîné, rue Pavée S. André et De Bure, quai des Augustins. Guillaume de Bure est le beau-frère de François-Ambroise.

  • Œuvres de Boileau Despreaux, à Paris, de l’imprimerie et de la fonderie de P. Didot l’aîné, 1815, trois tomes in-8°, relié par Bozérian Jeune.

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P Didot l’aîné, c’est Pierre Didot (1751, 1853), dont on voit la marque typographique, fils (aîné, donc) de François-Ambroise, qui s’est retiré des affaires en 1789 et a confié l’entreprise à ses deux fils Pierre et Firmin.

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Le livre fait partie de la Collection des meilleurs Ouvrages de la langue Françoise, dédiée aux amateurs de l’art typographique, ou d’éditions soignées et correctes, chez P. Didot l’aîné, ci-devant au Louvre, présentement rue du Pont de Lodi. Bonaparte avait accordé la Galerie du Louvre à Pierre Didot, qui y avait créé les fameuses Éditions du Louvre. Cet exemplaire est sur papier fin ; il existe d’autres qualités de papier pour ces éditions.

  • Les Provinciales, ou lettres de Louis de Montalte, par Blaise Pascal, à Paris, de l’imprimerie de P. Didot l’aîné, imprimeur du Roi et de la Chambre des Pairs, 1816, deux tomes in-8°, reliure non signée.

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L’année suivante, la page de titre de cette collection affiche une mention supplémentaire, nouveau témoignage  de la faveur dont continuent à jouir les Didot.

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Cet exemplaire est sur papier vélin, de meilleure qualité. Il existe un troisième papier : le papier ordinaire. Ce livre était vendu 9 francs en papier ordinaire, 15 francs sur papier fin et 30 francs sur papier vélin.

  • Œuvres choisies de Quinault, à Paris, de l’imprimerie de P. Didot l’aîné, chevalier de l’Ordre Royal de Saint-Michel, Imprimeur du Roi, 1822, deux tomes in-12, reliure signée par Koehler.

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La faveur de Pierre Didot ne se dément pas dans les années suivantes. Ce livre ne fait pas partie d’une Collection, contrairement à beaucoup de productions des Didot.

 

  • Relation des Campagnes de Rocroi et de Fribourg, par Henri de Bessé, sieur de la Chapelle-Milon. Paris, N.Delangle, éditeur,rue du Battoir, numéro XIX, 1826. Relié avec : Œuvres choisies de Sarrazin, même éditeur, même date. Un volume in-16, relié par Ginain.

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Ces deux livres font partie de la Collection des Petits Classiques François, dite aussi Collection de la Duchesse de Berry, à qui elle est dédicacée. Elle est imprimée à 500 exemplaires aux frais et par les soins de Charles Nodier et N. Delangle avec les caractères de Jules Didot Aîné.

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La page en regard porte la mention suivante : Imprimerie de Jules Didot Aîné, imprimeur du Roi, Rue du Pont-de-Lodi, n° 6.

Jules Didot (1794-1871) est le fils (aîné bien sûr) de Pierre Didot ; il est associé dès 1820 aux affaires paternelles, comme l’indique la page de titre du Siècle de Louis XIV, de Voltaire, édité en 1820 par Pierre Didot, l’Aîné, chevalier de l’ordre royal de Saint-Michel, imprimeur du Roi et de la Chambre des Pairs, et Jules Didot fils, chevalier de la légion d’honneur (Nb : cet exemplaire, relié en veau raciné et non pas en veau blond glacé, n’avait pas sa place ici) – Jules succède à son père en 1822 mais « conduit ses affaires de manière désordonnée et sombre dans la déraison en 1838 » (André Jammes). Cette branche de la dynastie Didot s’éteint avec Jules ; la relève passe par Firmin, le frère de Pierre, et ses descendants qui prendront le nom de Firmin-Didot.

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Des éditions Didot reliées en plein veau blond glacé sur cinquante années, que demander de plus ?

bibliographie des éditions Cyral

L’éditeur Cyral fait partie des petites maisons d’éditions, qui ont fleuri dans l’entre-deux-guerres, à l’époque de l’engouement dont jouit la bibliophilie auprès d’un public assez large ; comme les éditions Mornay, Piazza, Crès, et beaucoup d’autres encore.

Ces éditions, qu’on qualifie assez souvent de demi-luxe, ont comme points communs d’être assez largement au format in-8°, illustrées, le plus souvent en couleur (pochoir ou reproductions d’aquarelles), avec des tirages importants (atteignant facilement le millier d’exemplaires).

Dans ce paysage éditorial encombré, Henri Cyral, par la singularité et la constance de ses choix, se distingue. Pour ses livres il applique toujours la même formule : format unique, in-8°, une seule technique d’illustration : la reproduction d’aquarelles, mêmes papiers, et mêmes tirages (avec toutefois des variantes). Les tirages sont également standardisés, de même que les papiers, tous issus de territoires sous domination française : Madagascar, Annam, vélin de Rives.

En appliquant cette formule, il a publié 49 livres, dont 40 regroupés dans la Collection Française ; plus la Collection Stendhal, et quelques volumes hors collection, de 1924 à 1933. Il publiera ensuite un dernier livre, quelques années plus tard.

Voici la bibliographie complète de ces éditions :

  • Collection Française.

La Collection Française regroupe quarante titres, édités de 1924 à 1933, et numérotés de 1 à 40. Le tirage est de 1021 exemplaires, répartis comme suit :

  • de 20 à 30 exemplaires de tête, sur grand papier (16  cm sur 22 cm) de Madagascar, avec deux aquarelles originales ;
  • à partir de 1930, de 15 à 20 exemplaires sur grand papier Annam, avec une aquarelle originale ;
  • de 15 à 20 exemplaires sur grand papier vélin d’Arches ;
  • le nombre d’exemplaires nécessaires pour atteindre le nombre de 1021, sur vélin de Rives (14,5 cm sur 20,5 cm) ;

 

Ce tirage est commun à la plupart des titres ; mais à partir du trente-cinquième titre (le Nabab, d’Alphonse Daudet, édité en 1931) les tirages diminuent. De même, elle n’est pas adoptée pour les six premiers titres, pour lesquels un exemplaire unique, sur Hollande, contient toutes les illustrations originales. Tous les livres sont en un seul tome, sauf jack, de Daudet, publié en deux tomes.

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à gauche, Yamilé, en grand papier ; à droite, Jean des Figues, sur Rives.

Voici le détail de la Collection :

  • 1-DAUDET (Alphonse) – Fromont Jeune et Risler Ainé, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 2-FROMENTIN (Eugène) – Dominique, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 3-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Empreinte, illustré par André FOURNIER.  1924 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 4-DAUDET (Alphonse) – Numa Roumestan, illustré par Paul-Loys ARMAND.  1925
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 5-BOURGET (Paul) – Le Disciple, illustré par André FOURNIER.  1925
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 6-GIDE (André Paul Guillaume) – La Porte Etroite, illustré par DANIEL-GIRARD.  1925 :
    • 1 exemplaire sur Hollande avec tous les originaux ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 7-DAUDET (Alphonse) – Le Petit Chose, illustré par André FOURNIER.  1926 :
    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 8-REGNIER (Henri de) – Le Divertissement Provincial, illustré par DANIEL-GIRARD.  1926 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 9-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Ascension de M Baslèvre, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1926 :
  • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
  • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
  • 980 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 10-DAUDET (Alphonse) – les Lettres de Mon Moulin, illustré par DANIEL-GIRARD.  1926 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 11-FLAUBERT (Gustave) – Madame Bovary, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1927 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 12-REGNIER (Henri de) – L’Escapade, illustré par DANIEL-GIRARD.  1927 :
    • 27 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 973 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 13-BORDEAUX (Henry) – Yamilé sous les cèdres, illustré par Suzanne-Raphaële LAGNEAU.  1927 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 14-DAUDET (Alphonse) – Tartarin de Tarascon, illustré par DANIEL-GIRARD.  1927 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 15-ESTAUNIÉ (Édouard) – L’Appel de la Route, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 16-CHATEAUBRIANT (Alph de) – Monsieur des Lourdines, illustré par DANIEL-GIRARD.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 17-FLAUBERT (Gustave) – Salammbô, illustré par Suzanne-Raphaële LAGNEAU.  1928 :
    • 35 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives
  • 18-DAUDET (Alphonse) – Jack, en deux tomes, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 19-LOTI (Pierre) – Pêcheur d’Islande, illustré par DANIEL-GIRARD.  1928 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 20-DAUDET (Alphonse) – Tartarin sur les Alpes, illustré par DANIEL-GIRARD.  1929 :
    • 30 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 21-LOUYS (Pierre) – Aphrodite, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 22-FLAUBERT (Gustave) – Trois Contes, illustré par DANIEL-GIRARD, Pierre ROUSSEAU, et Suzanne-Raphaëlle LAGNEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 23-ESTAUNIÉ (Édouard) – Tels qu’ils furent, illustré par Pierre LISSAC.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 24-DAUDET (Alphonse) – Sapho, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1929 :
    • 31 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 970 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 25-LOTI (Pierre) – Un Pélerin d’Angkor, illustré par François de MARLIAVE.  1930 :
    • 36 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.

A partir du numéro 26 Henri Cyral utilise un second grand papier, le papier d’Annam, auquel il joint une aquarelle originale :

  • 26-REGNIER (Henri de) – La Pécheresse, illustré par DANIEL-GIRARD.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 27-BENOIT (Pierre) – L’Atlantide, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 28-LOUYS (Pierre) – La Femme et le Pantin, illustré par Jean-Paul TILLAC.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 29-DAUDET (Alphonse) – Contes du Lundi, illustré par P. LISSAC.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 30-FLAUBERT (Gustave) – La Tentation de Saint-Antoine., illustré par DANIEL-GIRARD.  1930 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 31-LOTI (Pierre) – Ramuntcho, illustré par Jean-Paul TILLAC.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 17 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 32-LOUYS (Pierre) – Les Aventures du Roi Pausole, illustré par DANIEL-GIRARD.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 961 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 33-ESTAUNIÉ (Édouard) – Les Choses voient, illustré par F. DE MARLIAVE.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 21 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 961 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 34-LOTI (Pierre) – Aziyadé, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1931 :
    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale ;
    • 20 exemplaires sur vélin d’Arches ;
    • 965 exemplaires sur vélin de Rives.

