Le journal des ouvrages de dames.

ouvrages_1_couv_solomko

Le Journal des Ouvrages de dames est une revue mensuelle, publiée par François et Laure Tedesco ; comme son nom l’indique c’est une revue spécialisée, qui publie des patrons divers, pour la broderie, la couture, essentiellement. Ce n’est pas la seule revue du groupe ; on peut citer Ma Poupée, qui cible les fillettes ; Mademoiselle, pour les jeunes filles, ainsi que Le Petit Monde – et sa déclinaison, le Théâtre du Petit Monde.

Dans ces revues, les Tedesco insèrent également des pages plus journalistiques ; un courrier des lecteurs, des concours, des pages de dessins, souvent confiées à des dessinateurs attitrés, et des contes, écrits par les Tedesco eux-mêmes, ou plus souvent par différents auteurs pour enfants. Parmi les dessinateurs on peut citer René Giffrey, qui intervient très souvent (et dessine notamment les couvertures de Ma Poupée).

Le numéro de Noël 1913 (qui paraît le 1er décembre 1913), au format 24,5 cm sur 32 cm, est un numéro spécial, vendu un franc (alors qu’un numéro normal est vendu cinquante centimes), qui groupe un ensemble de contributions spécifiques.

Ce numéro est annoncé par une publicité insérée dans de nombreux journaux :

ouvrages_de_dames_noel_1813_annonce

ouvrages_1_sommaire

Voici son sommaire :

  • couverture : la Reine Mathilde et la tapisserie de Bayeux, par Serge de Solomko ;
  • les amoureux à la crèche, par F. Funck-Brentano, illustrations de O.D.V Guillonnet ;
  • la Vierge aux raisins, tableau de David ;
  • la Chanson de Pénélope, par Jérôme Doucet, illustration de S. de Solomko ;
  • la Chanson des toits, par Raymond Crussard, encadrements de Sandy Hook ;
  • l’Aventure Vénitienne, par J. de Montfrileux ; illustrations de Robida ;
  • le Livre de Paix, tableau de Maxence ;
  • le Pont-Neuf, par J. de Richebourg, illustrations d’après des documents anciens ;
  • Broderies d’hier et d’aujourd’hui, reproductions en couleurs de broderies anciennes et modernes ;
  • Travaux de dames, étude et reproductions, Cousine Claire ;
  • Eugénie de Baculard d’Arnauld, par Greuze ;
  • les Empenneresses, conte de Noël par Jérôme Doucet, compositions de E. White ;
  • la Femme et la Perle, par S. de Pierrelée, illustré d’après des tableaux de maîtres ;
  • la Croisée, par Debucourt ;
  • la Légende de Sainte Odile, illustrations et texte par P. Pascal.

Ces quinze éléments peuvent se répartir entre :

  • 5 gravures (la couverture, les reproductions de David, Maxence, Greuze, Debucourt)
  • 2 articles « dans le sujet » : travaux de dames, broderies ;
  • 3 articles d’auteurs divers (Funck-Brentano, Raymond Crussard, qui est un « auteur Maison » de Tedesco, P. Pascal)
  • et 5 articles directement écrits par Jérôme Doucet lui-même, signés d’un florilège de ses pseudonymes !

En effet, on sait que Jérôme Doucet signe assez facilement ses contributions de façons diverses – Doucet, Montfrileux, Pierrelée – et nous voyons ici apparaître un nouveau pseudonyme, J. de Richebourg.

De plus, on peut remarquer que parmi les 5 gravures, certaines pourraient facilement avoir été choisies par Jérôme Doucet :

  • Serge de Solomko, à cette date, n’a encore illustré qu’un livre, de Jérôme Doucet justement : Pages d’amour ;
  • Edgar Maxence est un ami de Doucet ; et il illustrera Verrières, qui est lié à cette publication ;
  • Doucet a publié une étude sur les graveurs du XVIIIe siècle, ainsi qu’un port-folio, dans lequel il met en avant Greuze et Debucourt.

Le sommaire est suivi d’une introduction « à nos Lectrices ». Elle n’est pas signée ; mais son style rappelle fortement Jérôme Doucet…

A nos lectrices.

Au temps jadis, le moindre opuscule avait sa préface, sa notice, son avertissement ; toute oeuvre dramatique débutait par un prologue, un préambule. C’est qu’alors on se préoccupait uniquement de satisfaire le public, de tout l’effort de sa meilleure volonté. Amies lectrices, nous avons voulu rééditer cette coutume du bon vieux temps, dont nous avons cherché à reprendre aussi les saines traditions.

Nous nous sommes efforcés, comme nous nous efforcerons toujours, de ne vous présenter que des lectures plaisantes, saines, instructives, pleines à la fois de conseils pratiques, d’enseignements utiles, sous leur forme divertissante, et toujours dans el ton de la meilleure compagnie.

Tout particulièrement, en ce numéro spécial, remerciement offert à votre fidèle attention, nous avons groupé tout un choix fait, croyons-nous, pour vous plaire.

Rares et curieuses broderies de ce vieux temps, reproduites dans leurs teintes adoucies à côté de leurs émules les plus élégantes de l’heure actuelle, contes de Noël, magistralement illustrés, poésies gracieuses, nouvelle pittoresque, étude historique et documentation instructive, sans oublier la part légitime de l’élégante coquetterie. Enfin, pour orner vos murs, si cela vous plaît, vous n’aurez qu’à détacher les quarte estampes, plaisantes et variées, que nous avons imprimées avec grand soin sur du  beau papier fort, de luxe.