A partir du Nabab, les tirages diminuent :

  • 35-DAUDET (Alphonse) – Le Nabab, illustré par Pierre ROUSSEAU.  1931 :

le tirage est de 898 exemplaires :

    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 15 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 12 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 850 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 36-LOUYS (Pierre) – Les Chansons de Bilitis, illustré par Pierre LISSAC.  1932 :

le tirage est de 1000 exemplaires :

    • 21 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 18 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 18 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 943 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 37-ARENE (Paul) – Jean des Figues, illustré par F de MARLIAVE.  1932 :

le tirage est de 849 exemplaires :

    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 17 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 12 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 800 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 38-BARBEY D’AUREVILLY (Jules-Amédée) – L’Ensorcelée., illustré par Maurice LEMAINQUE.  1932 :
  • Le tirage est de 800 exemplaires :

    • 20 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 16 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 14 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 750 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 39-LOTI (Pierre) – Le Mariage de Loti., illustré par F. de MARLIAVE.  1932 :

le tirage est de 700 exemplaires :

    • 18 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 14 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 14 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 654 exemplaires sur vélin de Rives.
  • 40 et dernier titre -DAUDET (Alphonse) – Quarante Ans de Paris., illustré par Pierre ROUSSEAU.  1933 :

Le tirage est de 800 exemplaires :

    • 15 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales
    • 20 exemplaires sur Annam avec une aquarelle originale
    • 15 exemplaires sur vélin d’Arches
    • 750 exemplaires sur vélin de Rives.

 

Collection Stendhal.

Parallèlement à la Collection Française, Cyral publie sous le même format une Collection Stendhal, regroupant les titres suivants :

  • La Chartreuse de Parme, en deux tomes, illustré par Fournier, en 1927 :
    • le tirage est de 1000 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 950 exemplaires sur vélin de Rives.
  • Le Rouge et le Noir, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1927 :
    • le tirage est de 1000 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 950 exemplaires sur vélin de Rives.
  • Les Chroniques Italiennes, en un tome, illustré par François de Marliave, en 1927 :
    • le tirage est de 829 exemplaires :
      • 29 exemplaires sur Madagascar avec 2 aquarelles originales ;
      • 800 exemplaires sur vélin de Rives.
  • de l’Amour, en un tome, illustré par Henri Arrault, en 1928 :
    • le tirage est de 629 exemplaires :
      • 29 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
      • 600 exemplaires sur vélin de Rives.

A noter que c’est la seule participation de Henri Arrault à ces éditions.

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Hors collection.

Toujours sous le même format, Cyral publie également les ouvrages suivants :

  • la Muse au Cabaret, de Raoul Ponchon, illustré par Daniel-Girard, en 1925 :
    • le tirage est de 600 exemplaires :
      • 50 exemplaires sur Madagascar avec deux aquarelles originales ;
      • 50 exemplaires sur vélin d’Arches,
      • 500 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Contes de La Fontaine, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1929 :
    • le tirage est de 1040 exemplaires :
      • 40 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Fables de la Fontaine, en deux tomes, illustré par Suzanne Lagneau, en 1930 :
    • le tirage est de 1040 exemplaires :
      • 40 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 1000 exemplaires sur vélin de Rives.
  • les Romans et Contes de Voltaire, en deux tomes, illustré par Daniel-Girard, en 1931 :
    • le tirage est de 850 exemplaires :
      • 20 exemplaires sur Madagascar avec trois aquarelles originales ;
      • 30 exemplaires sur Annam avec deux aquarelles originales ;
      • 800 exemplaires sur vélin de Rives.

On trouve parfois mentionné « le bon plaisir« , de Henri de Régnier, qui aurait été publié en 1926, illustré par Daniel-Girard : c’est certainement une erreur de bibliographie ; ce livre n’a jamais existé, et Henri Cyral, dans le catalogue de ses éditions, publié en 1930, ne le mentionne pas.

Catalogue des éditions Cyral.

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Au début de l’année 1930 Henri Cyral publie un catalogue de ses éditions, qui contient de nombreux renseignements sur les acteurs impliqués : nous y trouvons une biographie succincte de tous les illustrateurs, ainsi que des deux imprimeurs : Georges Coulouma et Henri Barthélémy. Henri Cyral y expose également ses convictions, et explique ses choix éditoriaux et techniques : choix des auteurs, des illustrateurs, des papiers, dictés au moins en partie par le nationalisme et le patriotisme qui l’animent.

 

Ce catalogue est précieux également, parce qu’il renseigne sur les prix pratiqués, et la diffusion des ouvrages déjà parus : en effet, pour chacun d’eux, Cyral indique le nombre d’exemplaires encore disponibles, et leur prix.

On voit à cette occasion la hiérarchie des prix mise en œuvre :

  • les exemplaires de tête, sur Madagascar, avec deux aquarelles, sont vendus 380 francs ;
  • les exemplaires sur Annam, avec une aquarelle, sont vendus 300 francs ;
  • les exemplaires sur vélin d’Arches sont vendus 250 francs ;
  • les exemplaires sur vélin de Rives sont vendus 200 francs.

Les exemplaires de tête ne coûtent qu’à peine deux fois le prix des exemplaires sur Rives, alors qu’ils sont bien moins nombreux (20 fois moins) ; la différence, actuellement, est bien plus importante, ce qui assez logique.

 

 

Dernière publication.

En 1937, Henri Cyral publie un dernier livre : le Temple sur la mer, signé du pseudonyme de Fabrice del Dongo. Ce livre, qui n’est pas du même format que les précédents, n’est pas illustré ; c’est une pièce de théâtre, en trois actes, mettant en scène des personnages divers (une Princesse, un Général, une Lady…) dans un décor provençal ; à une époque indéterminée mais du XIXe siècle.

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Le livre est un in-12 de 92 pages, de 14 cm sur 19,5 cm ; l’achevé d’imprimer est daté du 10 mars 1937, par J. Dumoulin à Paris (Ateliers Coulouma, H. Barthélémy, directeur) ; le prix, imprimé sur la quatrième de couverture, est de 20 francs. Le tirage n’est pas indiqué, mais il semble que le livre ait surtout été diffusé par son auteur ; la plupart des exemplaires portent une dédicace, dans laquelle on peut deviner l’identité de l’auteur : il s’agit de Jean Charles-Roux (né en 1914, mort en 2014), il a 21 ans quand il écrit ce livre, en 1935. Futur prêtre, c’est le frère d’Edmonde Charles-Roux.

 

 

 

Hachette : histoires d’autrefois et d’aujourd’hui.

Hachette, éditeur pour la jeunesse, a de nombreuses collections, dont les fameuses Bibliothèques Rose et Verte, la Blanche, et bien d’autres.

L’une d’entre elles est assez peu connue ; sans doute parce qu’elle ne correspondait pas tout à fait à l’esprit des autres collections. En effet il s’agit de livres d’étrennes, de beaux livres, chers, destinés à faire de beaux cadeaux – des livres dont il faut prendre soin et ne pas abîmer.

Cette collection, « histoires d’autrefois et d’aujourd’hui« , est inaugurée en décembre 1910 par un recueil de contes de Jérôme Doucet : les douze Filles de la Reine Mab, illustré par Henry Morin. Elle sera poursuivie, à un rythme assez faible, jusqu’en 1935 – groupant au total seulement 17 titres.

En fait, il semble que la collection n’ait été nommée qu’après les premières parutions ; on ne trouve mention de ce titre qu’assez tardivement (milieu des années 1920).

Les livres adoptent une maquette commune : une couverture de couleur (généralement) pastel, avec une illustration incrustée sur le premier plat, en couleurs et contre-collée pour la version en cartonnage, en noir et imprimée pour la version brochée. Le livre est au format in-8°, de 24 cm x 19 cm ; il est illustré de (généralement, avec quelques exceptions) 12 hors-texte en couleurs, imprimés sur papier blanc glacé, et de nombreuses illustrations in-texte en noir. La tranche supérieure est « dorée » ; une dorure qui a souvent mal vieilli.

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Les quatre livres qui ont reçu un cartonnage bleu : comme on le voit si la maquette est identique il y a des nuances.

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trois exemplaires (2 reliés, un broché) du même livre – des différences de teinte importantes sont visibles.

Ce cartonnage restera inchangé pendant toute la durée d’existence de la collection ; sa maquette, en 1910, est suffisamment moderne (beaucoup plus que celle de la Bibliothèque Rose !) pour cela.

Ce sont en général des recueil de contes, ou d’histoires édifiantes ; ces recueils peuvent constituer l’édition originale, sans que ce soit une règle. En général, ces histoires ont été pré-publiées dans la revue Hachette « Mon Journal » ; les hors-texte étant repris sur la couverture de la revue. Il y a assez rarement d’indication de date d’impression ; c’est toujours Brodard qui imprime, mais qui n’indique pas toujours quand.

Les réimpressions sont courantes pour les titres phares : Doucet est réimprimé au moins six fois, 20 ans après la première publication ; Magdeleine du Genestoux est également souvent réimprimée. la mention de ces retirages varie :  « nouvelle édition » , ou mention d’un xième mille (jusqu’à onzième mille pour « Quand ils étaient petits« ) – ou mention d’édition (jusqu’à septième édition pour les douze Filles de la Reine mab). 

Ces livres sont vendus plus de 4 fois le prix d’un volume de la Bibliothèque Rose, avec une différence entre le prix broché et le prix relié d’un tiers environ (par exemple 7 francs 50 broché, et 10 francs relié, en 1912 ; 15 francs broché et 25 francs relié, en 1925).

Les illustrateurs choisis sont en nombre réduit ; souvent ce sont les illustrateurs « Maison » : Henry Morin illustre sept titres, Félix Lorioux six titres – ne restent que quatre titres sur lesquels ils n’ont pas travaillé…

Voici la liste des ouvrages composant cette collection – pour la date d’édition, il faut comprendre « décembre » – les livres étant programmés pour les étrennes de fin d’année.

  • 1910 – Jérôme Doucet – les douze Filles de la Reine mab, illustré par Henry Morin.

 

 

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

Ce livre, sous cartonnage vert, sera réédité aux Etats-Unis, en 1912, sous le titre « Queen Mab’s daughters« . Il connaîtra de nombreuses ré-éditions en France, jusqu’en 1935 ; puis sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le second volet publié en 1930 dans cette même collection : « les douze lutins de la princesse Mab« .

 

 

 

  • 1912 – Joseph Jacquin – petites filles du temps passé, illustré par René Vincent.

Le livre est dédié « à ma chère petite Renée ». Il regroupe 12 histoires de petites filles, sous diverses époques :

  • Kra-Gul, une petite fille de l’âge de pierre
  • Grite, une petite fille de l’âge de bronze
  • Khamaît, une petite Égyptienne sous Ramsès II
  • Eucharis, une petite Athénienne du siècle de Périclès
  • Paulina, une petite Romaine au temps de Jules César
  • Colam, une petite Gauloise avant la conquête romaine
  • Théodehilde, la petite mérovingienne
  • Isabeau, une petite fille des temps féodaux
  • Anne, une petite fille au temps de la Renaissance
  • Marguerite, une élève de Saint-Cyr sous Louis XIV
  • Louison, une petite fille sous la Révolution (1792)
  • Delphine, une petite fille sous la Restauration.

Il est illustré de 12 hors-texte et de 49 dessins in-texte, en noir, de René Vincent, pseudonyme de Vincent Mael (1879-1936). Le cartonnage est bleu, plus ou moins foncé suivant les rééditions.

 

 

Ce livre a connu au moins sept éditions, jusqu’en 1940 (seconde édition en 1914, troisième édition en 1920, quatrième édition en 1926, cinquième édition en 1929, septième édition en 1940). Il sera ensuite réédité, dans une autre collection, en 1958, avec des illustrations de Jeanne Hives.

  • 1913 – Térésah – Contes merveilleux, illustré par Félix Lorioux.

Térésah, qu’on trouve également orthographié Thérésah, est le pseudonyme de Teresa Ubertis (1874-1964), poétesse italienne.

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Le recueil regroupe les douze contes suivants :

  • Souliers et Sabots
  • Les Étoiles
  • La petite Maison du Colimaçon
  • Le Nid d’Hirondelle
  • Le Récit de la Locomotive
  • Les Lunettes savantes
  • Les Oreilles de la Mer
  • le Génie des Montagnes
  • Le Concours de Chant des Oiseaux
  • les Lucioles sans Conscience
  • La Reine des Grillons
  • Le Secret des Anges.

Il est illustré de 10 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux (1872-1964). Le cartonnage est orangé.

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Version brochée du livre, avec illustration imprimée en camaïeu.

 

  • 1918 – collectif – les jolis contes de Noël, illustré par Henry Morin, Edouard Zier, Hermann Vogel, Clérice, Georges Conrad, Job.

Les  contes regroupés dans ce livre sont les suivants :

  • Maurice Couallier : les roses de Noël, illustré par Henry Morin
  • Thérèse Jeanroy : le Noël de Pierrou, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : la vieille horloge, illustré par Hermann Vogel
  • Ivan d’Urgel : sous le sapin de Noël, illustré par Job (non signé)
  • Ivan d’Urgel : Jean-qui-passe, illustré par Georges Conrad
  • Auguste Bailly : le batteur de blé, illustré par Edouard Zier
  • Maurice Couallier : Noël des oisillons, illustré par Henry Morin
  • Jacques Freneuse : une nuit de Noël, illustré par Henry Morin
  • Aristide Fabre : le miracle de la cloche, illustré par R. de la Nézière
  • J. Périnaux : le Noël d’une petite actrice, illustré par Henry Morin
  • B.A. Jeanroy : le soulier de Jean-Marie, illustré par Clérice
  • J. Jacquin : la crèche, illustré par Hermann Vogel.

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A noter que l’illustrateur Raymond de la Nézière n’est pas cité sur la page de titre. Chaque conte est illustré d’un hors-texte en couleurs (soit donc douze au total) et de quelques (4, 5 ou 6) illustrations in texte, en noir ; deux contes (roses de Noël et Noël des oisillons) sont illustrés par Henry Morin avec des encadrements variés.

 

 

Le cartonnage est bleu clair.

 

  • 1918 – Joseph Jacquin et Aristide Fabre – petits héros de la Grande Guerre, illustré par Henry Morin.

Recueil de nouvelles, présentées comme des faits réels (et c’est certainement le cas pour nombre d’entre elles), écrites par Joseph Jacquin (né en 1866, mort après 1933) et Aristide Fabre (mort en 1936) . Joseph Jacquin est rédacteur en chef de Mon Journal, et de Lecture pour Tous, revues Hachette. Le livre est Illustré de 33 in-texte en noir et de 12 hors-texte en couleurs.

 

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document : Musée national de l’Éducation.

Le cartonnage est de couleur brique, assez foncé.

Les récits recueillis sont les suivants :

  • les petits volontaires de 1914 
  • Comment ils se battent :
    • 1. Poignée de héros
    • 2. Émilienne Moreau
    • 3. le petit peintre de Morlaix
    • 4. Mohamed Ben Bouderbala
  • Comment ils meurent :
    • 1. Théophile Jagout et  Fernand de Rhoden
    • 2. le petit Galibot
    • 3. sans nom
    • 4. Maurice Andrée, le petit Vosgien
    • 5. la mort de Bout-de-Zan
  • Petits héros de l’arrière :
    • la petite boulangère d’Exoudun
  • L’école pendant la guerre :
    • sous les obus
  • Conclusion

Le livre, écrit avant la fin de la guerre, connaitra une réédition en 1920 – à cette occasion une page de conclusion sera rajoutée. Il semble bien qu’il n’ait plus été édité après cette date – son ton très « va-t-en-guerre » et « anti-boche » n’étant sans doute plus adapté.

  • 1921 – Yvonne Ostroga – petites filles de la vieille France, illustré par Henry Morin.

Ce livre, publié en 1921, est dû à Yvonne OStroga (1897-1981), qui a donc à peine vingt-quatre ans ; il est couronné par l’Académie française (prix Dodo, en 1922). Il est dédié à Joseph Jacquin.

 

Le cartonnage est de couleur grise. le livre contient 12 contes de diverses provinces françaises, illustrés de 12 hors-texte en couleurs et de 46 in-texte en noir.

 

 

Les contes sont les suivants :

  • conte de Provence : Miette,
  • conte de Touraine, Martine,
  • conte de Normandie : Nanette,
  • conte du Bourbonnais : Marianne,
  • conte de Gascogne : Françouneto,
  • conte du Limousin : Mariette,
  • conte de Paris : Laure,
  • conte du Gâtinais : Geneviève,
  • conte de Savoie : Jeannette,
  • conte d’Alsace : Suzel,
  • conte de Champagne : Clotilde,
  • conte de Bretagne : Anne.

Le livre sera réédité, avec le second ouvrage d’Yvonne Ostroga (Quand les fées vivaient en France), en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France », avec des illustrations de Maggie Salcedo.

Il sera également édité dans la collection des Grands Romanciers, cette fois-ci avec des illustrations de Jeanne Hives, en 1962.

 

  • 1922 – Ernest Granger – contes de la brume et du soleil, illustré par Félix Lorioux et Simunek.

Sous un cartonnage orange, Ernest Granger, né en 1876, nous donne 20 contes : 10 tirés des Mille et Une Nuits, 10 tirés d’Andersen. Ils sont illustrés de 10 (pour les exemplaires consultés – en faudrait-il 12 ?) hors-texte de Karl Simunek (illustrateur Tchèque, 1869-1942), et de nombreux in-texte de Félix Lorioux – à noter que les illustrateurs ne sont pas indiqués, autrement que par quelques rares signatures dans les illustrations. 

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Les contes sont les suivants :

  • Mille et Une Nuits :
    • Shéhérazade
    • le prince Achmet et la fée Pariban
    • histoire du cheval enchanté
    • Aladdin et la lampe merveilleuse
    • Sidi Nouman et sa cavale
    • Ali-Codgia et le marchand de Bagdad
    • la princesse de Deryabar
    • le pêcheur et le Génie
    • Ali-Baba et les quarante voleurs
    • la montagne aimantée
  • Contes d’Andersen :
    • la reine des neiges
    • le coffre volant
    • les cygnes sauvages
    • la princesse au pois
    • le nouvel habit de l’Empereur
    • le porcher
    • le rossignol de l’Empereur
    • le jardin du Paradis
    • le briquet
    • les galoches magiques

 

 

A noter qu’à l’occasion de sa réédition, sans doute en 1932, le titre sera changé en « Contes de l’ombre et de la lumière« . Il semble que la réédition comporte 12 hors-texte en couleurs. Une autre version moins luxueuse est également éditée, sous cartonnage plus simple, sans les hors-texte.

 

  • 1923 – Yvonne Ostroga – Quand les fées vivaient en France, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage gris, Yvonne Ostroga nous donne 12 contes, illustrés par Félix Lorioux, après une préface de Paul Bourget. L’illustration comporte 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, parfois à pleine page.

Les contes sont les suivants :

  • l’école des fées
  • l’enchanteur enchanté
  • Viviane et Lancelot
  • le chevalier blanc
  • le val sans retour
  • Morgane, reine des flots
  • le prisonnier de Madoine
  • la dame de Lins
  • le nain vert Obéron
  • mélusine, dame de Lusignan
  • Urgande la déconnue
  • or, les fées vivent toujours

 

 

 

 

Les deux livres de Yvonne Ostroga seront réédités en 1948, dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « Fées et petites filles de la vieille France« , avec des illustrations de Maggie Salcedo.

 

  • 1925 – Odette larrieu – le Roman de Renard, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge brique, Odette Larrieu a adapté plusieurs passages du Roman de Renard :

  • Notre Héros
  • Chantecler
  • les Anguilles
  • Tybert le chat
  • la meule de foin
  • au fond du puits
  • le lin et le loup
  • l’aventure de Brun
  • le jugement de Renard
  • la mort de Couard
  • le second jugement
  • la chasse au Goupil
  • la vengeance de Drouin

Ce livre a été couronné par l’Académie française, par le prix de l’Académie, en 1926. 

Il est illustré de 12 hors-texte en couleurs et de nombreux in-texte, traités en ombre chinoise. Le livre sera réédité en 1932 ; d’où la mention de « nouvelle édition » – Sur cette édition le Prix reçu est mentionné, ce qui n’est pas le cas de la première édition.

 

 

Ce livre sera traduit (par Odette Larrieu elle-même, apparemment ?) et publié aux Etats-Unis, sous le titre « The story of Reynard the Fox », en 1928, par MacMillan, qui ne reprend que deux hors-texte en couleurs, plus le frontispice. Il sera réédité en 1951 avec des illustrations de H. Dimpre, et avec les illustrations de Lorioux, en noir, hors collection.

  • 1926 – Magdeleine du Genestoux – Quand ils étaient petits, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage bleu clair, Magdeleine du Genestoux (par ailleurs directrice du secteur Jeunesse chez Hachette) publie les histoires suivantes :

  • les premières armes de Bayad
  • un capitaine de douze ans (Henri IV)
  • les trois écus de Vincent de Paul
  • le petit cardinal (Armand du Plessis de Richelieu)
  • un bon tour de Jean de la Fontaine
  • un jeune mathématicien de génie (Blaise Pascal)
  • la vocation de Jean-Baptiste Poquelin (Molière)
  • la fronde au collège (Jean Racine)
  • un exploit de Jean Bart
  • une escapade de Napoléon enfant
  • un drame à l’heure de la sieste (Victor Hugo)
  • Loin du logis paternel (Louis Pasteur)

 

 

Ces 12 récits édifiants de l’enfance de grands hommes sont illustrés de 12 hors-texte et de 36 in-texte, de Henri Morin. Le livre connaîtra un grand tirage ; mentionné cette fois par le nombre de mille, et pas par le nombre de rééditions.