Puissent-elles, quand elles vous tomberont sous les yeux, vous rappeler notre souvenir et nos efforts, ainsi que les vœux que nous joignons, ici, pour vous, en ce numéro de Noël de votre fidèle :

JOURNAL DES OUVRAGES DE DAMES.

Voici, dans l’ordre de publication de la revue, les (autres) contributions de Doucet.

La Chanson de Pénélope.

ouvrages_penelope

C’est une chanson, comme Doucet en a écrit de nombreuses autres ; à ma connaissance elle n’a pas été reprise. Elle est illustrée d’une composition de Serge de Solomko, à qui on doit également la couverture ; cette composition est connue par ailleurs, car elle a été éditée en carte postale par Lapina – le titre de la carte postale ne fait pas référence à Pénélope : « femme perse tressant un tapis« .

ouvrages_penelope_solomko

solomko_femme_perse_tressant_un_tapis

L’Aventure Vénitienne.

C’est un petit conte, qui met en scène une belle Vénitienne, Isabelle, condamnée à porter un masque car elle est trop belle ; et ses soupirants – occasion de nous montrer, via les dessins de Robida, tous les hauts lieux de Venise.

ouvrages_venise_1_robida

Ce n’est pas la première fois que Robida et Doucet travaillent ensemble – à cette même période se situe la publication de Mon ami Pierrot.

Voici la reproduction de ce conte :

la Naissance du Pont-Neuf.

Il ne s’agit pas d’un conte, mais d’un article didactique, qui nous retrace toute l’histoire de ce pont, depuis Lutèce jusqu’au XVIIe siècle.

Cet article est signé de J. de Richebourg ; une phrase de l’introduction peut nous donner une indication sur le nom réel de l’auteur :

Je me souviendrai toujours de cette vision quelque peu poignante ; j’étais dans la boutique fameuse, pleine de trésors littéraires, de Lucien Gougy, le libraire érudit, le Parisien charmant, dans cette vieille boutique spirituelle qui semble si souvent le fumoir de la proche Académie, et nous attendions que la Seine arrivât jusqu’à nous.

Lucien Gougy, grand ami de Jérôme Doucet, dont la mère est née Élise Baudesson de Richebourg…  je ne crois pas qu’il s’agisse de coïncidences.

Les Empenneresses.

Les empenneresses, ce sont les personnes chargées de réaliser les pennes des flèches ; de tailler et de fixer les plumes sélectionnées pour l’empennage.

Ce conte « de Noël » est d’une tonalité très religieuse : une empenneresse veut bien réaliser sa tâche pour défendre son château contre les attaques de Normands ; mais quand la châtelaine lui commande des flèches pour chasser des oiseaux, elle a un mouvement de révolte ; elle jette toutes les plumes sélectionnées… heureusement, un menuisier, venu lui apporter les flèches, va l’aider à retrouver des plumes ; c’est un menuisier un peu particulier : il peut faire apparaître une colombe réelle à partir de la colombe de l’Esprit-Saint d’un vitrail ; il a une plaie aux mains… les flèches réalisées ne blesseront aucun oiseau, et l’empenneresse s’enfuira avec le menuisier, nimbé d’or, suivi d’un vol de colombe…

Le conte est illustré de trois compositions de White, dont deux qui se répondent.

Ce conte sera de nouveau publié, en 1920, par la revue Canadienne la Revue Moderne ; deux seulement des illustrations de White seront reproduite, perdant l’effet de miroir de la première publication.

Il sera de nouveau publié, sous le titre « L’Empenneresse« , dans le recueil « Verrières« , illustré par Paul de Pidoll et Edgar Maxence, en 1926 et 1929 ; dans cette dernière version le récit est très amplifié.

La Femme – La Perle

Il s’agit d’une étude sur la perle comme ornement féminin ; il est signé S. de Pierrelée, pseudonyme courant de Jérôme Doucet.

Il est illustré de reproductions de portraits féminins.

ouvrages_perles_4

Gravures insérées.

Nous avons vu que quatre gravures ont été insérées dans l’ouvrage, tirées sur un papier plus fort que « vous n’aurez qu’à détacher », « pour orner vos murs »…

Il me semble qu’on peut reconnaître Doucet derrière le choix de ces gravures.

Autres participations de Doucet aux publications Tedesco.

Comme on l’a vu, Doucet a fortement contribué à ce numéro du Journal des Ouvrages de Dames. Il a également fourni d’autres articles et contes, pour d’autres publications du groupe Tedesco :

Boudomme – Le Petit Monde, 1919-1920.

A partir d’octobre 1919, Le Petit Monde publie Boudomme, roman de jérôme Doucet, illustré par Henry Morin. A ma connaissance ce « roman » n’a pas été réédité.

Ma poupée – 1919 – Montfrileux.

Dans le numéro de décembre 1919 de Ma Poupée, Doucet, sous la signature de Montfrileux, publie une histoire intitulée « Poupées d’antan – histoire d’une poupée grecque et d’une poupée romaine » ; elle est illustrée de deux compositions de René Giffrey, illustrateur attitré du journal.

Ma Poupée – 1920 – contes de fée.

En 1920, Doucet publie une série de contes de fée, dont « Timberli« , contes tous illustrés par René Giffrey. Ces contes seront publiés en volume par Tedesco sous le titre « Doigts de fée », en 1922 ; il s’agit d’un volume in-8 (hauteur 17 cm) de 131 pages, illustré par René Giffrey bien sûr.

« Ma Poupée » et « Le petit Monde » – septembre 1921 – Tristram Brachs

Le même mois, ces deux revues publient le même conte de Doucet, illustré par Harry Eliott, « Tristram Brachs, le fondeur de chandelles ».

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s