 

  • 1927 -Magdeleine du Genestoux – Enfants de la France lointaine, illustré par Henry Morin.

Sous un cartonnage orange vif, Magdeleine du Genestoux donne 12 histoires d’enfants des pays sous domination française : c’est le temps de l’Empire Colonial français. Le livre est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Henry Morin. Les récits sont les suivants :

  • Djalloub, le petit goumier
  • Khadidja et le jouet merveilleux
  • enfermés !
  • le Noël de Djemila et de Hammadi
  • Nokou la gourmande
  • Yamina la Saharienne
  • la récompense de Soro N’Gombé
  • les ambitions de Ranaïvo
  • celui qui n’avait pas peut du tigre
  • la danse de San-Krinh
  • Taïmaho, le petit pêcheur de perles
  • une mauvaise plaisanterie

 

 

 

  • 1928 – Isidora Newman – dans le royaume des fleurs, illustré par Willy Pogany.

Sous un cartonnage orangé, Victor Llona a traduit Fairy Flowers, le recueil de 15 contes de Isidora Newman, auteur américaine (1878-1955) ; Isidora est une déformation de son pseudonyme Isadora, ses vrais prénoms étant Myriam Dorothy.

Les contes sont les suivants :

  • le petit garçon Tout-en-or
  • Pedro le géant
  • les sept premières nuits du printemps
  • le Persan et la petite plante
  • la princesse Lys
  • un jour d’hiver
  • le cadeau de T’Solo
  • les pendants d’oreilles
  • le rêve d’Orchisa
  • la princesse Petit-Pas
  • la petite miss Violet
  • les berceaux fleuris
  • le mariage de la princesse Fiora
  • la sagesse d’Anasindhu
  • le retour du Samouraï

 

 

Ces contes sont illustrés par Willy Pogany, illustrateur Hongrois (1882-1955). L’édition américaine de 1926 contient 15 hors-texte en couleurs et 15 hors-texte à pleine page, en noir ; l’édition française ne reprend que 12 hors-texte en couleurs et 7 en noir.

 

  • 1929 – H. Monquet – le bon roi Ortolan, illustré par Lola Anglada.

Le volume, sous un cartonnage vert, regroupe huit contes :

  • le bon roi Ortolan
  • le poirier des lutins
  • la perdrix d’or
  • le miracle du lièvre
  • le bon petit génie
  • la belle auto de M. Picaillon
  • l’étrange aventure d’Yvette
  • le buisson merveilleux 

 

 

Il est illustré, par Lola Anglada (illustratrice espagnole, de son vrai nom Lola Dolorès Anglada i Sarriera, née en 1892 et morte en 1984), de 10 hors-texte en couleurs et de 36 in-texte en noir. Si l’illustratrice est connue, on ne peut pas en dire autant de l’auteur, dont je n’ai pas pu retrouver le prénom…

 

  • 1930 – Jérôme Doucet – les douze lutins de la princesse Mab, illustré par Henry Morin.

Pour plus de détails sur les publications de Doucet chez Hachette, voir cet article.

 

 

Ce livre, sous cartonnage gris rose, sera repris dans la Bibliothèque Rose, sous le titre « les douze lutins de la Reine Mab« , avec le premier volet publié en 1910.

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  • 1931 – la comtesse de Ségur – le petit de Crac, illustré par Félix Lorioux.

Sous un cartonnage rouge éclatant, sont réunis trois pièces :

  • le petit de Crac
  • les caprices de Gizelle
  • on ne prend pas les mouches avec du vinaigre

 

 

Ce sont trois des cinq pièces qui composent les Comédies et Proverbes. Elles sont illustrées de 10 hors-texte et de 23 in-texte en noir, certains à pleine page, de Félix Lorioux.

 

  • 1933 – Paul Gsell – les clefs d’or, illustré par Félix Lorioux.

Paul Gsell (1870-1947) est surtout connu pour ses monographies et ses livres sur Anatole France.

 

 

Le livre, sous cartonnage vert pomme, est illustré de 12 hors-texte et de nombreux in-texte de Félix Lorioux. A la même date, il est édité sous un cartonnage rouge, plus simple, avec le même contenu – mais sans les hors-texte en couleurs.

  • 1935 – Andersen – contes, illustré par Hedvige Collin.

Sous un cartonnage bleu clair, ce recueil de Hans Christian Andersen regroupe les contes suivants :

  • L’intrépide soldat de plomb
  • la petite sirène
  • le porcher
  • le petit Claus et le grand Claus
  • le compagnon de voyage
  • l’ombre
  • les cygnes sauvages
  • la princesse sur un pois
  • la petite poucette
  • le briquet.

 

 

Le traducteur n’est pas mentionné. Ils sont illustrés par Hedvige Collin (ou plutôt Hedvig Collin, comme l’indique la page de titre ; c’est une illustratrice danoise, née en 1880 et morte en 1964) de 17 hors-texte en couleurs ; chaque conte est agrémenté d’une vignette en début, et d’un cul-de-lampe, en noir.

C’est le dernier titre paru dans cette collection ; des rééditions jusque dans les années 1940 auront encore lieu.

Annexe : deux publicités parues dans la revue « le jardin des lettres », en mars puis en avril 1933.

 

 

Une haute tenue littéraire et une élégance qui se retrouvent dans tous les volumes de la collection, de belles et abondantes illustrations en noir et des planches hors-texte en couleurs, signées des noms d’artistes célèbres : Félix Lorioux, René Vincent, Clérice, Job, Henri Morin, W. Pogany, etc. ; – une brillante présentation dans la mise en page et la typographie ; – une belle reliure : voilà ce qui caractérise la collection « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui ».

Si tous les volumes offrent les mêmes qualités littéraires et le même attrayant aspect, en revanche l’inspiration qui les anime est extrêmement variée. Voici Le Roman de Renard, adapté par Odette Larrieu. C’est une oeuvre fameuse du moyen âge, dont les épisodes les plus caractéristiques ont été agréablement transcrits en français moderne. Le lecteur peut ainsi goûter toute la saveur de ce récit, où revit l’antique humour français, et, sans être rebuté par des longueurs ou un vocabulaire et une syntaxe archaïques, suivre les aventures de messire Renard, menteur, fourbe et voleur à l’occasion, sachant abuser chacun et se tirer par les plus méchants tours des plus mauvais pas. Avec quelle perfidie il se joue des autres personnages de cette comédie aux cent actes divers : Noble le roi, Chantecler le coq, arrogant et vaniteux, Isengrin le loup, ami de la rapine comme lui, Brun l’ours, victime de sa balourdise, Tybert le chat, etc. !

Le Roman de Renard a sa place indiscutée dans l’histoire de la littérature française ; dans celle de la littérature du XIXe siècle, on s’accorde à faire une place importante à l’oeuvre de la  comtesse de Ségur. Son talent de conteuse, son art de créer des personnages vivants, ne se manifestent pas seulement dans ses romans, mais aussi dans ses Comédies et Proverbes où le dialogue spirituel, plein de verve et de trouvailles, est emporté dans une action vive et alerte. Trois de ces plus jolies comédies : Le Petit de Crac, où est mis en scène un type amusant de petit garçon hâbleur qui, toutes proportions gardées, rappelle le Menteur de Corneille, les Caprices de Gizèle, et On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, constituent la matière d’un des plus aimables volumes de la collection.

Les récits historiques plaisent toujours à la jeunesse qui est séduite par le pittoresque des mœurs, des costumes, etc. C’est le cas de Petites filles du Temps passé, de J. Jacquin, et de Quand ils étaient petits, de Magdeleine du Genestoux.

Dans le premier de ces volumes, chacun des contes qui le composent met en scène, dans un décor curieusement reconstitué, une petite fille vivant à une des grandes périodes de l’histoire. Le livre s’ouvre par le récit de la dramatique aventure qui advint à Kra-Gul, courageuse fillette de l’âge de pierre et contemporaine des mammouths géants ; puis, c’est l’histoire de Grite, à l’âge du bronze. Nous sommes successivement transportés en Égypte, au temps de Ramsès II ; en Grèce, au siècle de Périclès ; à Rome, au temps de Jules César ; à l’époque féodale, etc., pour arriver à la Révolution et à la Restauration, où l’héroïne assiste à la naissance des chemins de fer.

Quand ils étaient petits, où est racontée dans une série de charmants contes l’enfance d’homme célèbres, fait également suivre au lecteur la chaîne des siècles. Voici Bayard, le futur chevalier sans peur et sans reproches, quand il s’avisa, alors qu’il n’avait que quatorze ans, de figurer dans un tournoi. Voici Henri IV, capitaine de douze ans, le collégien Jean de la Fontaine, déjà ami de la nature, fervent observateur des bêtes et expert à combiner un malicieux tour ; Vincent de Paul, Richelieu, Pascal,Racine, Molière, Jean Bart, Napoléon. Pour terminer, Victor Hugo, alors que, petit collégien, il prenait déjà la défense des faibles et des opprimés, et le grand savant Pasteur. Dans ces contes revivent avec couleur et relief non seulement les figures attachantes de grands hommes enfants, mais les époques où se sont déroulées leurs premières années, avec leur atmosphère et leur physionomie.

(suite de l’article : avril 1933)

Un précédent article a exposé, d’une façon générale, ce qui constitue l’attrait de cette collection destinée à la jeunesse et insisté particulièrement sur certains de ces volumes : le Roman de Renard, le Petit de Crac, recueil de comédies par la comtesse de Ségur, et ceux qui s’apparentent au roman historique, tels que Petites filles du temps passé et Quand ils étaient petits.

C’est à la fois à « autrefois » et à « aujourd’hui » que se réfèrent Petites filles de la vieille France, d’Yvonne Ostroga ; chaque conte, où l’on respire un parfum de terroir, évoque une de nos provinces incarnée par une gracieuse fillette. Miette ou la petite fille qui avait du soleil plein la tête, traduit l’âme de la Provence ; Martine ou la petite fille qui avait un coq à vendre, celle de la Normandie ; Françouneto ou la petite fille qui comprenait les cigales exprime l’atmosphère de la Gascogne. Et ainsi pour d’autres provinces, Touraine ou Bourbonnais, Limousin ou Alsace. Et Laure, dans le tumulte de la révolution de 1830, symbolise Paris, frondeur et généreux.

Plusieurs volumes des « Histoires d’autrefois et d’aujourd’hui » sont consacrés au merveilleux et aux récits féeriques. Les douze contes des Douze lutins de la princesse Mab, de Jérôme Doucet, ont trait à l’enfance de la reine de shakespearienne mémoire. Les grands défauts de la princesse étaient en ce temps-là la curiosité et la désobéissance. Ses parents lui défendaient de pénétrer dans telle pièce, de toucher à tel objet en la menaçant, chaque fois, de certain lutin « plus méchant que cent diablotins », mais Mab n’avait rien de plus pressé que de courir à l’endroit ou à l’objet défendu. Le malicieux lutin surgissait et il s’ensuivait les événements les plus désagréables pour la fillette qui promettait chaque fois de ne plus recommencer… Et, à leur tour, les filles de la princesse, mises en scène dans les Douze filles de la Reine Mab, se montrèrent aussi imprudentes et indisciplinées que leur mère, fournissant chaque fois à l’auteur la matière d’un conte divertissant.

 Quoi de plus exquis que le monde diapré et parfumé des fleurs et que de gracieuses légendes il a inspiré ! Ce sont ces légendes qu’Isidora Newman raconte dans le Royaume des fleurs avec les plus vifs dons d’imagination, un art qui sait à la fois captiver, émouvoir et faire sourire. Légendes touchantes, récits poétiques, contes humoristiques alternent et transportent le lecteur dans le pays du Rêve et de la Fantaisie où les fées sont reines.

C’est dans ce même magique et féerique empire que se situe l’action de Quand les fées vivaient en France, par Yvonne Ostroga, « Légende dorée » des enchanteurs et des enchanteresses, au temps où la mystérieuse forêt de Brocéliande abritait une foule d’êtres surnaturels, où la fée Viviane et Merlin rivalisaient de sortilèges, où le roi Arthur tenait sa cour, où sa sœur Morgane s’envolait sur les nuages et régnait sur les flots, où le nain Obéron faisait cadeau à Huon de Bordeaux d’un cor enchanté, où Mélusine était châtelaine de Lusignan en Poitou.

D’une plaisante saveur méridionale, les contes réunis sous ce titre : le Bon roi Ortolan, par H. Monquet, séduisent par leur verve entraînante et leur diversité qui va du comique au dramatique. On rit à l’histoire du Bon roi Ortolan et de la farce épique qu’il joue aux prétendants à la main de sa fille, ainsi qu’à celle de L’Auto de M. Picaillon, mais on se laissera charmer par la jolie légende du Poirier des lutins, par celle de La Perdrix d’or, toute imprégnée des senteurs de la Haute-Provence, et attendrir par la conte du Bon petit Génie.

Le présent et même l’actualité ont leur place parmi ces « Histoires d’autrefois », mais aussi « d’aujourd’hui », témoin le livre si original de Magdeleine du Genestoux : Enfants de la France lointaine, qui familiarise les jeunes lecteurs avec notre empire colonial, son étendue, sa diversité.

Enfants de la France lointaine est composé de contes dont chacun a pour cadre un de nos pays coloniaux ou de protectorat, et pour héros un petit indigène. Le lecteur va d’Algérie au Maroc, de Tunisie en Syrie, du Soudan au Sahara et au Congo, du Tonkin ou du Cambodge à Tahiti et à la Martinique, accomplissant le plus beau des voyages parmi les territoires de la France d’outre-Mer. Son imagination est captivée par l’action et le pittoresque de chaque conte où se révèle l’âme d’un petit marocain ou d’une petite Touareg, d’une petite Cambodgienne ou d’une petite Tonkinoise.

Ces deux articles dressent une liste partielle des ouvrages de la collection :

en Mars : 

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Quand ils étaient petits – Enfants de la France lointaine.
  • E. Granger – Contes de l’Ombre et de la Lumière.
  • J. Jacquin – Petites Filles du Temps passé (Ouvrage couronné par l’Académie française).
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • Odette Larrieu – Le Roman de Renard (Ouvrage couronné par l’Académie française)
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.
  • Ctesse de Ségur – Le Petit de Crac.
  • Térésah – Contes merveilleux adaptés de l’italien, par Mme M.-F. Crémieux.

en Avril :

  • J. Doucet – les douze Filles de la Reine Mab – les douze lutins de la Princesse Mab.
  • Magdeleine du Genestoux. Enfants de la France lointaine.
  • Les Jolis Contes de Noël.
  • H. Monquet – le bon Roi Ortolan.
  • Isidora Newman – Dans le Royaume des Fleurs.
  • Yvonne Ostroga – Petites Filles de la vieille France (Ouvrage couronné par l’Académie française) – Quand les Fées vivaient en France. Préface de Paul Bourget, de l’Académie française.

Chaque volume in-8°, illustré en couleurs et en noir : broché Fr 25, cartonné Fr 35.

A noter que ces listes, publiées début 1933, ne citent pas les deux derniers ouvrages, pas encore parus à cette date, ni les petits héros de la Grande Guerre, qui n’est sans doute plus disponible ni réédité – mais elles nous montrent que des livres initialement publiés plus de vingt années plus tôt, avant la première guerre mondiale, sont toujours édités.

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Doucet et l’éditeur François Ferroud.

Jérôme Doucet et François Ferroud, le neveu d’André Ferroud, sont amis – peut-être cette amitié date-t-elle de la première collaboration entre les deux, à l’occasion de la publication d’un recueil de contes, les 3 légendes, d’or, d’argent et de cuivre, recueil qui occupe Jérôme Doucet pendant plusieurs années, depuis 1895 (première mention) jusqu’en 1922 (dernière publication d’un conte de ce recueil). Même s’il Ferroud a publié assez peu d’ouvrages de Doucet, ils n’en ont pas moins travaillé plusieurs années ensemble, sur diverses productions.

Concrètement, cette collaboration se traduit par les publications suivantes :

3 légendes, d’or, d’argent et de cuivre.

En 1901, l’éditeur Ferroud (librairie des Amateurs) publie les 3 légendes, d’or, d’argent et de cuivre, illustré par Georges Rochegrosse. 

 

 

Il s’agit d’un in-8°, de (8) 121 (3) pages, illustré de 33 compositions de Rochegrosse, gravées en taille-douce et tirées en noir. Le tirage est de 350 exemplaires.

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Pour plus de détail sur cette édition, voir cet article détaillé, qui reprend également les impressions dans la Revue Illustrée, et l’édition de 1922.

Pétrone et Anacréon.

Il s’agit de deux ouvrages, publiés à une année d’intevalle, formant une paire :

  • en 1902, Pétrone, illustré par Louis-Edouard Fournier.

 

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C’est un petit in-4°, qui contient la traduction, par Doucet, de sept fragments attribués à Pétrone, et illustrés de 8 compositions gravées à l’eau-forte par Xavier Lesueur.

  • en 1903, Anacréon, illustré par Louis-Edouard Fournier.

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C’est un petit in-4°, qui contient la traduction, par Doucet, de sept fragments attribués à Anacréon, et illustrés de 8 compositions gravées à l’eau-forte par Edmond Pennequin.

Ces 2 ouvrages, qui forment pendant, sont étudiés en détail dans cet article.

les trois comédies de l’amour.

Ces livres, forment un ensemble. Ferroud a souvent publié des paires de livres ; ici, c’est , cas nettement plus rare, un groupe de trois livres, sur le même thème.

Les textes réunis sont l’Amour médecin, de Molière, le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux, et On ne badine pas avec l’amour, de Musset. Les trois livres ont des caractéristiques communes ; seul diffère l’illustrateur – les illustrations sont gravées à l’eau-forte par Edmond Pennequin.

Il s’agit de volumes de format in-folio, avec cahiers numérotés, de dimensions 18cm x 26 cm ; la couverture porte la mention « PARIS / édition Ferroud / 1905 » ; la page de titre indique « PARIS / librairie des amateurs / A. Ferroud – F. Ferroud, successeur / 127, boulevard Saint-Germain, 127 / 1905 ». Le livre est imprimé par Ch. Hérissey d’Evreux ; les eaux-fortes sont tirées par Ch. Wittmann.

Un avant-propos, inséré dans l’Amour médecin, signé de Jérôme Doucet, explique le choix des trois pièces, et des illustrateurs ; Doucet s’y présente comme l’éditeur, et pas simplement le préfacier, de cette édition. Le texte de cet avant-propos est donné en annexe.

Le livre est annoncé pour fin octobre 1905 ; les trois livres sont livrés sous emboîtage commun et le tirage est de 225 exemplaires :

  • 25 exemplaires sur papier du Japon, à la forme, contenant un dessin (aquarelle pour Musset) original inédit et un triple état des eaux-fortes : eau-forte pure, eau-forte terminée avant la lettre, eau-forte avec la teinte, 150 francs ;
  • 50 exemplaires sur papier impérial du Japon avec double état des eaux-fortes, 50 francs ;
  • 150 exemplaires sur papier du Marais à la forme fabriqué spécialement, contenant un état des eaux-fortes, 35 francs ;
  • plus 30 suites des eaux-fortes avant la lettre, sur Japon.

A ces 225 exemplaires, il faut rajouter 5 exemplaires hors commerce, sur vélin, réimposés au format in-4°, avec une suite des figures sur vieux japon.

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catalogue de la bibliothèque Lucien Gougy.

Chaque livre est illustré de 8 compositions :

  • une vignette sur la couverture,
  • une vignette sur la page de titre,
  • une grande composition à mi-page au début de chacun des trois actes,
  • un cul-de-lampe à la fin de chaque acte.

La vignette de la couverture est toujours en noir ; les autres illustrations sont tirées en noir ou en sanguine et « mises en couleur ».

  • l’amour médecin, illustré par L.Ed Fournier

Le premier des trois livres est illustré par Louis-Edouard Fournier (1857-1917). Avec Pennequin, ils avaient déjà illustré Anacréon, deux années plus tôt ; pour le Pétrone, le graveur était Louis Lesueur.

 

 

L’Amour médecin, couverture et page de titre.

Le livre comporte 62 pages numérotées ; l’achevé d’imprimer est daté du 21 janvier 1905. Il comporte l’avant-propos, sur III pages, qui est tout de même compris dans la numérotation ; cet avant-propos est daté de juin 1905, dont bien après l’impression du livre lui-même – mais il est cohérent avec l’impression du troisième livre.

 

 

Les illustrations sont tirées en noir et mises en « couleur » – un vert pâle.

 

  • on ne badine pas avec l’amour, illustré par Adrien Moreau.

Le second livre est illustré par Adrien Moreau (1843-1906). Les illustrations, gravées à partir des aquarelles de Moreau, sont tirées en noir et mises en couleurs à la poupée.

 

 

Le livre comporte 95 pages ; l’achevé d’imprimer est daté du 3 avril 1905.

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A noter un indice supplémentaire : dans la vente après décès de l’atelier d’Adrien Moreau, en 1909, figure ce numéro :

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source : Gallica.bnf.fr

Dessins non montés ayant servi à diverses illustrations. Numéro 76 : le Théâtre de A. de Musset. Edition Gérôme Doucet. Douze dessins.

l’édition, portée par Ferroud, est semble-t-il bien à mettre au crédit de Jérôme Doucet.

  • le jeu de l’amour et du hasard, illustré par Maurice Leloir.

le troisième livre est illustré par l’ami de Doucet, Maurice Leloir ; Les illustrations sont tirées en sanguine et mises en couleur – un bleu pâle.

 

 

Le livre compte 104 pages ; l’achevé d’imprimer est daté du 5 juin 1905.

 

 

A noter une curiosité ; il existe au moins deux couvertures différentes, l’une mentionnant « Edition Ferroud », l’autre, de façon plus classique « PARIS / librairie des amateurs / A. Ferroud – F. Ferroud, successeur / 127, boulevard Saint-Germain, 127 / 1905 ».

 

Narkiss, de Jean Lorrain

Jean Lorrain est mort en 1906 ; ses amis, parmi lesquels Georges Normandy et Jérôme Doucet, ont le projet d’ériger un monument dans sa ville natale, Fécamp. Pour financer ce projet, il est décidé d’éditer un des contes si fameux de Jean Lorrain, dans une édition de luxe – telle qu’il en aurait rêvé, ainsi que nous le dit Doucet dans la préface.

Ce projet est porté par une structure spécifique, « les éditions du Monument » – ce livre n’est donc pas tout à fait une production des éditions Ferroud – mais à y regarder de plus près François Ferroud a certainement participé à cette édition.

 

 

Le livre est de format (environ) 16 cm x 24 cm ; il comporte 78 pages. Il est illustré par O.D.V Guillonnet, qui a fourni le dessin de la couverture, le frontispice et trois hors-texte, plus dix vignettes in-texte (dont une sur la page de titre). Les illustrations sont gravées par Xavier Lesueur, et tirées en vert, réhaussées d’or ; les in-texte sont collés sur les pages (comme l’avait déjà fait Doucet dans certains livres des éditions le Livre et l’Estampe).

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La mise en page est particulièrement soignée, le texte étant inscrit dans une stèle funéraire, avec l’astre solaire, et un symbole égyptien varié, en bas de chaque page. Ces décorations sont dorées.

 

 

frontispice et un hors-texte. Images : librairie le Feu Follet.

Le livre est imprimé par la Semeuse, à Paris ; l’achevé d’imprimer est daté de janvier 1908. Le livre est tiré à 300 exemplaires :

  • 25 exemplaires sur Japon Shidzuoka avec III états des figues (décomposition des 2 couleurs : vert et bistre).
  • 50 exemplaires sur Japon avec II états, pour F. Ferroud, éditeur.
  • 225 exemplaires sur vélin à la cuve des papeteries d’Arches, avec un seul état.

Guillonnet, Lesueur, 50 exemplaires réservés pour Ferroud… on peut penser qu’une collaboration entre Doucet et Ferroud pour cette maison d’édition créée de toutes pièces est au moins probable.

En annexe on trouvera la préface de Jérôme Doucet.

Ce livre a été reproduit en fac-simile par les éditions QuestionDeGenre (bibliothèque GayKitchCamp), au prix de 14 euros ; la réédition est « presque » fidèle : le format est légèrement réduit (15 cm x 21 cm) ; les encadrements des textes sont tirés en noir ; mais ça reste un moyen peu onéreux de se procurer ce livre recherché.

 

 

Annexe : Avant-propos aux trois comédies de l’amour.

 

L’Amour médecin, le Jeu de l’Amour et du Hasard, On ne badine pas avec l’Amour… que de choses, en apparence, les séparent et les éloignent ces trois œuvres dramatiques ; la date, le scénario, le style même, et cependant, en réalité, que de points communs les rapprochent : l’éternel à-propos du sujet, qui ne peut dater étant de tous les temps, l’intrigue facile, connue, mais toujours intéressante, toujours neuve, la forme enfin digne, en toutes trois, de l’immortel génie de leurs trois écrivains.

Que de raisons encore les groupent, les unissent, les classent en un indissoluble trio ; ne serait-ce d’abord que la magie de ce mot : Amour, le maître irrésistible de toutes les unions, dont le nom éternel se retrouve dans les trois titres, ne fut-ce que la coupe analogue en trois actes, pour les trois pièces, ne fut-ce même que cette petite remarque de symétrie mesquine en apparence : la même capitale, magistrale, l’M est l’initiale commune aux trois noms, des trois Maîtres : Molière, Marivaux, Musset.

Ne sont-elles pas également trois expressions typiques de leur époque, de leur milieu : Molière détrônant le théâtre italien en le battant avec ses propres armes, Marivaux créant cet ancêtre du flirt, le marivaudage auquel il donna le baptême de son nom, Musset, avec son âme romantique, ne pouvant concevoir l’amour sans la mort.

Ces trois comédies eussent chacune suffi à éterniser leur auteur.

C’est pourquoi il était logique, juste, indispensable de les grouper définitivement ces trois comédies de l’amour, de les assembler, purs joyaux, appareillés, dans un même écrin, à jamais.

C’est pourquoi elles paraissent aujourd’hui, illustrées chacune par un peintre différent, Louis Edouard Fournier, Maurice Leloir, Adrien Moreau ; chaque artiste ayant été choisi pour représenter le siècle qui lui est le plus familier, dont il a donné déjà de brillantes interprétations.

Et ces illustrations traitées selon la manière spéciale de chaque siècle, celles du Molière à la façon des dessins de Terburg, celle de Maurice Leloir évoquant les meilleurs Watteau, celles d’Adrien Moreau faisant penser aux aquarelles si recherchées d’Eugène Lamy, ont été gravées à l’eau-forte et au burin en fac-similé absolu des originaux.

Car E. Pennequin a su, héritier des secrets et de l’habileté de son maître Alphonse Leroy, interpréter entièrement avec son art, à l’eau-forte, sans aucun secours mécanique, aussi bien les coups de crayon si libres et si légers de Maurice Leloir que les touches si fraîches et si coquettes des aquarelles d’Adrien Moreau.

Et pour compléter, Wittmann a brillamment tiré les eaux-fortes dans la belle typographie d’Hérissey.

Ces trois comédies de l’Amour, ces trois chefs-d’oeuvre, de Molière, de Marivaux, de Musset ne sont-ils point ainsi, Messieurs les bibliophiles, bien faits pour vous tenter, pour vous plaire.

Souriez, si vous voulez, à notre paternelle tendresse, reprenez même, à notre adresse, en l’une de ces trois comédies, le mot de Molière : « Vous êtes orfèvre, Monsieur Josse ! « ……

Oui nous sommes orfèvre, nous en convenons, mais reconnaissez avec nous que ce bijou, ces trois bijoux qu’on vous offre sont d’or pur, de dessin précieux, de ciselure exquise d’un prix bien doux pour leur valeur, et dignes en tous points de vos somptueuses vitrines.

Jérôme DOUCET.

Juin 1905.

 

Annexe : préface de Narkiss.

 

– « Jérôme, mon bon ami, quand ferons-nous le volume de luxe ? » – Combien de fois Jean, mon bon ami, ne m’avez-vous point dit ou écrit cette phrase ? Lorrain me la répétait aux heures, même triomphantes, de « M. de Phocas », alors que la grosse vente qui ne pouvait éblouir ou griser un homme de cette valeur n’apportait à cette âme éprise de beauté, curieuse de bibelots, aucune sensation élevée ou rare capable de la faire vibrer.

« Comme ils sont laids ces romans » disait-il avec une lippe de dégoût, « ils sont odieux les trois francs cinquante qui puent le journal ».

Et il froissait les pages, ses doigts s’exaspéraient, se crispaient sur le papier grossier au contact vulgaire… « Quand ferons-nous le beau livre de luxe?… » et pour se reposer, sa main, cette petite main fine, sombre, velue, constellée de bagues allait caresser le flanc velouté d’un pot vert de Lachenal ou la glace attiédie d’un cristal de Gallé. Et nous fîmes souvent de belles illustrations pour ses contes ; les Princesses d’Ivoire et d’Ivresse, les Princes de Nacre et de Caresse défilèrent vêtus d’or et de perles dans le logis de René Baschet, c’étaient les belles heures de la précieuse « Revue Illustrée », mais le livre de luxe ne fut jamais fait, comme Lorrain le souhaitait tant, comme il le demanda si souvent.

Nous avions, croyions-nous, tout le temps de le faire, hélas ! maintenant il est presque trop tard.

Non, il en est temps toujours, car les amis de Lorrain sont encore très vivants, ses admirateurs augmentent en nombre chaque jour, et les bibliophiles, qui ne donnent leur appui qu’aux artistes dignes de leur consécration, attendent et désirent un beau livre de Jean Lorrain.

Et c’est pourquoi Narkiss a été fait.

Narkiss ! ce récit prestigieux qui est à la fois tout le Lorrain de jadis et celui de naguère, quoi qu’en disent certains qui l’ont cru, à tort, dédaigneux des Princesses et féru de modernisme en des jours de lassitude, à ses heures de départ ; Narkiss ! ce conte fantastique, cruel et somptueux où tout l’amour de Lorrain, pour les gemmes, les colorations, les harmonies, toute son horreur pour la redingote, la banalité, la laideur éclatent en fanfare à chaque ligne. Narkiss ! où Lorrain a tant mis de soi, nous a paru sous tous rapports désigné plus que tout autre pour être le sujet de ce livre de luxe.

Du reste à son apparition au « Journal » en troix parties, Lorrain me l’avait signalé ; « Voilà qui ferait bien notre livre de luxe », ce leitmotiv de tant de nos causeries ; et je suis sûr qu’il pensa en écriva ce conte, long assez pour un livre de bibliophile, trop court pour un ouvrage banal, à noter aux places voulues des phrases ciselées pour le peintre, à découper son texte en quatre tranches pondérées s’adaptant à merveille à la tenue d’un ouvrage illustré.

Et c’est pourquoi nous avons choisi Narkiss pour sujet de « livre de luxe » tant désiré, pour le livre du Monument.

Non, jean Lorrain n’avait pas renié ses Princesses et les Fées – mais il fallait se réveiller parfois du rêve. Tel un homme qui le jour venu s’arrache au sommeil pour aller peiner le labeur quotidien, Lorrain quittait ses tapisseries et ses bibelots pour fréquenter les salles de rédaction, il enfermait ses Princesses dans la chambre hantée et se mettait à griffer ses Raitif.

Mais cela ne veut pas dire qu’il reniait son genre. Lorrain est un de nos grands poètes et la copie hebdomadaire n’a tué jamais en cette pensée robuste et forte une parcelle de poésie. Narkiss restera une des plus belles pages de son oeuvre, ce récit complet, d’un style prestigieux, d’une coloration admirable, à côté de Bougrelon digne d’Anatole France ou de Voltaire, de Phocas que Flaubert eût salué avec un respect effrayé, est une des facettes, petite peut-être mais éblouissante, de cette âme taillée à même une troublante émeraude.

Quand au livre lui-même, il a été conçu dans une forme que Lorrain eût aimée – noir et or.

Les compositions de Guillonnet ont traduit à merveille le côté somptueux et rêveur du récit. L’archaïsme en est précis sana être sec et la formule nouvelle sans nul anachronisme.

La manière noire des graveurs anglais du XVIIIe siècle, si à la mode aujourd’hui, est venue sur la première eau-forte pure apporter son enveloppe mystérieuse, traduction fidèle des compositions de Guillonnet, et la typographie conçue dans le style des stèles antiques, a contribué pour sa part à la présentation précieuse et raisonnée de ce livre, à qui rien ne manquerait si l’approbation de Lorrain, qui eût été absolue, ne lui faisait, hélas ! défaut.

JEROME DOUCET.

 

 

 

 

 

 

 

Doucet à la Revue Illustrée

Jérôme Doucet a beaucoup contribué à la Revue Illustrée, d’abord en tant qu’auteur, puis avec le titre de Secrétaire de la Rédaction, de juillet 1897 à 1902 environ. Son action dans ce rôle est assez peu documentée ; il a certainement une influence sur les choix éditoriaux (auteurs et illustrateurs), ainsi que sur les choix techniques (usage des inserts en couleur notamment).

Pendant ces années-là, il a également beaucoup contribué, en tant qu’auteur, à la Revue ; et il a fait un fréquent usage de pseudonymes pour cela.

Le numéro d’étrennes du premier décembre 1897 est assez emblématique de ce point de vue. Il s’agit d’un numéro spécial, pour Noël, vendu 3 francs au lieu de 1,5 francs habituellement. La couverture de ce numéro ne comporte pas le sommaire, mais un poème signé Montfrileux, intitulé la Mule de Noël, illustré par la reproduction en couleurs d’une composition de Rodolphe Vacha.

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Voici le sommaire de ce numéro :

  • Jean Lorrainla Princesse des Chemins, illustrations de ORAZZI (sic), tirées en couleurs
  • MontfrileuxMaurice Leloir, aquarelles inédites gravées par FLORIAN, ROUSSEAU et RUFFE. – le Voyage de Noces.la Chaise à Porteurs.
  • Anatole FranceLa Bergerie.
  • Pierre LotiLucette, composition de J. Van BEERS.
  • André TheurietSouhaits de Noël.
  • Jérôme Doucetla Chanson des Ailes de Moulin, la Chanson de la Poudre de Riz, aquarelles de LOUIS MORIN, tirées en couleurs.
  • Tristan KlingsorLa Pantoufle de Satin, illustrations de J. DÉDINA.
  • Hugues Leroux. – les délices du Patin, composition de DOUGLAS ROBINSON.
  • Marthe Stiévenard. –Noël, dessin de BELLERY-DESFONTAINES.
  • Rodolphe Vacha. – La Mule de Noël.
  • Adolphe Brisson. – sur les toits de Notre-Dame, photographies de ED. HAUTECOEUR.
  • B. Rabier. – Rue barrée.
  • Documents Esterhazy-Dreyfus, lettres et portraits.
  • Camille Legrand. La Quinzaine Parisienne, photographies de REUTLINGER.
  • Francisque Sarcey. – Critique littéraire, illustrations de FERNAND FAU.
  • Louis Schneider. Echos de Théâtres, la Musique du Régiment Préobrajensky, photographie BARY.
  • S. de Pierrelée. – Livres d’étrennes. – La Vie Mondaine. – Echos mondains.
  • Gustave Robert. – les Concerts.

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La plupart de ces articles sont imprimés sur papier spécial ; seul le conte de Jean Lorrain est imprimé sur deux cahiers particuliers, qui peuvent être séparés facilement – c’est une pratique connue de cette Revue de tirer ces contes en plus grand nombre que nécessaire, et d’en conserver des cahiers, qui peuvent alors constituer des cadeaux particuliers.

A première vue, rien de surprenant : Doucet figure au sommaire, pour la reproduction de deux chansons, illustrées par Louis Morin ; ce qui n’est pas une surprise ; au cours de l’année, on trouve de telles chansons dans la plupart des numéros. A noter que ces chansons seront regroupées dans la Chanson des Choses, qui sera publié l’année suivante par L-Henry May (dont on reparlera plus bas).

En fait, Doucet est un peu plus présent… En effet il utilise alors plusieurs pseudonymes, dont deux figurent dans ce sommaire : Montfrileux et Pierrelée.

Doucet, dans ce numéro, a donc produit :

  • le poème de la couverture, signé Montfrileux ;

  • l’article, sur cinq pages, sur Maurice Leloir, signé également Montfrileux ; article illustré par trois feuilles supplémentaires, comportant les gravures de Leloir ;

  • les deux chansons, illustrées par Louis Morin, signées Doucet, sur quatre pages ;

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  • A la fin du numéro, quatre pages de publicité peu déguisée pour les publications L.-Henry May, comportant notamment un éloge d’un livre de Jean Lorrain (Ma petite ville, illustré par Orazi)- pages signées S. de Pierrelée ;
  • les deux pages de la Vie Mondaine, signées le Masque de Velours, et S. de Pierrelée au sommaire.

Au total, on peut compter dix-neuf pages directement produites par Doucet, sur un total de cinquante-cinq pages au total (en comptant la couverture, et en enlevant les pages laissées blanches au dos des gravures pleine page) – le tiers de la Revue est une contribution de Doucet !

En annexe, voici le sonnet de la couverture :

La Mule de Noël

SONNET

Que nous veut cette mule rose ?
Dites-moi, Dame de Beauté,
Serait-ce par naïveté
Que votre pied rose la pose ?

Ou bien faudrait-il mettre en cause
Un peu de curiosité ?
Vous avez, à satiété
Pourtant, ici-bas, toute chose

Ne serait-ce point, par hasard,
Un pauvre cœur que ce regard
Malicieux et vainqueur guette.

Le mien peut-être ? – vous l’épiez,
Sachant bien, divine coquette,
Qu’il s’en va rouler à vos pieds.

 

 

 

 

 

 

 

Danses, illustré par Louis Fuchs.

 

Dans le numéro du 15 mars 1902 de la revue Néerlandaise « den gulden winckel« , paraît l’annonce suivante :

 

 

Doucet, Jérôme : Danses. Illustrations de Louis Fuchs. Paris, Libr. Paul Ollendorff. 16°. F. 1.90.

Les « Danses » sont imprimées lithographiquement sur papier chromosatin. Elles sont illustrées à toutes les pages et les figures, au lieu d’être imprimées de tons sur papier blanc, sont réservées en blanc sur le fond gris perle du papier. Les dessins sont imprimés en or, le texte en violet. Un brochage nouveau a été inventé pour ce volume, qui, monté sur un ruban, est, pour ainsi dire relié.

Cette même annonce est insérée également dans la « Bibliographie de la France », avec la mention « pour paraître le 21 janvier 1902 », et le texte suivant :

 Les Danses de Jérôme Doucet et Louis Fuchs sont imprimées lithographiquement sur très beau papier chromosatin des papeteries du Marais. Elles sont illustrées à toutes les pages, et les illustrations, au lieu d’être imprimées de tons sur papier blanc, sont réservées en blanc sur le fond du papier qui est, lui, imprimé en gris perle. Les dessins sont imprimés en or, le texte en violet. La couverture, les gardes, tout est dans le même style. Un brochage nouveau a été inventé pour ce volume, qui, monté sur un ruban, est, pour ainsi dire, relié. Les tranches sont dorées.
Le texte lui-même, « Danses », a été traité avec raffinement par le poète Jérôme Doucet et les dessins de Fuchs en sont le digne accompagnement.

Comme on le voit dans ces publicités, l’éditeur met en avant les nouveautés de son ouvrage : composition, technique d’illustration, technique de brochage. Et il est vrai que ce livre tranche à tous points de vue sur la production de l’époque, même si, dans le choix de l’illustration, il est pleinement « Art Nouveau ».

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Le livre est illustré par Louis Fuchs, qui ne semble pas avoir illustré d’autres ouvrages. Il est publié par la Librairie Ollendorff et imprimé par les Imprimeries Gérardin, à Versailles, il porte la date de 1901 sur la couverture – il n’y a pas d’achevé d’imprimer. Les illustrations sont imprimées par Ed Méot, lithographe. Le tirage courant n’est pas limité ; on a vu dans l’annonce qu’il était vendu 1, 90 francs. Il existe un tirage de tête, de cent exemplaires sur japon impérial, avec une suite des figures sur papier de chine.

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Le livre se présente comme un ouvrage de petites dimensions (indiqué in-16° dans l’annonce) : 14cm x 19cm ; en pratique c’est un in-folio (!) composé de feuillets simples, collés, et non cousus, sur la couverture. Le papier de « chromosatin » est un papier très épais, cartonné, de couleur blanche ; il est preque entièrement teinté d’un « gris perle » ; le titre des danses et certains motifs sont laissés en réserve, et se détachent en blanc.

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détail d’un feuillet sur chine avec défaut d’impression ; on voit que le papier est imprimé et non teint d’origine.

Les motifs or sont imprimés sur ce fond.

Le texte est imprimé ensuite, d’un violet assez passé.

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Le livre est composé comme suit :

  • une couverture cartonnée, imprimée (outre le fond « gris perle ») de motifs verts ;
  • un feuillet de faux-titre, avec la justification ;
  • un feuillet de titre ;
  • quinze feuillets pour les quinze danses, qui sont : gavotte, pavane, sarabande, passepied, gigue, valse, menuet, ronde, rigaudon, farandole, ballet, carmagnole, danse macabre, bourrée, danse de corde ;
  • un feuillet de table.

Chaque danse occupe donc un feuillet, toujours composé de la même façon :

  • la première page comporte le nom de la danse, en réserve sur le fond et le motif ;
  • la double page intérieure porte, sur une décoration unique, le texte de Doucet ;
  • la quatrième page porte une illustration sans texte.

Techniquement, la méthode nouvelle sensée donner un livre « quasi relié » n’a pas résisté au temps ; l’ouvrage s’est défait et se trouve soit relié sur onglets, soit complètement dérelié.

Les « danses » en question sont des petits poèmes en prose, sur un thème puisé dans la nature, d’une thématique assez proche de la Chanson des Choses ; la tonalité générale est assez sombre, voire lugubre dans certains cas.

Mais le livre est très attachant, avec ses décorations féériques et pleinement Art Nouveau. Quelques années après les Douze Sonnets, Doucet réalise un livre remarquable, devenu assez rare, compte tenu de sa fragilité !

Voici la reproduction complète de l’ouvrage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Douze sonnets : un essai ambitieux.

Doucet, jeune débutant, dans les années 1890 et suivantes, publie des poèmes dans diverses revues et compose des pièces de théâtre qui ne connaissent pas le succès.

En 1893 il publie, chez Léon Vanier, un recueil de sonnets, forme très en vogue à cette époque. Ce recueil est imprimé par l’imprimerie E. Cagniard, à Rouen, il est officiellement vendu trois francs ; une justification manuscrite indique un tirage à quarante exemplaires. Cette édition est probablement faite à compte d’auteur.

 

Les douze sonnets sont les suivants :

  • Dédicace
  • Marie
  • Jumièges
  • Nuit d’Hiver
  • La Neige va tomber
  • La Neige est tombée
  • Avant l’aube
  • Éventail japonais
  • Au second acte de « Samson et Dalila »
  • Sortie de Messe
  • Saint-Adrien
  • Attente

Ces sonnets se lisent agréablement – Doucet ne se prend tout de même pas trop au sérieux. Voici le premier d’entre eux :

Dédicace

Peut-être un jour, plus tard, c’est l’espoir qui fait vivre
Dit la chanson, plus fier que le paon de Junon,
Serai-je l’un de ceux dont on vante le nom,
Et dont à plusieurs mille on édite le livre.

Peut-être aussi – d’un vain espoir je ne m’enivre –
La gloire à mon appel répondra-t-elle : Non.
Peut-être pour demeure aurai-je un cabanon ?
Ma route est commencée ainsi : je veux la suivre.

En attendant, j’ai fait les sonnets que voici,
Mes bons amis, pour vous, n’ayant que le souci
De plaire à votre goût si fin, de vous distraire.

Si je fais mieux plus tard, il me sera très doux
De vous devoir ce mieux ; si c’est pis, au contraire,
Mes meilleurs vers du moins auront été pour vous.

Le recueil est illustré de dessins de Vignet. Il s’agit de Henri Vignet, peintre né à Rouen en 1857 – il participe au Salon de Rouen en 1891. Pour ce recueil, il compose des ornementations florales, traitées en fond à pleine page, et imprimées en vert ou bleu, alternativement – sur la page entière, quitte à prendre le pas sur le texte, rendu d’autant moins lisible.

Matériellement, ce livre est un in-quarto de petites dimensions : 14cm x 18,5 cm, de soixante pages, non paginées, sous une couverture de papier vert d’eau. Il est composé de sept cahiers de huit pages, précédés d’un demi cahier. Sur chaque belle page est imprimé un motif floral – la page en regard étant systématiquement laissée vierge.

Les motifs sont imprimés alternativement en vert et en bleu – mais l’examen attentif montre que des irrégularités peuvent apparaître : deux pages successives en bleu, ou en vert.

Vignet n’a pas composé trente motifs différents – on retrouve plusieurs fois les mêmes dispositions, et la même succession de motifs. Voici tous les motifs recensés :

Série A.

Série B.

Série C.

Ces douze premiers motifs sont les seuls utilisés dans un premier exemplaire. Mais l’examen d’un second exemplaire révèle l’existence d’une autre série (série D) :

Pour toutes ces séries on note l’alternance de vert et de bleu – s’agissant d’un même feuillet plié au format in-quarto, il suffit d’imprimer chaque face d’une couleur et l’autre de l’autre couleur. Ces séries sont toujours utilisées dans cet ordre, indépendamment du texte imprimé – il y a sans doute eu une première impression des motifs, suivant les quatre dispositions choisies. Voici un état des pages successives du recueil :

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Sont représentées ici toutes les pages d’un exemplaire, à l’exception du premier demi-cahier. La série G2 est utilisée dans un autre exemplaire. On voit pour ce premier exemplaire l’utilisation des séries A, B, C, A, B, C, B, dans cet ordre. Le second exemplaire présente les séries suivantes : A, C, D, A, B, C, D.

Comme on le voit en comparant ces deux exemplaires, il n’y a aucune recherche d’adéquation particulière entre les poèmes et les motifs.

Ce type d’ornementation, assez original, sera réutilisé par Doucet plus tard, pour son recueil Danses – courts textes de prose, illustré par Louis Fuchs, publié par Ollendorff en 1902.

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On trouve également un conte de Jean Lorrain, illustré de cette façon : Neighilde, conte de Noël, publié par la Revue Illustrée le 1er décembre 1899. Ce conte de quatre pages est illustré par Henri-Patrice Dillon de fonds végétaux, de différentes teintes.

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Deux années plus tard, Doucet publiera un autre livre chez Vanier – la Puissance du souvenir. Curieusement, dans la bibliographie présente en début d’ouvrage, Douze Sonnets n’est pas cité – au contraire de la forme graphique, Doucet aurait-il renié ce premier recueil poétique ?

 

 

Pétrone et Anacréon.

Jérôme Doucet publie, en 1902 et 1903, une paire de deux petits ouvrages de luxe, composés de traductions de petits fragments attribués avec plus ou moins de certitude aux poètes Pétrone et Anacréon, traductions du grec et du latin, établies par lui-même.

Ces deux ouvrages sont publiés par l’éditeur Ferroud – André Ferroud,  ou plutôt son neveu François, qui en ces années-là dirige effectivement la maison d’édition – François, ami de Jérôme Doucet.

Formant pendant, les deux ouvrages ont des caractéristiques communes : il s’agit de deux plaquettes in-4°, de format 25cm x 17cm, comportant 48 pages. Elles sont illustrées de 8 compositions de Louis-Edouard Fournier : une petite vignette sur la couverture, répétée sur la page de titre, et 7 compositions en tête de chacun des 7 fragments traduits.

Les sept petits fragments sont précédés d’une introduction de Jérôme Doucet, de 8 pages, dans la numérotation pour le Pétrone, numérotées en chiffres romains pour l’Anacréon. Chaque fragment traduit est composé sur quatre pages : une page de titre, une page blanche, une page comportant la composition de Fournier, et sur la dernière page, la fin (éventuelle) du fragment.

Pétrone.

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Ce livre, le premier publié, est édité en 1902 – l’achevé d’imprimer est daté du 10 mai (1902), l’imprimeur étant A. Lahure, 9 rue de Fleurus à Paris. Les compositions de Fournier sont gravées à l’eau-forte par Xavier Lesueur.

Doucet a traduit sept fragments :

  • la crainte, mère des Dieux
  • à mon amie
  • les oreilles de Midas
  • l’inutile parure
  • épitaphe d’une chienne de chasse
  • la compensation
  • Pasiphaé

 

Doucet dédie son livre à son ami Jean Lorrain :

A
JEAN LORRAIN
intelligentiae arbiter
cet essai sur
TITUS PETRONIUS
elegantiae arbiter
est dédié
par
Son ami
J.D.

 

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La quatrième de couverture comporte une publicité de Ferroud pour le précédent livre de Doucet, publié par Ferroud : Trois légendes d’or, d’argent et de cuivre.

Le tirage est de 276 exemplaires répartis de la façon suivante :

  • 25 exemplaires sur papier du Japon contenant trois états des eaux-fortes dont l’eau-forte pure, l’eau-forte terminée avec remarque et une composition originale de L.-E. Fournier.
  • 50 exemplaires sur papier du Japon contenant deux états des eaux-fortes dont l’eau-forte avant la lettre.
  • 150 exemplaires sur papier du Marais, à la forme, avec les eaux-fortes avec la lettre, vendus 20 francs.

Plus 50 suites sur papier du Japon, eaux-fortes terminées avant la lettre avec remarque, tirées en sanguine, au prix de vingt francs.

Un exemplaire unique contenant tous les originaux est au prix de mille francs ; les exemplaires de tête sont indiqués à soixante-quinze francs, ce qui ne prend pas en compte la différence des deux tirages.

Les exemplaires en grand papier sont effectivement légèrement plus grands : 26 cm x 18,5 cm.

On trouve trace des exemplaires personnels de Jérôme Doucet et Marie Meunier, qui font partie des exemplaires de tête sur Japon – voir Bibiliothèque Doucet : Pétrone.

Anacréon.

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L’année suivante Ferroud publie le pendant – l’achevé d’imprimer est daté de septembre 1903. L’imprimeur est différent ; il s’agit cette fois de Ch. Hérissey, à Evreux ; les eaux-fortes sont tirées par Louis Fort à Paris. De même, la gravure est confiée à Edmond Pennequin.

Le livre est dédié à Angelo Mariani – producteur du fameux Vin Mariani (ce qui est indiqué pour un poète comme Anacréon) et éditeur des Figures Contemporaines – dans lesquelles le portrait de Jérôme Doucet apparaît cette année-là :

A
ANGELO MARIANI
cet essai sur
ANACRÉON DE TÉOS
Chantre du Vin
est dédié
J.D.

Les sept fragments traduits sont les suivants :

  • l’amour mouillé
  • son combat avec l’amour
  • l’amour captif
  • à une jeune fille
  • son ivresse
  • à sa maitresse
  • l’amour piqué par une abeille

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Le tirage annoncé est de 226 exemplaires également :

  • un exemplaire unique contenant tous les originaux,
  • 25 exemplaires sur papier du Japon avec trois états des eaux-fortes, vendus 100 francs,
  • 50 exemplaires sur papier du Japon avec deux états des eaux-fortes, vendus 30 francs,
  • 150 exemplaires sur papier du Marais à la forme, avec un état des eaux-fortes, vendus 20 francs.

Plus 50 suites sur papier du Japon, eaux-fortes terminées avant la lettre avec remarque, tirées en sanguine, au prix de vingt francs. Le prix de l’exemplaire de tête est sans doute, comme pour Pétrone, de mille francs ; il a été acheté par Arthur Meyer et figure dans le catalogue de sa  bibliothèque.

Il existe un tirage non mentionné, hors commerce, composé de cinq exemplaires sur papier de chine, réservés aux collaborateurs de l’édition : l’auteur (deux exemplaires, pour lui et son épouse), l’éditeur, et sans doute l’illustrateur et le graveur – Voir Bibliothèque Doucet : Anacréon.

Les exemplaires sur grand papier (japon) sont au format 27cm x 18cm ; les exemplaires sur chine sont au format 26cm x 18cm.

Il existe des états supplémentaires des eaux-fortes, sur chine, japon ancien, en sanguine avec ou sans remarques. L’exemplaire offert par Doucet à Eugène Descaves contient ainsi quatre suites en plus de l’état avec la lettre.

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Anacréon : quatre états de l’eau-forte